‹ Les plantes insectivoresChapitre 25 sur 123 · RESUME DU CHAPITRE · texte numérisé non relu

RESUME DU CHAPITRE

contenu sans aucune agrégation. Néanmoins, ayant d’étre ainsi affectées, les glandes, dans quelques cas tout au moins, peuvent transmettre à leurs tentacules l’impulsion qui les fait s’agréger.

Le plus intéressant peut-étre de tous les faits cités dans ce chapitre, c’est que les glandes centrales, a la suite d’une irritation, communiquent aux glandes extérieures une impulsion qui s’étend du centre à la circonférence, impulsion qui les excite à provoquer une autre impulsion centripète qui détermine l’agrégation. Toutefois, la marche de l'agrégation constitue en elle-même un phénomène remarquable. Quand on touche ou que l’on presse l'extrémité périphérique d’un nerf et qu’il en résulte une sensation, on admet qu’un changement moléculaire invisible se propage d’une extrémité du nerf à l’autre; or, quand on touche plusieurs fois ou qu’on presse doucement une glande du Drosera, on peut voir distinctement un changement moléculaire se propager de la glande jusqu’à la base du tentacule, bien que ce changement soit probablement d’une nature toute différente de celui qui affecte le nerf. Enfin, comme tant de causes si complétement différentes excitent l’agrégation, il semblerait que la matière vivante contenue dans les cellules de la glande’se trouve dans une condition si peu stable que le moindre trouble peut suffire pour modifier sa nature moléculaire, comme on le voit chez certains composés chimiques. Or, ce changement dans les glandes, qu’elles soient excitées directement, ou indirectement par une impulsion reçue d’autres glandes, se transmet d’une cellule à l’autre, produisant la formation de granules de protoplasma dans le liquide précédemment limpide, ou l'agrégation de ces granules qui deviennent alors visibles.

70 DROSERA ROTUNDIFOLIA.

Observations supplémentaires sur le phénomène de Vagrégation dans les racines des plantes.

Nous verrons bientôt qu’une faible solution de carbonate d’ammoniaque provoque l’agrégation dans les cellules des racines du Drosera. Cette observation me conduisit à faire quelques essais sur les racines d’autres plantes. Dans la dernière partie d’octobre je déterrai la première plante qui me tomba sous la main, c'était une Euphorbia Peplus; je fis grande attention à ne pas endommager les racines, je les lavai avec soin, puis je les plongeai dans une solution contenant une partie de carbonate d’ammoniaque pour 146 parties d’eau. En moins d’une minute, je vis un nuage se propager avec une rapidité étonnante d’une cellule à l’autre dans toute l'étendue des racines. Au bout de huit ou neuf minutes, les petits granules qui produisaient cette apparence nuageuses’agrégèrent verslesextrémités desracines en masses quadrangulaires de matiére brune; quelques-unes de ces masses changérent bientôt de forme et devinrent sphériques. Quelques cellules cependant ne furent pas affectées. Je répétai l'expérience sur une autre plante de la même espèce; mais, avant d’avoir pu disposer le microscope pour mettre la racine au foyer, des nuages de granules et des masses quadrangulaires de substances brunes et rougeatres s'étaient formés et s'étaient propagés tout le long des racines. Je plongeai une autre racine dans un drachme (18 centigr.) d’une solution contenant une partie de carbonate d’ammoniaque pour 437 parties d’eau, de telle façon que 1/8 de grain ou 2,024 millig. de carbonate agissaient sur la racine; je la laissai dix-huit heures dans cette solution. Au bout de ce temps, les cellules de toutes les racines, dans toute la longueur de ces dernières, contenaient des masses agrégées de matières brunes et rougeatres. Avant de faire ces expériences, j'avais examiné avec soin plusieurs racines et je n’avais pu découvrir dans aucune d’elles la moindre trace d'apparence nuageuse ou de granules. Je plongeai aussi des racines dans une solution contenant une partie de carbonate de potasse pour 218 parties d’eau et je les y laissai pendant trentecinq minutes; mais ce sel ne produisit aucun effet.

Je puis ajouver ici que des sections trés-minces de la tige de l’Euphorbia placées dans la même solution subissent une modification ; les cellules vertes deviennent immédiatement nuageuses, tandis que d’autres, précédemment incolores, se nuancent de brun, grace à la formation de nombreux granules de cette couleur. J’ai observé aussi sur plusieurs espèces de feuilles, plongées pendant quelque temps dans une solution de carbonate d’ammoniaque, que les grains de chlo-

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