LAPPA MAJOR. DG
(Du grec Za/nAanei/i, prendre.)
Syn. : Bardane officinale, Glouteron, Herbe aux teigneux, Napolier, Coupeau ; en picard de Proyart : Tiff non.
(Composées.)
Plante bisannuelle, de 80 centimètres à 1 m. 20, assez rare, croissant dans les lieux incultes, aux bords des chemins. Elle fleurit en juin.
La tige est pubescente, rameuse. Les feuilles sont pubescentes en dessous, tomenteuses, blanchâtres en dessus, entières ou sinuées, les radicales cordiformes, les caulinaires ovales lancéolées. Les fleurons sont ordinairement purpurins, en gros capitules lonffuement pédoncules. L'involucre est glabre, les écailles sont imbriquées, terminées par une pointe recourbée en crochet.
La racine est grosse, noirâtre à Textérieur; elle a une odeur désagréable, une saveur douceâtre un peu amère, nauséeuse. Elle contient de Tinuline, de l'extractif amer et des sels à base de potasse. On la conseille comme diaphorétique et dépurative dans les maladies de la peau, surtout lorsque celle-ci est sèche, dans la syphilis, la goutte, le rhumatisme. La racine de bardane est sudorifîque quand on administre la tisane bien Chaude ; d'un autre côté, il est certain que la quantité dé nitrate de potasse contenue dans la racine n'est pas suffisante pour lui donner des propriétés diurétiques. La
grande quantité de tisane absorbée explique Tabondance plus grande des urines.
Elle jouit aussi de propriétés amères, toniques et astringentes.
La bardane est très employée dans la médecine populaire. On applique ses larges feuilles sur la poitrine dans les affections chroniques des bronches et des poumons. On fait un cataplasme avec les feuilles cuites dans du lait qu'on place sur les endroits douloureux. Certains empiriques, méprisant Tanlisepsie, oignent les feuilles de beurre frais non salé et pansent ainsi les plaies contuses. Ils conseillent aussi de laver ces plaies avec l'infusion de racines. Ils prétendent guérir la rougeole en trois ou quatre jours en procédant de la manière suivante : Faire infuser pendant cinq minutes 25 grammes de racines de bardane dans 500 grammes d'eau ; administrer au petit malade une cuillerée à café de cette tisane toutes les cinq minutes ; en deux heures, Téruption est complète I ! et en trois jours, Fenfant est guéri II!
Forestus prétend qu'un malade retenu au lit par des douleurs de goutte fît usage de la décoction de bardane dans la bière et qu'il fut guéri en huit jours II (60 gr. de racines pour 1 litre d'eau ou de bière. — En boire 2 litres dans la journée!!!)
La tisane de bardane a été recommandée dans la gravelle.
On préconisait autrefois les feuilles fraîches dans le traitement de la teigne. On les plaçait sur la tête du malade.
On ventait aussi Tapplication des feuilles pilées sur les croûtes de TimpétigD et sur certains ulcères.
En Angleterre, on emploie beaucoup les semences de bardane comme sudorifîques.
Les préparations usitées soat: la tisane (20 grammes de rac. en infusion dans un litre d'eau) ; l'extrait (2 à 10 grammes par jour).
Lappa minor: DC. (Bardane à petites tôtes), Lappa pubensy Boreau (Bardane à tôtes poilues), Lappa tomentosa : Lmk. (Bardane à tôtes cotonneuses), jouissent des mômes propriér tés.
Gaussin 10
i46 LES PLANTES MÉDICINALES DU LA PICARDIE
SERRATULA TINGTORIA. L.
(Du latin serra, scie : dentelures de la feuille.)
Syn. : Sarrette des teinturiers.
(Composées.)
Plante vivace, haute de 40 centimètres à 1 mètre, assez rare, croissant à la lisière des bois montueux. Elle fleurit en août.
La tige est anguleuse, sillonnée, rameuse. Les feuilles sont un peu rudes, pinnatipartites, à lobes dentés; les caulinaires sessiles. Les fleurs sont purpurines, en capitules assez petits^ oblongs, cylindriques ; Tinvolucre est rougeâtre.
La sarrette était employée autrefois comme vulnéraire.
On retire de la plante un suc qui fournit une belle couleur jaune .
GENTAUREA GALGITRAPA. L.
(Guérit d'une blessure le centaure Chiron.)
Syn. : Chardon étoile, C hausse -trape y Centaurée étoilée.
(Composées.)
Plante bisannuelle, de 30 à 60 centimètres, très commune "aux bords des chemins, dans les lieux incultes. Elle fleurit en juillet.
La tige est anguleuse, très rameuse. Les feuilles sont pubescentes en dessus, pinnatipartites, à lobes linéaires dentés ; les radicales en rosette. Les fleurons sont purpurins, en capitules ovoïdes oblongs. L'involucre est glabre.
La chausse-trape jouit de propriétés toniques, fébrifuges et sudorifiques. Figuier, professeur de chimie à Montpellier, a analysé cette plante et y a trouvé : une matière résinifonne, une substance animalisée, une substance gommeuse, de Tacé-
tate de potasse, du sulfate de potasse et du sulfate de chaux, du muriate de chaux et de potasse, une matière colorante verte, une petite quantité d'acide qu'il soupçonne être de l'acide acétique. Un peu plus tard, Petit, pharmacien à Corbeil, chercha à déterminer la nature du principe amer du chardon étoile. Comme la noix de galle donne un précipité dans la décoction de fleurs de cette plante, il serait possible que ce principe appartînt à la classe des alcalis organiques (Journal de pharmacie^ septembre 1822). Ce principe amer n'est autre que le cnisin, retiré en 1837 par Nativelle, des feuilles du chardon bénit. François Scribe le retrouva un peu plus tard dans les feuilles du chardon étoile. Le cnisin est un corps neutre qui cristallise en aiguilles blanches, transparentes, d'une saveur très amère. Il est à peine soluble dans l'eau froide, se dissout mieux dans l'eau bouillante. Par sa composition, il se rapproche beaucoup de la salicine et de la phloorhidzine. A la dose de 30 centigrammes pris à jeun, il détermine des nausées et des vomissements. Les anciens médecins connaissaient cette action émétique; ils prescrivaient une infusion de feuilles de chardon bénit comme moyen adjuvant des médicaments émétiques.
Le cnisin réussit fort bien, à la dose de 20 centigrammes dans les fièvres intermittentes. On peut aussi conseiller le chardon étoile dans les mômes cas (Gilibert, Chrestien). Il vaut mieux se servir des feuilles qui sont plus amères que les autres parties de la plante. On donne quelquefois la racine en infusion dans l'eau ou en macération dans le vin. On se sert aussi de la poudre de feuilles et de l'extrait.
On a vanté la chausse-lrape, comme diurétique, dans les maladies des voies urinaires, surtout dans la néphrite calculeuse. Elle entrait dans la composition du remède de Baville. (Moquin-Tandon).
Lorsqu'on veut obtenir un effet diurétique, on donne une infusion de 25 grammes de feuilles dans un litre d'eau, ou encore un verre ordinaire d'eau dans laquelle on a fait macérer 15 grammes de semences par litre.
. Les jeunes pousses sont comestibles.
^ L'involucre de cette centaurée ressemble vaguement à une
chausse-trape, fer à plusieurs pointes que Ton disposait autrefois par terre pour empêcher le passage de la cavalerie ennemie.
GENTAUREA GTANUS. L.
Syn. : Bleuet, Bluet, Blavet, Bardeauj Aubifoin^ Casse-lunettes. (Composées.)
Plante annuelle ou bisannuelle, tomenteuse, blanchâtre^ de 40 à 80 centimètres, très commune dans les moissons. Elle fleurit en mai.
La tige est grêle, rameuse. Les feuilles inférieures sont pinnatipartites, pétiolées ; les autres, sessiles, étroites. Lesfleurs sont bleues ; Tinvolucre est ovoïde.
Les capitules du bleuet ont une saveur un peu amère. 11» servaient autrefois dans certaines aflfections oculaires (d'où le nom de casse-lunettes). On les administrait en collyres. Quelques oculistes ordonnent encore Feau distillée de bleuet.
L'infusion des feuilles et de la tige (10 gr. par litre) était autrefois indiquée dans le rhumatisme, les coliques néphrétiques, Tascite.
Les anciens la vantaient contre la piqûre des scorpions.
Les graines sont purgatives (2 grammes dans un peu de miel). On les donnait aussi à la dose de 4 grammes contre la jaunisse.
GENTROPHTLLUM LANATUM. NEGK.
(Du grec kentron, épine, phullon, feuille.)
Syn. : Centrophylle laineux, Chardon bénit des Parisiens. (Composées.)
Plante annuelle, de 30 à 60 centimètres, croissant dans le»
lieux incultes, sur les coteaux arides. Elle fleurit en juillet.
La tige est dressée, pubescente, rameuse. Les feuilles sont
coriaces, pubescentes, demi-amplexicaules, pinnatifides, à lobes lancéolés épineux ; les supérieures auriculées. Les fleurs sont jaunes ; rinvolucre est gros, subglobuleux, aranéeux.
Le centrophylle est amer, tonique et fébrifuge. On emploie surtout les feuilles.
AGHILLEA. MILLEFOLIUM. L.
(flédié k Achille^ élève du centaure Chiron.Il auraitySelon Pline, employé le premier cette plante pour guérir les blessures,)
Syn. : Mille feuille, Herbe au charpentier, Saigne-nez, Sourcils de Vénus, Achillée, Herbe au cocher, Dent de loup. Herbe militaire,
(Composées.)
Plante vivace, à racine rampante, de 20 à 70 centimètres, commune aux bords des chemins. Elle fleurit en juin.
La tige est dressée» pubescente, dure, parfois laineuse. Les feuilles sont molles, bipinnatiséquées, à segments nombreux linéaires. Les fleurs sont blanches, quelquefois rouges ; l'involucre est ovoïde, poilu.
La millefeuille est amère, astringente, tonique, stimulante, antispasmodique, emménagogue et vulnéraire. Elle a une odeur camphrée très aromatique. Tessier, de Lyon, a vanté cette plante contre les hémorroïdes. Il administrait le jus de feuilles ou l'infusion de sommités (3 tasses de cette tisane par jour). Elle modère et supprime môme les flux hémorroïdaires. Elle a encore, paraît-il, la propriété de tarir les sécrétions muqueuses et les suppurations du rectum, indépendantes, bien entendu, de dégénérescence cancéreuse. L'action de la millefeuille se porte spécialement sur les vaisseaux et nerfs du rectum. Elle e^t à la foisastringente, tonique et sédative. On doit réserver ce médicament pour les flux passifs, lorsqu'il y a atonie du rectum et pour les écoulements trop abondants qui amènent de la débilité (Bouchardat).
On. appliquait autrefois la millefeuille sur les plaies pro-
duiies par instrument tranchant et sur les plaies contuses, ce qui retardait très probablement la guérison. Elle était oon* seiUée contre les hémorragies.
Les sommités fleuries sont indiquées en infusion comme stimulantes et emménagognes. Dans le cas où les règles sont supprimées en dehors de Tétat de grossesse, la millefeuille les jfait réapparaître. Lorsque Técoulement des lochies ne se fait pas normalement, le suc ou une infusion de la plante les ramène assez facilement (20 gr. de sommités pour un litre d'eau).
L'achillée a été préconisée dans les affections nerveuses.
AGRILLEA PTARMIGA. L.
Syn. : Herbe à élernuer^ Estragon sauvage, (Composées.)
Plante vivace,de40 à 90 centimètres» rare en Picardie^ Elle fleurit en juillet.
La tige est presque glabre, raîde, un peu anguleuse. Les feuilles sont linéaires lancéolées^ denticulées« Las fleurs sont blanches. L'involucre est hémisphérique.
Cette plante était autrefois très usitée. On lui attribuait des propriétés sternutatoires,résalutives<et détersives. On la réduis sait en poudre et on la prisait. Elle était vantée contre les maux de dents. Bouchardat dit qu'elle est sialagogue.
On la mange en salade.
ANTSEMIS irOBILIS. L.
(Du grec anthemon^ fleur.) Syn. : Camomilie romaine»
(Composées.)
Plante vivace, aromatique^ de 10 à 40 centimMres, origi* naire du Levant; cultivée surtout aux environs d'Angers^ Dans
la Somme, on la trouve seulement dans les jardins. Elle fleurit en juillet.
La tige est pubescente, couchée, ascendante ou dressée, cylindrique, rameuse. Les feuilles sont d*un vert-blanchâtre, bi ou pinnatiséquées, à lobes courts. Les fleurs sont solitaires, à disque jaune et à rayons blancs (fleurs tubuleuses jaunes, ligules blanches). Le fruit est allongé, jaunâtre, surmonté d'un petit bourrelet membraneux. Le réceptacle est convexe, garni de paillettes.
On emploie surtout les fleurs. Elles doivent leurs propriétés à un principe amer soluble dans Teau et ralcool,à une essence d'un bleu foncé et de consistance visqueuse (essence de camomille romaine). Elles sont stimulantes, toniques, fébrifuges, anthelminthiques et antispasmodiques. Elles sont conseillées dans la dyspepsie, dans Tatonie des organes digestifs, le météorisme, les affections spasmodiques, dans la chlorose, Tanémie.
C'est un fébrifuge qui était fort usité avant la découverte du quinquina. Wanters prétendait môme que la camomille lui est supérieure. On l'ordonne aujourd'hui dans certains cas bénins de fièvre intermittente. En Angleterre, on fait prendre aux malades de fortes infusions de camomille et en grande quantité pour provoquer le vomissement et aider l'action des émétiques (Bouchardat). Elle a été indiquée aussi contre les névralgies (Lecomte), (5 à 30 grammes par litre d'eau, en infusion). Ozanam l'a donnée aux mômes doses dans les suppurations graves.
Dioscoride recommandait déjà les fleurs de camomille romaine dans les fièvres intermittentes. Il les administrait en poudre à la dose de 3 à 4 grammes dans un peu de miel, ou dans de l'eau, en trois ou quatre fois, dans l'intervalle des accès
Dans les cas de dyspepsie, on prescrira une infusion chaude de camomille après les repas (4 ou 5 capitules pour 150 gr. d'eau).
Les principales préparations sont : la tisane (2 à 10 gr. en infusion dans un litre d'eau), on peut porter la dose à 30 gr., l'huile de camomille à laquelle on ajoute souvent du cam*
phre (elle est usitée contre les coliques, les douleurs rhumatismales), l'extrait, l'oléo-saccharum et Teau distillée. On donne encore les fleurs de camomille macérées dans le vin. L'infusion de fleurs est souvent conseillée pour l'usage externe, en lotions dans les conjonctivites, etc..
On vend souvent des capitules de Pyreihrum parlheniurriy S m., et de Chrysanthemum partheniuniy Pers. pour des fleurs de camomilJe romaine. Selon Timbal, il est facile de reconnaître ces fleurs : 1* par l'odeur ; 2** la grosseur et la forme des capitules ; 3" la forme tubuleuse à cinq dents des fleurons du centre de la fleur, petits, peu nombreux, à peine visibles dans la camomille ; grands, très nombreux, très longs dans les deux autres.
Dom Robbe rangeait cette plante dans les carminatives.
Les fleurs (TAnihemis arvensis, L. (Fausse camomille, (Mil de vache) jouissent de propriétés fébrifuges et vermifuges. On remplace quelquefois les fleurs de camomille par les capitules de cette plante. Les sommités fleuries d' Anthémis colula, L. (Camomille puante, Maroute cotule) jouissent des mômes propriétés que la fausse camomille. Elles ont été indiquées comme résolutives. On les a conseillées comme succédanées de la camomille romaine.
MATRIGARIA GHAMOMILLA. L.
(Allusion aux propriétés médicinales (matrice.)
Syn. : Matricaire^ Camomille,
(Composées.)
Plante annuelle, aromatique, de 20 à 60 centimètres, assez commune dans les lieux incultes, dans les moissons. Elle fleurit en juin.
La tige est dressée, ascendante ou diffuse, rameuse. Les feuilles présentent des segments linéaires. Les fleurs ont un disque jaune et des rayons blancs. Le réceptacle est ovoïde, conique, creux.
Les fleurs de la matricaire sont stomachiques, stimulantes.
fébrifuges et emménagogues. On les administre en infusion (8 gr. pour 1/2 litre d'eau) dans Thypocondrie, les afTections nerveuses, Thystérie.
Les sommités de Matricarîa înodora, L. (Matricaire inodore) jouissent à peu près des mômes propriétés.
Matricaria parthenium, L. on Pyrethrum parthenium, Sm. (Espargoute, Matricaire officinale) possède les mômes vertus thérapeutiques que la camomille romaine. Son odeur est forte et désagréable.
BELLIS PERENNIS. L.
(Du latin bellus, joli, gracieux.)
Syn. : Pâquerette, Petite Marguerite, Margueriette.
(Composées.)
Plante vivace, de 5 à 15 centimètres, très commune aux bords des chemins, dans les pelouses, les prairies. Elle fleurit en mars.
Ces feuilles sont obo vales, spatulées, crénelées, disposées en rosette. Les fleurs ont un disque jaune et des rayons blancs. Les pédoncules sont monocéphales et dépassent les feuilles.
La pâquerette est dépurative.
L'infusion (25 gr. par litre d'eau) est indiquée dans les maladies de peau, la scrofule.
On employait autrefois le jus frais des feuilles.
Elle jouit aussi de propriétés vulnéraires.
Le Dahlia, de la famille des composées, est une plante d'ornement. Elle est rarement employée en médecine.
Les feuilles et les fleurs sont sédatives. On a autrefois vanté les tubercules dans le traitement du rhumatisme et de la goutte. On en faisait des cataplasmes émoUients. Il parait que, soumis à Tébullition, ces tubercules sont comestibles.