ARTEMISIA VULGARIS. L
(Dédiée à Artémise, reine de Carie.)
Syn. : Armoise commn/ie, Herbe à cent ffoâts, Couronne de Saint-Jean.
(Composées.)
Plante vivace, à souche épaisse, ligneuse, de 50 centimètres à 1 m. 20, commune dans les décombres, aux bords des chemins, dans les lieux incultes. Elle fleurit en juillet.
Les tiges sont dressées, rameuses. Les feuilles, vertes en dessus, blanchâtres, tomenteuses en dessous, sont bi ou pinnatipartites, à segments lancéolés, souvent incisés, glabres, auriculées à la base. Les fleurs sont jaunâtres ou rougeâtrès, en capitules ovoïdes oblongs, subsessiles.
L'armoise répand une odeur légèrement aromatique. On emploie ses feuilles et ses sommités en infusion. Les feuilles contiennent un principe amer, Vartémisine et une huile volatile. Quand on pile les feuilles d'armoise, on obtient un résidu composé d'une espèce de coton qui sert à la préparation des moxas (Bouchardat). Cette plante a des propriétés toniques, excitantes, emménagogues, anthelminthiques et vulnéraires. On l'ordonne surtout pour provoquer l'écoulement des règles, sous forme de tisane, en lavements (infusion concentrée) et en fumigations (on fait asseoir la malade sur un récipient dans lequel on verse une forte infusion d'armoise (100 gr.). Anke prétend qu'elle guérit Tépilepsie, surtout au début, et en particulier celle qui se déclare au moment de la puberté ou qui dépend de troubles utérins (aménorrhée ou dysménorrhée). Il la conseille aussi dans la chlorose et Péclampsie des enfants. Elle réussit bien dans l'aménorrhée et la dysménorrhée qui sont causées par l'éréthisme nerveux. On prescrit habituellement la racine en poudre dans Tépilepsie et l'infusion dans les affections utérines, à la dose de 4 à 60 grammes et môme 180 grammes. On vante l'extrait éthéré dans les convulsions des enfants, dans la chorée. On donne aussi l'infusion de sommités (15 gr. par litre d'eau) dans les cas de
vertige, dans les névralgies, les vomissements. Chomel l'a recommandée dans Thystérie
On fait un vin, un extrait, un sirop d'armoise (30 à 100 gr, par jour) et un sirop d'armoise composé. Toutes ces préparations sont indiquées dans l'aménorrhée, La poudre de Bresler (P. d'absinthe) est vantée dans l'épilepsie. L*artémisine est surtout conseillée comme amère et stimulante.
Artemisia maritima. L. (Absinthe maritime. Absinthe marine, Sanguenite, Santonique, Xantonique) jouit des mômes propriétés que l'armoise, mais est beaucoup plus active.
La plante est plus grêle, plus blanche, plus tomenteuse^ son odeur plus camphrée. Elle renferme une essence et est surtout vermifuge. On l'emploie en infusion (4 à 15 grammes de feuilles dans 125 grammes d'eau ou de lait) ou en lavements (2 à 10 grammes en infusion dans 200 grammes d'eau).
On s'en servait déjà au xvi° siècle, dans la Saintonge où celte espèce est regardée comme le vermifuge par excellence.
ARTEMISIA ABSINTHIUM. L.
(Du grec a, privatif, psinthos^ douceur.)
Syn. : Absinthe^ Herbe sainte^ Herbe aux vers, Aluyne, Aloïne.
(Composées.)
Plante vivace, de 40 à 60 centimètres, cultivée dans les jardins. Elle fleurit en juillet.
La tige est dressée, blanchâtre ; les feuilles sont soyeuses, blanches en dessous, verdâtres en dessus, les caulinaires sont bipinnatiséquées ; l'invoJucre est blanchâtre ; les fleurs sont toutes tubuleuses, jaunâtres, les capitules, globuleux.
Eltle a les mêmes vertus thérapeutiques que Tarmoise, mais son action est bien plus énergique. On emploie les feuilles et les sommités d'absinthe. Elles ont une odeur forte^ aromatique, une saveur amère. Braconnot a analysé la plante et y a trouvé une huile volatile, une matière ré^niforme et une
matière animalisée très amères, de la chlorophylle, de Talbumine, une fécule particulière, des sels, entre autres de l'absinthate de potasse. Le principe amer est Vabsinthine, découverte plus tard. On prescrit cet alcaloïde comme apéritif dans l'anorexie avec constipation, dans la chloro-anémie (Dose : Q gr. 10 en pilules).
Administrée à haute dose, l'absinthe produit tous les symptômes de l'irritation gastrique : de la chaleur à l'épigastre, de la soif. A petite dose, elle excite l'appétit, facilite la digestion et accélère la circulation. Elle est indiquée dans la dyspepsie, surtout quand il y a atonie des organes de la digestion, dans certaines aménorrhées et dysménorrhées, dans les leucorrhées, les diarrhées rebelles, les fièvres intermittentes.
On l'ordonne souvent comme anthelminthique, fébrifuge, apéritive, eupeptique, stomachique et tonique. Elle est emménagogue à haute dose.
Par la distillation des feuilles fraîches d'absinthe, on obtient la liqueur bien connue {absinthe). Son huile volatile est très toxique, ce qui explique les ravages causés chez les individus qui en font un usage immodéré. Elle produit une maladie aussi terrible que l'alcoolisme, Vabsinthismey qui est caractérisé par du tremblement, de la stupeur, de l'hébétude, des convulsions, des hallucinations, des accès de fureur, des idées de persécution, des attaques épilepti formes, la perte des facultés et enfin la démence. Il est bien certain que l'augmentation constante de la population des asiles d'aliénés est due en grande partie à la consommation croissante de la liqueur. Les terribles eflfets de l'absinthe sont encore aggravés par les mauvais alcools qui entrent dans la préparation de cette mixture.
L'absinthe est une plante si amère qu'on l'a comparée à l'aloès, d'où ses noms, aloïne, aluyne.
Les principales préparations pharmaceutiques de Tabsinthe sont: la poudre (2 à 5 gr.), la tisane (15 à 20 gr. de sommités en infusion dans un litre d'eau), l'eau distillée, l'huile essentielle, la crème d'absinthe blanche, l'extrait, le vin (30 gr. de sommités fleuries ou de feuilles, vin blanc, 1 litre; alcool à 60», 60 gr. — Dose : 50 à 100 gr.) la teinture alcoolique, la
quintessence, le sirop et l'huile. Ce dernier médicament est employé en frictions sur le ventre comme yermifuge (50 à 100 gr.).
L'absinthe fait partie de Télixir stomachique de Stoughton.
Il faut éviter de prescrire les préparations de cette plante aux nourrices et aux enfants.
L'Estragon, de la famille des Composées, est stomachique, tonique, excitant et fébrifuge. On recommande quelquefois l'infusion (25 gr. de sommités par litre d'eau). Il est surtout employé en cuisine comme condiment. On l'utilise aussi pour aromatiser le vinaigre. .
TANAGETUM VULGARE. L.
(Du grec lanaos, long : les fleurs restent longtemps sans se
flétrir.)
Syn.: Tanaisîe, Herbe aux vers, Barbotine, Herbe de Saint Marc.
(Composées.)
Plante aromatique, presque glabre, de 60 centimètres à 1 mètre, assez commune aux bords des chemins, dans les lieux incultes un peu humides. Elle fleurit en juillet.
Les liges sont dressées, raides, rameuses. Les feuilles sont pinnatiséquées, à segments oblongs, pinnatiKdes. Les fleurs sont jaunes, en corymbe.
L'odeur de la tanaisie est forte, sa saveur est acre, amère et camphrée. On emploie les sommités fleuries comme ainthelminthiques, emménagogues, toniques, stimulantes, stomachiques et sudorifiques (20 gr. en infusion dans un litre d'eau).
La poudre est quelquefois conseillée à la dose de 5 grammes. Les graines sont souvent administrées comme vermifuges sous le nom de semen-contra. Le véritable semen-contra est produit par une armoise. Chez les enfants de cinq à dix ans, on donnera une dose de poudre de gr. 50 à 1 gramme dans un peu de confiture. Comby recommande le lavement
suivant contre les oxyures: Tanaisie, 2 grammes, infuser dans «au bouillante 200 grammes et ajouter 20 grammes de gly- ■cérine.
La tanaisie renferme un principe amer dû à une huile essentielle et à la tanacétine qui sont presque aussi toxiques que l'absinthe. On prescrit quelquefois la tanacétine comme tonique et fébrifuge.
Les feuilles de tanaisie cuites dans l'eau et appliquées sous forme de cataplasmes sur le ventre des enfants agissent comme vermifuges.
Certains brasseurs substituent parfois les feuilles de cette plante aux fleurs de houblon dans la fabrication de la bière. C'est une pratique très dangereuse : la tanacétine et l'huile essentielle produisent des accidents analogues à ceux de l'absinthe.
L'herbe de Saint-Marc est insecticide. A la campagne on a l'habitude d'en placer quelques tiges entre les matelas pour •chasser les puces et les punaises. On en met aussi dans les niches des chiens pour les débarrasser de leur vermine.
GALENDULA ARVENSIS. L.
{Du latin calendœ, calendes; la plante fleurit toute l'année.)
Syn. : Souci des champs. Souci de vigne,
(Composées.)
Plante pubescente, annuelle, de 10 à 30 centimètres, assez rare dans la Somme. Elle fleurit en juin.
La tige est diffuse, rameuse. Les feuilles sont entières ou dentées, les inférieures plus larges, oblongues, les supérieures lancéolées. Les fleurs sont jaunes.
On employait autrefois les sommités de souci comme stimulantes, antispasmodiques, emménagogues et diurétiques. Les feuilles renferment un suc très astringent. Pilées et appliquées sur les verrues et les cors, elles les font disparaître. On emploie toute la plante en infusion (10 gr. par litre d'eau) dans l'ascite, les accidents nerveux, etc. La poudre de
LES PLANTES MÉDICINALES DE LA PICARDIE l59
fleurs est un excellent fébrifuge à la dose de 4 à 8 grammes. On prépare aussi un vin de souci.
Les fleurs remplacent quelquefois le safran et servent à colorer le beurre.
FILAGO GERMANIGA. L.
(Du latin filum, fil ; plante cotonneuse.) Syn. : Cotonnière^ Herbe à coton.
(Composées.)
Plante tomenteuse, blanche, annuelle, de 10 à 30 centimètres, assez commune dans les champs en friche. Elle fleurit en juillet.
La tige est simple à la base, dichotome au sommet, à rameaux dressés. Les feuilles sont oblongues, ordinairement aiguës, ondulées, à bords roulés en dessous. Les fleurs sont d'un blanc jaunâtre, en glomérules subglobuleux.
On conseillait autrefois Tinfusion de cotonnière comme vulnéraire.
ANTENNARIA DIOIGA. GŒRTN.
(Du latin anlenna, antenne; forme des soies des capitules mâles.)
Syn. : Pied-de-chat^ Gnaphalier.
(Composées.)
Plante tomenteuse, blanchâtre, vivace, dioïque, de 10 à 30 centimètres, très rare, croissant surtout sur les coteaux secs, dans les pelouses. Elle fleurit en mai,
La tige est dressée, simple. Les feuilles radicales sont obovales, les caulinaires lancéolées linéaires. Les fleurs sont blanchâtres ou rosées, en corymbe terminal ombelliforme. Les capitules mâles ont un involucre à folioles blanches ou rosées, larges; les capitules femelles ont un involucre à folioles roses, oblongues ou lancéolées.
- Les capitules sont légèrement aromatiques. On les emploie en infusion comme béchiques dans les affections calarrhales chroniques des bronches. Ils entrent dans les espèces pectorales.
La plante doit son nom de pied-de-chat à son duyet velouté qui a la douceur de la patte du chat quand il a rentré ses griffes.
Gnaphalium sylvaticum^ L. (Gnaphale des bois) a des propriétés astringentes et béchiques. La décoction des capitules (40 gr. dans unlitre d'eau) a été conseillée dans Thémoptysie, dans la diarrhée et contre les règles abondantes.
PULIGARIA DYSENTERIGA. GŒRTN.
(Du latin pulex, puce ; herbe qui chasse les puces.)
Syn. : Pulicaire^ Herbe de Sainl-Roch, Herbe à la dysenterie,
(Composées.)
Plante vivace, pubescente, tomenteuse, à odeur forte, de 40 à 70 centimètres, très commune aux bords des chemins, des eaux, des fossés, dans les lieux humides et marécageux. Elle fleurit en juillet.
La tige est rameuse. Les feuilles sont oblongues lancéolées, amplexicaules, ondulées, dentées. Les fleurs sont jaunes, en capitules assez gros.
Desmartis a conseillé la décoction concentrée de pulicaire en tisane et en lavements contre la diarrhée qui précède le choléra. Il la prescrit aussi contre les diarrhées d*été qui surviennent quand Torganisme est débilité et que le malade éprouve le matin de fréquentes envies de vomir. On met souvent des tiges de cette plante dans les appartements pour éloigner les puces. La pulicaire jouissait autrefois d'un grand crédit. On avait soin d'en cueillir à la Saint-Roch, d'en faire des paquets avec la verveine et de les placer en diûérents endroits pour préserver de la foudre et de la grêle II
INULA HELENroM. L.
(Du grec inaeiriy purger; propriétés de certaines espèces,).
Syn. : Aunée, Inule campane, Panacée de Chiron, (Composées,)
Plante vivace, de 80 centimètres à 1 m. 50, très rare dans la Somme. Elle fleurit en juillet.
La tige est dressée, robuste, velue. Les feuilles radicales sont grandes, ovales, allongées, cotonneuses en dessus, crénelées ; les feuilles caulinaires sont sessiles, acuminées. Les fleurs sont jaunes, grandes, solitaires ; Tinvolucre est composé de plusieurs rangs de folioles herbacées, cordiformes, cotonneuses. La racine est épaisse, charnue, longue, roussâtre.
En médecine, on emploie surtout la racine. On ne la récolte que la deuxième ou troisième année. Elle a une odeur forte, un peu camphrée, une saveur acre et amère.Feneulle et John Font analysée et ont trouvé une huile volatile liquide, de Vhé^ léninej une résine molle et acre, un extrait amer, de la gomme, de Vinuline, de l'albumine végétale, de la fibre ligneuse, des sels végétaux de potasse, de chaux et de magnésie. Vhélénine est une matière blanche, ayant Todeur de Taunée. On la nomme encore camphre d'année.
Rose a signalé Texislence, dans la racine d'aunée, d'une sorte de fécule grise, odorante, qui se dissout dans Teau chaude et se précipite lorsque le liquide se refroidit. Thomson lui a donné le nom dHnuline. Elle ressemble beaucoup à la fécule. Sa dissolution est mucilagineuse ; quand on Tévapore, Pinuline se sépare sous forme de pellicules membraneuses, elle se transforme sous Tinfluence des acides en un sucre particulier que Bouchardat a le premier fait connaître et désigné sous le nom sucre d'inuline. II ne cristallise pas.
L'année jouit de propriétés toniques, excitantes, diurétiques, diaphorétiques, emménagogiies, anthelminthiques. On l'ordonne souvent dans les casd'atonie des organes digestifs, Caussin 11
daas certains catarrhes des bronches, de la vessie, dans les diarrhées séreuses, les fleurs blanches. On a conseillé la décoction d'année concentrée, en lotions, contre la gale. Elle apaise les démangeaisons. On a composé un onguent d'aunée dans le môme but. On a recommandé la poudre de racine dans le traitement de la fièvre intermittente.
On applique aussi la racine, en cataplasmes sur certains ulcères.
On prescrit la poudre (1 à 5 gr.), la tisane (rac. d'aunée^ concassées : 27 gr. dans un litre d'eau), le vin, la teinture alcoolique, Textrait et la conserve.
Les teinturiers se servaient autrefois de la racine qui fournit une belle couleur bleue.
Inula conyzdy DC. (Inule conyze, CEil de cheval, Conyze des prés) jouit à peu près des mêmes propriétés que Tannée. Elle était autrefois conseillée contre la gale (Coniza signifie gale). Dioscoride lui attribuait encore d'autres vertus.
Matthiole qui Ta traduit, s'exprime ainsi : « Le parfum de Vherbe fait enfouyr les serpens et chasse les mouchons et si fait mourir les puces, »
SOLIDAOO VmGA AUREA. L.
(Du latin solidare^ consolider.)
Syn. : Verge d^or, Grande verge dorée.
(Composées.)
Plante vivace, de 30 à 80 centimètres, très commune dans les bois secs et montueux, dans les pâturages. Elle fleurit en adût.
La tiçe est dressée, raide, simple ou rameuse. Les feuilles sont presque glabres, ovales, oblongues, rétrécies aux deux extrémités ; les supérieures entières, les inférieures atténuées en pétiole. Les fleurs sont jaunes, rayonnantes.
La verge d'or jouit de propriétés vulnéraires, astringentes et diurétiques.
SENEGIO VULGARIS. L.
(Du latin senex, vieillard : allusion aux aigrettes blanches.)
Syn. : Séneçon commun, Séneçon des oiseaux,
Herbe au charpentier.
(Composées.)
Plante annuelle, de 15 à 50 centimètres, très commune dans les champs, dans les décombres. Elle fleurit en mars.
La tige est dressée, rameuse, molle, glabre, pubescente aranéeuse au sommet. Les feuilles sont pinnatifides, à lobes oblongs obtus, inégalement sinués dentés, les supérieures amplexicaules, les inférieures atténuées en pétiole. Les fleurons sont jaunes, en corymbe.
Les feuilles du séneçon commun sont émollientes, rafraîchissantes, vulnéraires et emménagogues. On les administre en décoction. On en fait parfois des cataplasmes. Elles entrent dans la composition du Faltrank ou Thé suisse. La racine favorise la menstruation. On la recommande dans la dysménorrhée.
Les alcaloïdes de cette plante sont la sénecine et la sénécionine.
L'extrait fluide de séneçon commun est quelquefois prescritdans les cas de dyspepsie, lorsqu'il y a atonie de Testomac et dans la dysménorrhée (30 gouttes avant les deux principaux repas). On en prépare aussi un sirop.
Cette plante a été conseillée autrefois dans les fièvres intermittentes, les engorgements du sein, les hémorroïdes, la goutte, répilepsie et le choléra.
Senecio Jacobœa, L. (Jacobée, Herbe de Saint- Jacques, Herbe dorée) a des propriétés vulnéraires, astringentes et expectorantes. La décoction de sommités (20 grammes par litre d'eau) est indiquée dans la diarrhée, le catarrhe bronchique, etc..
Les feuilles servaient autrefois à teindre en jaune.
Senecio aquaticus, Huds. (Séneçon aquatique) est emménagogue.
EUPATORIUM GANNABINUM. L.
(Ewjoa^or, surnom du roi Mithridate.)
Syn. : Eupatoire à feuilles de chanvre^ Chanvrin, Eupaioire d^Avicenne^ Eupatoire des Arabes, Herbe de Sainte-Cunégonde.
(Composées.)
Plante vivace, pubescente, de 80 centimètres à 1 m. 20, commune aux bords des eaux, dans les marais. Elle fleurit en juillet.
La tige est simple ou rameuse, ordinairement rougeâtre» Les feuilles sont opposées, à 3-5 segments pétiolulés, lancéolés, dentés. Les fleurs sont purpurines, en corymberameux.
Les feuilles de Teupatoire sont amères, toniques, apéritives et purgatives. La racine est apéritive, vulnéraire et purgative»
On emploie les feuilles comme toniques en infusion (90 gr. par litre) ; la poudre de racine est un excellent purgatif à la dose de 8 grammes.
Righini a découvert Falcaloïde, Veupatorine, qui a une saveur piquante.
TUSSILAGO FARFARA. L.
(Du latin lussis, toux, agro,je chasse.)
Syn. : Tussilage, Pas-d^kne, Pied-de-cheval, Pied-de-poulairiy. Taconnetj Herbe de Saint^Guêrin, Racine de peste,
(Composées.)
Plante vivace, de 10 à 20 centimètres, commune dans les endroits humides, argileux ou calcaires. Elle fleurit en mars.
La tige est cylindrique, portant des écailles sessiles, rougeâtres, cotonneuses. Les feuilles naissent après la floraison et sont radicales, disposées en rosette, grandes, cordiformes» d'un vert clair en dessus, cotonneuses et blanchâtres en dessous. Les capitules sont jaunes, solitaires.
L'odeur des fleurs est assez forte, mais agréable. La saveur est amère et aromatique. On les emploie, comme béchiques, en infusion théiforme,à la dose de 20 à 30 grammes par litre d'eau, dans les bronchites aiguës.
L'action de cette infusion est due surtout aux propriétés stimulantes et toniques des fleurs. On les a conseillées aussi dans les maladies du poumon. Les fleurs du tussilage font partie des espèces béchiques. Il faut les faire bien sécher pour les conserver. On en fait un sirop.
Dans certains pays, on préfère se servir des feuilles. Elles ont une amertume plus prononcée et sont dépuratives et toniques. On les administre en décoction (30 grammes pour un litre d'eau) dans les affections cutanées. On fait des cataplasmes avec les feuiles pilées. Bien séchées et fumées comme le tabac ces feuilles calment certains maux de dents.
PETASITES VULGARIS. DESF.
(Du grec petasos, chapeau.)
Syn. : Pétasite, Herbe aux teigneux, Chapelière, Herbe à la peste.
(Composées.)
Plante vivace, de 20 à 40 centimètres, très rare dans la Somme. Elle fleurit en mars.
Les tiges sont cotonneuses, munies d'écaillés lâches, lancéolées, pubescentes, aranéeuses. Les feuilles sont toutes radicales, réniformes-cordées, sinuées, dentées, longuement pétiolées. Les fleurs sont rougeâtres et paraissent avant les feuilles.
On emploie en médecine, les fleurs, les feuilles et la racine. Les fleurs sont sudorifiques et diurétiques.On vante les feuilles dans la teigne. On les applique simplement sur la tête des malades. La racine est sudorifique. On l'administre en décoction.
L AMP SAN A GOMMUNIS. L.
(Du grec lapadzein, purger.)
Syn. : Lampsane commune ^ Herheaux mamelles, (Composées.)
Plante annuelle, de 30 à 80 centimètres, très commune dans les champs et les jardins. Elle fleurit en juin.
La tige est dressée, glabre ou pubescente à la base. Les feuilles inférieures sont lyrées, à lobe terminal très grand, cordé à la base, les supérieures lancéolées. Les fleurs sont jaunes en capitules petits.
L'infusion des sommités est purgative.
A la campagne, on fait des cataplasmes avec les feuilles cuites que Ton applique sur les gerçures des mamelles des vaches et sur certains engorgements ganglionnaires. Il paraît que c'est un excellent émoUient.
GIGHORroM INTTBUS. L.
(Du nom grec de la plante, cichoré.)
Syn. : Chicorée sauvage. Chicorée amère, (Composées.)
Plante vivace, de 50 centimètres à 1 mètre, commune aux bords des chemins, dans les lieux incultes. Elle fleurit en juillet.
La tige est dressée, très rameuse, pubescente, à rameaux divergents. Les feuilles inférieures sont ordinairement roncinées, les autres, lancéolées, amplexicaules. Les fleurs sont bleues, assez grandes.
On emploie toute la plante. Elle a des propriétés toniques^ sudorifiques, dépuratives, stomachiques, fébrifuges et légèrement laxatives. Elle était autrefois conseillée comme fondante et apéritive dans certaines maladies du foie et des
viscères abdominaux, dans les maladies de la peau, dans les fièvres intermittentes, etc.
Les feuilles de chicorée ont une saveur amère; elles renferment de l'extractif, de la chlorophylle, de Talbumine, du sucre, des sels et entre autres, du nitrate de potasse. Elles doivent leur action tonique au principe amer.
La chicorée stimule les fonctions digestives et augmente Tappétit. On l'ordonne souvent contre Tatonie des organes digestifs. On la prescrit encore aujourd'hui dans les maladies de la peau et elle réussit souvent, à condition de la donner à fortes doses ; elle agit alors comme les alcalins et est un peu diurétique. Elle renferme un suc propre, laiteux, qui s'écoule lorsque Ton fait une incision à la tige, aux feuilles ou à la racine. Il est probable que ce suc contient une résine qui donne l'amertume. La tisane de feuilles se fait par infusion ou par décoction (30 gr. de feuilles fraîches en infusion dans un litre d'eau,ou 10 gr. de feuilles sèches pour la môme quantité d'eau). Les anciens préféraient la décoction. On recommande aussi l'extrait à la dose de 1 à 4 grammes dans une potion. On en retire un suc qu'on associe souvent avec celui du pissenlit, de la fumeterre et du trèfle d'eau. Il était autrefois indiqué dans la lithiase biliaire. Le suc, l'infusion et la décoction ont donné quelques succès dans l'ictère.
Dans notre région, la racine jouit d'une plus grande vogue que les feuilles. Elle est oblongue, assez grosse, roussâtre, inodore, d'une saveur amère. Elle a à peu près la même action que les Veuilles et contient en plus de l'inuline (Watt). Elle est purgative et apéritive. La tisane de racine se fait par infusion (racines de chicorée, 15 gr. pour un litre d'eau). On trouve toujours dans les pharmacies, l'extrait de chicorée et le sirop de chicorée composé. Cette dernière 'préparation est très employée, à la dose de 5 à 20 grammes, pour les enfants du premier âge.
Mise à l'abri de la lumière, dans les caves, la chicorée fournit cette belle salade d'hiver, la Barbé de capacin .
Dans la Somme et le nord de la France, on cultive une variété de chicorée à racine plus grosse, dite Chicorée à café. On torréfie la racine, on la pulvérise et on l'ajoute au café pour
lui donner de la couleur. Elle le rend aussi plus amer, moins tonique, moins excitant et diminue son arôme. La chicorée en poudre est souvent employée pour falsifier le café pulvérisé. Pour s'apercevoir de la fraude, il suffit de jeter une pincée du mélange dans Teau, le café surnage et la chicorée tombe au fond, en colorant le liquide. *
Cichorium endivia, L. (Endive) originaire de Tlnde, est cultivée dans presque tous les potagers. Il y a de nombreuses variétés qui peuvent se grouper autour de deux types, la chicorée frisée ou endive proprement dite, à feuilles très découpées, frisées, crépues (C. endivia, var, crispum) et la scarole, scariole ou escarole, à feuilles élargies et non crépues (C, endivia, var, latifolium). Ces chicorées sont toniques, laxatives, fébrifuges, dépuratives et légèrement diurétiques.
TRAGOPOGON PRATENSIS. L.
(Du grec Iragos, bouc, pogron, barbe : allusion aux aigrettes.)
Syn. : Salsifis des prés. Barbe de bouc, (Composées.)
Plante bisannuelle, de 30 à 70 centimètres, assez commune dans les prairies. Elle fleurit en juin.
La tige est dressée, simple ou rameuse, glabre ; les feuilles sont lancéolées, linéaires, amplexicaules ; les fleurs sont jaunes, les capitules sont grands, les pédoncules ne sont ordinairement pas renflés au sommet ; les achaines égaient le bec ou sont plus courts.
La racine du salsifis est dépurative, sudorifique et diurétique. On emploie ordinairement la décoction (25 gr. par litre d^eau) dans les maladies de peau, la goutte, le rhumatisme, le catarrhe des bronches. On vantait autrefois cette décoction en lotions dans la teigne.
On mange les feuilles en salade. T. porrifoUus. L. (Salsifis blanc), est cultivé pour l'usage alimentaire.
SCORZONERA HUMILIS. L.
(Étymologie italienne signifiant racine noire.)
Syn. : Scorzonère,Scorzo-vipère, (Composées.)
Plante vivace, de 20 à 40 centimètres, affectionnant les prés tourbeux. Elle fleurit en mai,
La tige est dressée, fistuleuse, molle, monocéphale : les feuilles sont entières, glabres, les radicales, lancéolées-linéaires, les caulinaires, peu nombreuses, étroites ; les fleurs sont jaunes, plus longues que l'involucre ; l'aigrette est d'un blanc sale.
La racine de scorzonère jouit des mômes propriétés que celle du salsifis ; elle est dépurative, sudorifique et diurétique. La décoction (15 à 40 gr. dans un litre d'eau) est indix quée dans les affections cutanées, la goutte, le rhumatisme, le catarrhe bronchique et la rougeole.
On attribuait autrefois à cette plante la propriété de guérir les morsures de vipère, d'où son nom de Scorzo-vipère.
On cultive dans les potagers S. hispanica. L. (Scorzonère -d'Espagne, Salsifis noir).
TARAXAGUM OFFICINALE. WIGG.
(Du grec taraxis, trouble, akeomai, guérir.)
Syn : Pissenlit^ Dent-de-Lion, Liondent, Salade de taupe, Lai^ tue de chien, Couronne de moine ; en picard de Proyart : Lancheron.
(Composées.)
Plante vivace, très commune dans les prairies, aux bords des chemins. On la rencontre sous presque toutes les latitudes. Elle fleurit en avril.
Les feuilles radicales sont roncinées ou pinnatipartites, à lobes triangulaires aigus. La hampe florale est droite, fistu-
leuse, fragile. Les fleurs sont jaunes. A la maturité, les aigrettes sont disposées en tête globuleuse.
On emploie les feuilles et les racines. Il faut avoir soin de récolter les feuilles qui ont acc^uis leur développement ; les feuilles naissantes sont peu actives. Le pissenlit est inodore, il contient un suc laiteux amer. L'analyse de ce suc a décelé la présence d'un exlractif, d'une résine verte, de la fécule, de Tinuline, d'une matière sucrée, de la mannite, du nitrate de potasse et de chaux. Le suc résino -laiteux facilite les fonctions du foie et décongestionne le système veineux abdominal. Cette plante est tonique, amère, dépurative, stomachique, sudorifique, fébrifuge. On administre les feuilles comme celles de là chicorée et dans les mômes cas. (Infusion : 20 gr. pour 1 litre d'eau.)
Au printemps et à l'automne, certaines personnes ont l'habitude de prendre l'extrait ou le suc dépuré de pissenlit.
La racine est, dans nos régions, beaucoup plus usitée que les feuilles. (Décocté : 20 gr. pour 1 litre d'eau.) Elle est diurétique, de là le nom de la plante. Le suc de la racine est plus amer que celui des feuilles. A dose élevée, l'extrait a une action purgative.
Elle a été recommandée dans l'ascite, les fièvres intermittentes, Pictère, les maladies de foie. Ses vertus dépuratives ont été très discutées. Barbier n'y croyait pas. Il reconnaissait néanmoins que la racine était utile dans les maladies de la peau.
On en prépare une eau distillée et un onguent. Le pissenlit et le chiendent entraient dans la composition de cette tisane royale^ dont Louis XIV paya si généreusement la recette. (Moquin-Tandon.)
On torréfie et on pulvérise la racine de pissenlit pour la substituer à la chicorée.
Le pissenlit est une excellente plante fourragère. Il aug- . mente la sécrétion lactée. Au printemps, on recueille les pissenlits qui ont été enfouis avant l'hiver et qui sont devenus blancs pour les manger en salade. Ceux qui croissent dans les terrains sablonneux sont plus recherchés. Dans certaines localités, le pissenlit est cultivé comme plante potagère.
LES PLANTES MÉDICINALES DE LA PICARDIE Ht
LAGTUGA VmOSA.L.
(Du latin, lacy lait,)
Syn. : Laitue vireuse. Laitue papavéracée.
(Composées.)
Plante bisannuelle, de 80 centimètres à 1 m, 10, rare dans la Somme. Elle croît aux bords des chemins, dans les lieux incultes et fleurit en juillet.
La tige est robuste, hispide à la base, violacée. Les feuilles sont ordinairement sinuées, rarement roncinées, à nervure dorsale souvent munie d'aiguillons. Les fleurs sont jaunes ; les achaines, noirs.
La laitue vireuse renferme un suc laiteux, visqueux, acre et amer ; elle exhale une odeur désagréable. Elle contient un principe amer, de Tacide lactucique, de la résine, du caoutchouc, de la cire, de la gomme, de l'albumine et des sels. Le qualificatif de vireuse donné à la laitue pourrait faire croire que cette plante est très toxique . Il n'en est rien. Orfila a démontré quil faut des doses considérables d'extrait pour produire des accidents. Dioscoride prétendait que de son temps on falsifiait l'opium avec le suc de laitue vireuse. Selon cet auteur, il calme les douleurs et agit comme l'opium, c'est-à-dire qu'il procure le sommeil. On emploie la laitue vireuse dans l'ascite, dans l'angine de poitrine, dans rictère,dans certaines affections de l'intestin. On se servait autrefois de l'extrait (0. 10 à 1 gr.). Les propriétés de cette laitue sont diaphorétiques, diurétiques et calmantes.
Le suc qu'on retire de la plante, le lactucarium, est un excellent médicament qui a tous les avantages de l'opium sans en présenter les inconvénients. C'est de lactuca altissima, Bich., qu'on extrait le meilleur lactucarium. On pratique des^ incisions transversales aux tiges vers l'époque de la floraison et on recueille le suc laiteux dans des verres. Lorsque ce suc est ferme, on le découpe en rondelles qu'on fait sécher sur des claies. On en fait ensuite de petits pains orbiculaires qui
ont une couleur brune. Le lactucarium renferme une matière amère cristalline (lactucine)^ de la mannite, de l'asparagine, un acide libre, une matière colorante brune, une résine mélangée de cérine et de myricine, de Talbumine, de la gomme et quelques sels (Aubergier). Il exhale une odeur vireuse très prononcée. Il est très amer et jouit des propriétés de Topium, mais il ne produit pas de constipation, ni de congestion cérébrale, ni d'inappétence. Bertrand, professeur à Técole de Clermont, prétend que les vertus sédatives du lactucarium sont moins marquées que celles de Topium, mais il possède sur celui-ci le précieux avantage de pouvoir être continué longtemps sans donner de douleurs de tête, de bourdonnements d'oreilles ni d'excitation cérébrale. Il doit surtout .être prescrit dans les névroses, dans les bronchites aiguës ou chroniques pour calmer la toux (Dose : gr. 20 à gr. 30). On l'administre ordinairement sous forme d'extrait alcooli- •que, de granules, qui représentent la moitié de leur poids de lactucarium (dose : gr. 50 à 2 gr,), de sirop de lactucarium, de sirop de lactucarium opiacé ou d'Aubergier, de pâte de lactucarium.
Sersiron conseille le sirop d'Aubergier dans les cas de sur- •excitation nerveuse, contre l'insommie et la toux.
Lactuca saliva, L. (Laitue cultivée) est une plante très commune qu'on cultive dans les potagers. Elle présente un grand nombre de variétés, Lamarck en connaissait 149. Citons les deux types principaux : Lactuca sativa, L., var.a, romana, Coss. et Germ. (Laitue romaine, en picard : C/ii^ro/i), Lactuca sativa^ L., var .b, capitata, Coss. et Germ. (Laitue pommée). Cette dernière surtout est employée en médecine. C'est un calmant de la toux.
Toutes les laitues sont sédatives. Elles ont, du reste, des propriétés différentes selon Tépoque de leur récolte. Quand on cugille la laitue avant la floraison, elle est laxative et renferme alors des principes mucilagineux, plutôt doux et agréables ; plus tard, elle est extrêmement amère et acre. Galien, dans sa vieillesse, mangeait tous les soirs de la laitue cuite pour avoir une nuit tranquille (Barbier).
Quévenne a analysé le suc de la laitue romaine et y a trouvé
un principe amer, de i*aibuniine, du caoutchouc, de la cire^ un acide végétal lactucique, de chlorure de calcium, du phosphate de chaux^ de la potasse, de la gomme, de l'acide acétique. Avec la laitue cultivée, on prépare la thridace qui est employée rarement (0 gr. 10 à gr. 50 en potion). Elle est calmante, mais agit moins bien que le lactucarium.
On prescrit encore assez souvent Peau distillée de laitue (100 à 150 gr.) et le sirop de thridace (20 à 100 gr. en potion) qui sont légèrement calmants. On a autrefois conseillé le suc de laitue. On faisait aussi des cataplasmes émoUients avec les feuilles cuites. La décoction de laitue (60 gr. par litre d'eau) est émolUente et calmante. Certains la regardent comme anaphrodisiaque.
La laitue est un aliment laxatif. On la mange cuite ou en salade.
Lactuca scariola^ L. (Laitue scariole) possède à peu près les mômes vertus thérapeutiques que la laitue vireuse.
Lactuca muralis, Fresen (Laitue des murailles) était autrefois indiquée contre les morsures des vipères. Dans ses Com^ mentaires de Dioscoride, Matthiole dit : « Cette racine^ bue en viUf est bonne contre les morsures des vipères. »
HŒRAGIUM MURORUM. L.
(Du grec ierax, épervier : les anciens croyaient que l'épervier mangeait cette plante pour améliorer sa vue.)
Syn. : Epervière des murs, Pulmonaire des Français. (Composées.)
Plante vivace,de 30 à 60 centimètres, commune surtout dans les bois. Elle fleurit en juin.
La tige est simple, poilue, nue ou offrant une feuille eaulinaire pétiolée. Les feuilles sont radicales, en rosette, ovales, lancéolées ou elliptiques, entières ou incisées. Les fleurs sont jaunes. L'involure est hispide.
Les sommités de l'épervière ont été employées en infusion comme vulnéraires.
XANTHIUM STRUMARIUM. L.
(Du grec xanthos, jaune: plante employée autrefois pour teindre en jaune.)
Syn. : Lampourde glouteron, Herbe aux écrouelles, Petite hardane,
(Ambrosiacées.)
Plante annuelle, pubescente, de 20 à 60 centimètres, très rare dans la Somme. Elle croît surtout dans les endroits humides, aux bords des chemins. Elle fleurit en juillet.
La tige est dressée, anguleuse, souvent rameuse. Les feuilles sont d'un vert cendré, cordiformes, à 3-5 lobes dentés. Les fleurs sont verdâtres.
Les feuilles sont amères et astringentes. On les conseillait autrefois dans les maladies de la peau et les engorgements ganglionnaires de mauvaise nature.
Les fruits renferment un principe tinctorial jaune dont les Romains se servaient pour teindre les cheveux en blond pâle.
GAMPANULA TRAGHELIUM. L.
(Du latin campanula, clochette.)
Syn. : Campanule gantelée^ Gants de Notre-Dame, (Campanulacées.)
Plante vivace, velue, hérissée, de 50 centimètres à 1 m. 20, il souche épaisse, assez commune dans les bois. Elle fleurit en juin- La tige est robuste, rude, anguleuse. Les feuilles sont grandes, ovales, triangulaires, cordiformes, pétiolées. Les fleurs sont bleues, grandes, en grappes feuillées.
La gantelée est astringente et détersive. Elle était autrefois employée contre les angines et l'inflammation de la trachée {trachelium).
Dans certains pays, on mange la racine cuite.
VAGGINIUM MYRTILLUS. L.
(Du latin vacca, vache : cet animal broute volontiers cette plante.)
Syn. : Airelle myrtille^ Raisin des bois, Lucel.
(Vacciniées.)
Sous-arbrisseau de 20 à 60 centimètres, croissant dans les bois montueux. Il fleurit en avril.
Les tiges sont ligneuses, anguleuses, ailées. Les feuilles sont caduques, ovales, aiguës, dentées. Les fleurs sont d'un blanc verdâtre et rosé, solitaires ou géminées. La corolle est en grelot. Les baies (aires) sont globuleuses, d'un noir bleuâtre.
Elles sont sucrées, un peu acidulées, rafraîchissantes, astringentes. Elles étaient autrefois conseillées contre la dysenterie et la diarrhée des enfants.
Les feuilles sèches sont diurétiques et astringentes.
On administre les baies en rob, en teinture, en sirop.
En Russie, en Allemagne et en Scandinavie, on mange ces fruits arrosés de lait et saupoudrés de sucre. A l'époque de leur maturité, c'est le goûter habituel des enfants. On en met dans les tartes ; on les associe quelquefois au miel ou aux spiritueux. On en fait des conserves pour l'hiver.
Dans les Vosges, les paysans préparent avec ces baies une boisson à peu près semblable au vin. On les distille aussi pour en faire Veau-de-vie de Brimhelle.
On retirait autrefois des tiges une matière tinctoriale jaune.
GALLUNA VULGARIS. SALISB.
(Du grec callunein, balayer : on fait des balais avec la bruyère.)
Syn. : Bruyère commune , Grosse bruyère.
(Ericinées.)
Sous-arbrisseau de 20 à 60 centimètres, assez commun dans les terrains calcaires. 11 fleurit en juillet. La tige présente des rameaux nombreux ordinairement
rougeâtres. Les feuilles sont lancéolées, linéaires, prolongées à la base en un appendice bifide. Les fleurs sont purpurines, quelquefois blanches, nombreuses, en grappes spiciformes.
On employait les sommités fleuries en infusion (60 gr. par litre d'eau) contre les calculs de la vessie. Elles jouissent de propriétés diurétiques et astringentes.
On donnait autrefois des bains de décoction de bruyère aux goutteux, aux rhumatisants et aux paralytiques.
PmOLA ROTUNDIFOLIA. L.
(Du latin pirns, poirier : les feuilles ressemblent à celles du poirier.)
Syn. : Pirole à feuilles rondes^ Verdure de mer, Verdure d* hiver
(PiROLACÉES.)
Plante vivace, de 20 à 40 centimètres, croissant dans les bois ombragés et montueux. Elle fleurit en juin.
La hampe florale est munie de quelques écailles. Les fleurs sont d'un blanc rosé, en grappes allongées, les anthères sont incluses, le style est plus long que les pétales, courbé, ascendant. Les feuilles sont grandes, suborbiculaires, denticulées.
Les feuilles de pirole étaient autrefois conseillées dans le catarrhe chronique des bronches, la diarrhée, les fleurs blanches. Leur saveur est acre et astringente. Elles jouissent de propriétés toniques, amères, astringentes et vulnéraires. Elles entrent dans la composition du Thé suisse.
LIGUSTRUM VULGARE. L.
(Du latin ligare, lier : les rameaux sont flexibles et servent à faire des liens.)
Syn. : Troëne, Frésillon, Bois noir, Raisin de chien, (Oléinées.)
Arbrisseau de 1 à 3 mètres, commun dans les bois et les haies. Il fleurit ea mai.
Les feuilles sont opposées, lancéolées ou ovales-elliptiqaes, entières, glabres, vertes, tardivement caduques. Les fleurs sont blanches, odorantes, en thyrses terminaux. La baie est globuleuse, noire.
Les feuilles et les fleurs sont astringentes. On les donne en décoction (15 gr. pour un litre d'eau) dans les gingivites, les amygdalites et les bronchites. L'écorce est fébrifuge.
Les baies sont fades, un peu amères. Elles fournissent une couleur noire violacée qui entre dans la composition de l'encre des chapeliers.
On trouve souvent des cantharides sur les feuilles de troëne.
On utilise les jeunes pousses de cet arbrisseau dans la vannerie fine.
FRAXINUS EXGELSIOR. L.
(Du grec fraxis, haie.)
Syn. : Frêne.
(Oléinées.)
Arbre à écorce lisse, d'une hauteur de 15 à 20 mètres. 11 fleurit en avril.
Les feuilles ont des folioles ovales lancéolées, dentées, glabres et vertes en dessus, pubescentes près de la nervure médiane, en dessous. Les fleurs sont brunâtres, en panicules, et paraissent avant les feuilles ; les anthères sont d'un pourpre noirâtre. Les samares sont pendantes, oblougues, ailées.
On attribuait autrefois aux feuilles de frêne des propriétés purgatives. Elles sont légèrement laxatives. Pouget et Peyraud ont présenté la poudre de feuilles comme le spécifique des affections rhumatismales et goutteuses.
Elle ne produit, disent-ils, ni dégoût, ni maux de cœur, ni malaise général. On l'administre à la dose de 15 à 20 grammes pour 500 grammes d'eau. On conseille aussi l'infusion (30 gr. par litre d'eau). Garod a employé l'infusion de feuilles chez les goutteux et pense que ce mode de traitement a une réelle efficacité. 11 s'est aussi servi de la décoction (faire Caussiii 12
bouillir pendant 10 ou 15 minutes 30 gr. de feuilles dans 1 litre d*eau). Administrée par doses fractionnées une heure avant les repas, elle paraît exciter Tappétit.
En continuant Fusage de cette décoction, on augmente la quantité des urines et des sueurs. Il y a, en outre, accroissement de la proportion d'acide unique dans les urines. Les feuilles de frêne contiennent un principe particulier, la fraxinine. L'écorce de frêne est astringente et fébrifuge. Elle était jadis indiquée contre les fièvres intermittentes. Glauber et l'illustre botaniste Bauhinus la vantaient contre la goutte et le rhumatisme. Elle était conseillée contre le scorbut et les vers intestinaux. Martin-Solon l'employait comme purgative . On l'administre en poudre et en décoction vineuse.
Les fruits jouissent à peu près des mêmes propriétés que les feuilles.
Desfontaines prétend que le frêne commun donne aussi une manne qui ressemble à celle qu'on retire des espèces rotundifolia et ornus. On l'obtient par incision de Técorce. 11 en découle un suc qui se concrète en sortant, sur l'écorce ou sur des pailles que Ton dispose à cet effet. La manne est une matière solide, granuleuse, d'un blanc jaunâtre, très sucrée. C'est un purgatif agréable et très doux. On la donne dans [de Teau, du lait ou du café (Dose : 40 à 60 gr.).
Les canlharides aiment beaucoup le frêne. On voit quelquefois cet arbre entièrement dépouillé de ses feuilles.