G AUDE
gleterre, en Allemagne et en Italie. En France, on la cultive principalement dans les départements de la Seineinférieure, de l'Eure, de Seine-et-Oise et de la Marne. Sa culture a été introduite, il y a environ un siècle, dans les environs d'Elbeuf et de Louvïers.
Avant la fin du siècle dernier on importait beaucoup de gaude de l'étranger. Aujourd'hui, la France produit au delà de ses besoins. Ainsi en 1855, elle en a exporté 67,660 kilog. ayant une valeur de 23,764 fr. En 1856, les exportations ont atteint 112,865 kilog.
Toutes les parties de la gaude : les racines, les tiges, les feuilles et graines, contiennent un^principe colorant jaune que l'on regarde avec raison comme le plus solide, le plus pur et le plus beau.
Cette plante doit ses propriétés colorantes à la lutéolinc, principe jaune cristallisé, isolé pour la première fois par M. C lièvre ul.
Mode de végétation. — Cette plante a une racine droite, pivotante, roussâtre à l'extérieur et blanche intérieurement, des tiges anguleuses, droites, effilées, hautes de 0m,50 à 1 mètre, et garnies latéralement de feuilles lancéolées, entières, luisantes et sessiles; ses fleurs sont jaunâtres ou verdàtres, et réunies en une grappe terminale très-allongée; ses graines sont petites, presque rondes, lisses, luisantes, brunes ou brun verdâtre; elles sont renfermées dans des capsules ovoïdes et trilobées au sommet.
La gaude croît en France et en Europe sur les lieux arides, dans les sols pauvres, secs, calcaires ou sablonneux. La gaude cultivée est bien supérieure à la gaude sauvage.
Variétés. — On cultive deux variétés : la gaude d'automne et la uaude de printemps. Ces deux variétés ont les
mêmes propriétés tinctoriales, mais la première est toujours plus productive que la seconde.
Les tiges de la gaude d'automne commencent à s'élever pendant la première quinzaine de mars.
Terrain. — A. Nature. —La garnie doit être cultivée sur des terrains légers, meubles, secs, calcaires ou siliceux et profonds. Les sols argileux ne lui conviennent pas.
L'expérience a toujours démontré que les plantes qui végètent sur des terres légères et calcaires contiennent plus de matière colorante. Le carbonate de cbaux rend la lutéoline plus intense.
Un peu de fraîcheur dans le sol ne nuit pas aux qualités de la gaude de printemps.
B. Fertilité. — 11 n'est pas nécessaire que les sols soient très-riches ou qu'ils aient été fertilisés par des engrais abondants, parce que la gaude n'est pas très-épuisante. Lorsque la fécondité de la couche arable est très-grande, les tiges acquièrent un fort développement, se ramifient et sont moins riches en lutéoline. Le commerce recherche de préférence la gaude qui a végété sur des terrains légers et de moyenne fertilité, parce que ses liges sont moins élevées et toujours simples.
Préparation du sol. — Cette plante exige que la terre ait été bien préparée et ameublie par des labours et des hersages répétés. Elle demande, en outre, que la couche arable soit exempte pour ainsi dire de plantes indigènes à racines traçantes, parce qu'elle ne se défend pas contre l'en vahissement du sol par les mauvaises herbes.
Application des engrais. — On ne doit pas fumer directement les terres pour la gaude. Quand cette plante suit une forte fumure, sa lige s'élève, devient rameuse et n'a pas autant de valeur commerciale que celles qui pro-