CUCURBITACÉES
Plante herbacée annuelle, étalée sur le sol, atteignant parfois 10 mètres de longueur. Elle fleurit en juin.
La tige est épaisse, cylindrique, quelquefois anguleuse, hérissée de poils, charnue et fistuleuse. Les feuilles sont grandes, réniformes, poilues. Le pétiole est épais, fîstuleux. Les vrilles sont rameuses. Les fleurs sont jaunes, grandes, tnonoîques, axillaires, solitaires. Le fruit est énorme, globuleux, un peu déprimé (potiron), La pulpe est jaune, jaune roageâtre, assez ferme. L'intérieur offre une cavité irrégu- Itère dont les parois plus molles renferment les graines. Celles-ci sont assez grosses, comprimées, obovales, entourées d'un petit rebord épais, lisse. L'enveloppe est dure, l'amande blanche. On appelle aussi ces graines pépins.
Les graines de courge renferment des résines, des huiles fixes et de Taleurone. Elles entraient dans le mélange des semences froides majeures, des anciennes pharmacopées. Ellles ont été employées parles signatores contre les tœnias (Porta). Après avoir enlevé Tenveloppe on les pile avec du sucre dans an mortier et on obtient une pâte qu'on donne à la dose de 50 grammes.
" Elles sont rafraîchissantes et calmantes et ont été indiquées dans la néphrite, la cystite, Turéthrite, Tischurie. Tyson et Mongeny employaient les semences de courge contrôle tœnia.
LES PLANTBS mÉl>iatNA(L£8 DE I. PICARDIE 135
At6C les gaines 'dépcmiUées de leur enveloppe^ on prépare une émulsion et une pâte,
La •coKurge est un alknent sain^ adoucissant et légèrement laxatif.
CmcurMiapepo,^ Ser« ('Citrouille, Giraumon) jouit des mêmes piFopriétés 'que le ipotiron.
Cucumis sativus, L. (Cornichon, Concombre), est très peu employé en médecine. On appliquait autrefois la pulpe râpée sur les brûlures pour calmer la douleur. On en faisait aussi une pommade émalliente contre cetrtaii>es affections de la peau.
Avec les graines, qui sont émulsives, on prépare des boisâOdtô adii^ucissantes.
Cucumis meloy L. (Melon) est laxatif. C'est un aliment rafraîchissant très agréable.
(Du latin asper, rude.)
Syn. : Aspérule odoranie. Petit muguet, Hépatique étoiléey Reine des bois.
(RUBIACÉES.)
Plante herbacée, vivace, de 10 à 40 centimètres, assez commune dans les bois frais. Elle fleurit en mai.
La tige est dressée, simple, carrée, lisse, avec un anneau de jpoils sous les verticelles foliaires. Les feuilles sont longues, ohlongues, lancéolées, mucronées, glabres. Les fleurs sont blanches, en corymbe court.
Le petit muguet jouit de propriétés vulnéraires, toniques et sudorifiques. L'odeur agréable qu'exhale cette aspérule est due à la coumarine, qu'on retrouve dans le mélilot, la flouve et surtout dans la fève Tonka, bien connue des amateurs de tabac à priser. Toutes ces plantes servent à la fabrication du parfum connu sous le nom de foin coupé.
Les Allemands font macérer les jeunes pousses du petit
muguet dans du vin blanc et obtiennent une boisson tonique, légèrement enivrante.
On se servait autrefois de la racine d'aspérule pour teindre en rouge.
Asperula cynanchica, L. (Herbe à Tesquinancie) était autrefois indiquée dans Tamygdalite (infusion de sommités pour gargarisme).
GALroM VERUM. L.
(Du grec gala, lait: certaines espèces font cailler le lait.) Syn. : Gaillet, Galiet, Caille-lait jaune, Fleur de Saint^Jean.
(RUBIACÉES.)
Plante vivace, d'un vert foncé, noircissant en herbier, de 10 à 60 centimètres, commune aux bords des chemins, à la lisière des bois, dans les prés. Elle fleurit en juin.
Les tiges sont dressées, diffuses, pubescentes. Les feuilles sont linéaires, étroites, mucronées, verticillées, luisantes en dessus, à bords roulés en dessous. Les fleurs sont jaunes,, odorantes, en panicules terminales. Le fruit est petit, glabre.
On emploie les sommités du caille-lait jaune en infusion (50 gr. par litre d'eau) comme antispasmodiques, diaphorétiques.
Timbal-Lagrave prétendait que Galium palustre, L. (Caillelait des marais) est plus actif et qu'il faut récolter la plante quand les fleurs sont encore en boutons.
Miergues, fils, communiqua une note à l'Académie des sciences dans laquelle il vantait Galium mollugo, L. (Caille-lait blanc) contre Tépilepsie. Il avait appris par son père que Gouan tenait d'un M. Jourdain, recteur de l'Académie de Tain, la formule d'un remède antiépileptique qui avait pour base Galium mollugo ou palustre. Ces expériences ont été répétées par le D' Durand et par Valpières de Pradines qui ont obtenu des résultats satisfaisants (Bouchardat).
En Angleterre, on cultive en grand le caille-lait jaune qui entre dans la préparation du fromage de Chester.
Galium molluffo, L. (Gaillet, Caille-lait blanc) est apéritif, sudorifique, diurétique et antispasmodique. On remploie en infusion (60 gr. de plante sèche pour 1 litre d'eau), en poudre (8 à 12 gr.), contre Thypocondrie, Pascite, le rhumatisme.
VALERIANA OFFIGINALIS. L.
(Du latin valere, se bien porter.)
Syn. : Valériane officinale, Valériane sauvage. Grande valériane. Herbe aux chats, Herbe de Saint^Georges,
(Valérianées.)
Plante vivace, de 60 centimètres à 1 mètre, commune dans les bois frais, les endroits humides, les marais. Elle fleurit en juin.
La tige est dressée, sillonnée, velue, fistuleuse. Les feuilles sont pubescentes, pinnatiséquées, à segments lancéolés, étroits, aigus. Les fleurs sont blanches ou d'un blanc rosé, petites, odorantes, en cymes corymbiformes. Le fruit est ovoïde, Strié, glabre.
Guibourt fait observer que la valériane officinale des endroits secs n'est pas la môme que celle des marais et des bois ombragés; il crée deux variétés : la première, subdentata, qui croît dans les terrains secs, présente des feuilles à lobes étroits lancéolés, môme linéaires-lancéolés, presque sans dents; la deuxième, serrata, qui appartient aux endroits humides, a des feuilles à lobes larges, ovales et fortement dentés.
La racine de la valériane est courte, tronquée, à collet écailleux donnant de nombreuses radicules allongées. On la récolte à la fin de la première année. Quand elle est fraîche, elle est presque inodore, mais par la dessiccation son odeur est très forte, désagréable. La saveur est d'abord légèrement sucrée, puis amère. Tromsdorff, Pentz, Grote, Ettling Tout analysée et y ont trouvé: une huile volatile, de Facide valérianique, de la résine, un extrait aqueux, de l'amidon, etc..
138 IMB PlA9fXE6 1tfÉliXtOINAI.£S !D£ Ui PICÂRBIE
Vhmle volatile est un «des prÎBciipes aotâfe <!le la raieiiie, €'«si un iotélam^e d'tme Imile d'odeiar caioo^rée et «fscÂde Talérianiqiae. Cd; acide a été déôomvest pair P^Kiz ei étodâé ptaff Tromsdorff «et EttËag. La résiae «st noire, elle sl lame odeur de cuir et une saveur très acre.
La racine de valériane est tonique, stimulante, antispasmodique, emménagogiae, audorifique, narooitiq¥ie -et vermifuge. Combinée avec le jalap, l'oxymel scillitique et le sulfate de soude, elle constitue le médicament anihelminthique de Storog^
La valériane est un excitant gémér^al assez faible doni l'action se porte surtout sur le cerveau. A haute dose, elle donne de la céphalalgie, des troubles dans la vision, des vertiges. Oin Ta cojaseillée dans riiystérie (Trou&seau), l'hypacondrie, l'jépilepsie, la migir.aine„ dans .oertaiBes aévrosea^ les convulsions des enfants, le diabète, la gastralgie, les fièvres internxitte^tes. Dans ce dernier casy, on l'associe souvent au quinquina. Ojq Ta indit^uée Aussi dans certaines «pyrexies présentaïkt des symptômes âtaxiques, mais c'est surtout ooisime amtispaimodique .qu'il faut rem;pioyer. Elle a été ordonnée contre la polydipsie.
Les pr^arations les plus usitées sont : ressenoe de v^éiTiane (contient une ikuiie volatile à odeur camphrée (AorjhéjdttMe) et une huile volatile oxygénée à odeur de foin (valérol\, la poudre (dose : J à 10 gp, ; on la mélange souvent avec le miel), l'eau distillée, la tisane (employée babitueUemtent : 10 gr. de .racine en macération dans 1 litre d'eau, pendant six iheures), la teinture alcoolique, la teinture .ôthéirée, Téthérolé, Pextrait et le sirop
L'odeur de la racine 4e valériane, même fraîche^ plaît aux chats. Nous avons vu ces animaux mettre à nu des racines de valériane et se rouler dessus avec volupté.
Valeriana dioïca^ L. (Valériane dioïque) Valeriana samJ>ticifolia, Mik. (Valériane à feuilles de sureau), jouissent dee mômes propriétés,
VALERIAlfELLA OLITORIA. POLL«
(Du latin valeriana, petite valériane.)
Syn. : Salade de bléy Mâche, Do ucetle^ Blanchette, Salade de chanoine; en picard : Coquille.
(Valérianées,)
Plante annuelle, de 10 à 30 centimètres, assez commune dans les champs. Elle fleurit en avril.
Les tiges sont grêles et rudes. Les feuilles inférieures sont disposées en rosette, les caulinaires sont entières ou légèrement dentées. Les fleurs sont petites, d'un blanc rosé on bleuâtre, en glomérules. Le fruit est comprimé.
La mâche jouit de propriétés rafraîchissantes, adoucissantes, pectorales et laxatives.
On la mange surtout en salade avec la betterave rouge coupée en rondelles ou avec le céleri.
SGABIOSA SUGGISA. L.
(Du latin scabies^ g^l^O
Syn. : Scabiéuse tronquée. Mors du diable, Herbe de Saint-Joseph.
(DiPSACÉES.)
Plante vivace, de 30 centimètres à 1 mètre, assez commune dans les marais, dans certains bois. Elle fleurit en août. ' La tige est simple ou rameuse ; les feuilles sont ovales ou oblongues, entières. Les fleurs sont ordinairement bleues, quelquefois roses ou blanches. La scabiéuse tronquée est dépurative, apéritive et légèrement tonique. On emploie les feuilles en décoction, à la dose de 10 à 15 grammes par litre d'eau.
On attribuait autrefois à la scabiéuse beaucoup de propriétés, entre autres celle de guérir la gale (scabies, en latin); le
peuple crut qu'une plante aussi précieuse devait exciter la jalousie du diable, et que la troncature de la racine provenait de morsures faites par le démon qui pensait ainsi la faire disparaître.
KNAUTIÀ ARYENSIS. GOULT.
(Dédié à Knaut, botaniste allemand.) Syn . : Scabîeuse des champs,
(DiPSACÉES.)
Plante vivace, poilue, de 30 à 60 centimètres, commune dans les champs, dans les clairières des bois. Elle fleurit en juin.
La tige est ordinairement rameuse, velue. Les feuilles sont pubescentes ; les inférieures oblongues, lancéolées, entières ou sinuées; les supérieures à lobes lancéolés ou linéaires. Les fleurs sont d'un bleu rosé, quelquefois blanches, les extérieures plus grandes.
La scabieuse des champs est dépurative, apéritive, tonique et sudorifique. On emploie les feuilles et la racine en décoction (10 à 15 gr. par litre d'eau). On a conseillé les feuilles dans les maladies de peau et surtout contre la gale. On en préparait autrefois une liqueur et un sirop.
DIPSAGUS STLVESTRIS. MILL.
(Du grec dipsaoy j'ai soif.)
Syn. : Cardère sauvacfe, Cuvette ou Bain de Vénus^ Bain d'oi" seau, Cabaret des oiseaux. Grande verge à pasteur. Laitue aux ânes, Peignerolle.
(DiPSACÉES.)
Plante bisannuelle, de 80 centimètres à 1 m. 50, commune dans les lieux incultes, aux bords des fossés. Elle fleurit en juillet.
La tige est robuste, cannelée, munie d^aiguillons courts. Les feuilles sont oblongues, quelquefois lancéolées, crénelées, munies d'aiguillons sur la nervure médiane, les caulinaires sont connées. Les fleurs sont d'un rose lilas, rarement blanches, en capitules ovoïdes, oblongs.
Celte plante est dépurative, apéritive, sudorifique et diurétique.
On employait autrefois la racine en décoction (40 gr. par litre d'eau). On en faisait un sirop qui était préconisé dans les maladies de peau. L'eau de pluie qui s'amasse autour de la tige entre deux feuilles connées était préconisée autrefois dans les conjonctivites. Les oiseaux viennent souvent se désaltérer à ces petits réservoirs, d'où le nom de cabaret des oiseaux. Jadis la cardère sauvage remplaçait quelquefois la cardère à foulon, ou chardon à bonnetier, pour carder les laines.
Dipsacus fullonum, Willd. (Chardon à foulon) jouit des mêmes propriétés.
ONOPORDON AGANTHroM. L.
(Du grec onos, perdein^ pet d'âne.)
Syn. : Onoporde-acanthe, Pet d'âne. Chardon- Acanthe^ Chardon aux ânes, Artichaut sauvage,
(Composées.)
Plante bisannuelle, blanchâtre, de 50 centimètres à lm.50, commune aux bords des chemins, dans les lieux incultes. Elle fleurit en juin.
La tige est robuste, ailée, épineuse, souvent rameuse. Les feuilles sont oblongues, décurrentes, sinuées ou lobées épineuses. Les fleurons sont purpurins, en gros capitules globuleux. L'involucre présente des folioles lancéolées, épineuses.
Les capitules et la racine de cette plante ont été conseillés dans la blennorrhagie.
On en extrait une huile comestible.
La racine tendre, charnue, est un -excellent aliment ainsi
que le réceptacle et les jeunes \igeSy débarrassées de leur écorce.
L'onoporde est une plante très décoratire. Il figure dans les armes de la iritle de Nancy avec cette devise: Non innltas
premor : Qui s'y frotte s'y pique.
GARUNA VULGARIB. L.
Syn. : Carline.
(Composées.)
Plante bisannuelle, pubescen te, de 20 à 60 centimètres, commune sur les coteaux arides, dans les champs en friche. Elle fleurit en juillet.
La tige est raide, souvent rameuse au sommet. Les feuilles sont blanchâtres, tomenteuses en dessous, oblongues, dentées-épineuses. Les fleurs sont jaunâtres, en capitules assez gros.
La carline peut être employée comme sudorifique.
GTNARA SCOLTliUS. L.
(Du grec hinars^^ artichaut.)
Syn. lArticîtaut.
(Composées . )
Plante très robuste, de 80 centimètres à 1 m. 50, cultivée dans beaucoup de potagers. Elle fleurit en août.
La tige est cannelée. Les feuilles sont grandes, blanchâtres en dessous, pinnatiparlites, présentant quelquefois des lobe» épineuxyles supérieures sont pinnatifides. Les fleurs sont d*un bleu purpurin» en très gros capitules.
L'artichaut est une plante officinale et alimentaire.
Les capitules étaient autrefois employés comme diurétiques. Leur saveur est amère. Il faut les récolter avant l'épanouissement des fleurs.
tE9 PLANTES MÉDI)C:i!NJhL£â I>£ Lie PICARDiE 143
Le» SeuiUe^soflit amères^ toiûqp«s et fâmfogesv Elles exci-* tenl Festomae «t «toAne à» TafppétlA. On le» adminiakie em potidre oo en iiifusû>Q (15 à 30 gr. paF IMre d*ea»i) eonrlre certaines diarrhées. Lai maesésff9tiem ée la rarine cbou le Tin biane a été Tamlée »>Qkie l'aseile erl la jaumase.
Lea empfriquea iranteiit beaoeowip la déeoctieD de feuille» d'^ariicbaat (4 fietiitle» ponr ua litre d'ean)^ comire le rbooiatisme. Il suffit de prendre, pendant 10 jours, un vene de celle tisane, une heure avant les principaux repas.
On mange le réceptacle et la base des bractées. C'est ud aliment peu nourrissaml, mais assez agréable.
GIBI^raM ARVENSE. LMK.
(Du grée hirs^^ Tarricr.)
Syn. : Chardon des champs.. Chardon vulgaire^ Chardon hémorroïdalf Sarretie des champs.
(Composes..)
Plante vivace,,de 50 à 80 centimètres, très commune dans les champs, les lieux incultes. Elle fleurit en juin.
La tige est anguleuse^ rameuse. Le» feuilles sont pinoafipartîtes ou sinuées, épineuses, presque g^bres, les cauGnaires souvent amjdexicaules. Les fleurons sont purpurins, quel quefois bbncs, en capitules ovoïdes,^
Cette plante était autrefois employée contre les varices surtout les hémorroïdes.
SILYBUM MABIAKUM. GŒRTN.
Syn. : Chardon Marie , (Composées.)
Plante ^abre, bisannuelle, de 40 centimètres à 1 au^O^assez rare,en)Î9awnt daosle voisinage des babitatiovis^ sur les coteaux catcaireSy aux bords des cbeinins^. Elle flenrit en juillet.
îii LES PLANTES MÉDICINALES DE LA PICARDIE
- La tige est robuste, rameuse. Les feuilles sont grandes, marbrées de blanc, sinuées, pinnatifides à lobes courts, épineux ; les caulinaires sont amplexicaules. Les fleurons sont purpurins, en gros capitules subglobuleux.
Le Charbon-Marie est amer, tonique, fébrifuge et sudorifique. On emploie ordinairement les feuilles en infusion dans Finappétence, la diarrhée, la fièvre intermittente, la pleurésie, l'ictère.