‹ Les plantes médicinales de la PicardieChapitre 15 sur 28 · VINC3A MINOR. L · texte numérisé non relu

VINC3A MINOR. L

(Du latin vincire, lier.)

Syn. : Petite pervenche^ Pervenche couchée^ Violette des sorciers ; en picard de Proyart : Pot-au-feu.

(Apocynées.)

Plante vivace, glabre, de 1 à 2 mètres de longueur, très commune dans les bois. Elle fleurit en mars.

Les tiges sont radicantes ; les feuilles sont coriaces, luisantes, ovales-elliptiques, glabres. Les fleurs sont bleues ou violacées, rarement blanches, solitaires.

A l'état frais, la plante est inodore ; par la dessiccation, elle acquiert une certaine odeur aromatique.

Les feuilles renferment du tannin et sont amères, astringentes, toniques, diaphorétiques, fébrifuges et dépuraUves. On les a employées en infusion comme purgatives. Elles ont été conseillées dans les catarrhes chroniques, la diarrhée, la dysenterie, l'hémoptysie. L'infusion de fleurs est pectorale.

C'est un remède populaire pour /aire passer le lait.

Vinca major. L. (Grande pervenche) jouit des mêmes propriétés.

VINGETOXIGUM OFFICINALE. MŒNGH.

(Du latin vincere, vaincre, toxicum, venin : Passait pour un contre-poison.)

Syn. : Dompte-'venin officinal, Asclépiade blanCy Ipécacuanha des Allemands,

(ASCLÉPIADÉES.)

Plante vivace, de 30 à 90 centimètres, à souche rampante, assez commune dans les lieux incultes et sur les coteaux calcaires. Elle fleurit en juin.

La tige est simple, dressée, quelquefois grimpante. Les feuilles sont fermes, acuminées, souvent en cœur à la base. Les fleurs sont d'un blanc verdâtre ou jaunâtre, en cymes corymbiformes. Les follicules sont glabres, lancéolés, renflés vers la base.

La plante est amère et répand une odeur désagréable ; loin d'être un contre-poison, elle est très toxique. La racine renferme une substance spéciale, Vasclépiadine ou cynanchine, qui est émétique. Orfila a administré la plante à des chiens qui sont morts un ou deux jours après ; la muqueuse de leur estomac était le siège d'une vive inflammation. FeneuUe a analysé la racine et y a trouvé de la résine, une matière extractive analogue à Témétine, V asclépiadine, et à laquelle il attribue les mêmes propriétés. Fraîche, la racine a une odeur forte et désagréable, une saveur acre ; sèche, elle a une odeur faible et une saveur douce. Elle est légèrement sudorifique et diurétique. Elle était préconisée autrefois contre la morsure des serpents. Elle fait partie du vin diurétique amer de la Charité, La poudre de feuilles est vomitive. La décoction de semences ou de racine est diurétique et indiquée dans le rhumatisme, la goutte, les maladies de peau.

On employait autrefois toute la plante comme détersive. Elle était conseillée dans l'ascite, les maladies de la peau, la scrofule.

MENYANTHES TRIFOLIATA. L.

(Du grec menos, mois, anthos, fleur : allusion aux propriétés emménagogues de la plante.)

Syn. : Ményanthe, Trèfle (/'eau, Trèfle des marais, Trèfle de castor,

(Gentianées.)

Plante vivace, aquatique, de 20 à 40 centimètres, assez commune dans les marais, dans les fossés. Elle fleurit en avril.

La hampe florale est nue, axillaire. Les feuilles sont robustes, à trois folioles obovales-obtuses, glabres, un peu dentées. Les fleurs sont d'un blanc rosé, en grappe simple. La capsule est uniloculaire.

On emploie surtout les feuilles. Tromsdorff les a analysées et y a trouvé de la fécule verte, un extractif amer, une résine verte, une gomme brune, de l'acide malique, de l'acétate de potasse, de l'albumine que la chaleur ne coagule pas, de Tinuline. Depuis, on a extrait un alcaloïde, la ményanthine. Les ieuilles du trèfle d'eau sont très amènes. Elles constituent un excellent tonique et un bon digestif. A haute dose, elles donnent des nausées, des vomissements, de la diarrhée. A dose ordinaire, elles combattent l'atonie des voies digestives. Elles ont été conseillées dans les catarrhes chronique desbronches, la scrofule, le rachitisme, le rhumatisme chronique, la goutte, les maladies de la peau, les fièvres intermittentes. Elles sont aussi emménagogues et ont alors une réelle efficacité quand la suppression des règles reconnaît pour cause des troubles digestifs et surtout l'atonie de l'estomac. Elles ont aussi des propriétés fébrifuges, antiscorbutiques, vermifuges et détersives.

On en prépare un suc et un extrait. On associe ordinairement le suc à celui d'autres plantes. L'extrait se donne à la dose de gr. 50 à 2 grammes. Le trèfle d'eau entre dans la composition du sirop antiscorbutique.

Une infusion légère et chaude de trèfle d'eau (10 gr. pour un litre d'eau), prise après le repas, favorise la digestion.

Les brasseurs anglais substituent souvent les feuilles de trèfle d'eau aux fleurs de houblon pour la fabrication de leur porter.

lie» Lapons nourrissent leurs bestiaux avec la racine du trèfle d'eau, lis en retirent une fécule verte dont ils fabriquent un pain grossier (Linné).

GHLORA PERFOLIATA. L.

(Du grec chloros, jaune verdâtre.)

Syn. : Chlore perfoliée, Centaurée jaune.

(Gentianées.)

Plante annuelle, de 20 à 60 centimètres, croissant dans les terrains calcaires. Elle fleurit en juin.

La^tige est élancée, rameuse au sommet. Les teuilles radiealièsh sont obovales, en rosette ; les caulinaires, opposées, oralest-lriangulaires, mucronées, soudées à la base. Les fleurs santi d'un jaune vif, en corymbe. La capsule est ovoïde.

La.oentaurée jaune est amère, tonique et fébrifuge. Elle est beaucoup moins employée que la petite centaurée.

GENTIANA GRUGIATA. L.

{Genims, roi d'IUyrie, fut, d'après Pline, le premier qui utilisa les propriétés de la gentiane.)

Syn. : Gentiane croisette.

(Gentianées.)

Plaii«e vivace de IQ à 50 centimètres, très rare dans la Somme*. Elle croît surtout dans les terrains calcaires et fleurit en juillet.

Ea»tlige est courbée, ascendante, un peu épaisse. Les feuilles sorrt grandes^ oblongues, lancéolées; les caulinaires sont contrées, les supérieures dépassent les fleurs. Celles-ci sont bleues, sessiles, fasciculéea.

Ce n'est pas la racine de la croisette qu'on emploie en thérapeutiqtiev Celle dfe la grande gentiane ou gentiane jaune est

généralement usitée. Les racines de ces deux plantes ont les mêmes propriétés. Elles sont amères, toniques et fébrifuges. Planche a constaté que Teau distillée de la racine recelait un principe nauséabond, volatil, qui produit aussitôt après l'ingeslion de fortes nausées et un peu plus tard une sorte d*ivresse qui se prolonge pendant une heure environ (Barbier).

On peut recourir avec confiance aux préparations de gentiane. Elles agissent toujours avec efficacité. On les recommande surtout dans l'atonie des organes digestifs, dans la dysenterie, la diarrhée, la scrofule, l'ictère, la chlorose, la goutte et surtout dans la fièvre intermittente. On emploie, la poudre dans le dernier cas, et on l'associe au quinquina. On la donne quelquefois aussi comme vermifuge.

La tisane de gentiane se fait par infusion (10 gr. pour un lilre d'eau). On prépare une teinture de gentiane, un vin \30 gr. par litre) un sirop et un extrait (0 gr. 50 à 2 gr.).

Gentiana amarella. L. (Petite gentiane amère) jouit des mêmes propriétés.

ERYTHR^A GENTAURTOM. PERS.

(Du grec erythros^ rouge.)

Syn. : Petite centaurée, Herbe au centaure, Herbe k Chiron, Herbe à la fièvre. Fiel de terre.

(Gentianées.)

Plante bisannuelle, de 10 à 60 centimètres, assez commune dans les champs et les bois. Elle fleurit en juin.

La tige est quadrangulaire, rameuse au sommet. Les feuilles radicales sont en rosette, obovales, les caulinaires inférieures oblongues. Les fleurs sont roses, rarement blanches, en corymbes, à rameaux courts. La capsule est plus longue que le calice. Les graines sont très nombreuses et très

petites.

On emploie en médecine les sommités fleuries de petite centaurée qu'on dessèche à l'étuve en petits bouquets enveloppés de papier. Moretli les a analysées et y a trouvé un acide libre, une matière muqueuse, un principe cristallisé, Véry^

thro'centaurine, du sucre, du tannÎD, de la chaux, une certaine quantité d'extractif et de Tacide chlorhydrique. La saveur de cette plante est franchement amère, elle devient encore plus intense par la dessiccation. Les propriétés de la petite centaurée sont toniques, apéritives, fébrifuges, stomachiques, vermifuges et légèrement laxatives.'C 'est un des meilleurs toniques amers indigènes. Son action est semblable à celle de la gentiane. On la recommande dans les fièvres intermittentes, dans les convalescences, surtout quand il y a de l'inappétence, dans la chlorose, la goutte, dans l'atonie des organes digestifs. Dans la fièvre intermitteùte, il faut donner de fortes doses, si Ton veut obtenir un résultat. Par sa composition, la petite centaurée n'a aucune analogie avec le quinquina. Chomel avait une grande confiance dans les propriétés fébrifuges de cette plante. « Faites macérer, disait-il une poignée de petite centaurée et 16 grammes de quinquina dans 1 litre de vin blanc; donnez ensuite deux verres à liqueur de cette préparation par jour et vous ferez disparaître la fièvre que le quinquina seul n'aurait pu guérir. »

On prépare un extrait de petite centaurée (dose : Ogr. 30 à 2 grammes), une teinture (5 à 20 grammes). On préfère généralement l'infusion (5 à 15 gr. par litre d'eau, ou la poudre : 1 à 10 gr.).

En médecine populaire, le vin de petite centaurée est très usité (60 gr. de sommités fleuries en macération dans un litre de vin de Bordeaux).

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