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CHAPITRE XVIII

UTRICULARIA (suile).

Utricularia montana. — Description des vessies qui se trouvent sur les rhizomes souterrains. — Insectes capturés par les vessies des plantes à l’état cultivé eta l’état sauvage. — Absorption par les processus quadrifides ct par les glandes. — Tubercules servant de réservoir pour l’eau. — Diverses autres espèces d’Utricularia. — Polypompholyx. — Genlisea ; nature différente de la trappe pour capturer les insectes. — Modes divers d'alimentation des plantes.

UTRICULARIA MONTANA.

Cette espèce habite les parties tropicales de l'Amérique du Sud. On dit que cette plante est épiphyte, mais, à en juger par l’état des racines (rhizomes) de quelques spécimens desséchés qui se trouvent dans l’herbier de Kew, elle vit aussi dans la terre, probablement dans les crevasses des rochers. Dans les serres anglaises on la cultive dans un sol tourbeux. Lady Dorothy Nevill a eu l’obligeance de m'en donner un beau pied et j'en ai recu un autre du D' Hooker. Les feuilles sont entières, allongées au lieu d’être très-divisées, comme chez les espèces aquatiques précédentes. Elles ont environ un pouce et demi (3 centim. 80) de largeur et sont portées sur un pétiole distinct. La plante produit de nombreux rhizomes incolores aussi fins que des fils, et qui portent de petites vessies; parfois ces rhizomes se gonflent au point de former un tubercule, comme nous allons le décrire ci-après. Ces rhizomes ressemblent exactement à des racines, mais il en sort parfois des rejetons verts. Ils pénètrent quelquefois dans la terre jusqu'à une profondeur de plus de deux pouces (6 cent. 07); quand la plante est épiphyte, les

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rhizomes rampent au milieu des mousses, des racines, de l’écorce plus ou moins pourrie, etc., qui recouvre tous les arbres des pays tropicaux.

Les vessies étant attachées aux rhizomes sont nécessairement souterraines. Elles se trouvent en nombre extraordinaire. Un de mes plants, quoique jeune, devait en porter plusieurs centaines, car un seul rhizome pris au hasard au milieu de tous les autres en portait 32, et un autre ayant environ 6 pouces de longueur, mais dont l’une des extrémités et un des côtés étaient rompus, en portait 731. Ces vessies sont comprimées et arrondies; la surface ventrale ou celle qui se trouve entre le sommet de la longue tige délicate et la valve est extrêmement courte (fig. 27). Ces vessies sont incolores et presque aussi transparentes que le verre; en conséquence, elles paraissent plus petites Fig. 26. qu’elles ne le sont réellement; les plus Utricularia montana. grandes n’atteignent pas 1/20 de pouce “ome devenu tu

berculeux. Les bran- (1 millim. 27) dans leur plus long dia- anes ee a mètre. Elles se composent de cellules — deur naturelle. angulaires assez grandes; à la jonction de

celles-ci naissent des papilles oblongues qui correspondent à celles qui se trouvent à la surface des vessies des espèces précédentes. Des papilles semblables abondent sur les rhi-

zomes et même sur les feuilles entières, mais sur ces der-

4. Le professeur Oliver a décritun échantillon del’Utricularia Jamesomana (Proc. Linn. Soc., vol. 1v., p. 169) qui a des feuilles entières et des rhizomes comme l’espèce dont nous nous occupons. Mais les bords de la moitié terminale de quelques feuilles sont transformés en vessie. Ce fait indique clairement que les vessies existant sur les rhizomes de l'espèce dont nous nous occupons et sur ceux des espèces suivantes sont des segments modifiés de la feuille. Ces vessies correspondent donc à celles qui sont attachées aux feuilles divisées ct flottantes des espèces aquatiques.

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niéres elles sont un peu plus grosses. Des vaisseaux, rayés de barres parallèles au lieu de l’étre par une ligne spirale, circulent dans toute la longueur des tiges et s'étendent assez pour pénétrer jusque dans la base des vessies; mais ils ne se bifurquent pas pour s’étendre sur la surface dorsale et sur la surface ventrale comme dans les especes précédentes. :

Les antennes sont assez longues et se terminent par une pointe fine; elles different complétement de celles que nous avons déja décrites en ce qu’elles ne sont pas armées de poils.

Leur base se recourbe si abruptement, que les extrémités de chacune d’elles reposent de chaque côté sur le milieu de la vessie, quelquefois même près du bord.

Leur base recourbée forme ainsi un abri pour la cavité où se trouve la valve; mais

Fig. 27. — Utricularia montana. il existe toujours de chaque

Vessie grossie environ 27 fois. côté un petit passage circu-

laire qui conduit dans la cavité, comme on peut le voir dans la figure 27, ainsi qu'un passage étroitentre les bases des deux antennes. Comme les vessies sont souterraines, la cavité dans laquelle se’ trouve la valve aurait pu être bouchée par de la terre et de menus débris; la courbure des antennes est donc utile à la plante. L’extérieur du col ou péristome ne porte pas de poils comme celui des espèces précédentes.

La valve est petite et profondément inclinée; le bord postérieur libre vient s’arc-bouter contre un col demicirculaire et profond. Cette valve est assez transparente et

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