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Sachs, Ibid., p

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L’inflexion des tentacules, quand les feuilles sont plongées dans un liquide dense, et leur redressement subséquent dans un liquide moins dense, prouvent que le passage du liquide qui entre dans les cellules ou qui en sort peut provoquer des mouvements ressemblant aux mouvements naturels. Mais l’inflexion provoquée dans ces conditions est surtout irrégulière, car les tentacules extérieurs se recourbent quelquefois en spirale. D’autres mouvements contre nature sont de même causés par l'application de liquides denses, dans le cas, par exemple, de gouttes de sirop apposées aux côtés inférieurs des feuilles et des tentacules. On peut comparer ces mouvements aux contorsions que subissent beaucoup de tissus végétaux quand ils sont soumis à l’exosmose. II est par conséquent douteux que ces phénomènes jettent quelque lumière sur les mouvements naturels.

Si nous admettons que la sortie du liquide est la cause de l’inflexion des tentacules, nous devons supposer que les cellules, avant l’acte de l’inflexion, se trouvent à un degré extraordinaire de tension et qu’elles sont élastiques au suprême degré, car, autrement, leurs contractions ne feraient pas décrire aux tentacules un angle de plus de 180°. Dans son intéressant mémoire sur les mouvements des étamines de certaines Composées, le professeur Cohn affirme que ces organes quand ils sont morts sont aussi élastiques que des fils de caoutchouc, et qu’ils n’ont alors que la moitié de la longueur qu’ils avaient pendant leur vie‘. Il croit que le protoplasma vivant contenu dans les cellules est ordinairement à l’état d'expansion, mais qu’il est paralysé par l’irritation et qu’il est même sujet à une mort temporaire ; l’élasticité des parois des cellules entre alors en jeu et cause la contraction des étamines. Or, les

4. Abhand. der Schles. Gesell. für vaterlaend. Cultur., 1861 ; Heft 1; les Annals and Mag. of nat. hist., 3° série, 1863, vol. XI, p 188-197, contiennent un excellent résumé de ce mémoire.

cellules du côté supérieur ou concave de la partie flexible des tentacules du Drosera ne paraissent pas être à l’état de tension ou être extrêmement élastiques; car, si une feuille est tuée soudainement, ou si elle vient à mourir lentement, ce n’est pas le côté supérieur des tentacules, mais bien le côté inférieur qui se contracte par suite de son élasticité. Nous pouvons donc conclure qu’on ne peut expliquer les mouvements des tentacules par l’élasticité inhérente à certaines ceilules, qui s'opposent à ces mouvements aussi longtemps qu’elles sont vivantes et qu’elles ne sont pas irritées par l’état de tension de leur contenu.

D'autres physiologistes soutiennent une hypothèse quelque peu différente, à savoir que le protoplasma, quand il est irrité, se contracte comme le sarcode mou des muscles des animaux. Chez le Drosera, le liquide contenu dans les cellules des tentacules à la partie flexible, a, examiné au microscope, l'aspect d'un liquide peu dense et homogène; après l’agrégation, ce liquide se transforme en petites masses de substances molles subissant des changements de forme incessants et flottant dans un liquide presque incolore. Ces masses se dissolvent complétement quand les tentacules se redressent. Or il semble à peine possible que ces matières soient douées d’une puissance mécanique directe ; mais si, par suite de quelques changements moléculaires, elles occupent un espace moins considérable qu'auparavant, les parois des cellules doivent, sans aucun doute, se refermer et se contracter. Mais, dans ce cas, on devrait apercevoir des rides sur les parois et l’on n’en a jamais observé. En outre, le contenu de toutes les cellules semble avoir exactement la même nature avant et après l'agrégation, et cependant quelques cellules de la base se contractent seules, car tout le tentacule restedroit.

Quelques physiologistes ont avancé une troisième hypothèse, qui est d’ailleurs rejetée par presque tous les autres,

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c’est-à-dire que la cellule entière y compris les parois se contracte énergiquement. Si les parois se composent uniquement de cellulose non azotée, cette hypothèse est trèsimprobable ; mais on peut à peine douter que ces parois ne soient pénétrées par des matières protéiques, tout au moins pendant la croissance. Il ne semble d’ailleurs y avoir aucune improbabilité absolue à ce que les parois des cellules du Drosera se contractent, si l’on considère la perfection de leur organisation prouvée par la faculté qu'ont les glandes d’absorber et de sécréter, et par leur sensibilité exquise à la pression des corps les plus légers. Les parois des cellules des pédicelles sont aptes aussi à recevoir et à transmettre diverses impulsions qui se traduisent par le mouvement et par une augmentation de sécrétion ou d’agrégation. En résumé, l'hypothèse que les parois de certaines cellules se contractent et chassent, pendant cette contraction, une partie du liquide qu’elles contiennent, est peut-être, de toutes, celle qui concorde le mieux avec les faits observés. Si l’on rejette cette hypothèse, il faut accepter comme la plus probable celle qui veut que le liquide contenu dans les cellules diminue de volume par suite d’une modification de son état moléculaire et du retrécissement des parois qui en est la conséquence. En tout cas, il est difficile d'attribuer le mouvement à l’élasticité des parois combinée à une tension antécédente. 6 Quant à la nature de l'impulsion motrice qui part des glandes pour descendre jusqu’à la base des pédicelles et qui rayonne à travers le disque, il ne paraît pas improbable qu’elle est étroitement liée à cette influence qui provoque l'agrégation du protoplasma dans les cellules des glandes ou des tentacules. Nous avons vu que ces deux forces prennent leur origine dans les glandes, qu’elles partent toutes deux de ces glandes à quelques secondes d'intervalle et qu’elles sont provoquées par les mêmes

causes. L’agrégation du protoplasma dure presque aussi longtemps que l'inflexion des tentacules, même quand cette inflexion persiste pendant plus d’une semaine ; toutefois, le protoplasma se dissout à la partie flexible du tentacule peu de temps avant qu'il se redresse, ce qui prouve que la* cause provoquant le phénomène de l’agrégation a alors entièrement cessé. Le contact avec l’acide carbonique retarde beaucoup le phénomène de l’agrégation et la transmission de l'impulsion motrice jusqu’à la base des tentacules. Nous savons que l’agrégation éprouve un certain retard lorsqu'elle a à traverser les parois des cellules ; or nous avons d'excellentes raisons pour croire qu'il en est de même pour l'impulsion motrice, car nous pouvons expliquer ainsi l'inégalité de durée de la transmission de cette impulsion longitudinalement ou transversalement à travers le disque. Examiné avec un fort grossissement, le premier signe de l'agrégation est la formation d’un nuage, puis, bientôt après, des granules extrêmement petits apparaissent dans le liquide pourpre homogène contenu dans les cellules; cet aspect est probablement dû à la réunion des molécules du protoplasma. Or il ne paraît y avoir rien d’improbable à l'hypothèse que cette même tendance au rapprochement des molécules se communique à la surface intérieure des parois des cellules qui se trouvent en contact avec le protoplasma; s'il en est ainsi, les molécules des parois se rapprocheraient les unes des autres et la paroi elle-même se contracterait.

On peut, il est vrai, obiecter à cette hypothèse, et cela avec beaucoup de raison, que lorsqu'on plonge des feuilles dans diverses solutions énergiques, ou qu’on les soumet à une chaleur de plus de 130° F (54°,4 centig.), il se produit une agrégation, mais aucun mouvement. En outre, divers acides et quelques autres liquides provoquent des mouvements rapides, mais aucune agrégation; ou bien ce dernier phénomène se présente de façon anormale et seulement

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apres un laps de temps considérable; mais comme la plupart de ces liquides attaquent plus ou moins les feuilles,, ils peuvent arrêter ou empêcher l’agrégation en attaquant ou en tuant le proloplasma. 1] y a une autre différence plus importante encore entre les deux phénomènes : quand les glandes du disque sont excitées, elles’ transmettent une certaine impulsion aux tentacules environnants, impulsion qui agit sur les cellules de la partie flexible des tentacules, mais qui ne provoque pas l’agrégation jusqu’à ce qu’elle ait atteint les glandes; ce sont les glandes qui réfléchissent une autre impulsion, laquelle provoque l’agrégation du protoplasma, d'abord dans les cellules supérieures, puis dans les cellules inférieures.

Redressement des tentacules. — Ce mouvement est toujours lent et graduel. Quand le centre de la feuille est excité ou qu’une feuille est plongée dans une solution convenable, tous les tentacules s’infléchissent directement vers le centre, puis ensuite se redressent en s’éloignant directement du centre. Mais, quand le point excité se trouve sur un des côtés du disque, les tentacules environnants sinfléchissent vers ce point et, par conséquent, dans une direction oblique à la direction normale; quand ils se redressent ensuite, ils se redressent aussi obliquement pour reprendre leur position d’origine. Les tentacules les plus éloignés d’un point excité, quelque part d’ailleurs que puisse se trouver ce point, sont les derniers et les moins affectés, et, probablement, en conséquence de ce fait, ce sont les premiers qui se redressent. La partie flexible d’un tentacule fortement infléchi se trouve dans un état de contraction active, ce que prouve l'expérience suivante. Je plaçai de la viande sur une feuille; après que les tentacules se furent fortement infléchis et eurent complétement accompli leur mouvement, je coupai des bandes étroites du disque portant quelques tentacules extérieurs

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