OBSERVATIONS
J'ai dit, page 227, que la garance de Smyrne n'avait
plus les qualités tinctoriales qui la distinguaient, il y a
bientôt un siècle. M. Vilmorin fils partage cette opinion et
depuis plusieurs années il se livre à une série d'études dans
le but de la régénérer. Les faits qu'il a déjà constatés, permettent d'espérer qu'il développera avec le temps les principes colorants que contiennent ses racines, tout en augmentant leur pouvoir tinctorial.
BIBLIOGRAPHIE
Colbert. — Instruction sur la culture de la garance, I G7 I , in-4. Duhamel — Mémoire sur la garance, in-4, 1750. Lesbos de la Tersane. — Traité de la garance, in-8, 1768. Dambourney. — Instruction sur la culture de la garance, in-4, 1771. Althen. — Joui nal de physique, 1772, in-i, t. il, p. 152. Rozler — Cours d'agriculture, 1784, in- S, t. V, p. 234. De Gasparln. — Mémoire sur la culture de la garance, 1824, in-8. I. O. — Traité sur la culture delà garance, -I 827, in-8. Yerplanker. — Description de la culture de la garance, 1833, in-8. Decalsne. — Recherches phy>iologiques sur la garance, in-8, 1837. Raynaud. — Moniteur de la propriété, 1838, gr. in-8, t. III, p. 721 . Bastet. — Essai sur la culluie de la garance du Vaucluse, 1839, in-8. Lcclerc-Thouln. — Journal d'agric. prat., 1839, lre série, t il, p. 289. Schuertz. — Assolements de l'Alsace, ^839, in-8, p. 295. Thouln. — Voyage dans la Belgique, etc., 1 841 , in-8, t. I, p. 134. Scbluiuberger. — Bulletin de la société de Mulhouse, l. vil, p. 99. Laur. — Guide pour la culture des garances, 1842, in-8. Sctawertz. — Fiantes économiques, 1847, in-8, p. 185. Cbambaud. — Journal d'agi ic. prat., 3e série, 1 852, t. IV, p. 13G. Gerber et Dolfus. — Mémoire sur la garance, 4 853, in-8.
CARTHAME. ^59
SECTION II
Car t li ame.
(De l'arabe kart a m, qui signifie teiiituie.)
Carthamus TIXCÏORIUS, !..
Plante dicotylédone de la famille des Composées.
Anglais. — Bastard safîron. Suédois. — Saffler.
Allemand. — Garten safran. Italien. — Cartamo.
Hollandais. — Wilde saffraan. Espagnol. — Azafram romi.
Historique. — Climat. — Mode de végétation. — Composition. — Terrain : nature, préparation, fertilité. — Semis : époque, exécution. — Soins d'entretien : premier binage, éclaircissage, garnissage des places vides, deuxième binage, buttage. — Récolte des fleurs : époque, mode d'opération, dessiccation et conservation des fleurons. — Caractères du carlhame d'Espagne, de l'Egypte et de l'Inde. — Récolte des graines. — Poids de l'hectolitre. — Produits par hectare. — Valeur commerciale du carthame et des graines. — Usages des fleurs, des graines, des feuilles et des tiges. — Bibliographie.
Historique. — Le carthame, que Ton a appelé safran bâtard, safran d'Allemagne et safranum, est connu depuis 1551 ; il est originaire de l'Egypte. On le cultive en Orient, dans les Indes, en Perse, en Espagne, en Allemagne et dans quelques parties delà Provence. Depuis 1845, il se répand d'année en année en Algérie.
La France, en 1855, a importé 284,941 kilog. de carthame ayant une valeur de 512,894 fr.
Climat. — Cette plante tinctoriale convient au climat méridional de la France. Dans les environs de Paris, elle y accomplit très-hien toutes ses phases d'existence; mais ses fleurs, à cause de l'humidité de l'atmosphère pendant le
mois de septembre, sont moins riches en matière colorante que celles qu'on récolte dans le Midi.
Hode de végétation. — Le carthame est annuel; sa tige est droite, lisse, un peu blanchâtre, rameuse à son sommet, et haute de 0m,50 à 0m,80; ses feuilles caulinaires sont alternes, sessiles, ovales, coriaces et bordées de dents épineuses. Ses fleurs capitules sont terminales, ovoïdes, comprimées, et composées de fleurons à cinq divisions et d'un beau jaune rouge rappelant la couleur du safran. Ses graines sont oblongues, quadrangulaires, luisantes, blanches et aussi grosses que les graines du soleil; elles contiennent une amande oléagineuse d'une saveur d'abord douce, et ensuite acre.
Cette plante fleurit quelque temps après la maturité du blé.
Composition. — Les fleurs de carthame contiennent deux principes colorants : 1° une matière jaune, gommeuse, soluble dans l'eau et ne contenant pas de carbonate de chaux; 2° une matière rouge, résineuse, qui se dissout dans les alcalis et qu'on précipite avec l'acide citrique. Cette dernière substance est la seule dont on fait usage. On la nomme carthamine.
M. Dufour a constaté que les fleurs de carthame contenaient :
Ligneux 49,60
Extrait 30,60
Albumine 5,50
Cire 0,90
Carthamine 0,50
Résine 0,30
Matières terreuses. ... 1,90
Débris de la plante . . . 3,40
Eau 6,20
Perte 1,10
LANTE TINCTORIALE
ame des
CARTHAME. 261
Le safran d'Espagne est moins riche en carthamine que le safran d'Orient.
Terrain. — A. Nature. — Le carthame doit être cultivé sur une terre légère, profonde et exposée au midi, soit silico-argileuse, soit calcaire-siliceuse on calcaire argileuse. Le carbonate de chaux paraît exercer une grande influence sur le principe colorant que contiennent les fleurs. Les sols humides ne lui conviennent pas.
B. Préparation. — Les terres qu'on consacre à l'existence de cette plante doivent être parfaitement préparées, c'est-à-dire très-bien ameublies et nettoyées. Il faut, en outre, qu'elles aient été labourées un peu profondément, parce que la racine du carthame est fusiforme, pivotante.
C. Fertilité. — Le carthame ne demande pas des terres riches et abondamment fumées, mais il réussit mal lorsqu'on le cultive sur des terres peu fertiles. Il s'élève beaucoup quand on le cultive sur des sols très-riches; alors ses fleurs sont moins nombreuses, moins colorées et moins riches en carthamine.
Semis — A. Époque. — Les semis se font en mars, en avril ou en mai, lorsque la température moyenne a atteint -f 12 à i5°, c'est-à-dire quand on n'a plus à redouter de gelées.
En Egypte, on sème en mars; dans le midi delà France, en avril, et en Allemagne, dans les premiers jours de mai.
La graine est sujette à pourrir, si on la conlie trop tôt à la terre.
B. Exécution. — On les pratique en lignes espacées les unes des auties de Om,oO à 0m,65. La graine se répand à la main ou au moyen d'un semoir à bras ou à brouette. Les semences doivent être placées dans les rayons à une distance de Om,lS à 0m,20 les unes des autres.
ÎG2 PLANTES INDUSTRIELLES.
On enterre les graines avec la herse on le râteau.
Soins d'entretien. — A. Premier BINAGE. — Vn mois environ après le semis, alors qu'on peut aisément distinguer les jeunes carthames, on exécute un binage à bras.
B. Éclaircissage. — Quand les plantes ont environ 0m,10 de hauteur, on les éclaircit, c'est-à-dire on arrache les pieds les plus faibles pour (pie les plantes soient espacées de 0m,30 à 0«V0.
C. Garnissage des places vides. — On utilise les plantes qu'on arrache pendant l'éclaircissage pour regarnir les places vides. Le carthame transplanté reprend très-aisément, si on a le soin de l'arracher avec une motte de terre, ou si on évite de laisser ses racines se dessécher à l'air.
D. Deuxième rinage. — Un mois environ après qu'on a éclairci, on pratique un nouveau binage. Celte opération a encore pour but la destruction des mauvaises herbes et rameublissement de la couche arable.
E. Buttage. — On complète les soins d'entretien qu'exigé le carthame, en le buttant. Cette opération a l'avantage de donner plus de fixité aux plantes et de leur procurer plus de fraîcheur pendant les mois de juillet et août.
lié coite des fleurs. — A. Époque. — La cueille des fleurs a lieu pendant les mois de juin et juillet, juillet et août, ou août et septembre, suivant la latitude sous laquelle le carthame est cultivé.
En général, elle dure deux mois.
Cette récolte se fait chaque jour, le matin et après la rosée, afin qu'on puisse enlever toutes les fleurs avant qu'elles commencent à se faner. La matière colorante que fournissent les fleurs trop épanouies ou que les pluies ont noircies, est moins abondante et de moins belle qualité que
CARTHAME. 263
celle qu'on extrait des fleurs bien développées et qui n'ont pas perdu leur éclat.
B. Mode d'opération. — La récolte des fleurs se fait de deux manières :
1° On se borne à arracher les fleurons en pinçant ceuxci entre les doigts.
En agissant ainsi, les capitules floraux produisent souvent de très-bonnes graines. Ce procédé est celui qu'on suit en Allemagne.
2° On coupe les capitules avec des ciseaux ou un instrument tranchant, on les dépose dans un panier qui sert à les rapporter à la ferme.
Ce procédé a l'avantage de provoquer l'épanouissement des boulons qui ne sont pas encore ouverts, mais il est peu pratiqué.
La cueillette des fleurs de carthame est longue et minutieuse; elle doit être faite de préférence par des femmes ou des enfants.
C. Dessiccation des fleurons. — Lorsque la récolte journalière des fleurons est terminée, et que ceux-ci ont été rapportés à la ferme, on procède à leur épluchage, opération qui consiste à enlever les débris de calice ou de réceptacle.
Quand ce nettoyage a été fait on procède à la dessiccation des fleurs. On pratique ce séchage en étendant les fleurons sur des tablettes, des claies ou des naltes dans une chambre aérée et à l'abri du soleil, car les rayons lumineux altèrent facilement la carthamine. On a soin de remuer de temps à autre, afin que la dessiccation se fasse le plus promplement possible.
D. Conservation des fleurons. — Quand les fleurons sont secs, on les renferme dans des caisses ou dans des sacs qu'on conserve dans un endroit très-sec. L'humidité dé-
2li4 PLANTES INDUSTRIELLES.
Iruit leur couleur jaune rouge et les colore en brun ou noirâtre.
Caractères du carthame. — Le carthame d'Espagne est d'un beau rouge et très-riche en couleur. On y trouve souvent des fleurs noires.
Le carthame d'Egypte a une couleur rouge foncé et une odeur forte; il est formé de filaments courts, grêles et frisés. Sa qualité tient plus au mode de préparation qu'au climat de l'Egypte.
Le carthame de l'Inde est d'un rouge rosé; il contient souvent du sable.
Le carthame qui a une couleur terne a été mal desséché; il contient peu de matière colorante.
Récolte des graines. — Lorsque les graines sont hien formées, on laisse les plantes sécher sur pied pendant une semaine. Quand les tiges sont sèches, on les arrache et on les bat au fléau pour détacher les graines que contiennent les capitules.
Poids de l'hectolitre. — Un hectolitre de graines pèse de AS à 50 kilog.
Produits par hectare. — Un hectare bien cultivé et récolté produit de 200 à 300 kilog. de fleurs desséchées et 800 à 1,200 kilog. de graines.
Valeur coin merci a'' e du carthame. — Le carthame de l'Inde se vend de 250 à 350 fr. les 100 kilog., celui d'Egypte de 200 à 300 fr. et celui d'Espagne de 150 a 200 fr.
Valeur commerciale des graines. — Les semences, à cause de leur propriété oléagineuse, valent de 25 à 30 fr. les 100 kilog., soit 12 à 15 fr. l'hectolitre.
Usages des fleurs. — Les fleurs du carthame servent à teindre les étoffes de soie et de coton en couleurs rose.
CAKTHAMfc. 265
cerise et ponceau, mais les teintes qu'elles permettent de produire sont peu solides. En Angleterre et en Espagne, elles servent aussi à colorer les potages, etc.
Enfin, on emploie ces fleurs : pour préparer le fard ou le rouge de toilette dont les femmes font un si grand usage,
Pour réparer des ans l'irréparable outrage ,
pour fabriquer le beau rouge que les peintres ont nommé rouge végétal, laque de carthame ou vermillon d'Espagne, et pour frauder le safran (Voir p. 454).
Le fard se fabrique en mêlant de la carthamine au talc réduit en poudre très-fine.
Emploi des graines. — Le péricarpe des graines de carthame contient un principe acre et purgatif; nonobstant, ces semences sont nutritives pour les volailles et surtout les perroquets.
En Egypte et en Abyssinie, on extrait des amandes une huile douce et comestible. 100 kilog. en fournissent de 25 à 27 kilog.
Usage des feuilles. — Les Egyptiens dessèchent les feuilles de cette plante, les réduisent en poudre et emploient celle-ci pour coaguler le lait avec lequel ils fabriquent des fromages.
Emploi clés tiges. — Les tiges du carthame peuvent servir au chauffage.
BIBLIOGRAPHIE
Bertbolet — Mémoires de l'Institut du Caire, 179'J, in i. I-aiire, — Manuel du cultivateur provençal, 1827, in-8,t. I, |>, 312. De Gasparin. — Cours d'agriculture, 1 84S, in-8, t. IV, p. 2 1 7 .
26tt PLANTES INDUSTRIELLES.
SECTION 11 i.
Cactus à Cochenilles.
(De Opunlus, ville de la Phoeide ou la Locride, où les opuntia sont abondants
Cactus ou Opuntia.
Plante monotycolédone de la famille des Cactées.
Historique. — Caractères de la cochenille. — Mœurs. — Cactus sur lesquels elle vit. — Plantation d'une nopalerie : choix et préparation du terrain, mode de multiplication des nopals, mise en place des raquettes. — Multiplication de la cochenille. — Récolte. — Manière d'étouffer la cochenille : dessiccation naturelle, dessiccation artificielle. — Quantité qu'un homme récolte par jour. — Déchet que subissent les cochenilles par la dessiccation. — Produits par hectare. — Variétés commerciales : cochenille noire, cochenille grise ou argentée, cochenille rougeàtre. — Valeur commerciale. — Mode d'emballage.— Usages de la cochenille. — Bibliographie.
Historique — La culture du cactus à cochenilles (1) ou nopal est connue au Mexique, depuis une haute antiquité. L'histoire fait connaître qu'elle y était pratiquée du temps des rois aztèques. Toutefois, la conquête de cette contrée par Fernand Cortez, nuisit à cette culture. Ainsi les Espagnols ruinèrent les nopaleries de la péninsule de Yucatan, afin de favoriser celles qui existaient à Oaxaca et à Guaxaca.
(1) On a cru pendant longtemps que la cochenille était une graine et non un insecte. C'est d'Acosta qui a démontré le premier, en 1530, que la cochenille appartenait au règne animal.
CACTUS A COCHENILLES. 267
Un jour, ils eurent l'idée de monopoliser à leur profit la production de la cochenille et ils en défendirent l'exportation; mais un Français, Thierry de Menou ville, se préoccupant peu. il y a bientôt un siècle, de? peines sé\ères prononeées contre les exportateurs, parvint à transporter à Saint-Domingue des nopals chargés d'insectes.
Lorsque les Espagnols perdirent toutes leurs possessions d'Amérique, à l'exception de Cuba, ils introduisirent la culture du nopal dans les environs de Murcie et de Mâlaga. En 1827, on l'expérimenta avec succès aux îles Canaries, et en 1831, M. Simounet fit venir des nopals de l'Andalousie, et les propagea très-heureusement aux environs d'Alger.
Tl y a vingt ans environ que les Hollandais ont naturalisé la cochenille à l'île de Java.
D'après les faits constates dans ces dernières années, on peut dire désormais que la culture du nopal et l'éducation de la cochenille prospéreront en Algérie et y donneront des résultats aussi satisfaisants que ceux qu'on obtient aujourd'hui aux îles Canaries En 1854, on comptait dans une seule province de cette colonie 14 nopaleries contenant 61,500 plants.
En 1834, la cochenille exportée des Canaries, ne dépassa pas 941 kilog.; mais en 1850, elle atteignit 250,000 kilog. Ce succès permet de concevoir de grandes espérances de son introduction en Afrique
La France en a importé, en 1855, 413,884 kilog. ayant une valeur de 4, 138,8 i0 fr.
Caractères de la cochenille. — La cochenille qu'on multiplie dans les nopaleries. est connue sous les noms de cochenille fine, cochenille du cactus ou cochenille du nopal. Les entomologistes l'ont appelé coccus cacti, L.
Elle appartient à la famille des gallinsectes de l'ordre
des hémiptères. Son corps est globuleux, mou et épais; ses tarses sont d'un seul article. Sa longueur ne dépasse pas 0n\002.
Le mâle est plus petit que la femelle. C'est vers le commencement du printemps qu'il devient insecte parfait; alors il a une forme allongée, et porte des ailes finement ^einées. Il est rouge fonce et son corps se termine par deux grandes soies.
Les mâles n'ont pas de bouche, ils ne virent que le temps nécessaire à la fécondation des femelles. Ce fait explique pourquoi on en trouve rarement a l'époque à laquelle on récolte les cochenilles.
Les femelles, beaucoup plus nombreuses que les mâles, ont une sorte de trompe au moyen de laquelle elles percent l'épiderme des nopals pour y puiser les aliments dont elles ont besoin. Elles deviennent insectes parfaits après être restées quelque temps immobiles dans un petit nidcomposé d'un duvet cotonneux. Leur corps est brun foncé et couvert d'une poussière blanche.
Les femelles qu'on écrase répandent un beau suc pourpre.
Tlœur§ — La femelle après avoir été fécondée, pond ses œufs deux mois environ après sa naissance et meurt quelque temps après. Chaque femelle donne naissance à cinq ou six générations par an.
La cochenille ne se déplace pas. A peine est-elle née quelle enferme son bec dans le nopal pour ne plus l'en retirer.
Cactus sur lesquels vit la cochenille. — La cochenille fine ^ it sur plusieurs cactus appelés nopals par les Mexicains.
L'espèce la plus répandue et regardée comme la plus favorable est le cactus à cochenille cactus coccimllifera, L..
CACTUS A COCHENILLES. 269
ou opuntia coccinillifera, Mill.)- Ce nopal a une tige
Fig.22. - Cactus tuna.
dressée, des rameaux épais, ovales, oblongs, longs de 0m,15 à 0m,20, et larges de Om,IO à 0m,12, et presque complètement dépourvus d'aiguillons. Ses fleurs sont rouges et ont 0m,40 de largeur.
Après ce nopal, vient le cactus fausse figure (cactus coccinillifera, DC, ou cactus tuna, L.). Cette espèce a des rameaux très-grands, garnis à leur sommet de poils raides et à leur base d'aiguillons plus résistants. Ses fleurs sont rouge terne et ont 0m,08 de diamètre.
Aux îles Canaries, on cultive un nopal à fleurs jaune orangé et à fruits vert blanchâtre que les habitants appellent funera et qui paraît être le cactus figue d'Inde
(CACTUS VULGAR1S, Tell., OU CACTUS FICUS UNDICA, L.).
Enfin, on a introduit à Ténérifle, depuis environ dix années, le cactus en chapelet (cactus moniliformis, L.) à fleurs et à fruits rouges. Cette espèce a une tige globuleuse garnie de rameaux diffus et ornés d'aiguillons divergents.
En général, les nopals à épiderme tendue, à feuilles très-charnues et le moins garnies d'épines sont ceux qui conviennent le mieux à la cochenille.
On désigne les feuilles sous le nom de raquettes.
Création d'une itopalei*ie. — A. Choix du terrain. — Les nopals doivent être plantés dans les terres perméables et sèches, c'est-à-dire sur les terrains silico-argileux ou argilo-siliceux, caillouteux ou non, mais de moyenne fertilité. Ces plantes végètent mal sur les sols compacts et humides parce qu'elles redoutent les eaux stagnantes; elles réussissent aussi difficilement sur les sols pauvres.
C'est principalement dans les vallons, les gorges des montagnes, à la base des coteaux ou dans les plaines abritées par des élévations qu'on établit les nopaleries.
Les terrains découverts ne conviennent pas pour cette
CACTUS A COCHENILLES. 271
culture, parce que les vents violents y brisent les nopals, enlèvent les jeunes cochenilles des raquettes ou nuisent au développement des unes et des autres en les desséchant. Les terres très-déclives doivent être garanties de l'action érosive des eaux par des murs de soutènement qui les disposent en terrasses placées les unes ou-dessus des autres.
B. Préparation du sol. — Le terrain qu'on destine à une nopalerie doit être bien préparé. On le laboure avec une charrue ou avec la bêche jusqu'à 0n\20 et même 0œ,30 de profondeur.
Quand la couche arable a été bien ameublie et débarrassée des arbustes et des plantes indigènes qui croissaient à sa surface, on la dispose en planches que l'on sépare par des allées ou des sentiers si la plantation des nopals doit être faite en plein. On doit, lorsque la terre est argileuse et à sous-sol imperméable, séparer les planches par de petits fossés d'assainissement et établir les allées sur la partie médiane de chaque planche.
Lorsqu'on plante les cactus en lignes éloignées les unes des autres de 2 mètres, on se dispense de créer des allées.
C. Mode de multiplication des nopals. — Tous les cactus se multiplient de boutures.
On obtient ces boutures en détachant des nopals bien développés et âgés de trois à quatre ans, les raquettes qu'ils ont produites. On a constaté par l'expérience qu'il fallait non pas arracher les raquettes mais les couper à leur point d'insertion sur la plante mère. 11 faut être trèsexpénmenté pour disloquer les raquettes à leurs articulations sans les endommager ou altérer le pied qui les fournit.
On peut diviser les raquettes en deux parties, mais les
nopals que l'on multiplie à l'aide de telles boutures ou sont jamais remarquables par leur développement.
Au fur et à mesure qu'on détache les raquettes, on les pose à plat sur la terre, où elles restent pendant quatre à cinq jours. On agit ainsi par nécessité, c'est-à-dire pour que la partie coupée ou détachée puisse se cicatriser. Les raquettes qu'on abandonne ainsi à elles-mêmes doivent être retournées chaque jour, afin qu'elles ne soient courbées à l'époque de leur plantation.
D. Mise en place des raquettes. — 1° Epoque. — On doit exécuter la plantation des boutures en automne ou au printemps. On a reconnu que l'automne est la meilleure époque. À ce moment de l'année les raquettes développent plus aisément leurs racines et, au printemps suivant, elles poussent avec plus de vigueur que si leur mise en place avait eu lieu en mars ou avril.
2° Mode d'opération. — La plantation des boutures est simple et facile. Il suffit de les enterrer verticalement et la cicatrice en bas, jusqu'à la moitié de leur longueur.
Les raquettes que l'on plante trop profondément sont sujettes à pourrir ou à végéter très-lentement pendant la première année.
Cette plantation doit être faite de manière que les surfaces des raquettes soient parallèles à la direction des lignes ou sillons.
Enfin, il est nécessaire que les lignes soient perpendiculaires à la direction des vents pluvieux, afin qu'une seule des faces des raquettes reçoive l'action des pluies.
Soins d'entretien qu'exigent les nopaleries» — A. Engrais. — On a proposé d'exciter le développement des nopals en appliquant de temps à autre des engrais, soit du fumier, soit du sang desséché. L'expérience, jusqu'à ce
CACTUS A COCHENILLES. 273
jour, n'a pas prouvé l'utilité de leur emploi. Au Mexique, on ne fume jamais les nopaleries.
B. Binages. — On doit exécuter des binages. Ceux-ci sont plus ou moins nombreux, suivant l'aptitude que la terre possède à la production des plantes indigènes. Une nopalerie bien entretenue est toujours plus productive, parce qu'elle ne favorise pas l'existence des ennemis de la cochenille.
Nonobstant, les ouvriers qui exécutent les binages doivent éviter d'endommager les racines des nopals, ou de blesser ces derniers avec les outils qu'ils emploient.
C. Arrosement. — Les nopals qu'on cultive dans les vallons ou dans les plaines, où la terre conserve une fraîcbeur convenable pendant les fortes chaleurs de l'été, n'ont pas besoin d'être arrosés. Il n'en est pas de même des nopaleries établies sur les terres siliceuses et sèches ; on doit les irriguer lorsque les raquettes commencent à se flétrir, c'est-à-dire quand elles deviennent flasques et pendantes. Ces arrosements n'ont pas besoin d'être copieux : une grande humidité ferait pourrir les pieds des nopals.
D. Suppression des routons a fruits. — Les nopals produisent des fruits qui nuisent à leur développement. C'est pour ce motif qu'il est utile de les supprimer tous les ans à mesure qu'ils apparaissent.
Les boutons du cactus ou opuntia vulgaris sont jaunâtres; ceux du cactus tuna présentent une teinte rouge.
E. Taille des nopals. — Tous les ans, après la récolte des cochenilles, on supprime toutes les raquettes que ces insectes ont épuisées. Ces feuilles se distinguent des autres par les rides et la couleur jaunâtre que présentent leurs surfaces. Cette suppression a l'avantage de faire naître de nouvelles raquettes.
vu. 18
Durée d'existence d'une nopalerie. — lue no-
palerie bien établie et bien conduite peut durer de 6 à 8 années.
A 2 ans, les nopals ont ordinairement de im à im,65, hauteur qu'on ne dépasse pas, parce que la récolte de la cochenille ne s'effectuerait plus aussi facilement.
Altérations des nopals. — Les nopals sont sujets à deux altérations : 1° la pourriture ou gangrène; 2° la gomme.
On arrête le développement de ces maladies en enlevant complètement avec un couteau la partie altérée. Alors la plaie se cicatrise et le nopal continue à végéter.
Animaux et insectes nuisibles. — Les nopals sont quelquefois attaqués pendant l'hiver par les rats et les lézards; mais ces animaux ne causent jamais de dégâts aussi grands que ceux que font naître de petites chenilles jaunes et transparentes. Ces insectes couvrent les jeunes bourgeons d'une toile qui les dérobe à la vue, et qui leur permet de pénétrer dans la raquette, où ils vivent aux dépens de la substance charnue qui la constitue. C'est le soir et le matin qu'on doit les chercher pour les détruire.
Enfin, les nopals sont aussi attaqués par des insectes de l'espèce kermès. Ces petits insectes les épuisent ; et comme ils couvrent parfois entièrement les raquettes, il en résulte que les cochenilles qui y sont fixées ne peuvent y vivre. Deux mois suffisent pour qu'un nopal eu soit couvert depuis la base jusqu'au sommet. On les détruit ou on met un terme à leur propagation, en lavant les nopals qu'ils ont attaqués avec une éponge et de l'eau.
Multiplication de la cochenille. — On propage la cochenille dans une nopalerie de dix-huit mois, en dis-
CACTUS A COCHENILLES. 2 io
persant sur les cactus un certain nombre de cochenilles mères. Celte sorte d'ensemencement se fait le matin, avant le lever du soleil. On l'exécute de deux manières :
1° On réunit quelques femelles dans lin petit cocon cylindrique fait avec du coton ou de la filasse et Ton suspend ce nid sur l'une des faces d'une raquette de nopal au moyen d'une épine. Quand le cactus est vigoureux, on attache un cocon sur chaque face de ses feuilles. Ces nids doivent être à claire \oie, afin que les jeunes cochenilles puissent passer à travers aussitôt après leur naissance. C'est pourquoi il est préférable de remplacer la filasse ou le coton par un morceau de canevas à mailles moyennes.
2° On renferme des cochenilles dans une boîte non fermée et on les couvre avec de petits morceaux d'étoffe douce et très-souple. Dans l'après-midi, on enlève ces chiffons qui sont alors couverts d'un très-grand nombre de cochenilles d'une extrême petitesse, et on les porte dans la nopalerie pour en fixer un sur chaque côté des raquettes au moyen d'épines de nopals. Ces chitfons une fois enlevés de dessus les cochenilles doivent être remplacés par d'autres afin qu'on puisse le soir, continuer l'ensemencement des nopals.
Cette opération dure ordinairement de quatre à six jours. Lorsqu'elle est terminée, on étouffe les cochenilles que contiennent les boîtes, on les sèche et on les réunit à celles que l'on a précédemment récoltées.
Si les cochenilles déposées dans les boites ne donnaient pas de couvain, on devrait les remplacer par d'autres plus avancées.
On doit avoir la précaution de placer les cocons ou les chiffons de manière que le soleil levant puisse réchauffer de bonne heure les jeunes cochenilles.
276 PLAÎSTES INDUSTRIELLES.
Il faut éviter d'opérer quand l'air est agité, afin que les larves ne soient pas emportées par le vent et lorsque le temps est brumeux ou pluvieux.
Au bout de huit à dix jours les eochenilles sont fixées sur l'épiderme des nopals à l'aide de leur suçoir; un mois après, un certain nombre d'insectes s'enveloppent dans un petit cocon cylindrique formé de duvet blanc pour se métamorphoser en insectes parfaits. Ces cochenilles, qui ne sont autres que les mâles, fécondent aussitôt les femelles et meurent ensuite.
Lorsque les femelles ont atteint en été soixante-quinze à quatre-vingt-dix jours et en hiver cent à cent vingt, elles sont alors de la grosseur d'une tique de moyenne grosseur. Alors, on peut les enlever de dessus les cactus pour les utiliser pour ensemencer une nouvelle nopal erie, parce qu'elles sont prêtes à pondre.
Les femelles meurent après leur ponte.
Récolte tle la cochenille. — Lorsque la nopalerie est nouvelle et lorsqu'elle doit continuer à exister, on attend pour opérer la récolte qu'un certain nombre de femelles ait déjà pondu.
Aussitôt qu'on a la certitude que les nopals ont été de nouveau ensemencés, on procède à la récolte des cochenilles en les enlevant de dessus les raquettes à j'aide du bec d'une cuiller à demi-couverte près de sa queue, ou d'une petite cassolette ronde ou triangulaire.
Cette opération se fait le matin et en deux fois : d'abord, on détache les cochenilles qui ont une couleur foncée et la partie postérieure du corps déprimée et ridée; ensuite, quelques jours après, on renouvelle l'opération pour recueillir les cochenilles qui sont arrivées au dernier terme de leur développement.
CACTUS A COCHENILLES. 27 7
Celle récolte doit être faite par des hommes ou des enfants. Les femmes, à cause de leurs \ éléments qui font tomber les cochenilles sur le sol, ne doivent être employées (jue (juand la nécessité l'exige.
Manière d'étouffer les cochenilles. — Les cochenilles doivent être étouffées aussitôt qu'elles ont été récoltées. Cette opération a pour but de s'opposer à la ponte des femelles. On la pratiquait autrefois a l'aide de l'eau bouillante; voici comment on l'exécute de nos jours :
1e Dessiccation naturelle — On construit des boîtes vitrées ayant 4 mètre de longueur, 0,n,73 de largeur et 0m,10 de hauteur; on y met 13 kilog. environ de cocbenilles fraîches, on les ferme hermétiquement et on les expose à mi-soleil. Alors, les insectes périssent par asphyxie, diminuent de volume et deviennent secs. On doit avoir soin de ne pas laisser les boites exposées la nuit à l'action du serein et de la rosée, et de remuer de temps à autre les cochenilles pour que leur dessiccation soit plus complète et plus parfaite.
A défaut de caisses vitrées on peut se servir de bocaux en verre bien bouchés et pouvant contenir de .'* cà i kilog. d'insectes.
2° Dessiccation artificielle. — Cette dessiccation se fait dans un four après la cuisson du pain ou dans une étuve chauffée de 35 à 40° centigrades. Dans le premier cas, les cochenilles restent exposées à l'action de la chaleur pendant deux heures pour être ensuite placées dans les boîtes vitrées exposées à mi-soleil. Dans le second, on les relire de l'étuve au bout de quarante-huit heures.
Quantité qu'un nomme récolte par jour. — Un homme, en une journée, récolte environ 10 kilog. de cochenilles.
On compte qu'il faut dix-huit ouvriers pour récolter dans une matinée, c'est-à-dire depuis la pointe du jour jusqu'à neuf ou dix heures du matin, les cochenilles d'une nopalerie d'un hectare.
Déchet cfiie subissent les cochenilles par la dessiccation. — 1 kiJog. de cochenilles fraîches se réduit par la dessiccation à 900 grammes environ.
Produit par hectare. — Un hectare bien garni de nopals fournit de 300 à 400 kilog. de cochenilles.
Variétés commerciales. — Le commerce distingue trois sortes de cochenilles :
1° La cochenille noire qui est d'un brun noirâtre et luisant. C'est la plus estimée à Londres. On la nomme cochenille znccatille ou zaccatilla; elle vient du Mexique.
On l'obtient en récoltant les cochenilles qui ont pondu ou en débarrassant, à l'aide d'un sac dans lequel on les a agitées, la poussière cotonneuse qui couvre celles qui ont été récoltées avant la ponte.
2° La cochenille grise ou argentée est couverte d'une poussière blanche et argentée, elle vient de la Vera-Cruz, et est estimée à Marseille et à Cadix, quoiqu'elle soit inférieure à la précédente. Quelquefois, on la rend plus argentée en la couvrant de talc de Venise ou de blanc de céruse.
3° La cochenille rougeàtre. Cette sorle est peu estimée.
Valeur commerciale. — Le prix de la cochenille est plus ou moins élevé selon sa provenance et sa qualité; en outre, il est très-variable. Voici les prix moyens auxquels elle est vendue :
La cochenille noire ^aut. ... 10 à 13 fr. le kilog.
— argentée, .... 8 à 10 —
— rouge 0 à 8 —
mode d'emballage. —On emballe la cochenille dans
CACTUS A COCHENILLES. 2"79
des sacs recouverts de joncs ou de peau, (les sacs pèsent ordinairement de 75 à 80 kilog.
Usages tic la cochenille. — La cochenille est employée pour préparer le carmin et la Laque carminée, pour colorer les liqueurs, les sucreries; elle sert aussi dans la teinture des soieries.
Prix de revient. — On évalue en Algérie, les dépenses qu'occasionnent la culture du nopal et la multiplication de la cochenille, de 2,r>00 à 3,000 fr. par hectare et par an. En supposant on produit de 300 Ril. de cochenille ayant une valeur de 3,600 fr., il resterait pour bénéfice de 900 à 1,100 fr. et la cochenille revient de 8 fr. 50 à 10 fr. le kil.
Le Gouvernement achète la cochenille produite en Algérie, dans le but d'encourager sa culture; il la paie 15 fr. le kil. Cette cochenille a été classée erître la cochenille zuccatille et celle des Canaries.
BIBLIOGRAPHIE
Thierry «le illlcnoii ville. — Ti ailé de la culture cl ti nopal, 1787, in
2 vol.
Reriholet. — Annales agronomiques, 1851, in-8, p. 122. (JUiérin-IlIcnncvilIc. — Cuit, de la cochenille en Algérie, 1850, in 8.
SECTION IV
Fiantes tinctoriales ronges non encore cultivées.
A. Alltana fies teinturiers iAlkasa TIISCTORIA, Tau.
Anchusa tinctoiua, De st.,.
Cette plante est vivace et appartient à la famille des borraginées. Sa racine, connue sons le nom d'orcanette, est grosse comme le petit doigt, rameuse, ridée et ronge foncé; le principe colorant tjne contient son écorce est soluble dans les corps gras.
Elle est indigène dans la Provence, le Languedoc, etc.
L'orcanette est employée par les pharmaciens et les confiseurs.
B. Iiavtsonie à fleurs blanches ( LAWSOHLA permis, L.).
Cet arbrisseau appartient à la famille des lylhrariées; il est originaire des Indes orientales, et a été importé en Eu rope en 1752. Il est commun dans le royaume de Tunis.
Ses feuilles, après avoir été desséchées et réduites en poudre, constituent le henné, que les femmes de l'Afrique, de la Turquie, de l'Egypte, etc., emploient pour se teindre les ongles, et même quelquefois les doigts et les pieds, en rouge orangé. On s'en sert aussi en Afrique et en Asie pour colorer les cheveux, les crins, les fourrures et les cuirs.
Lorsqu'on veut employer 1p henné, on le délaie dans l'eau, et on l'applique pendant six heures environ sur ies parties qu'on veut colorer, sous forme de cataplasme.
PLANTES TINCTORIALES ROUGES. 281
SECTION V
Plantes tinctoriales rouges non encore acceptées
Caille-lait à fleurs blanches (GALLIUM molli go. L.). Cette rubiacée est \ivaee et indigène, Le principe tinctorial rouge qu'elle fournit réside dans ses racines.
Vipérine du Portugal (ECH1UM LUSITAMCTM 3 L.;
Echilm vulgare, .B.). Celte borraginée est aussi vhace. Ses racines renferment une couleur pourpre très-belle que les femmes du Don emploient pour rehausser l'éclat de leur teint. Cette plante est connue en Europe depuis 1731.
Aspérule tinctoriale (Asperula tinctoria, L.). Cette plante est indigène et appartient à la famille des rubiacées. On l'emploie en Russie, sur les bords de l'Okka, pour teindre les laines en rouge.
Pécjane liarmale (Pegamm harmale, L.). Cette plante est \ivace et a été rangée dans la famille des rutacées. Elle a été introduite de Lycie en Européen 1570. Ses graines l'enferment une matière colorante rouge.
Phytolaque commune (Phytolacca decandra, L.). Cette plante est vivace et originaire de la Virginie, et commune en Europe depuis 1615; elle appartient à la famille des phytolacées. On la désigne souvent sous le nom de raisin dJ Amérique. Ses fruits contiennent un suc rouge.