CARTE DES CULTURES ET DES PRODUCTIONS DANS LES COLONIES FRANÇAISES
UTILITÉ DES VEGETAUX
s ouvrent par des valves, renferment des graines entourées par des filaments crépus ou coton, garnis de dentelures qui les font adhérer les unes aux autres et permettent leur transformation en fil. Le Cotonnier est cultivé dans l'Inde et en Egypte depuis un temps immémorial ; les indigènes d'Amérique, au moment de la découverte, étaient vêtus d étoffes de coton.
Le Cotonnier exige un climat chaud, beaucoup d'eau pendant sa croissance, une grande sécheresse pendant la maturation du fruit
propriétés varient avec la proportion d'acide nitrique employé : les nitrates à haut degré, comme le coton-poudre ou fulmicoton, sont de violents explosifs peu solubles dans le mélange d'alcool et d'éther ; les nitrates inférieurs sont, au contraire, solubles et fournissent des matières plastiques importantes, comme le collodion et le celluloïde. Le collodion, dont on se sert en médecine et en photographie, est une matière sirupeuse obtenue en dissolvant une nitrocellulose dans un mélange d'alcool et d'éther. Le cellulo'ide s'obtient en
Une petite corderie de chanvre.
Phormium lenax ou Lin de la Nouvelle-Zélande.
et la cueillette. Si les pluies printanières ne sont pas assez abondantes, l'irrigation est nécessaire. De toutes les nombreuses espèces et variétés du Cotonnier, la plus répandue est le Cotonnier herbacé (Gossypium herbaceum), originaire de l'Inde et seul susceptible d'être cultivé dans le midi de l'Europe, où il est alors annuel, tandis que sous les climats chauds il vit plusieurs années ; il donne les filaments dits courte soie ayant de 15 à 30 millimètres. Le Cotonnier des Barbades, cultivé en Géorgie, à la Réunion; la variété Sea Island, cultivée au Brésil, en Egypte, exigent plus de chaleur; ils fournissent des cotons longue soie, atteignant 30 à 60 et parfois même jusqu'à 75 millimètres de longueur. Il y a des poils longs et du duvet dans trois espèces (herbaceum, hirsutum et arboreum), tandis que les poils des graines sont tous de même longueur dans deux espèces (barbadense et peruvianum).
Aux Etats-Unis, on sème en mars diverses variétés du Cotonnier herbacé; il y a une variété à coton jaune, le Nankin. Les fleurs, qui sont très éphémères, apparaissent en juin ; deux mois après, les capsules mûrissent, atteignent la grosseur de châtaignes et, lorsqu'elles sont en pleine maturité, éclatent avec un léger bruit, en laissant apparaître le blanc duvet.
La cueillette se fait en plusieurs fois, en suivant la maturité ; on opère à la main ou aux ciseaux. On commence à employer aux Etats-Unis la cueilleuse de coton imaginée par Angus Campbell. Actionnée par un moteur à pétrole, elle s'avance à travers les rangées de Cotonniers à la vitesse d un homme au pas et presse légèrement les plantes en leur milieu : des centaines de doigts d'acier finement barbelés saisissent et arrachent le coton mûr, mais ne font tomber ni les fleurs, ni les feuilles, ni les capsules encore fermées. Les capsules recueillies sèchent pendant quelques jours, puis la machine à égrener sépare le duvet des graines et des débris de capsules. Le coton nettoyé est pressé fortement. Lorsque les balles arrivent à la filature, leur coton comprimé est livré à des machines qui écartent et battent les flocons, puis les cardent, les étirent en un long ruban continu, enfin les transforment en fils.
Le coton est, de beaucoup, le textile végétal le plus important ; on l'emoloie seul ou mélangé à la laine, au lin, à la soie. Les Etats-Unis fournissent près des deux tiers du coton récolté dans le monde; viennent ensuite llnde anglaise, la Chine, 1 Egypte. Des essais de culture semblent appelés à réussir au Soudan, à Madagascar et dans l'Indochine.
En dehors de ses usages textiles, le coton est employé en médecine; il est la base du coton-poudre, du collodion, du celluloïde et de la soie artificielle ; dans certaines de ces préparations, il peut être remplacé par la cellulose, obtenue en partant des bois de râpage dont nous avons parlé précédemment.
Coton-poudre, collodion, celluloïde. — En traitant le coton par 1 acide nitrique, on obtient des nitrocelluloses, dont les
broyant sous des meules métalliques la nitrocellulose avec du camphre et diverses substances qui lui donnent de l'opacité ; une presse hydraulique réduit ce mélange en plaques qu'on broie et dont les fragments sont mis à macérer dans un mélange d'alcool et de toluène. Le produit, laminé à 50°, se met en feuilles qu'une presse réunit en blocs. Le celluloïde se ramollit par la chaleur, se travaille comme l'ivoire, se tourne, se scie, se colle et se moule facilement; il est, malheureusement, très inflammable. On en fait des peignes, des fleurs artificielles, l'article de Paris. Le linge américain est confectionné avec du celluloïde riciné.
Le pégamo'ide est une sorte de celluloïde auquel ont été incorporées diverses matières augmentant son imperméabilité et supprimant son inflammabilité; on l'applique sur les tissus, les papiers, et l'on obtient des imitations de cuir. La cellite est encore un succédané incombustible du celluloïde; c'est une acétylcellulose et non une nitrocellulose. Les acétylcelluloses sont très employées pour la fabrication des pellicules ininflammables pour films cinématographiques.
Soies artificielles. — La soie artificielle a été découverte en 1887 par le comte de Chardonnet. En partant du coton, on prépare un collodion qu'on soumet à une forte pression dans un récipient ; il passe à travers des tubes capillaires refroidis par un courant d'eau, et donne des filaments qu'on réunit par quatre à huit sur des bobines et qui deviennent des fils. Les écheveaux sont ensuite dénitrés dans une dissolution d'un sulfure alcalin, puis lavés et teints. Cette soie est moins résistante et plus brillante que la soie naturelle, mais aussi plus inflammable. On l'utilise à la fabrication des rubans, de la passementerie ; on en fait des tissus en la mélangeant à de la soie naturelle ou à d'autres textiles. Par filage à travers des tubes plus forts, on obtient du crin artificiel et, par moulage de la pâte cellulosique sur un cylindre gravé de lignes entre-croisées, fines et rapprochées, on fabrique le tulle et la gaze artificiels, qui n'ont que les apparences de tissus. Les procédés d'obtention des soies artificielles sont aujourd'hui fort nombreux ; l'un d'eux, donnant la soie dite oiscose, utilise la pâte de bois. Besançon est le grand centre français de cette fabrication.
Bien avant l'invention de la soie artificielle, on était parvenu à donner au coton l'éclat et le toucher de la soie. Le procédé a été découvert en 1852 par Mercer, chimiste anglais, en soumettant la fibre du coton à l'action des alcalis concentrés : c'est le coton mercerisé, vendu sous les noms de soie végétale, simili, etc. ; les écheveaux, gazés dans une flamme et fortement tendus, sont plongés pendant cinq minutes dans une solution de soude caustique, puis rincés ; il se forme une hydro-cellulose d'un très bel aspect. Le brillantage du coton consiste à recouvrir les fils d'un enduit de nitrocelluloses identiques à celles qu'on emploie pour fabriquer les soies artificielles. A l'aide du lin, modifié par des actions chimiques et mécaniques, on fabrique de très beaux tissus dits soie de lin.
Plantation de Henequen {Agave rigida), au Mexique.
Cl Waite.