‹ Les plantes insectivoresChapitre 78 sur 123 · RESUME DE L’ABSORPTION · texte numérisé non relu

RESUME DE L’ABSORPTION

En résumé, nous pouvons conclure des «expériences et des observations qui précèdent que les vessies n’ont pas la faculté de digérer les matières animales, bien que les processus quadrifides semblent être quelque peu aflectés par une infusion fraiche de viande crue. Il est certain, d’autre part, que les processus situés à l’intérieur des vessies et que les glandes situées à l'extérieur absorbent certaines substances contenues dans les sels d’ammoniaque, dans une infusion putride de viande crue et dans l'urée. Une solution d’urée semble agir plus énergiquement sur les glandes que sur les processus, et une infusion de viande crue moins énergiquement sur les premières que sur les seconds. Le cas de l’urée est tout particulièrement intéressant, parce que nous avons vu qu’elle n’a aucune action sur le Drosera, dont les feuilles sont adaptées de façon à digérer des substances animales fraîches. Mais le fait le plus important de tous est que, dans l’espèce dont nous nous occupons et dans les espèces suivantes, les processus bifides et quadrifides des vessies renfermant des matières en décomposition contiennent ordinairement des petites masses de protoplasma, animées de mouvements spontanés, tandis que ces masses n’existent pas dans les vessies, qui ne contiennent pas de semblables matières,

1. M. J. Duval-Jouve a constaté que les feuilles d’un verticille d’ Aldrovandia et les ascidies d’une feuille d’Utricularia qui, tandis que les autres restent fraîches, prennent la coloration indice de leur mort prochaine, sont précisément celles qui contiennent les restes d’un animalcule. Ce fait et cet autre que les premières feuilles des Utricularia et des Aldrovandia sont dépourvues d’appareil de capture et que cependant les jeunes pousses ont un développement très-rapide, et enfin les observations de MM. Canby, Tait et Éd. Morren, avaient porté d’abord ce botaniste à penser que la capture, la sécrétion d’un liquide dissolvant et peut-être l’absorption ne constituaient point une fonction normale aboutissant à un résultat profitable, mais qu’au contraire la présence de l’insecte déterminait par irritation une sécrétion surabondante avec issue fatale à l’organe. (Revue des Sciences naturelles, V; septembre 1876.) Mais M. J. Duval-Jouve s’est bientôt rappelé qu’un assez grand nombre d’organes, simples ou très-composés, périssent aussitôt après avoir rempli la fonction par laquelle ils concourent au

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Développement des vessies. — J'ai passé beaucoup de temps, aidé par mon fils, à élucider ce sujet, mais sans grand succès. Nos observations ont été faites sur l’Utricularia neglecta et principalement sur l’Utricularia vulgaris, qui possède des vessies au moins deux fois aussi grandes. Au commencement de l'automne, les tiges se terminent par de gros bourgeons qui tombent au fond de l’eau et ne végètent pas pendant l'hiver. Les jeunes feuilles formant ces bourgeons portent des vessies arrivées à diverses phases de leur développement. Quand les vessies de I’ Utricularia vulgaris ont environ 4/100 de pouce (0,254 de millim.) de diamètre ou 1/200 de pouce (0,127 de millim.) chez l Utricularia neglecta, ils sont circulaires et portent un orifice transversal étroit, presque fermé, conduisant dans un espace rempli d’eau; d’ailleurs, les vessies sont creuses

développement de l’individu ou à la conservation de l’espèce. Les exodermies radicellaires (Poils radicaux; Succiatori de Gasparrini) et même toute la zone corticale des racines des Monocotylédones, se flétrissent et tombent après avoir puisé dans le sol les substances azotées et autres nécessaires à la plante (op. cit. p. 213); les organes protecteurs, sépales et pétales, ceux de la fécondation, étamines, stigmates et styles, les tiges entières des plantes herbacées vivaces se flétrissent et tombent aussitôt qu’elles ont fonctionné. En conséquence, il n'y a rien d’anormal à ce que les limbes-piéges de l’A/drovandia et les ascidies des Utricularia se flétrissent et meurent aussitôt que par leur fonction elles ont concouru à l’entretien de la plante, c’est-à-dire après que les délicates membranes de leurs exodermies ont, comme celles des exodermies radicellaires, secreté d’abord un suc acide capable de dissoudre des substances azotées que l’eau ne dissout pas et ensuite absorbé ces substances nutritives. La carnivorité serait ainsi un fait commun aux radicelles de la plupart des plantes et aux feuilles de quelques-unes seulement.

Resterait à voir encore, comme l'indique M. J. Duval-Jouve, si lewrotoplasma des exodermies radicellaires subit après l'absorption les modifications qui ont été constatées dans les exodermies des feuilles carnivores.

Le même auteur mentionne aussi dans son article précité que de nombreux pucerons sont capturés et tués aux sommets du Sonchus asper, et ce, parce que la piqure de ces petits animaux fait sortir une gouttelette de suc laiteux, devenant visqueux par évaporation, et dans lequel s’engluent les : ailes ou les pattes de l’insecte, sans qu’il y ait lieu de voir dans la succession de ces faits aucun principe de finalité.

Cu. M.

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