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LE PAPIER

Les matières végétales, tablettes de bois, écorces, feuilles, ont été utilisées de temps immémorial comme support de l'écriture et le sont encore actuellement dans certaines parties de 1 Asie. L'emploi d'une feuille mince de cellulose constitua un progrès, qui fut réalisé parles Égyptiens de l'antiquité. Elle était faite delà tige d'une plante des bords du Nil, le Souchet à papier (Cyperus papyrus). Les ouvriers la fendaient en longues bandes minces, qui, réunies côte à côte sur une table, puis humectées, collées, formaient un ruban au-dessus duquel on disposait une nouvelle couche de bandelettes croisant les premières. On comprimait à l'aide d'une presse et on laissait sécher au soleil.

La cellulose est abondante dans les végétaux, car elle forme les parois des cellules; mais elle est, le plus souvent, incrustée de matières dures dont il faut la débarrasser par divers procédés pour en obtenir le papier. Dès l'an 123 avant J.-C, les Chinois utilisaient les écorces du Bambou, du Mûrier à papier, de la Ramie. Au VIII" siècle de notre ère, la fabrication du papier fut connue des Arabes; au XI0 siècle, des Espagnols; plus tard elle passe en Italie et en France : on utilisait alors uniquement les chiffons de Lin et de Chanvre. Les chiffons, encore employés pour obtenir les papiers de première qualité, sont triés, lessivés, effilochés, réduits en une pâte qui est égouttée, blanchie, étalée en

Vue perspective d'une machine continue Bertram.

feuille sur la forme, sorte de tamis rectangulaire agité à la main, ou bien est apprêtée à la mécanique. Dès le XVIIIe siècle, les chiffons commençaient déjà à manquer aux papeteries, et des succédanés étaient cherchés et trouvés. La fabrication du papier de paille prit naissance en Angleterre en 1801 et se développa sans cesse jusqu en 1862, époque de l'avènement de la pâte de bois.

Les substances végétales dont on a tenté 1 emploi en papeterie sont innombrables : Guimauve, Genêt, Canne à sucre, Chardon, sarments de Vigne, etc. Quelques-unes d'entre elles, douées de qualités supérieures, donnent, seules ou mélangées, d'excellents papiers. Ce sont, outre les fibres libériennes du Lin, du Chanvre, de la Broussonétie ou Mûrier à papier (fig. 296) et de la Ramie, déjà citées, celles du Jute, du Lin de la Nouvelle-Zélande (Phormium). du Yucca breoifolia du Mexique, le Genêt ou Sarothamne à balais. La Ramie fournit un papier excellent; la Banque de France utilise cette fibre pour la fabrication de ses billets. L' Edgeworthia Gardneri ou mitsumata est la base du célèbre papier du Japon. Le Coton pur sert à préparer les meilleurs papiers à filtrer.

Les papiers à. base de paille sont obtenus avec les pailles de Seigle, de Blé, de Riz, les bractées du Maïs ou l'Alfa (fig. 298). Cent cinquante mille tonnes de ces dernières feuilles sont exportées chaque année en Angleterre et transformées en un bon papier. Les pailles sont hachées, nettoyées, lessivées, défibrées et blanchies.

Les bois de râpage proviennent d'arbres feuillus : Peuplier, Tremble, Hêtre, ou de résineux : Pin, Sapin, Épicéa. En Amérique on utilise surtout les Sapinettes blanche et noire (Picea alba, Picea nigra). Les bois, qui doivent avoir au moins quarante ans, sont écorces et sciés en bûches; ils passent dans un défibreur qui les réduit en poudre fine. C'est la pulpe de bois ou pâte mécanique, employée parfois telle quelle en mélange avec de la pâte de paille ou d'Alfa. Le plus souvent, elle est transformée en pâte chimique par contact avec une solution d'un bisulfite alcalin à 130°, qui la décolore et détruit le ligneux. Beaucoup de nos papeteries reçoivent de Suède, de Norvège ou du Canada leur pâte de bois toute préparée. Cette pâte, mélangée à une petite quantité de pâte de chiffon, qui lui donne du liant, et à des matières chargeantes et encollantes, est conduite aux machines à papier. Celles-ci comprennent une grande cuve, dans laquelle des agitateurs toujours en mouvement maintiennent l'homogénéité de la pâte, puis des épurateurs, qui sont des plaques de bronze finement perforées pour retenir toutes les impuretés. Ensuite, la pâte s'étale et s'égoutte sur une toile métallique sans fin de plusieurs mètres de long, animée mécaniquement de secousses transversales ; elle passe entre plusieurs paires de cylindres, sortes de laminoirs qui la compriment en chassant l'eau qu'elle contient encore ; les derniers sont chauffés intérieurement à la vapeur : la pâte s'égalise, prend corps, sèche, se satine et s'enroule sur un cylindre à l'état d'une large bande continue de papier.

Les arbres des forêts se transforment en papier avec une rapidité inquiétante. Chaque année, des espaces immenses sont dénudés afin de nous donner notre pâture quotidienne de journaux. Un de nos grands journaux parisiens « dévore » à lui seul, annuellement, 125 000 arbres. La production mondiale du papier peut s'évaluer à 60 millions de quintaux, dont 5 millions pour la France. C'est que le papier n'est plus seulement le support des caractères écrits ou imprimés. Il se consomme des quantités énormes de papier pour le pliage, l'emballage, les tentures, etc. La pâte de bois sert à préparer le carton. Lorsqu'elle est comprimée et additionnée de diverses substances, elle a les emplois les plus imprévus : vêtements, bouteilles, roues, meubles, cuvettes, chapeaux, jouets, allumettes, tuyaux, briques, etc.; enfin elle est la base de la soie artificielle.

UTILITÉ DES VEGETAUX

Cueillette du coton au Natal (Afrique méridionale).

Les matières filamenteuses sont communes chez les végétaux : les uns, comme le Cotonnier, ont leurs graines entourées d'un duvet fin et soyeux, assez court, il est vrai ; d'autres, plus nombreux, possèdent des fibres libériennes longues et souples, quand elles sont isolées de la matière pectique qui les réunissait. L'utilisation par l'homme des fibres végétales est fort ancienne, puisque dans les stations lacustres on a découvert des débris de tissus, des fragments de filets. Un petit nombre déplantes textiles sont aujourd'hui cultivées : Lin, Chanvre, Coton et quelques autres ; elles possèdent des qualités supérieures qui ont imposé leur emploi. Le fil qu'on en retire est la base des importantes industries du tissage et de la corderie; il deviendra, suivant sa grosseur et la matière qui le forme, toile d'emballage ou fine batiste, filet de pêcheur ou délicate mousseline, câble de navire ou artistique dentelle.

Lin. — Le Lin, originaire d'Orient, vient en plaine, aussi bien dans les pays tempérés occidentaux que dans l'est de l'Europe; dans les premiers il donne d'excellentes fibres et peu de graines; c'est l'inverse dans les seconds.

On cultive en France diverses variétés de Lin de printemps, à fleurs bleues ou blanches, qu'on sème de février en avril, suivant le climat, et qu'on récolte en juin-juillet; la filasse est alors d excellente qualité, mais les graines ne sont pas mûres; bonnes pour l'extraction de l'huile, elles n'ont qu'une faible valeur pour l'ensemencement. Les meilleures graines de semence viennent de Lithuanie et d'Esthonie, en tonneaux plombés ; elles sont dites graines de Riga ou graines de tonne. La première année, elles donnent le Lin de tonne, à haute tige, à filasse abondante et souple. Des semis obtenus en France avec la graine de ce Lin de tonne, provient le Lin après tonne, plus petit, à filasse plus fine et moins abondante. Il faut alors renouveler les semences, sans quoi on n'obtiendrait plus que des lins sans valeur. Les Lins d'hiver ne se cultivent que dans les régions à" hiver doux; on les sème à l'automne et on les recherche surtout pour leurs graines.

On cultive le Lin en Europe, aux Indes, dans le nord de la Chine, en Egypte, en Algérie, aux États-Unis et dans l'Argentine. En France, cette culture en décroissance se fait surtout en Bretagne, en Normandie et dans le Nord.

La moisson du Lin se fait àla faucille ou par arrachage à la main ou mécaniquement par l'arracheuse Crawford ; les tiges coupées, réunies en javelles, puis en meules, sèchent pendant quelque temps et sont ensuite égrenées au peigne ou bien battues pour en retirer les graines. Pour obtenir les fibres, on procède au rouissage, soit par exposition sur un pré pendant un mois, soit par immersion dans l'eau pendant quinze jours. Il se produit une fermentation sous l'action du Bacille Ànvylob acier, qui détruit

la pectose englobant les fibres. Le rouissage en eau courante est préférable. Les eaux de la Loire, en France, mais surtout celles de la Lys, en Belgique, sur une longueur de 75 kilomètres, de Warneton à Deynze, ont des qualités spéciales qui donnent aux filassses une finesse et une ténacité extraordinaires. Du 15 avril au 15 octobre, on y rouit chaque année 100000 tonnes de lins belges, français ou hollandais. Courtrai est le grand centre de cette préparation qui occupe 12 000 ouvriers. Cependant, d'autres méthodes de rouissage sont aujourd'hui courantes et donnent d'excellents résultats : 1° le rouissage chimique (procédé Peufaillit), par lequel on traite les textiles à une température déterminée, en autoclave sous pression, en présence d'eau et de pétrole lourd; 2° le rouissage bactériologique (procédé Feuillette), qui s'accomplit dans une cuve ou routoir dont l'eau est toujours maintenue à 25° par un courant tiède : c'est la température favorable au développement des microbes du rouissage existant naturellement sur les tiges de lin ; on peut rouir ainsi d'une façon continue toute 1 année.

Après séchage, on opère le broyage, qui brise la partie ligneuse entre des mâchoires en bois, en laissant la fibre intacte, puis on procède au teillage, qui la sépare de la fibre. La filasse est alors peignée entre des aiguilles d'acier qui enlèvent les débris ligneux, isolent et parallélisent les fibres. Il reste entre les dents des peignes un déchet formé de fibres courtes, irrégulières, dures : c'est Vétoupe, employée surtout en corderie et pour le nettoyage.

Les fibres peignées sont mises en cordons égaux et transformées en fil. Jadis les femmes filaient le lin à la quenouille et au rouet, et les tisserands en faisaient des toiles d'une solidité remarquable.

Installation pour le rouissage du lin.

La filature et le tissage mécaniques ont fait disparaître à peu près partout ces pittoresques industries rurales. Le lin fournit le linge fin de table et de corps, la batiste, le linon ; il est souvent, comme tous les autres textiles, mélangé au coton. Ses fils sont employés pour la broderie et la dentelle.

Chanvre. — Le Chanvre (Cannabis satioa) est cultivé de temps immémorial. Les pays producteurs sont la Russie, l'Italie, l'Espagne, la Belgique. En France, notre plus importante région à Chanvre est l'Anjou.

Les paysans donnent ordinairement le nom de chancre mâle aux piedsqui portent les graines, parce que leur taille est plus élevée que celle des pieds à étamines. L'espèce commune, haute de 1"',50 à 2 mètres, présente plusieurs variétés; celle du Piémont atteint 3 à 5 mètres de haut, et produit une filasse fine et tenace. On récolte d'abord les pieds mâles après la fécondation, puis, vingt à vingt-cinq jours après, les pieds femelles. Le travail se fait à la main ou à la faucille; les tiges sont liées en bottes et dressées contre des perches pour les faire sécher; les pieds femelles sont battus plus tard pour en retirer les graines. Puis, lorsque les feuilles sont tombées, on coupe les racines et l'on fait rouir en bottes dans l'eau courante ou dans des fosses. Les autres opérations sont identiques à celles que subit le lin. La filasse de Chanvre est moins fine et moins souple que celle du Lin, mais plus résistante ; on en fait des toiles, du fil, des ficelles et des cordes.

Le cordier enroule autour de lui une provision de filasse; il en fixe une poignée au rouet qu'un aide tourne d'un mouvement uniforme, et recule peu à peu en abandonnant chaque fois une petite quantité de filasse avec la main droite, tandis que la gauche régularise les fibres : il obtient ainsi le fil de caret. Plusieurs de ces fils tordus ensemble forment les torons, et plusieurs torons tordus donnent des cordes plus ou moins grosses. La corderie est aujourd'hui presque entièrement mécanique ; elle utilise les filasses de plantes diverses : Chanvre surtout, Lin, Jute, Sisal, etc. En Chine, on fabrique avec le Rotang des câbles imputrescibles et d'une grande solidité.

Ramie. — La Bcehmerie blanche, dite encore Ramie, Ortie de Chine, etc., est une plante rhizomateuse, haute de 2 à 4 mètres, et dont les tiges ont 1 à 2 centimètres de diamètre à la base. Elle est cultivée en Chine, son pays d origine, en Indochine, à Java, à Sumatra ; sa culture a réussi dans la plupart des pays chauds où on l'a essayée, mais elle n'est avantageuse que sous les climats où la plante peut donner trois à quatre coupes annuelles. En fait, toute la Ramie utilisée en Europe vient de Chine. La fabrication des tissus de Ramie est importante non seulement en Chine, mais au Japon, en Angleterre, en Allemagne, en France.

La filasse ne peut être obtenue par rouissage. Deux opérations sont nécessaires : l'une, mécanique ou décorlicage, pratiquée à la main par les Chinois, isole l'écorce du bois sous forme de lanières ; l'autre, chimique, le dégommage, détruit la matière pectique unissant les fibres, par macération dans l'eau bouillante, puis séjour dans un autoclave contenant une lessive alcaline. Les fibres, blanchies et peignées, sont d'une finesse extrême, d'un blanc de neige, et, de plus, très résistantes et brillantes comme la soie. On en fait des papiers de luxe, des cordes, des voiles de navires, des chapeaux de femme en simili-paille, des manchons pour becs à incandescence; seule ou mélangée à la soie, à la laine ou au coton, elle sert à la confection de linges, de peluches, de velours, des tissus les plus variés; mais elle est rarement vendue sous son nom.

Jute, sisal. — Le Jute ou Chanvre du Bengale est tiré de plusieurs Tiliacées (Corchorus olitorius, C. capsularis), plantes annuelles des climats chauds et humides et notamment de l'Inde, où elle est utilisée depuis des millénaires. A la floraison, soit trois mois après le semis, on récolte ses tiges, hautes de 3 mètres et de la grosseur du doigt ; on les effeuille et on les rouit en eau courante.

Machine pour le peignage du lin

Les fibres, inférieures à celles du Lin et du Chanvre, servent à fabriquer des toiles d'emballage, des sacs, des cordages, des tapis, des lacets, des peluches, passementeries et tentures à bon marché, des velours dont la trame est de coton et le poil de jute. Cette fibre occupe une place importante dans notre industrie textile, notamment dans les manufactures de Picardie.

Les Agaves fournissent aussi des fibres textiles; on en cultive quatre espèces ou variétés : le Tampico, le Henequen, le Sisal,

puis le Maguey, dont les fibres sont souvent confondues sous le nom de Sisal. Le Henequen ou Sisal blanc (Agave rigida), originaire du Yucatan, se cultive au Mexique et à Cuba. Ses feuilles, de 1 à 2 mètres de longueur, très épineuses, ont une couleur vert clair, avec reflet argenté. Le Sisal proprement dit ou Henequen vert est une fibre extraite de VAgaVe rigida, variété Sisalana, plante qui prospère dans le sol ingrat du Yucatan, au sud du Mexique. Ses feuilles, moins rigides et moins épineuses que celles du Flenequen, sont d'un vert foncé, parfois bleuâtre. La filasse, très résistante, sert à faire des sacs, des toiles d'emballage, des sangles pour bêtes de trait et des cordages dont les moissonneuses-lieuses consomment une énorme quantité. Cette plante, dont on retire non seulement des fibres, mais de l'alcool et de la pâte à papier, est cultivée aujourd'hui au Cameroun, dans l'Inde, à Java et aux îles Hawaï. La récolte des feuilles se fait à raison de trente par plante dans le cours d'une année; on les défibre sous une roue à lames de bronze, alliage non attaqué par leur suc acide, et on porte les fibres au séchoir, où elles sont étalées sur des fils de fer. Mises en ballots, elles sont expédiées aux usines.

Le Maguey (A. vivipara), originaire du Mexique, supporte mieux l'humidité que le Henequen et le Sisal; ses feuilles sont moins raides que celles du Henequen, à épine terminale plus courte et d'un vert clair ou foncé ne tirant jamais sur le bleu. Sa fibre est fine et on peut en faire de la toile.

].'lxile ou chanvre de Tampico est une fibre analogue, fournie par Y Agave heieracantha, qui croît à l'état sauvage dans une grande partie du Mexique.

Textiles divers. — UAbaca ou Chanvre de Manille est extrait du pétiole des feuilles géantes d'un Bananier (Musa textilis), cultivé dans les îles Philippines, au point de vue textile, depuis 1840. Les Américains, depuis leur conquête de ces îles, ont donné une grande impulsion à cette culture. La récolte des feuilles commence trois ou quatre ans après la plantation ; sur chaque pied, elle n'est jamais que partielle, se renouvelle tous les six à huit mois, à n'importe quelle époque, sauf quand la plante est en fruit. Après deux jours d'exposition au soleil, on défibre à la main, à l'aide d'un couteau mû par un grossier mécanisme à pédale; le séchage a lieu en plein air. Une partie des fibres est transformée, dans le pays même, en une fort belle toile, fine et résistante.

Les feuilles du Fourcroya gigantea ou Agave fétide, Aloès pitte, abondant au Brésil et cultivé à l'île Maurice, fournissent une fibre très résistante, dite Chanvre de Maurice ou fibre d'Aloès.

Citons encore le Lin de la Nouvelle-Zélande (Phormium tenax), dont les feuilles, longues de 1 à 2 mètres, fournissent des fibres utilisées pour le tissage et la corderie ; les feuilles de la Sansevierie de Ceylan et de la S. cylindrique ont les mêmes usages; les fibres du liber de Tilleul enlevé avec l'écorce servent en corderie dans plusieurs parties de la Russie. Avec l'enveloppe externe fibreuse de la noix de coco ou coir, on fabrique des cordes et des toiles grossières. On fait à Madagascar, à l'aide de Raphia Ruffia, des étoffes de tissu grossier couleur nankin appelées rabannes; en mêlant à de la soie, on a des rabannes de soie. On utilise encore comme textiles les fibres de la Ketmie à chanvre, des Sparmannia et de nombreux Palmiers.

Coton. — Le Cotonnier est une Malvacée qui croît à l'état sauvage dans beaucoup de régions tropicales ; ses fruits, qui

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A FRIQUE

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