II. — Thérapeutique
Les vertus curatives du règne végétal ont été de tous temps les plus célèbres ; il y avait là une
intuition générale très remarquable ; hellénique le nom du dieu meme de la médecine Æsciilape signifiant ; le bois, espoir du salut, ou selon Poi'phyre,la faculté solaire de régénérer les corps, ou celui qui répare les solutions de continuité dans les tissus.
Les plantes peuvent être employées en médecine dans leurs trois états : vivantes, mortes ou ressuscitées.
La filante vivante sert comme modillcatrice du milieu, mais surtout quand elle est aromatique. Son odeur tonifie alors toutes les inflammations des muqueuses respiratoires. Ainsi les phtisiques se trouveront bien de respirer l’odeur du pin, de la lavande, du romarin, du basilic, de la menthe, etc.
Ceci est l’emploi exotéi’ique des plantes \ivantes ; leur emploi ésotérique est indiqué par Paracelse sous le nom de :
TRANSPLANTATION DES MALADIES. — Les maladies peuvent êtres transportées de la personne souffrante à n’importe quel autre être vivant.
Pour cela on prend une mumia quelconque du malade, du sang, etc., on en arrose la terre contenue dans un pot et on y plante une graine de même signature que la maladie ; lorsque la plante
a crû, on la jette dans une eau courante,.s’il s’agit de fièvres ou d’inflammations ; mais s’il s’agit d’affections humides, il faut la réduire en fumées.
Pour les ulcères et les blessures, on emploie Polygoniim persicaria, Sj'-mphj'tiwi officinal, Botaniis europeiis, etc. — on doit mettre quelque temps la plante en contact avec 1 ulcère, avant de la brûler.
Pour les maux de dents, frotter les gencives jusqu’au sang avec la racine de Senecio vulgaris, puis la replanter.
Pour la menorrbée utérine, prendre la mumie des groins ; la planter avec Polj-goniun persicaria.
Pour la menorrbœa diflicilis, Mentha pulegiuin.
Pour la phtisie pulmonaire, le chêne ou le cerisier.
De nos jours, on a expérimenté l’action à distance sur des sujets hypnotiques, des substances médicamenteuses : voir à ce sujettes travaux des Bourru, Burot, Luys, du professeur Durville et des magnétiseurs de la première moitié de ce siècle.
Je donne ici que des exemples isolés, l’étudiant pourra les multiplièr à loisir selon les lois des signatures.
La plante cueillie peut-être utilisée exotcriquenient :
En suc.
En poudre.
En décoction.
En infusion (bouillie dans de l’eau) ; plus actif que la décoction.
En magistère.
En teinture (dans l’alcool.)
En quintessence.
Voici des indications pratiques sur cette pharmacopée extérieure, extraite des livres de quelques vieux médecins ; on pourra retrouver dans ces livres les manipulations du codex moderne que chacun peut reproduire chez soi.
Car un médicament végétal est toujours plus actif s’il est préparé par une personne robuste et animée du désir de guérir. C’est là un des secrets de la réussite des globules et des dilutions homœpathiques.
J’ai connu dans le quartier Saint-Georges un vieil officier de santé qui guérissait les dyspepsies les plus opiniâtres avec des boulettes de mie de pain; seulement il passait tous les jours deux ou trois heures à les pétrir lui-même dans le laboratoire de son pharmacien.
TEIXTUKES, DÉCOCTIONS, POUDRES, etc. — Pre-
nous pour exemple, l’ellébore, le goudron et la ciguë.
« L’erreur populaire a beaucoup prévalu d’estimer que l’ellébore soit seulement destiné pour la folie, bien qu’il soit aussi pour guérir et prévenir nôbre de maux, voir pour conserver et prolonger la vie, si on considère de près son eflicace et sa vertu, qu’on tient trop assurées pour renouveler la Nature, rectifier le sang, purger les impuretés dont l’excès, retard et supression causent plusieurs ennuis au courant de nos jours. L’antiquité l’a heureusement pratiqué, à laquelle nos siècles ont trop dérogé au préjudice du public pour le soulagement duquel l’ellébore doit être rétabli en sa première dignité.
« Pour le choix il faut prendre l’ellébore
noir de Théophraste, le plus singulier et assuré parmi les espèces conformément à l’opinion de ceux qui par longues années ont fait le métier de la Médecine ; eu égard à ses effets plus doux et favorables que de plusieurs, comme de l’ellébore de Dioscoride, ellébore blanc, elléborine, ou faux ellébore, et autres, nonobstant l’essai qu’on en peut avoir fait, voir même du blanc.
«... on pourra prêdre la racine de l’ellebore noir, la couper et en farcine une pôme, qu'on l’airra la nuict, matin on fera cuire la pomme Ine-
tement, on tirera la racine, on la mettra en poudre, le poix est de demy escu, trois heures avant que manger trois a quatre fois l’année, principalement en l’automne et printemps.
« Gela est une manifeste précaution par l’euacuation des immondices du corps, d’ont naissêt les plus fâcheuses indispositions, on augmentera la dose si on veut.
« On peut cuire les feuilles et la racine d’ellebore dans du pain de seigle pour correctif, mis en poudre, la prise est de trente et quarâte grains, et plus pour les robustes, soit en pilule, avec des oublies, pomme cuite, ou autre façon, deux heures avant le bouillon.
« Toute la plante se peut prendre aussi en poudre, le poix comme dessus, sans aucune préparation, comme on faisait à Rome.
« On peut couper la racine et la cuire avec de la chair, en forme de bouillon, consumé, gelée ou teinture, dont on en baille cjuelque temps pour purger doucement, aquoy il est licite d’adjouster quelque ingrédient si on veut, selon qu’on trouvera bon estre.
« Les uns, pour mieux obtenir la fui de renouation et espurement du sang s’accoutumerôt peu à peu, et insensiblement à l’usage des feuilles d’elleborc noir ceüillies en bonne saison, sé-
chées à l’ôbre ineslees aucc égale portion de sucre c’est un moyen pour vivre un grand âge exempt de plusieurs maladies, tant internes qu’externes, iusques au dernier souspir de la vie.
« La prise du comancement est de lo à i5 plus à 20 grains; de façon que de degré en degré on vient iusques à 3o pour tous les jours 1 espaee de quelque temps, par après on passe à une dragme. Mais ce n’est plus que de six iours en six iours, de ceste manière l’ellébore se rend ordinaire et familier,' ainsi perdant sa force purgative n’est plus que renouuellant et rectifiant.
« Il se réduit en baume par l’industrie de 1 artisan ; la dose de ceste vertu balsamique est de dix grains.
a On en tire une quintessence très excellente qui surpasse tous les precedens préparatifs d ellébore en artifice et bonté de renouvellant, dont la prise est de cinq à six gouttes avec quelque liqueur propre, côme eau de melisse agrinoinie,
ou quinte-essence de chair.
« De toute la plante bien lauée et arrousée de vin-aigre scyllitie, on fait un syrop pour purgei l’humeur noir et terrestre, ou pour bien parler, en séparer le pur et l’impur, et le nuisible, et pour desraciner les maux qui sont de son train et de -sa suite, ce syrop opéré avec plus d’assurance et plus
benignement qu’un autre purgatif ; 11 préféré ce syrop àl’extraict: mais sesdeux, sçavoir syrop et extraict, n'ayan vn autre effet que la purgation parle tas ne sont pas assez puissans pour rectifier le sang et tenir la santé en un esta ferme et stable.
« l'attribue au long vsage de ce simple, principalement à sa racine, vne action merueilleuse pour détacher et delier les cordes des maladies capitales, outi’C et par dessus la faculté insigne de renouation du corps, rectification du sang, ou purgation de la pourriture, laquelle fait souvent desclioir ou périr la santé, c’est pouquoy on le pourrait qualifier en cjuelque façon vne seconde Medecine vniverselle, moyennant les conditions cy dessus deligemment obseruées »
Gouorox. — «Versez quatre pintes d’eau froide sur une de Goudron, puis remuez-les et les mêlez intimement avec une cueiller de bois ou un bâton plat, durant l’espace de cimj à six minutes, après quoi laissez reposer le vaisseau bien exactement fermé, pendant au moins deux fois vingtquatre licures, afin ([ue le Goudi’on ait le temsde SC précipiter. Ensuite vous verserez tout ce qu’il y a de clair, l’ayant auparavant écumé avec soinsans remuer le vaisseau, et en remplii’cz pour