G AUDE
viennent de pieds qui ont accompli leurs phases diverses de végétation dans des conditions moins favorables. Il faut donc ne cultiver la gaude que sur des terres qui ont supporté une ou deux récoltes après avoir été fumées. Le plus ordinairement on la sème après une céréale d'hiver ou de printemps. Dans le département de la Seine-Inférieure on répand souvent sa graine sur les terres occupées par des fèves ou des haricots, au moment où l'on exécute le dernier binage.
On doit renoncer à la cultiver sur les terres sur lesquelles les produits n'atteignent pas 800 à 1,000 kilog. à l'hectare, parce que leur valeur ne couvre pas les dépenses qu'ils occasionnent.
Epoque des semis. — A. — La gaude d'automne se sème en juillet et août. Quand les semis ne sont pas faits plus tardivement, elle résiste très-bien aux froids de l'hiver.
En Normandie, on les pratique aussi en été, afin de pouvoir arracher les tiges en juillet, époque où leur dessiccation se fait facilement et très-vite.
Dans le Midi, on sème toujours cette variété en automne.
B. — La gaude de printemps doit être semée en mars ou avril quand on ne redoute plus de gelées à glace.
Quantité île graines. — Toutes les graines de la gaude bien récoltée ne mûrissent pas complètement, parce que l'arrachage s'effectue avant la maturité parfaite des tiges. On devra donc ne confier à la terre que des semences foncées ou noirâtres. Les graines blanchâtres germent trèsdifficilement.
Il est aussi nécessaire de ne répandre que des graines de la dernière récolte, parce que les semences de gaude perdent promptement leur faculté germinative.
On sème ordinairement i kilog. de graines par hectare
On ne doit pas en répandre une quantité moindre. Lorsque les semis sont trop clairs, les plantes donnent naissance à des ramifications semblables à celles que présente la gaude sauvage.
On a souvent répété qu'il fallait employer 8, 12 ou 16 kilog. de graines. Ces quantités sont trop fortes.
Poids de l'heetol» de graines. — Il pèse 60 kilogr.
Iflode d'ensemencement. — On sème les graines à la volée après les avoir mêlées à quatre ou six fois leur volume de sable fin et sec. Ce mélange permet d'exécuter le semis avec plus de régularité.
On enfouit les semences au moyen d'un fagot d'épines ou d'un hersage très-léger.
Quand on redoute une sécheresse, on doit faire suivre la herse par un rouleau. Le roulage, en tassant le sol, rend la germination plus prompte et plus certaine, puisqu'il permet à la terre de conserver sa fraîcheur.
Soins d'entretien. — A. Sarclage. —Dès qu'on peut distinguer la gaude, on la sarcle si cela est nécessaire, c'està-dire on arrache à la main les plantes nuisibles qui se sont développées depuis l'exécution de la semaille.
B. Éclaircissage. — Lorsque les rosettes de feuilles que présentent les pieds ont de 0m,03 à 0m,05 de diamètre, on procède à l'éclaircissage. Ainsi, on arrache toutes les plantes qui ne sont pas éloignées des autres de 0m,l2 à 0m,16.
C. Binages. — On donne ensuite un binage. Cette opération doit être pratiquée à bras et avec une binette a lame étroite. On la répète une seconde et même une troisième fois si l'état de la terre l'exige. Le premier binage est difficile à exécuter, et il demande beaucoup d'attention de la part des ouvriers, parce que les plantes restent longtemps petites.
gaude. 137
La gaude d'automne doit être binée avant l'hiver. Celle de printemps exige des binages plus nombreux et plus parfaits.
Au premier binage, un ouvrier n'ameublit pas au delà de 6 à 8 ares par jour; au second, il peut biner de 10 à 12 ares.
Le premier binage se paye 18 à 25 fr. l'hectare, et les suivants de 14 à 46 fr. En 1763, on payait ces façons 18 fr. aux environs de Rouen.
Insectes on animaux nuisibles. — Nul animal ou insecte n'attaque la gaude pendant sa végétation.
Influence des agents atmosphériques. — Les années sèches sont toujours favorables à la gaude. Celles humides rendent ses produits plus abondants, mais elles nuisent à leur qualité.
Epoque tle la récolte. — On fait la récolte quand les tiges, les feuilles et les capsules ont presque complètement perdu- leur couleur verte, et qu'elles ont pris une teinte jaune ou jaune-verdàtre. Alors les graines que renferment les capsules de la moitié ou du tiers inférieur des épis, sont arrivées à parfaite maturité.
La gaude d'automne se récolte, dans le Nord, en juin et juillet, et dans le Midi, pendant la première quinzaine de juin.
La gaude de printemps s'arrache à la tin d'août ou en septembre.
On ne doit opérer que lorsque le temps est beau. Souvent on profite du lendemain d'une pluie, parce que l'arrachage se fait alors plus aisément.
Arrachage des tiges. — On arrache la gaude. On doit se garder de la faucher, afin (pie les racines restent attenantes aux ti^es. Le commerce accepte difficilement la
gaude que l'on a fauchée. D'ailleurs, si l'on coupe les tiges on perd la racine, et la récolte n'atteint pas le poids auquel elle doit s'élever.
Il faut arracher avec précaution et de préférence le matin et le soir pour perdre le moins possible de graines. Les pieds (jui conservent leurs semences ont plus de valeur commerciale, parce que ces graines sont très-riches en lutéoline.
On a observé en Normandie, il y a un siècle, qu'il faut vingt-neuf journées d'ouvriers pour arracher et mettre a sécher la gaude d'un hectare. Chaque ouvrier n'opère donc par jour que sur 3 ares 50 centiares.
Dessiccation des tiges. — Après l'arrachage, on rapporte les tiges à la ferme, et on les appuie contre un mur ou une haie, ou on les dresse sur le champ contre des perches ou des gaules maintenues à 0m,40 ou 0m,o0 au-dessus du sol au moyen de piquets et de brins d'osier. A défaut de murs, de haies ou de perches, on peut réunir les tiges en faisceaux écartés du pied et liés a leur partie supérieure à l'aide d'une baguette flexible pliée en cercle, de 0D\22 de diamètre. Mathieu de Dombasle qui recommande ce procédé de séchage, quand le temps est incertain, observe que la poignée de tiges ne doit pas être assez forte pour être serrée dans la couronne, autrement la dessiccation laisserait à désirer.
On doit avoir la précaution de bien exposer les plantes à l'action du soleil pour que leur dessiccation soit le plus rapide possible. Il faut les retourner une ou deux fois.
On ne peut laisser le? tiges étendues en javelles peu épaisses sur le champ que lorsque la terre est sablonneuse et le temps très-sec. Les plantes perdent beaucoup de leur valeur quand elles restent exposées sur la terre a t'aetion des
«aide.
pluies. Ainsi, sous l'influence d'une humidité prolongée, elles brunissent ou noircissent et perdent de leur propriété colorante.
Dans le nord de la
France et de l'Europe, cette dessiccation dure de trois à cinq jours, selon l'état de L'atmosphère. Dans Je Midi, le séchage est complet au 1)0 ut de d eux jours.
Mises eit bottes ou en paquets. — Lorsque les tiges sont sèches, on les rentre dans les bâtiments ou sous
^s nHHHHjfflnVT'' ll/^ï' ' ft,/-l:f'n)/jlWT,flffi ('rs hangars, et on pro-
cède a leur mise en paquets. L'aire du local dans lequel on opère doit être couverte par une toile, afin qu'on puisse facilement recueillir les graines qui tombent des capsules.
En France, les paquets (fig. 15) pèsent 6 kilog.; en Allemagne, leur poids varie entre 13 et 18 kilog.
On lie les bottes avec des liens de paille de seigle ou des
brins de saule ou d'osier.
V Ko uyec
Fig. 15.— Botte de gaude.
1 iO 1M.AMKS INDUSTRIELLES.
Il faut in oit* la précaution de ne mettre les tiges en bottes que quand elles sont parfaitement sèches, parce que la fermentation détruit ou diminue le principe colorant.
Conservation. — On emmagasine ensuite les paquets dans un local sec, si on ne doit pas les livrer immédiatement au commerce.
Rendement. — Le produit que fournit la gaude varie suivant la variété que l'on cultive et la fertilité du terrain qu'on lui consacre.
Voici les quantités que Ton a constatées par hectare :
Mo ye n n es . Ma x i m u m .
Boussingault. . . . 2,000 kil. De Gasparin. . . . 3,900 kil.
Sclrwertz 2,340 — Schwertz 2,800 —
Burger 2,050 — Burger 3,800 —
Moyenne. . . . 2,300 kil. Moyenne. . . . 3,500 kil.
La moyenne des produits moyens est un peu plus élevée que celle qu'on obtient en France dans les départements où la gaude est cultivée en grand. La statistique générale la porte à 1,800 kilog.
En 1763, on obtenait aux environs de Rouen, sur de bonnes terres, 2,800 kilog., et sur les terres sablonneuses de fertilité ordinaire, de 1,600 à 2,100 kilog.
Valeur commerciale. — La gaude se vend au poids. Les tiges les plus fines, les moins rameuses ou branchues, les plus jaunes ou roussâtres et les plus sècbes, sont celles que le commerce recherche de préférence. C'est à tort que les teinturiers estiment peu la gaude qui a conservé une couleur verdàtre. Mathieu de Dombasle et M. Girardin ont constaté que la gaude qui a conser\é en séchant sa couleur verte est aussi riche en principe colorant que celle qui est devenue jaune.
GAI DE. lil
La gaude que Ton obtient aux environs de Rouen est la plus riche en lutéoline.
La gaude réputée de première qualité doit avoir une tige jaune vert /l'eau, une racine saine et blanchâtre, des capsules bien formées et des graines noirâtres.
Elle se vend en bottes et souvent en balles de dix-huit bottes. Sa valeur moyenne en France est de 16 à 20 fr. les 100 kilog., soit de 1 à 1 fr. 20 la botte. En 1743, elle se vendait en Normandie de 38 ta 46 fr. les 100 kilo^r.
Prix «le revient. — M. Girardin évalue les dépenses de la culture de la gaude dans l'arrondissement de Louviers, à 145 fr. par hectare et le produit brut à 240 fr. Ainsi le produit net est de 105 fr., et les 100 kilog. de tiges reviennent à 10 fr. et chaque botte de 6 kilog. à 60 c.
BIBLIOGRAPHIE
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\it PLANTES INDUSTRIELLES.
SECTION II
Safran.
De xp^xvj. filament; allusion aux stigmates.)
Crocus sativus, L.
Plante monocotylédone de la famille des Iridees.
Anglais. — Saffron. Portugais. — Açafiao.
Allemand. — Safran. Polonais.- Szafran.
Hollandais. — Saffraan. Russe. — Schafran.
Italien. — Zaffrano. Arabe. — Zahafaran. Espagnol. — Azafferan.
Historique. — Mode de végétation. — Composition des stigmates. — Climat.
— Terrain : nature, fertilité, valeur locative. — Préparation du sol. — Epoque de la plantation. — Choix des bulbes. — Préparation des oignons.
— Poids de l'hectolitre. — Nombre de bulbes contenu dans un hectolitre.
— Quantité qu'on plante par hectare.— Mode de plantation.— Opérations qui suivent la plantation. — Récolte des fleurs : époque et durée de la floraison, nombre de cueillettes par semaine, mode d'opération. — Epluchage des fleurs. — Quantité préparée par une ouvrière. — Prix de revient de l'épluchage. — Dessiccation des stigmates. — Rapport du safran humide au safran sec. — Conservation, emballage et sophistication du safran. — Quantité qu'on récolte par hectare. — Récolte des feuilles. — Soins d'entretien : binages et labours. — Arrachage des oignons. — Quantité de bulbes que produit un hectare. — Plante nuisible. — Animaux nuisibles.
— Variétés de safran : safran du Gàtinais, du Comtat et d'Espagne.
— Valeur commerciale. — Prix de revient du kilog. de safran. — Usages. — Bibliographie.
Historique. — Le safran est connu depuis les temps les plus reculés : Homère, Virgile, Pline, Quinte-Curce, etc., l'ont plusieurs fois mentionné. Alors, on le cultivait en Cilicie, en Barbarie, en Lycie, en Sicile et en St\ rie.
Justin pense que cette plante, dont la culture a élé dé-
PLANTE TINCTORIALE
crite par Ebn-el-Avam (xir siècle), de Cressens (1373), Heresbach (1573), Quiqueran (1551) et Olivierde Serres (1606), a été importée en Provence, par les Grecs fondateurs de Marseille.
Au xvie siècle, d'après Henri II, on cultivait le safran très en grand dans l'Albigeois, le Lauraguais et l'Angoumois. A cette époque, le produit brut qu'il fournissait annuellement, dépassait 300,000 livres.
La culture du safran prit une telle extension, après 1520, que l'Angoumois put en fournir à toute la Gaule et la Germanie. D'après Jean Boubin, on le cultivait déjà en 1613, dans le comtat Yenaissin. G. Morin rapporte en 1630, que la petite ville de Boynes (Loiret), en vendait annuellement pour plus de 300,000 livres à la Hollande et à l'Allemagne.
Cette plante tinctoriale avait encore, au siècle dernier, une importance très-grande en France. En 1766, on en expédiait jusque dans les Indes. Aujourd'hui, on ne le cultive que dans le Gâtinais, aux environs de Carpentras (Vaucluse), et la commune de Cbampniers (Charente).
Cette plante est aussi cultivée très en grand en Espagne, aux environs d'Alicante, Barcelone et Almeric; en Angleterre, dans les comtés de Cambridge, de Suffolk et du Herforshire; en Autriche, aux environs de Moelk.
mode de végétation. — Le safran est une plante bulbeuse.
Les bulbes sont solides, arrondis en dessus, aplatis en dessous, et recouverts par plusieurs tuniques minces, scarieuses, fibreuses et nervées.
L'enveloppe externe est brun jaunâtre ; on la nomme robe de l'oignon.
Les oignons, une lois plantés, produisent à leur base des
racines blanches et pivotantes. Lorsque ees organes sont développés, apparaît à leur sommet une gaine mince, presque translucide, de laquelle sortent une ou deux fleurs, présentant un périanthe à long tube et à limbe partagé en six divisions égales, dont trois extérieures et trois intérieures un peu plus petites. Le périanthe de chaque fleur a sa gorge gris de lin ou violacée, revêtue de poils abondants. C'est sur cette gorge que sont insérées les trois étamines à filet grêle. Quant au style, il est unique, blanc, filiforme, et présente trois stigmates ou flèches longs de 0m,034 à 0m,040, pendants, rouge orangé et odorants. Ce sont ces stigmates qui forment ce qu'on appelle le safran.
Lorsque la floraison est terminée, c'est-à-dire 2 ou 4 jours après l'apparition de la dernière fleur, chaque oignon produit six ou sept feuilles très-étroites, aiguës, divisées dans leur longueur par une ligne argentée, longues de 0ra,50 à 0n\65 et d'un très-beau vert. Ces feuilles s'étendent sur le sol et verdissent les champs jusqu'à la fin du mois d'avril. Alors, elles jaunissent et se dessèchent.
Tous les oignons ne fleurissent qu'une seule fois et ils ne persistent pas indéfiniment dans le sol. Ainsi, chaque année, après la floraison, le bourgeon, porté par la partie solide qu'on nomme plateau, et à la base duquel naissent les racines, se développe et se transforme en une autre bulbe. Quant au plateau, il se dessèche, disparaît à la fin de la première année, et est alors remplacé supérieurement parle plateau de la première bulbe. Ces faits expliquent pourquoi les oignons de safran s'élèvent en terre chaque année de 0n\02 environ.
Mais chaque oignon ne produit pas seulement une bulbe qui le remplace et fournit des fleurs l'année suivante; il donne naissance à plusieurs caïeux qui augmentent tous les
SAFRAN. 1 -4?i
ans de volume et fleurissent à la fin de leur seconde année, c'est-à-dire après vingt-six ou vingt-huit mois d'existence.
Ainsi, la bulbe du safran eesse de végéter quand il a poussé des fleurs, et plus tard des feuilles (1).
Composition des stigmates — Les stigmates desséchés contiennent, d'après Bouillon-Lagrange et Vogel, 05 pour 100 de polychroïte, et une huile volatile en quantité indéterminable.
La substance polychroïte est celle qui colore en jaune doré. L'acide sulfurique la fait passer au bleu, l'acide azotique au vert et l'acide de baryte au rouge.
On ne l'utilise pas dans la teinture des étoffes, parce qu'elle manque de solidité.
Climat. — Le safran végète dans le nord et le midi de l'Europe. Toutefois, s'il craint peu les sécheresses ordinaires, il redoute les hivers rigoureux. Ainsi son bulbe se fend sous une température de — 15°, et il pourrit bientôt après. Les mêmes faits ont lieu s'il se trouve pris entre deux glaces, par suite d'un dégel imparfait, suivi d'une gelée très-intense.
On se rappelle encore, dans le comtat d'Avignon et le Gàtinais, les hivers de 1789, 1819 et 1823, qui détruisirent plus des trois quarts des oignons, et c'est à l'hiver de 1776, qu'il faut attribuer l'abandon de la culture du safran par les agriculteurs de l'Angoumois.
En général, les vieux oignons sont plus susceptibles d'être détruits par la gelée que les bulbes nouvellement plantés, parce qu'ils sont toujours moins enterrés que ces derniers.
(1) Tous les auteurs qui ont décrit la culture du safran et représenté cette plante tinctoriale en végétation, ont accompagné les Heurs de feuilles l»ien développées. Cette erreur prouve qu'ils ne connaissaient pas le mode de végétation de la plante sur laquelle ils écrivaient.
UG PLANTES OHM STKIELLFS.
Lue température à la fois sèche et chaude pendant l'été, douce et fraîche pendant l'automne, favorise toujours la floraison du safran. Il n'en est pas de même s'il pleut abondamment en juillet et août; et si l'air est froid et humide pendant les mois de septembre et d'octobre. Ainsi, sous l'influence d'une semblable température, les fleurs apparaissent lentement et tardivement, et elles fournissent des pistils développés.
Terrain- — A Nature. — Le safran doit être cultivé sur des terres calcaires-siliceuses, silico-calcaires et calcaires-argileuses profondes, perméables et exposées à Faction du soleil. 11 végète difficilement dans les terres compactes, graveleuses ou très-siliceuses ; il redoute aussi les terrains à sous-sols imperméables ou humides.
En général, les terres les plus favorables au safran, sont celles qui se pulvérisent aisément, qui contiennent du carbonate de chaux et qui ont une consistance moyenne.
On a constaté que les terrains qui ont une couleur brunâtre ou rougeàtre, avaient une influence sensible sur la beauté des fleurs et le coloris des stigmates. Les sols de couleur blanche ne sont pas favorables au safran.
B. Fertilité. — Cette plante est épuisante et ne doit être cultivée que sur des sols fertiles. En général, les produits qu'elle fournit sont toujours proportionnels à la nature et à la fécondité des terres.
On ne fume pas directement le safran, à moins qu'on ne fertilise le sol avec du marc de raisin, parce qu'il redoute les fumiers frais. Dans le Gàtinais et le Comtat, le safran suit ordinairement une céréale, et on le cultive sur des terres qui avaient été converties précédemment en prairies naturelles ou artificielles.