RESUME DE L’ABSORPTION
de viande crue. Le professeur Gohn croit que ces glandes sécrètent des matières visqueuses, mais je n’ai pu observer aucune trace d’une action semblable, si ce n’est toutefois apres l’immersion dans l'alcool ; alors on peut voir quelquefois des lignes extrêmement fines rayonner à leur surface. L’absorption affecte les glandes de plusieurs façons; souvent les glandes prennent une teinte brune; parfois elles contiennent des granules très-fins, des grains ayant un volume modéré ou des petites masses irrégulièrement agrégées; parfois les nuclei semblent augmenter de volume; les utricules primordiaux se contractent ordinairement plus ou moins et se rompent quelquefois. On remarque des changements analogues dans les glandes des plantes qui croissent et prospèrent dans l’eau trouble. Les glandes sphériques sont ordinairement affectées d'autre façon que les glandes oblongues et à deux bras. Les premières prennent plus rarement la teinte brune et cèdent plus lentement à l’action exercée sur elles. Nous pouvons donc conclure que les fonctions naturelles de ces glandes diffèrent quelque peu. Il est un point qu’il importe de noter, c’est l'inégalité de l’action exercée sur les glandes des vessies poussant sur une même branche et même sur les glandes d’une même espèce sur une même vessie par l’eau trouble dans laquelle croissent les plantes et par les solutions que j'ai employées. Dans le premier cas, je suppose que cette inégalité provient soit de petits courants qui ‘apportent des matières à quelques glandes sans en apporter à d’autres, soit de différences inconnues dans leur constitution. Quand une solution affecte différemment les glandes d’une même vessie, nous pouvons soupconner que quelques-unes de ces glandes ont précédemment absorbé une petite quantité de matières contenues dans l’eau où séjournait la vessie. Quoi qu’il en soit, nous avons vu que les glandes sur une même feuille de Drosera sont quelquefois très-inégalement affectées, surtout
49% UTRICULARIA NEGLECTA.
quand on ‘les expose à l’action de certaines vapeurs.
Si l’on arrose avec quelque solution active des glandes qui ont déjà pris une teinte brune et dont les utricules primordiaux sont contractés, l’action ne s'exerce que légerement et lentement sur ces glandes. Toutefois, si une glande ne contient que quelques granules grossiers, cela n'empêche pas la solution d'agir. Rien ne m’a jamais autorisé à penser que les glandes qui ont été fortement affectées par l'absorption d’une matière quelle qu’elle soit puissent recouvrer leur aspect incolore primitif, leur condition homogène et la faculté d’absorber de nouveau.
La nature des solutions que j'ai employées me fait penser que les glandes absorbent l'azote; mais ni moi, ni mon fils, nous n'avons jamais vu le contenu modifié, brunôtre, plus ou moins contracté ou agrégé des glandes oblongues, subir les changements spontanés de forme qui caractérisent le protoplasma. D’autre part, le contenu des grosses glandes sphériques se sépare souvent en petits globules hyalins ou en masses irrégulières, qui changent irés-lentement de forme et finissent par s’agglomérer pour former une masse centrale trés-contractée. Quelle que puisse être la nature du contenu des diverses espèces de glandes, après qu’elles ont subi l’action de l’eau trouble ou d’une des solutions azotées, il est probable que les matières ainsi engendrées constituent un avantage pour la plante et: finissent par être transportées dans d’autres parties.
Les glandes semblent absorber plus rapidement que ne le font les processus bifides et quadrifides. Or, d’après l'hypothèse que nous venons de soutenir, c’est-à-dire qu’elles absorbent des substances contenues dans l’eau putréfiée qui sort de temps en temps des vessies, elles doivent agir plus rapidement que les processus ; ces derniers, en effet, restent toujours en contact avec les animaux capturés en décomposition.