‹ Les plantes médicinales de la PicardieChapitre 19 sur 28 · MARRUBIUM VULGARE. L · texte numérisé non relu

MARRUBIUM VULGARE. L

(De riiébreu mar rob^ suc amer ; plante très amère.)

Syn. : Marrube commun^ Marrube blanCj Bonhomme^ Herbe vierge.

(Labiées.)

Plante vivace, de 30 à 80 centimètres, blanchâtre, assez commune aux bords des chemins, dans les lieux incultes. Elle fleurit en juillet.

La tige est épaisse, simple ou rameuse ; les feuilles sont pétiolées, ovales, orbiculaires, crénelées, ridées, tomenteuses, vertes en dessus. Les fleurs sont blanches, verticillées ; los bractées sont petites, subulées, crochues ainsi que les divisions du calice.

Le marrube exhale une odeur forte, d'un arôme pénétrant; sa saveur est amère, acre même. Son action est plus éner-

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gique que celle des autres labiées. L'extrait aqueux est inodore et amer, l'extrait alcoolique est odorant et amer(Murray). Cette plante jouit de propriétés stimulantes, fébrifuges et emménagogues. Les anciens la conseillaient dans les bronchites catarrhales et la tuberculose. Certains auteurs affirment que le marrube blanc a guéri plusieurs tuberculeux. On l'emploie encore contre l'asthme, la toux des vieillards. 11 stimule l'estomac, favorise la diurèse et la diaphorèse, faci:lite l'expectoration et provoque l'écoulement menstruel. Il est très efficace pour établir la menstruation chez les jeunes filles délicates, chlorotiques. On l'a recommandé dans l'ictère, le rhumatisme. Cazin vantait cette plante contre la gastralgie et la leucorrhée. Certains praticiens détergent certains ulcères avec une infusion de marrube.

Il paratt que l'usage prolongé de cette plante produit de Tamaigrissement. On l'administre en infusion (30 grammes de sommités fleuries pour 1 litre d'eau), en extrait, en sirop, en vin (30 grammes de sommités fleuries en macération dans 1 litre de vin blanc. On donne tous les matins un verre à Bordeaux de cette préparation dans le cas de fièvre intermittente).

Les traducteurs deDioscoride et de Pline nous apprennent que le jus de marrube € mis dans le nez guérit la jaunisse, versé goutte à goutte dans les aureilles pareillement les dou^ leurs dHcelles et meslé avec miel il diminue la cholère ».

BALLOTA FŒTIDA. LMK.

(Du grec ballô, je rejette : plante à odeur repoussante.)

Syn. : Ballote noire, Marrube noir, Marrube fétide .

Plante vivace, de 40 à 80 centimètres, très commune aux bords des chemins, le long des haies. Elle fleurit en juillet.

La tige est herbacée, quadrangulaire, rameuse. Les feuilles sont ovales ou arrondies, crénelées. Les fleurs sont pur- Gaussin 16

ii2 LES PLANTES MEDICINALES DE LA PICARDIE

purines, rarement blanches, verticillées ; le calice est velu; le tube de la corolle dépasse la gorge du calice.

L'odeur du marrube noir est fétide. On ordonne quelquefois les sommités fleuries en infusion, comme antispasmodiv ques, contre l'hystérie, Thypocondrie, la neurasthénie. L'infusion de marrube noir et de bétoine a été indiquée contre la goutte. On conseillait aussi la décoction en lavement, comme vermifuge.

On préconisait autrefois cette plante contre la morsure des chiens.

LEONURUS GARDIAGA. L.

(Du grec léon, lion, ouray queue : forme des verticilles floraux.)

Syn,: Affripaume y Cardiairey Cardiaque, Mélisse sauvage. Herbe aux tonneliers,

Plante vivace, d'environ 1 mètre, croissant dans les haies et les décombres. Elle fleurit en juillet.

La tige est robuste, rameuse ; les feuilles inférieures sont grandes, palmatipartîtes, à lobes lancéolés, incisés, dentés, les supérieures lancéolées bi ou trifides. Les fleurs sont assez grandes, purpurines, verticillées ; le calice présente cinq angles ; la corolle, velue, est plus longue que le calice.

L'agripaume est stimulante et tonique. On l'employait autrefois en infusion contre les palpitations de cœur, les affections bronchiques et pulmonaires. Elle était conseillée dans la gastralgie, aux alcooliques, aux tonneliers qui sont souvent de grands buveurs de vin et qui présentent souvent des vomissements (pituites) ; de là, le nom à^ Herbe aux tonneliers.

L'infusion de sommités fleuries est vermifuge.

BRUNELLA VULGARIS. L.

(De l'allemand Braûne, esquinancie, ou allusion aux têtes florales brunes au sommet.)

Syn. : Brunelle commune^ Brunette, Charbonnière, (Labiées.)

Plante bisannuelle ou vivace, de 5 à 45 centimètres, très commune aux bords des chemins. Elle fleurit en juillet.

La tige est redressée ; les feuilles sont ovales ou oblongues, entières ou si nuées dentées, les deux supérieures entourant l'épi. Les fleurs sont d'un bleu violet, assez petites ; le calice est ordinairement coloré ; la corolle est petite.

La brunelle est amère, astringente et vulnéraire. On l'employait en infusion. On mange quelquefois les jeunes feuilles en salade ou cuites et préparées comme les épinards.

SGUTELLARIA GALERIGULATA. L.

(Du latin scuta^ écuelle, tasse: forme du calice.)

Syn.: Scutellaire en casque, Scutellaîre commune^ Toque bleue, Tertianairey Centaurée bleue, Casside,

(Labiées.)

Plante vivace, de '20 à 50 centimètres assez commune dans les marais, aux bords des eaux. Elle fleurit en juillet.

La tige est dressée ou ascendante, simple ou rameuse ; les feuilles sont oblongues, lancéolées, cordiformes à la base, crénelées. Les fleurs sont bleues ou violacées, assez grandes, unilatérales, solitaires ou géminées à l'aisselle des feuilles moyennes et supérieures; le calice est glabre ; la corolle est beaucoup plus longue que le calice.

La scutellaire a une odeur faible et une saveur amère et astringente. Elle est fébrifuge. On la conseillait autrefois contre la fièvre tierce (Tertianaire)^

AJUGA REPTANS. L.

(De a, privatif, yagru m, joug : la corolle n'a pas de lèvre supérieure.)

Syn. : Bugle rampante y Herbe de Saint-Laurent ^ Consoude

moyenne.

(Labiées.)

Plante vivace, de 10 à 40 centimètres, commune dans les bois et les lieux frais. Elle fleurit en mai.

La tige est dressée, simple et présente à la base des rejets rampants ; les feuilles sont ovales ou oblongues, entières ou sinuées crénelées, les radicales plus grandes, en rosette. Les fleurs sont bleues, rarement rosées ou blanches ; le calice est velu.

La bugle a joui autrefois d'une grande renommée. On remploie peu aujourd'hui. Elle a des propriétés excitantes, toniques et vulnéraires. On recommande quelquefois l'infusion de fleurs contre Tictère et les écoulements menstruels abondants. La macération (60 gr. de plante sèche dans 1 litre d'eau) est indiquée dans les hémorragies, la diarrhée et en injections vaginales dans la leucorrhée.

Dans certaines contrées, on mange en salade les jeunes pousses et les feuilles de cette plante.

Ajuga chamœpitysy Schreb. (Germandrée yvette, Bugle faux-pin, Calapito) est apéritif, tonique et emménagogue.

TEUGRIUM GHAMADRTS. L.

(Dédié à Teucer, prince de Troie, qui découvrit, dit-on, les propriétés de la germandrée.)

Syn. : Germandrée petît-chêney chasse- fièvre,

Plante vivace, de 10 à 30 centimètres, croissant dans les terrains calcaires. Elle fleurit en juillet.

La tige est grêle, couchée ou ascendante, radicante à la base ; les feuilles sont ovales oblongues, crénelées, un peu coriaces. Les fleurs sont purpurines, verticillées, unilatérales ; le calice est rougeâtre, poilu, gibbeux à la base.

Cette plante est légèrement aromatique ; sa saveur est amère. Elle renferme un peu d'huile volatile. Elle jouit de propriétés toniques, fébrifuges, emménagogues. Elle est très peu excitante. On la dit aussi diurétique et sudorifique. Elle est indiquée comme un stimulant des organes digestifs, dans Fanorexie, dans la dyspepsie ; on la conseille aussi dans les bronchites catarrhales, dans l'asthme, dans la fièvre intermittente. On donnait, dans ce dernier cas, le vin de chamaedrys. Le petit-chêne a donné de bons résultats dans les manifestations arthritiques. Charles-Quint atteint de fièvre intermittente a été, dit-on, guéri avec Tinfusion de germandrée.

On emploie cette plante en infusion (15 gr. par litre d'eau), «n décoction, en extrait, en poudre et en vin. Quand on veut conserver les principes volatils, il faut choisir Tinfusion ; quand, au contraire, on veut obtenir une action tonique, il faut faire une décoction.

Teucrium scorodonia. L. (Germandrée sauvage. Sauge des bois, Faux scordium) a des propriétés stimulantes et toniques. Scorodonia et Scordium ont une racine grecque qui jsignifie ail.

Teucrium Scordium, L. (Germandrée aquatique) est vulnéraire et vermifuge. Elle a une odeur alliacée assez prononcée. On emploie l'infusion (40 gr. de sommités pour 1 litre d'eau) dans la goutte, l'ascite, certaines maladies du foie, contre les sueurs nocturnes, la diarrhée et la dysenterie.

Teucrium 5o^r2/5,L. (Germandrée femelle) a des propriétés stimulantes, toniques et digestives. Les feuilles et les sommités fleuries renferment un principe amer et une huile essentielle.

VERBENA OFFIGINALIS. L.

(Du latin Veneris, de Vénus, herba, herbe : allusion à de prétendues propriétés.)

Syn. : Verveine officinale^ Herbe sacrée^ Herbe à tous les mauxy Herbe aux sorcières,

(Verbénacées.)

Plante vivace, de 40 à 80 centimètres, très commune aux bords des chemins et dans les lieux incultes. Elle fleurit en juin.

La tige est dressée ou ascendante, quadrangulaire, rameuse ; les feuilles inférieures sont pétiolées, ovales ou oblongues, cunéiformes, incisées ou pinnatifides. Les fleurs sont bleuâtres ou lilacées, petites, sessiles, en longs épis, ne s'épanouissani pas en même temps ; les bractées sont plus courtes que le calice ; celui-ci est pubescent ; la corolle est en entonnoir.

La verveine est amère, aromatique; elle jouit de propriétés toniques, astringentes, vulnéraires et résolutives. On faisait autrefois des cataplasmes calmants avec les feuilles qu'on appliquait sur les lumbagos et les points douloureux. On s'en sert encore aujourd'hui en médecine populaire. On pile la plante fraîche et on y ajoute du vinaigre ou bien on l'emploie sèche. On la fait cuire aussi dans ce liquide. Ces préparations ont une grande vogue à la campagne pour le traitement des entorses.

Elle était préconisée jadis contre les ulcères, la pleurésie, l'ascite et l'ictère, la diarrhée et les hémorragies. On la vantait aussi comme émoUiente. L'infusion peut être utile oomme stomachique, pour stimuler légèrement les fonctions de l'estomac. Dom Robbe rangeait la verveine dans les ophthalmiques.

Les Druides lavaient les autels avant le sacrifice avec une infusion de verveine. Les sorciers du moyen âge employaient aussi cette plante^pour leurs pratiques.

PINGUIGULA VULGARIS. L.

(Du latin pinguis, gras : les feuilles sont visqueuses.)

Syn. : Grassette, Langue (Toisj Tue-brebis^ Herbe grasse,

(Lentibulariées.)

Plante vivace, de 5 à 15 centimètres, croissant dans les marais. Elle fleurit en mai.

Les feuilles sont ovales oblongues. Les hampes florales sont grêles, glabres ou pubescentes.Les fleurs sont violettea. La corolle est allongée, plus longue que large, l'éperon est droit, grêle. La capsule est en forme de poire.

Les feuilles sont vulnéraires. Toute la plante est émétique. Elle nuit aux animaux qui la mangent, d'où le nom de tue-brebis.

La grassette passe pour être une plante Carnivore. En effet, lorsqu'un insecte se pose sur une de ses feuilles, il y est retenu prisonnier, en se débattant, il irrite les glandes et augmente leur sécrétion, les bords de la feuille se relèvent et se rejoignent, enveloppant complètement la bestiole qui est finalement absorbée, après avoir été dissoute par les produits de sécrétion.

UTRIGULARIA VULGARIS. L.

(Du latin uier, outre : les feuilles présentent des vésicules.)

Syn. : Utriculaire commune, Lentibulaire, Millefeuille des marais,

(Lentibulauîj^es).

Plante vivace, aquatique, de 10 à 30 centimètres, croissant dans les entailles de nos tourbières. Elle fleurit en juin.

Les feuilles sont grandes, ovales ou oblongues dans leur pourtour, pinnatiséquées, à nombreuses lanières, capillaires, denticulées spinuleuses, munies de vésicules. Les fleurs sont d'un jaune vif, en grappes ; les pédicelles sont d'un rouge

brun ; le calice est de la môme couleur que les pédicelles. L'utriculaire jouit de propriétés diurétiques. Elle est considérée par beaucoup de botanistes comme une plante Carnivore. Les vésicules des feuilles renferment souvent, en effet, des insectes et des crustacés (on a compté jusqu'à dix crustacés dans Tune de ces vessies) ; il paraît néanmoins bien établi qu'elles n'ont pas la faculté de digérer des matières animales.Darwin, en admettant cette conclusion,croit néanmoins que la véritable fonction de ces vésicules n'est pas de faire flotter la plante, mais qu'elle consiste à capturer des petits animaux aquatiques qui sont détruits ensuite par putréfaction. Ces petites vessies sont, en effet, munies d'une petite valve terminée par quelques cils qui s'ouvrent pour laisser entrer et empocher la sortie. Cet observateur a vu flotter parfaitement, grâce à l'air contenu dans les tissus, des tiges d'ulriculaires qui ne portaient aucune vésicule et d'autres auxquelles il les avait enlevées.

PRIMULA OFFIGINALIS. JAGQ.

(Du latin primns veris : la première fleur du printemps.)

Syn. : Primevère officinale^ CoucoUy Coquelnchon, Brayette, Primeroley Printanière, Herbe à la paralysie, Oreille d'ours ; en picard de Proyart ; Carcaillon,

(Primulacées.)

Plante vivace, de 10 à 30 centimètres, commune dans les bois et les prés. Elle fleurit en avril.

Les feuilles sont ovales, inégalement dentées, ridées, pubescentes grisâtres en dessous. Les hampes florales et les pédoncules sont tomenteux. Les fleurs sont d'un jaune vif, avec cinq taches orangées à la base, très odorantes; le calice est renflé, blanchâtre, tomenteux ; la corolle présente un limbe concave ; la capsule est ovoïde.

Les fleurs de la primevère exhalent une odeur fine et agréable. La racine a une saveur acre et amère, une odeur forte qui rappelle celle de l'anis. Elle renferme un principe particu-

lier, la />ri mu /me. On emploie la racine comme diurétique et sternutatoire. On la recommandait autrefois comme antinévralgique et contre les paralysies. L'infusion de fleurs est plus usitée : elle est calmante et antispasmodique. On l'ordonne assez souvent pour calmer la toux dans les bronchites, contre la migraine et la diarrhée.

Primala elatior. Jacq, (Primevère à grandes feuilles) pré- [ sente les mêmes propriétés.

LTSIMAGHIA VULGARIS. L.

(Dédiée à Lysimaque, médecin de l'antiquité.)

I Syn. : Lysimaqae commune, Corneille , Chasse-bosse, Lis des teinturiers, Pêcher des prés,

(Primulacées.)

Plante vivace, de 50 centimètres à 1 mètre, assez commune dans les marais, aux bords des eaux. Elle fleurit en juin.

La tige est robuste, dressée, rameuse ; les feuilles sont grandes, opposées ou verticillées, subsessiles, ovales ou oblongues lancéolées. Les fleurs sont jaunes, en panicule ; les lobes du calice sont lancéolés aigus, bordés de rouge ; la corolle est glabre ; la capsule est globuleuse.

Toute la plante est astringente. On l'employait autrefois contre les hémorragies. Elle a aussi des propriétés vulnéraires.

La tige et les feuilles fournissent une couleur jaune, la racine, une brune.

ANAGALLIS G^RULEA, SGHREB.

(Du grec anagelein, rire ; fleurs élégantes.)

Syn. : Mouron bleu.

(Primulacées.)

Plante annuelle de 10 à 25 centimètres, croissant surtout dans les lieux incultes. Elle fleurit en juin.

Les tiges sont rameuses; les feuilles sont entières, sessiles. Les fleurs sont bleues, solitaires, les pédicelles sont égaux aux feuilles ; la capsule est globuleuse, s*ouvrant circulairement comme une boîle à savonnette.

Le mouron bleu était autrefois recommandé comme vulnéraire. C'est une plante vénéneuse qu'il ne faut pas employer. Son infusion est diurétique et a été autrefois conseillée dans Pépilepsie. Il est bien souvent confondu avec le mouron des oiseaux ou mouron blanc qui est très recherché pour leur nourriture. C'est une erreur qui a déjà coûté la vie à un très grand nombre d'oiseaux.

Cette plante irrite l'intestin et agit comme narcotique sur le système nerveux.

GLOBULARIA VULGARIS. L.

(Du latin globnlus, petite boule; fleurs en tôtes globuleuses.)

Syn. : Globulaire commune, Marguerite bleue, (Globulariées.)

Plante vivace, de 5 à 30 centimètres, assez commune dans les terrains calcaires, principalement sur les coteaux. Elle fleurit en mai.

Les feuilles radicales sont en rosette, grandes, planes, obovales, entières, échancrées ou tridentées. Les hampes florales sont dressées et présentent de petites feuilles sessiles, lancéolées aiguës. Les fleurs sont bleues, en tôtes globuleuses ; le calice est velu à divisions inégales.

Loiseleur Deslongchamps a soumis à quelques expériences la globulaire commune et a reconnu qu'elle est purgative. Administrée en décoction, elle a déterminé des évacuations alvines, sans coliques, ni nausées. Elle jouit, en outre, de propriétés amères, toniques et vulnéraires. On emploie ordinairement les feuilles en décoction (40 gr. par litre d'eau). Cette préparation est très amère. La racine est aussi purgative.

STATIGE UMONroM. L.

(Du grec staticos, astringent, ou du latin stare, se conserver.)

Syn. : Statice des vases, Saladelle, Immortelle bleue, Bruyère de mer, Béhen rouge .

(Plombaginées.)

Plante vivace, de 10 à 80 centimètres, croissant dans les marais de la région maritime, dans les prés salés. Elle fleurit en juillet.

Les feuilles sont grandes, ovales, oblongues ou lancéolées, vertes. Les hampes florales sont robustes, rameuses, les fleurs sont bleuâtres, en panicule. Les rameaux sont arqués en dehors, garnis d'épillets. Le calice présente des divisions ovales aiguës.

La saladelle est astringente comme sa parente Armeria maritime, Willd, — ar mor, au bord de la mer. (Gazon d'Espagne, Gazon de Hollande). Elle est aromatique et un peu styptique.

PLANTAGO MAJOR. L.

(Du latin planta, plante du pied, ago, je pousse : forme des feuilles.)

Syn.: Grand plantain, Plantain des oiseaux, Plantain à grandes feuilles.

(Plantaginées.)

Plante yivace, de 10 à 50 centimètres, très commune aux bords des chemins. Elle fleurit en mai.

Les feuilles sont en rosette, ovales, Je pétiole est long : les hampes florales sont dressées ou ascendantes, non striées, les fleurs sont brunâtres, en épis allongés, cylindriques ; la corolle est glabre, les anthères sont brunes.

Le grand plantain jouit de propriétés astringentes et vul-

néraires. On remployait autrefois contre la diarrhée et la dysenterie. On vantait aussi le suc de plantain donné à la dose de 50 grammes trois fois par jour contre Thémoptysie et la leucorrhée. La poudre de semences est indiquée à la dose de 4 grammes dans les hémorragies. En médecine populaire, on applique les feuilles sur les plaies. On prépare aussi VEau divine avec le plantain et les pétales de roses : On met un gros paquet de plantain dans un litre de vin rouge et on fait bouillir pendant une demi-heure ; d'un autre côté, on soumet à Tébullition pendant cinq minutes une poignée de pétales de roses dans un demi-litre d eau. On mélange les deux décoctions et on bouche bien la bouteille. On applique sur les yeux atteints de conjonctivite, des compresses imbibées de ce liquide tiède. Dans ce cas, on peut encore faire baigner les parties malades dans cette décoction astringente. C'est un remède souvent employé à la campagne. Si on observait bien les règles de Fantisepsie, cette préparation pourrait rendre des services.

On administre le plantain en eau distillée, en collyre et en décoction (50 gr. par litre d'eau).

Plantago lanceolata. L. (Plantain lancéolé, Bonne-Femme) a des propriétés astringentes et amères. On emploie toute la plante.

Plantago média. L. (Plantain moyen) jouit des mêmes propriétés.

Plantago arenaria, Waldst. (Plantain des sables, Herbe aux puces) est mucilagineux et émollient. On se sert des graines en décoction.

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