‹ Les plantes insectivoresChapitre 50 sur 123 · D" Fayrer, The Thanatophidia of India, 1872, p · texte numérisé non relu

D" Fayrer, The Thanatophidia of India, 1872, p

j'observai une légère inflexion qui augmenta régulièrement, de sorte qu’au bout de deux heures trente minutes, tous les tentacules des 3 feuilles étaient étroitement infléchis; les glandes prirent d’abord une teinte un peu plus foncée, puis elles devinrent pales; le protoplasma des cellules des tentacules s’agrégea en partie. J’examinai les petites masses de protoplasma au bout de trois heures d'immersion, puis au bout de sept heures; dans aucune autre occasion je n’ai vu le protoplasma subir des changements de” forme aussi rapides. Au bout de huit heures trente minutes, les glandes étaient devenues complétement blanches; elles n'avaient pas sécrété une quantité considérable de mucus. Je plongeai alors les feuilles dans l’eau ; après quarante heures d'immersion, les tentacules se redressèrent, ce qui prouve que les feuilles n’avient pas souffert. Pendant cette immersion dans l’eau, j’examinai, à plusieurs reprises, le protoplasma contenu dans les cellules des tentacules et je pus m’assurer que des mouvements violents l’agitaient encore.

Je p'ongeai alors 2 feuilles, chacune dans 30 minimes d’une solution beaucoup plus forte contenant 1 partie de poison pour 109 parties d’eau, de façon que chaque feuille reçoive 1/4 de grain ou 16,2 milligr. de poison. Au bout d'une heure quarante-cing minutes, ies tentacules sous-marginaux étaient fortement infléchis et les glandes étaient un peu pales; au bout de trois heures trente minutes, tous les tentacules des 2 feuilles étaient étroitement infléchis et les glandes étaient devenues blanches. Il résulte de cette expérience, comme nous l’avons vu déjà dans tant d’autres cas, que la solution plus faible a provoqué une inflexion plus rapide que la solution plus forte ; toutefois cette dernière a blanchi les glandes beaucoup plus rapidement que la première. J’examinai quelques tentacules après une immersion de vingt-quatre heures; le proloplasma, qui conservait encore une belle couleur pourpre, s'était agrégé en petites masses globulaires. Ces masses changeaient de forme avec une rapidité remarquable. Je les examinai de nouveau après une immersion de quarante-huit heures; les mouvements du protoplasma étaient alors si évidents qu'on pouvait les étudier facilement avec un faible grossissement. Je plongeai alors les feuilles dans l’eau et, au bout de vingt-quatre heures, c’est-à-dire soixante-douze heures, à partir du moment de lear première immersion, les petites masses de protoplasma qui avaient pris une teinte pourpre sale étaient encore agilées de mouvements rapides; elles changeaient constamment de forme se réunissant et se séparant à chaque instant.

Huit heures après l’immersion de ces 2 feuilles dans l’eau, c’esta-dire cinquante-six heures après leur première immersion dans la

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solution, les tentacules commencèrent a se redresser et le lendemain matin ce redressement avait fait quelques progrès. Le surlendemain, c’est-à-dire le quatrième jour après leur immersion dans la solution, les tentacules étaient considérablement, mais non pas complétement redressés. J’examinai alors le contenu des tentacules; les masses agrégées de protoplasma s étaient presque complétement dissoutes, et les cellules étaient remplies d’un liquide homogène, à l'exception çà et là d’une petite masse globulaire. Nous voyons donc que le protoplasma n’avait été en aucune façon attaqué par le poison. Comme les glandes étaient devenues si rapidement blanches, il me vint à la pensée que leur tissu avait pu se modifier de façon à empècher le poison de passer dans les cellules situées au-dessous d’elles, et qu’en conséquence le proloplasma de ces. cellules n'avait pu être attaqué par le poison. Pour m'en assurer je plongeai une autre feuille qui avait séjourné pendant quarante-huit heures dans la solution de poison et ensuite vingt-quatre heures dans l’eau, dans une faible quantité d’une solution contenant 1 partie de carbonate d’ammoniaque pour 218 parties d’eau; au bout de trente minutes, le proloplasma des cellules situées au-dessous des glandes prit une teinte plus foncée et, au bout de vingt-quatre heures, les tentacules étaient remplis jusqu’à la base de masses sphériques de protoplasma de couleur foncée. Il résulte de cette expérience que les glandes n'avaient pas perdu leurs facultés d'absorption, tout au moins en ce qui concerne le carbonate d’ammoniaque.

Ces divers faits prouvent que le poison du cobra, bien que terrible pour les animaux, n’agit pas comme poison sur le Drosera ; cependant ce poison provoque une inflexion rapide et considérable des tentacules, et fait disparaître bientôt la couleur des glandes. Il semble même agir comme un stimulant sur le protoplasma, car, avec l'expérience considérable que j'ai acquise sur les mouvements de cette substance dans le Drosera, je ne me rappelle cependant pas Pavoir vu dans un état aussi actif sous l'influence d’une autre matière quelle quelle soit. J'étais, par conséquent, très-désireux de savoir quelle est Paction de ce poison sur le. protoplasma des animaux. Le docteur Fayrer fut assez bon pour faire, à ma demande, quelques expériences qu il a publiées depuis‘. Il plongea dans une solution contenant 0,03 grammes de poison de cobra pour 4,6 centimetres cubes d’eau, l’epithelium ciliaire de la bouche d’une grenouille; en même temps, il en plongeait d’autres dans l’eau pure pour avoir un terme de comparaison. Les mouvements des cils plongés dans la solution

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