Watts, Dict. of Chemistry, t. II, 1872, p
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ces feuilles étaient considérablement infléchies au bout de 2h heures et complétement au bout de quatre jours; les glandes en contact avec le gluten étaient devenues noires. Au bout de cinq jours, une des feuilles commença à se redresser et, au bout de huit jours, toutes deux avaient repris leur position naturelle au repos; il restait encore une très-petite quantité de gluten sur le limbe. J’essayai ensuite quatre morceaux très-petits de gluten desséché : humecté d’eau; son action fut quelque peu différente de celle du gluten frais. Une feuille s’était presque complétement redressée au bout de trois jours et les trois autres feuilles au bout de quatre jours. Les parcelles de gluten s'étaient très-amollies, presque liquéfiées, mais elles étaient loin d’être complétement dissoutes. Les glandes quis’ étaient trouvées en contact avec ces parcelles au lieu d’être devenues complétement noires affectaient une couleur très-pâle et la plupart d’entre elles avaient évidemment été tuées. Dans aucune des dix expériences que je viens de rapporter, la totalité du gluten n’avait été dissoute, même quand j'avais placé sur des feuilles des morceaux'extrêmement petits ; je demandai donc au docteur Burdon Sanderson d'essayer le gluten dans un liquide digestif artificiel composé de pepsine et d'acide chlorhydrique ; la totalité du gluten plongé dans ce liquide fut dissoute. Toutefois, cette solution agit beaucoup plus lentement sur le gluten que sur la fibrine; 40,8 parties de gluten s’étant dissoutes en A heures contre 100 parties de fibrine pendant le même temps. On expérimenta aussi sur le gluten dans deux autres liquides digestifs où acide chlorhydrique était remplacé par de l'acide propionique et de l’acide butyrique; le gluten fut complétement dissous par ces liquides à la température ambiante. Nous nous trouvons donc enfin en présence d’un cas où une différence essentiells semble exister, au point de vue de la faculté digestive, entre la sécrétion du Drosera et le suc gastrique; mais cette diffé-
rence se limite au ferment, car, ainsi que nous venons de le voir, la pepsine combinée aux acides de la série acétique agit parfaitement sur le gluten. Je crois que l’explication réside simplement dans ce fait que le gluten est un stimulant trop puissant, comme la viande crue, le phosphate de chaux ou même un morceau trop gros d’albumine, et qu’il attaque ou tue les glandes avant qu’elles aient eu le temps de déverser une quantité suffisante de la sécrétion nécessaire. Le laps de temps pendant lequel les tentacules restent infléchis, et l’importante modification de couleur que subissent les glandes, prouvent évidemment que la feuille absorbe quelques matiéres empruntées au gluten.
Le docteur Sanderson me conseilla de plonger du gluten pendant 15 heures dans de lacide chlorhydrique étendu (0,02 p. 100 d’acide) afin d’enlever lamidon. Le gluten ainsi traité se gonfla, devint incolore et plus transparent. J’en lavai quelques parcelles que je placai sur cing feuilles : ces feuilles s’infléchirent bientôt fortement mais, à ma grande surprise, elles étaient complétement redressées au bout de 48 heures. Il ne restait plus, sur deux des feuilles, que quelques parcelles de gluten et pas une trace sur les trois autres. Je recueillis avec soin la sécrétion visqueuse et acide qui restait encore sur le limbe de ces deux dernières feuilles et mon fils l’examina au microscope avec un fort grossissement ; il ne put rien découvrir saufun peu de saleté et une assez grande quantité de grains d’amidon quin’avaient pas été dissous par l'acide chlorhydrique. Quelques glandes des feuilles étaient devenues assez pâles. Cette expérience nous apprend que le gluten traité avec de l’acide chlorhydrique étendu d’eau n’exerce pas sur les feuilles une action aussi énergique ou aussi longuement continuée que le gluten frais, et qu’en outre il n’attaque pas les glandes ; elle nous app rend, en outre, que la sécrétion digère rapidement et complétement le gluten ainsi traité ©
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Globuline ou cristalline. — Le docteur Moore voulut bien préparer pour mes expériences cette substance provenant de la lentille de l'œil; la globuline se présente sous forme de fragments durs, incolores et transparents. On dit * que la globuline doit «gonfler dans l’eau et se dissoudre en formant un liquide gommeux; » mais, bien que j'aie laissé dans l’eau, pendant quatre jours, les fragments dont je viens de parler, ils ne présentèrent aucune trace de dissolution. Je plaçai sur dix-neuf feuilles des fragments de globuline dont les uns avaient été humectés d’eau, les autres d’acide chlorhydrique étendu, d’autres enfin plongés dans l’eau pendant un ou deux jours. La plupart de ces feuilles, surtout celles qui reçurent les fragments qui avaient plongé dans l’eau pendant longtemps, s’infléchirent fortement au bout de quelques heures. La plupart d’entre elles se redressèrent au bout de trois ou quatre jours ; toutefois, trois feuilles restèrent infléchies pendant un, deux ou trois jours de plus. Cette inflexion prolongée prouve que les feuilles ont dû absorber quelques substances de nature à les exciter ; toutefois, les fragments bien qu'un peu plus amollis peut-être que ceux qui étaient reslés dans l’eau pendant le même laps de temps, avaient conservé des angles aussi nets que ceux qui n'avaient pas été placés sur les feuilles. Ce résultat m’étonna quelque peu, car la globuline est une substance albumineuse; or, comme je me proposais dans ces expériences de comparer l’action de la sécrétion avec celle du suc gastrique, je demandai au docteur Burdon Sanderson d’expérimenter sur la même globuline que celle dont j'avais fait usage. Il me dit que des fragments «ont été plongés dans un liquide contenant 0,2 °/. d'acide chlorhydrique et environ 1 °/, de glycérine extraite de l'estomac d’un chien. Il reconnut que ce liquide peut digérer 1,31 de son poids de fibrine non bouillie en une heure; tandis que ce même liquide n’a dissous, pendant le même laps de temps, que 0,141 des fragments de globuline que je lui avais donnés. Dans les deux cas il avait placé dans le liquide un excès de la substance à digérer ? ». Nous voyons donc que, pendant un laps de temps égal, le même liquide a dissous moins de 1/9° en poids de