IMMORTELLE D' ORIENT
En général, elle ne résiste pas à 5° au-dessous de zéro.
En 1837, la plupart des pieds d'immortelles périrent sous l'influence du froid qui fut cette année-là très-\iolent dans toute la Provence.
Cette plante redoute aussi les fortes rosées et les pluies abondantes et continues.
Terrain. — On cultive l'immortelle d'Orient sur des terres légères, perméables et caillouteuses.
Elle réussit très-bien sur les gradins exposés au sud que l'on observe sur les montagnes qui avoisinent le pittoresque village d'Ollioules.
Ordinairement, elle végète mieux sur les sols arides que sur les terrains fertiles.
C'est en vain qu'on voudrait la cultiver sur les sols en plaine et les terres humides.
Iflode de propagation. — On la multiplie de boutures qu'on exécute pendant le mois de juillet, en séparant les vieilles soucbes.
A cette époque l'immortelle est presque sèche et pour ainsi dire morte.
Ces boutures doivent être plantées très-rapprochées dans un terrain bien ameubli et un peu ombragé.
Cette plantation se fait au moyen d'un plantoir ou à l'aide d'une cheville.
Elle est suivie d'un arrosage.
Quinze jours environ après leur plantation, les boutures ont développé des racines et produit quelques nouvelles feuilles.
Mise en plaee des boutures enracinées. — La mise en place des boutures enracinées se fait l'année suivante au mois de mars, lorsqu'on ne redoute plus de gelées.
Hi; PLANTES INDUSTRIELLES.
Le terrain doit être défoncé de 0™,33 à 0m,o0 de profondeur.
On y applique très-peu de fumier, car ce dernier est plus nuisible qu'utile aux immortelles.
Les pieds doivent être éloignés les uns des autres de 0"',50, 0m,60 à 0m,7o. Quelques cultivateurs les plantent à 0",30 seulement, mais cette distance n'est pas assez grande pour que les touffes puissent facilement se développer.
Au fur et à mesure que les ouvriers creusent les trous, des femme y plantent des boutures enracinées, en ayant la précaution de bien couvrir les racines de terre passée à la claie, si elles opèrent sur un terrain pierreux.
On termine la plantation, en arrosant tous les pieds.
Plus tard, on exécute un ou plusieurs binages.
Ordinairement, un certain nombre de pieds produisent des fleurs pendant l'été qui suit l'époque de la mise en place. Il est utile de couper ces tiges aussitôt qu'elles apparaissent afin qu'elles n'affament pas les plantes et nuisent par conséquent à leur développement.
Soins «l'entretien. — Cliaque année, on laboure le sol à la houe et on donne ensuite les binages et les sarclages nécessaires.
On exécute la première opération en mars.
Le premier binage se fait en mai, avant que les tiges ne soient complètement développées.
Durée d'existence. — Une culture d'immortelles bien conduite et bien entretenue persiste pendant huit à dix années.
Récolte «les fleurs. — La cueillette des fleurs se fait pendant le mois de mai. Quelquefois, elle se prolonge jusqu'en juin.
IMMORTELLE D'ORIENT. 3i7
On coupe les tiges à 0", 25 ou 0m, 30 au dessous des corymbes, un peu avant répanouissement des boutons, c'est-à-dire à mesure que les capitules qui ont une forme ovoïde commencent à s'ouvrir et laissent apercevoir un petit trou à leur partie médiame.
On ne doit couper les tiges ni trop tôt, ni trop tard. Le commerce refuse les fleurs qui ne sont pas assez formées et celles qui sont trop ouvertes ou trop épanouies.
Cette récolte est toujours confiée à des femmes.
Opérations qui suivent la récolte. — A mesure qu'on coupe les tiges, on les réunit en paquets qu'on suspend, les capitules en bas, pour les faire sécher en plein air.
Lorsque les fleurs sont sèches et qu'on n'a point à craindre que réunies en tas elles fermentent et s'altèrent, on les contie à de jeunes tilles pour qu'elles détachent le duvet ou l'enveloppe blanchâtre qui couvre les ramifications.
Après cette opération on les met en paquets ou en bottes. On ne compte pas les tiges.
Chaque paquet a 0m,15 environ de circonférence à sa partie médiane, et doit peser de 320 à 380 grammes.
Ordinairement un kilog. contient environ 400 tiges munies chacune d'une vingtaine de fleurs.
Produit* — Chaque touffe d'immortelles produit, en moyenne, de 60 à 70 brins ou tiges portant de 20 à 30 fleurs.
Un hectare, contenant en moyenne 40,000 touffes, produit chaque année 2,400,000 à 2,800,000 tiges, 16,000 à 20,000 paquets, 5,000 tà 7,000 kilog. d'immortelles.
En général, l'immortelle ne produit abondamment que tous les deux ans. Ainsi, elle fournit plus de tiges la deuxième, la quatrième, la sixième année, etc., que pendant la troisième, la cinquième, la septième année, etc. Toutefois, les jeunes touffes, par exemple celles qui n'ont
qu'une année de plantation, donnent toujours des tiges moins développées, moins garnies de ramifications et de fleurs que les pieds plus âgés.
Emballage des paquets. — On emballe les immortelles dans des caisses lorsqu'on les expédie de Toulon à Marseille, Lyon, Bordeaux et Paris. Tous les paquets y sont placés symétriquement de manière que toutes les fleurs soient en contact pour ainsi dire avec les parois intérieures.
Chaque caisse contient 100 paquets.
Valeur commerciale. — Les immortelles se vendent ordinairement au paquet.
Chaque paquet se vend de 15 à 30 centimes.
Quelquefois on les vend au poids. Le prix des 100 kilog. varie entre 30 et 45 fr.
Les négociants qui achètent les immo rtelles aux paquets, font souvent refaire ces derniers pour diminuer leur grosseur. Ces paquets ne contiennent alors qu'une cinquantaine de tiges, et ils pèsent environ de 120 a 130 grammes.
Immortelles à teintes artificielles. — Les immortelles se teignent de différentes couleurs. Ainsi, on les colore artificiellement en noir, en vert et en rouge ponceau. Cette dernière nuance est très-belle et la plus en vogue dans les contrées méridionales. On l'obtient au moyen d'une dissolution de borax.
Les prix des immortelles teintes varient suivant les couleurs.
Usages. — Ces fleurs servent à faire des couronnes et des bouquets. Elles ont la propriété de conserver longtemps leur forme et leur brillante couleur naturelle.