EFFETS DES SELS DE POTASSE
sions sur le disque de 17 feuilles un demi-minime d’une solution de ce sel; les résultats obtenus m'ont beaucoup surpris et me surprennent encore. L’inflexion se produit très-lentement. Au bout de vingtquatre heures, les tentacules de 4 feuilles, sur les 17 employées, étaient bien infléchis, ainsi que le limbe de 2; 6 autres feuilles étaient légérement affectées, et les 7 autres pas du tout. J’observai 3 feuilles pendant cinq jours; toutes moururent; dans un autre lot de 6 feuilles, toutes, sauf une, semblaient en bonne santé au bout de quatre jours. Je plongeai 3 feuilles, pendant neuf heures, chacune dans 30 minimes d’une solution contenant 4 partie d’oxalate de potasse pour 875 parties d’eau; ces feuilles ne présentérent aucun signe dinflexion, mais j'aurais dû les observer pendant plus longtemps.
Potassium (chlorure de). — Je placai sur le disque de 6 feuilles un demi-minime d’une solution contenant 1 partie de chlorure de potassium pour 437 parties d’eau, et je laissai les feuilles en cet état pendant trois jours; j’en plongeai 3 autres dans 30 minimes d’une solution contenant 4 partie de chlorure de potassium pour 875 parties d’eau et je les y laissai pendant vingt-cinq heures; mais je n’obtins aucun résultat dans l’un ou l’autre cas. J’expérimentai alors avec du carbonate d’ammoniaque sur les feuilles qui avaient été plongées dans la solution, comme je l'ai indiqué dans le paragraphe relatif à l’azotate de potasse, j’obtins les mêmes résultats.
Potassium (iodure de). — Je plaçai sur le disque de 7 feuilles un demi-minime d’une solution contenant 1 partie d’iodure de potassium pour 437 parties d’eau. Au bout de trente minutes, le limbe d’une feuille était infléchi; au bout de quelques heures, presque tous les tentacules sous-marginaux de 3 feuilles étaient modérément infléchis; les 3 autres feuilles n'étaient que légèrement affectées. A peine quelques tentacules extérieurs de ces feuilles s’infléchirent. Au bout de vingt et une heures, toutes ces feuilles se redressérent, à l'exception de 2, chez lesquelles quelques tentacules sous-marginaux étaient encore infléchis. Je plongeai ensuite 3 feuilles, chacune dans 30 minimes d’une solution contenant 1 partie d’iodure de potassium pour 875 parties d’eau; au bout de huit heures quarante minutes, aucune n’était affectée. Je ne sais que conclure de ces résultats si différents; mais il est évident que liodure de potassium ne produit pas ordinairement une action bien vive.
Potassium (bromure de). — Je plaçai sur le disque de 6 feuilles un demi-minime d’une solution contenant 4 partie de bromure de potas-
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sium pour 437 parties d'eau; au bout de vingt-deux heures, beaucoup de tentacules aussi bien que le limbe d’une de ces feuilles étaient infléchis, mais je crois qu’un insecte aurait pu se poser sur cetle feuille et s'échapper; les 5 autres feuilles ne furent aucunement affectées. Je plaçai des parcelles de viande sur 3 de ces feuilles, et, au bout de vingt-quatre heures, elles étaient étroitement infléchies. Je plongeai aussi 3 feuilles, chacune dans 30 minimes d’une solution contenant partie de bromure de potassium pour 875 parties d’eau; je les y laissai pendant vingt et une heures, mais aucune feuille ne fut affectée; toutefois les glandes paraissaient un peu plus pales.
Lithium, acétale de lithine. — Je plongeai 4 feuilles dans un même vase contenant 120 minimes d’une solution d’une partie d’acétate de lithine pour 437 parties d’eau, de façon à ce que chaque feuille reçoive, en admettant que l’absorption fut égale chez toutes, 1/16° de grain de sel. Au bout de vingt-quatre heures, aucune inflexion ne s’élait produite. Dans le but d'essayer les feuilles, je les plongeai alors dans une forte solution de phosphate d’ammoniaque contenant 4 grain de phosphate pour 20 onces d’eau,'ou 1 partie de sel pour 8,750 parties d’eau; au bout de trente minutes, les 4 feuilles s'étaient étroitement infléchies.
Lithium ; azotate de lithine. — Je plongeai 4 feuilles, comme dans le cas précédent, dans 120 minimes d’une solution contenant A partie d’azotate de lithine pour 437 parties d’eau; au bout d’une heure trente minutes, les tentacules de ces 4 feuilles étaient un peu infléchis; au bout de vingt-quatre heures, ils l’étaient considérablement. J’ajoutai alors de l’eau à la solution, mais le troisième jour les tentacules restaient encore un peu infléchis.
Cesium (chlorure de). — Je plongeai 4 feuilles, comme il vient d’être indiqué, dans 120 minimes d’une solution contenant 4 partie de chlorure de cæsium pour 437 parties d’eau. Au bout d’une heure cinq minutes, les glandes avaient noirci; au bout de quatre heures vingt minutes, j'observai quelques traces d’inflexion; au bout de six heures quarante minutes, 2 feuilles étaient considérablement, mais non pas étroitement infléchies, et les 2 autres l’étaient aussi beaucoup. Au bout de vingt-deux heures, l’inflexion était extrêmement grande et le limbe de 2 feuilles s'était recourbé. Je transportai alors les feuilles dans l’eau, et quarante-six heures après le moment de leur première immersion, elles s'étaient presque complétement redressées.
Rubidium (chlorure de). — Je plongeai 4 feuilles, comme il est dit ci-dessus, dans 120 minimes d’une solution contenant 4 partie de chlorure de rubidium pour 437 parties d’eau; je n'avais obtenu aucun résultat au bout de vingt-deux heures. J’ajoutai alors au liquide une partie de la forte solution de phosphate d’ammoniaque (1 grain de phosphate pour 20 onces d'eau), et, au bout de 30 minutes, les 4 feuilles étaient considérablement infléchies.
Argent (azotate d’). — Je plongeai 3 feuilles dans 90 minimes d’une solution contenant 4 partie d’azotate d'argent pour 437 parties d’eau, de façon à ce que chacune d’elles recut, comme je l'ai déjà dit, 1/16° de grain du sel. Au bout de cing minutes, j’observai une légère inflexion; au bout de onze minutes, une très-forte inflexion, les glandes devinrent très-noires, et, au bout de quarante minutes, tous les tentacules étaient étroitement infléchis. Au bout de six heures, je sortis les feuilles de la solution, je les lavai et je les plongeai dans l’eau, mais le lendemain matin toutes étaient évidemment mortes.
Calcium, acétate de chaux.— Je plongeai # feuilles dans 120 minimes d’une solution contenant 4 partie d’acétate de chaux pour 437 parties d’eau; au bout de vingt-quatre heures, aucun tentacule n’étaitinfléchi, sauf toutefois quelques-uns, là où le limbe de la feuille se réunit au pétiole; cette inflexion a pu être provoquée par l’absorption du sel par l’extrémité coupée du pétiole. J’ajoutai alors une certaine quantité de la solution de phosphate d’ammoniaque (4 grain de phosphate pour 20 onces d’eau), mais, à ma grande surprise, cette solution ne provoqua qu’une légère inflexion, même au bout de vingt-quatre heures. Cela semble prouver que l’acétate de chaux avait paralysé les feuilles.
Calcium; azotate de chaux. — Je plongeai 4 feuilles dans 120 minimes d’une solution, contenant 4 partie d’azotate de chaux pour 437 parties d’eau ; je n’avais obtenu aucun résultat au bout de vingt-quatre heures. J’ajoutai alors une certaine quantité de la solution de phosphate d’ammoniaque (4 grain de phosphate pour 20 onces d’eau), mais cette solution ne provoqua qu’une légère inflexion au bout de vingt-quatre heures. Je plongeai alors une nouvelle feuille dans un mélange des solutions d’azotate de chaux et de phosphate d’ammoniaque, de la force que je viens d'indiquer, et les tentacules de cette feuille s’infléchirent étroitement en cing ou dix minutes. Je plaçai sur le disque de 3 feuilles un demi-minime d’une solution con-
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tenant 4 partie d’azotate de chaux pour 218 parties d’eau, mais sans aucun résultat.
Magnésium ; acétate et azotate de magnésie et chlorure de magnesium. — Je plongeai 4 feuilles dans 120 minimes de solutions de chacun de ces 3 sels, contenant chacune 1 partie de sel pour 437 parties d’eau. Au bout de six heures, je n’observai aucune inflexion; toutefois, au bout de vingt-deux heures, les tentacules de l’une des feuilles plongées dans l’acétate de magnésie étaient un peu plus infléchis qu'il n'arrive d'ordinaire après une immersion dans l’eau pendant ce même laps de temps. J’ajoutai alors à chacune des 3 solutions une certaine quantité de la solution de phosphate d’ammoniaque (1 grain de phosphate pour 20 onces d’eau). Les feuilles plongées dans le mélange d’acétate de magnésie et de phosphate d’ammoniaque s’infléchirent un peu, et cette inflexion se dessina fortement au bout de
vingt-quatre heures. Les feuilles plongées dans le mélange d’azo-.
tate de magnésie et de phosphate d’ammoniaque étaient bien infléchies au bout de quatre heures trente minutes, mais le degré d’inflexion
n’augmenta pas beaucoup ensuite. Au contraire, les 4 feuilles plon-.
gées dans le mélange de chlorure de magnesium et phosphate d’ammoniaque étaient considérablement infléchies au bout de quelques minutes, et, au bout de quatre heures, presque tous leurs tentacules étaient étroitement. Ces expériences prouvent que l’acétate et l’azotate de magnésie attaquent les feuilles ou tout au moins empêchent l'action subséquente du phosphate d’ammoniaque, tandis que le chlorure n’a pas cet effet.
Magnesium; sulfate de magnésie. — Un demi-minime d’une solution contenant 1 partie de ce sel pour 218 parties d’eau placée sur le disque de 10 ious ne produisit aucun effet.
Baryum; acétate de baryle. — Je plongeai 4 feuilles dans 120 minimes d’une solution contenant 1 partie de ce sel pour 437 parties d’eau; au bout de vingt-deux heures, aucune inflexion ne s'était produite, mais les glandes étaient noircies. Je plongeai alors ces feuilles dans une solution de phosphate d’ammoniaque (1 grain de phosphate pour 20 onces d’eau); au bout de vingt-six heures seulement, j’observai une légére inflexion chez deux des feuilles.
Baryum; azotate de baryte. —Je plongeai 4 feuilles dans 120 minimes d’une solution contenant 1 partie de ce sel pour 437 parties d’eau; au bout de vingt-deux heures, je n’observai guère que
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cette légère inflexion que provoque souvent une immersion dans l'eau pure pendant ce laps de temps. J’ajoutai alors une certaine quantité de la solution de phosphate d’ammoniaque dont je me suis déjà servi dans les expériences précédentes; au bout de trente minutes, une feuille s'était considérablement infléchie, deux autres modérément et la quatrième pas du tout. Les feuilles restèrent en cet etat pendant vingt-quatre heures.
Strontium; acélate de strontiane. — Je plongeai 4 feuilles dans 120 minimes d’une solution contenant 4 partie de ce sel pour 437 parties d’eau; au bout de vingt-deux heures, aucun résultat ne s'était produit. Je plongeai alors ces feuilles dans la solution de phosphate d’ammoniaque ; au bout de vingt-cinq minutes, 2 feuilles étaient trèsinfléchies; au bout de huit heures, une troisième feuille l'était considérablement, mais la quatrième ne l'était pas du tout. Le lendemain malin, ces feuilles étaient encore dans le même état.
Strontium; azolale de slrontiane. — Je plongeai 5 feuilles dans 120 minimes d’une solution contenant 4 partie de ce sel pour 437 parties d’eau. Au bout de vingt-deux heures, j’observai une légère inflexion, mais pas plus considérable que celle qui se produit parfois chez les feuilles plongées dans l’eau. Je plaçai alors ces feuilles dans une solution de phosphate d’ammoniaque; au bout de huit heures, 3 de ces feuilles étaient modérément inflechies et les 5 feuilles l'étaient au boul de vingt-quatre heures; mais aucune d’elles n’était étroitement infléchie. Il résulte de cette expérience que l'azotate de strontiane paralyse à moitié les feuilles.
Cadmium (chlorure de). — Je plongeai 3 feuilles dans 90 minimes d'une solution contenant 1 partie de ce sel pour 437 parties d’eau; au bout de cing heures vingt minutes, j'observai une légère inflexion qui augmenta pendant les 3 heures suivantes. Au bout de vingt-quatre heures, les tentacules des 3 feuilles étaient bien infléchis et ils restèrent dans cet état pendant un autre laps de temps de viagtquatre heures; les glandes n'avaient pas changé de couleur.
Mercure (perchlorure de). — Je plongeai 3 feuilles dans 99 minimes d’une solution contenant 1 partie de ce sel pour 437 parties d’eau ; au bout de vingt-deux minutes, j’observai une légère inflexion qui avait considérablement augmenté au bout de quaiante-nuit minutes ; en même temps, les glandes s'étaient noircies. Au bout de cing heures trente-cinq minutes, tous les tentacules étaient élroite-
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ment infléchis; au bout de vingt-quatre heures, l'inflexion et la coloration persistaient. J’enlevai alors les feuilles et je les plongeai dans l’eau où je les laissai pendant deux jours, mais elles ne se redressèrent jamais; évidemment elles étaient mortes.
Zinc (chlorure de). — 3 feuilles plongées dans 90 minimes d'une solution contenant 1 partie de ce sel pour 437 parties d'eau n’ont pas été affectées en vingt-cinq heures trente minutes.
Aluminium (chlorure d'). — Je plongeai 4 feuilles dans 120 minimes d’une solution contenant 4 partie de ce sel pour 437 parties d’eau; au bout de sept heures quarante-cing minutes, je n’observai aucune inflexion; au bout de vingt-quatre heures, les tentacules d’une feuille étaient infléchis assez fortement, ceux d’une deuxième modérément, ceux de la troisième et de la quatrième l’étaient à peine. Le résullat obtenu est donc douteux, je crois cependant que ce sel provoque une certaine inflexion fort lente chez les feuilles. Je plongeai ensuite ces feuilles dans la solution de phosphate d’ammoniaque (1 grain de phosphate pour 20 ouces d’eau); au bout de sept heures trente minutes, les 3 feuilles que le chlorure d'aluminium avait peu affectées s’infléchirent assez fortement.
Aluminium; azotate d’alumine. — Je plongeai 4 feuilles dans 120 minimes d’une solution contenant 1 partie de ce sel pour 437 parties d’eau ; au bout de sept heures quarante-cinq minutes, j’observai quelques signes d’inflexion; au bout de vingt-quatre heures, les tentacules d’une feuille étaient modérément infléchis. Ici encore on peut concevoir les mêines doutes que pour le chlorure d'aluminium. Je plongeai alors les feuilles dans la solution de phosphate d'ammoniaque qui, au bout de sept heures tren‘e minutes, n’avait produit qu’un effet trés-insignifiant; toutefois, au bout de vingt-cinq heures, une feuille était assez fortement infléchie, mais les 3 autres ne l’é‘aient guère plus que quand ou les plouge dans l’eau.
Aluminium et potassium; sulfate dalumine et de potasse (alun ordinaire). — Un demi-minime d’une solution de la force ordinairement employée placée sur le disque de 9 feuilles ne produisit
aucun effet.
Or (chlorure d’). — Je plongeai 7 feuilles, chacune dans 30 minimes d’une solution contenant À partie de chlorure d’or pour 437 parties d’eau, de façon à ce que chacune reçoive 1/16: de grain
(4,048 milligr.) de chlorure. Au bout de huit minutes il se produisit une légère inflexion qui devint considérable au bout de quarantecinq minutes. Au bout de trois heures, le liquide était devenu pourpre et les glandes noires. Au bout de six heures, j’enlevai les feuilles de la solution pour les plonger dans l’eau; le lendemain matin elles avaient perdu toute trace de couleur et évidemmentelles étaient mortes. La sécrétion décompose très-facilement le chlorure d’or, et les glandes sont recouvertes d’une couche très-mince d’or métallique; en outre, des parcelles d'or flottent à la surface du liquide environnant.
Plomb (chlorure de). — Je plongeai 3 feuilles dans 90 minimes d’une solution contenant 4 partie de ce sel pour 437 parties d’eau. Au bout de vingt-trois heures je n’observai aucune trace d’inflexion; les glandes n’étaient pas noircies, et les feuilles ne paraissaient pas attaquées. Je transportai alors ces feuilles dans la solution d phosphate d’ammoniaque (1 grain de phosphate pour 20 onces d'eau); au bout de vingt-quatre heures, les tentacules de 2 de ces feuilles étaient quelque peu infléchis, ceux de la troisieme l’étaient trés-peu; les feuilles restèrent dans cet élat pendant un autre laps de temps de vingt-quatre heures.
Etain (chlorure d’). — Je plongeai 4 feuilles dans 120 minimes contenant environ À partie de ce sel, car il ne fut pas entièrement dissous, pour 437 parties d’eau. Au bout de quatre heures, aucun effet n’avait été produit; au bout de six heures trente minutes, les tentacules sous-marginaux des 4 feuilles étaient infléchis; au bout de vingt-deux heures, tous les tentacules et le limbe des feuilles étaient fortement infléchis. Le liquide avait alors pris une teinte rose. Je lavai ensuite les feuilles et je les plongeai dans l’eau; le lendemain matin elles étaient mortes. Le chlorure d’étain est un poison violent pour les feuilles, mais il agit trés-lentement.
Antimoine (tartrate d’). — Je plongeai 3 feuilles dans 90 minimes d’une solution contenant À partie de ce sel pour 437 parties d’eau. Au bout de huit heures trente minutes, j’observai.une légère inflexion ; au bout de vingt-quatre heures, les tentacules de 2 feuilles étaient fortement infléchis, et ceux de la troisième l’étaient modérément; les glandes n’étaient pas très-noircies. Je lavai alors les feuilles et je les plongeai dans l’eau; elles restèrent dans le même état pendant un autre laps de temps de quarante-huit heures. Ce sel est probablement un poison, mais il agit très-lentement,.
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Arsenic; acide arsénieux. — Une partie d’acide pour 437 parties d’eau; je plongeai 3 feuilles dans 90 minimes; au bout de vingt-cing minutes, j’observai une inflexion considérable, et, au bout d’une heure, une inflexion presque complete; les glandes n’étaient pas décolorées. Au bout de six heures, je plongeai ces mémes feuilles dans l’eau; le lendemain matin elles paraissaient trés-fraiches, mais au bout de quatre jours elles étaient plus pales et ne s’étaient pas redressées, évidemment elles étaient mortes.
Fer (chlorure de). — Je plongeai 3 feuilles dans 90 minimes d’une solution contenant 1 partie de ce sel pour 437 parties d’eau; au bout de huit heures, aucune inflexion; au bout de vingt-quatre heures, inflexion considérable; les glandes sont devenues noires; le liquide a pris une teinte jaune avec des parcelles floconneuses d’oxyde de fer flottant à la surface. Je placai alors les feuilles dans l’eau; au bout de quarante-huit heures, elles s'étaient redressées un peu, mais je crois qu’elles étaient mortes; les glandes étaient excessivement noires.
Chrome; acide chromique. — Une partie d’acide pour 437 parties d’eau; 3 feuilles ploagées dans 90 minimes; au bout de trente minutes, une légère inflexion; au bout d’une heure, une inflexion considérable; au bout de deux heures, tous les tentacules fortement infléchis et les glandes décolorées. Je plongeai alors les feuilles dans l’eau; le lendemain, les feuilles étaient complétement décolorées et étaient évidemment mortes.
Manganèse (chlorure de). — 3 feuilles plongées dans 90 minimes d'une solution contenant 4 partie de ce sel pour 437 parties d’eau; au bout de vingt-deux heures, pas plus d’inflexion qu’il ne s’en présente souvent chez les feuilles plongées dans l'eau pure; les glandes pe sont pas noircies. Je plonge alors les feuilles dans la solution ordinaire de phosphate d’ammoniaque qui ne provoque aucune inflexion, méme au bout de quarante-huit heures.
Cuivre (chlorure de). — 3 feuilles plongées dans 90 minimes d’une solution contenant 1 partie de ce sel pour 437 parties d'eau; au bout de deux heures, légere inflexion; au bout de trois heures quarante-cinq minutes, les tentacules sont étroitement infléchis el les glandes noircies. Au bout de vingt-deux heures, les glandes sont encore étroitement infléchies et les feuilles devenues flasques. Je plongeai les feuilles dans l’eau pure, le lendemain elles étaient évidemment mortes. Poison rapide.
Nickel (chlorure de). — 3 feuilles plongées dans 90 minimes d’une solution contenant 1 partie de ce sel pour 437 parties d’eau ; au bout de vingt-cing minutes, inflexion considérable, et au bout de trois heures, tous les tentacules complétement infléchis. Au bout de vingt-deux heures, la feuille reste dans le même état; la plupart des glandes, mais pas toutes, sont noircies. Les feuilles sont alors placées dans l’eau; au bout de vingt-quatre heures, l'inflexion persiste; les feuilles sont quelque peu décolorées, les glandes et les tentacules ont pris une teinte rouge sale. Feuilles probablement tuées.
Cobalt (chlorure de). — 3 feuilles plongees dans 90 minimes d’une solution contenant 4 partie de ce sel-po'r 437 parties d’eau; an bout de vingt-trois heures, aucune trace d’inflexion et les glandes ne sont pas plus noircies qu’il n'arrive souvent après une immersion également longue dans l’eau.
Platine (chlorure de). — 3 feuilles plongées dans 90 minimes d'une solution contenant une partie de ce sel pour 437 parties d’eau ; au bout de six minutes une légère inflexion qui devient considérable au bout de quarante-huit minutes. Au bout de trois heures, les glandes étaient assez pâles. Au bout de vingt-quatre heures, tous les tentacules étaient encore étroitement infléchis et les glandes étaient incolores ; les feuilles restèrent dans cet état pendant quatre jours, évidemment elles étaient mortes.
Conclusions relatives à l’action des sels précédents. — Sur les 51 sels et acides métalliques dont je me suis servi dans ces expériences, 25 ont provoqué l’inflexion des tentacules, et 26 n’ont eu aucun effet analogue; en outre, il s'est présenté deux cas assez douteux dans chaque série. Dans la table que j'ai placée au commencement de ces remarques, j'ai classé les sels selon leurs affinités chimiques; mais cette classification semble peu importante au point de vue de leur action sur le Drosera. Autant qu'on peut en juger par les quelques expériences que je viens de relater, la nature de la base est beaucoup plus importante que celle de l’acide; or, c’est là la conclusion a laquelle les physiologistes en sont arrivés relativement aux animaux. La preuve de ce fait c’est que 9 sels diffé-
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rents de soude provoquent l’inflexion, et qu’aucun d’eux n’agit comme poison, à moins d’être donné à haute dose, tandis que 7 sels correspondants de potasse ne provoquent pas l’inflexion, et que quelques-uns agissent comme poison. Toutefois, 2 d’entre eux, c’est-à-dire Yoxalate de potasse et l’iodure de potassium, provoquent une inflexion légère, et en somme assez douteuse. Cette différence entre les deux séries est d'autant plus intéressante que le D' Burdon Sanderson m’apprend que l’on peut introduire les sels de soude à large dose dans la circulation des mammifères, sans qu’il en résulte pour eux aucun mauvais effet, tandis que des petites doses des sels de potasse causent la mort en arrêtant soudain les mouvements du cœur. Le phosphate de soude qui provoque rapidement une inflexion vigoureuse, tandis que le phosphate de potasse est absolument inefficace, offrent un excellent — exemple de l’action différente des deux séries. La grande énergie du premier est probablement due à la présence du phosphore, comme dans le cas du phosphate de chaux et du phosphate d’ammoniaque. Nous pouvons donc en conclure que le Drosera ne peut pas extraire de phosphore du phosphate de potasse. Ce fait est remarquable, car, selon le D' Burdon Sanderson, le phosphate de potasse est certainement décomposé dans le corps des animaux. La plupart des sels de soude agissent trés-rapidement; Viodure de sodium est celui qui agit le plus lentement. L’oxalate, l’azotate et le citrate de soude semblent avoir une tendance spéciale à provoquer l’inflexion du limbe de la feuille. Après avoir absorbé le citrate, les glandes du disque transmettent à peine une impulsion aux tentacules extérieurs; sous ce rapport, le citrate de soude ressemble au citrate d’ammoniaque ou à une décoction de feuilles d'herbe; ces trois liquides, en effet, agissent principalement sur le limbe.
Il semble contraire à la règle de l'influence prépondé-
rante de la base que l’azotate de lithine provoque une inflexion modérément rapide, alors que l’acétate de lithine n’en produit aucune; mais ce métal est étroitement allié au sodium et au potassium! qui agissent si différemment l’un de l’autre; on peut donc s’attendre à ce que laetion du lithium ressemble, dans une certaine mesure, à l’action de ces deux métaux. On peut faire la même observation relativement au cesium, qui provoque l’inflexion, et au rubidium qui n’en provoque aucune ; car ces deux métaux sont également alliés au sodium et au potassium. La plupart des sels terreux sont inefficaces. 2 sels de chaux, h de magnésie, 2 de baryte et 2 de strontiane n'ont provoqué aucune inflexion, et rentrent ainsi dans la règle de la puissance prépondérante de la base. Sur 3 sels d’alumine, l’un n’a provoqué aucune action, le second une action très-légère, et le troisième une action lente et douteuse, de telle sorte que leurs effets ont été à peu près les mêmes.
Sur les 17 sels de métaux ordinaires employés dans ces expériences, À seulement, c’est-à-dire ceux de zinc, de plomb, de manganèse et de cobalt, n’ont provoqué aucune inflexion. Les sels de cadmium, d’étain, d’antimoine et de fer agissent lentement; les 3 derniers semblent être des poisons plus ou moins violents. Les sels d'argent, de mercure, d'or, de cuivre, de nickel et de platine, l’acide chromique et l'acide arsénieux provoquent l’inflexion avec une rapidité extrême, et sont des poisons violents. Il est surprenant, à en juger par ce qui se passe chez les animaux, que les sels de plomb et de baryte ne soient pas des poisons. La plupart des poisons rendent les glandes noires ; le chlorure de platine, au contraire, les rend trés-pales. J'aurai occasion, dans le prochain chapitre, d'ajouter quelques remarques sur les effets différents pro-
4. Miller, Elements of Chemistry, 3° édition, pages 337, 448.
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duits par le phosphate d’ammoniaque sur des feuilles plongées précédemment dans diverses solutions.