EUPHORBIACÉES
Plante annuelle, de 10 à 50 centimètres, tVès commune dans Jes lieux cultivés et incultes, dans les décombres. Elle fleurit en juin.
La tige est dressée, glabre, rameuse. Les feuilles sont d'un vert clair, ovales ou ovales lancéolées, dentées en scie, gla-^ bres, minces, molles. Les fleurs sont verdàtres ; les mâles, en en épis allongés, axillaires, les femelles, subsessiles, solitaires. La capsule a deux coques hérissées; les graines sont globuleuses, solitaires, souvent rugueuses*
Feneulle a trouvé dans la mercuriale un principe amer, du mucilage, de l'albumine, une matière grasse incolore, de l'essence, de la pectine et des sols. On en a extrait dernièrement un alcali végétal, la mercurialine. La saveur de la plante est fade, herbacée, un peu salée ; son odeur est faible, peu agréable.
Les propriétés de la vaquer ie sont émoUientes et laxatives. C'est un purgatif très employé à la campagne. On l'administre en infusion (25 gr. dé mercuriale fraîche pour 1 litre d'eau). En séchant, la mercuriale perd ses propriétés purgatives. On la donne en lavements (10 gr. de plante fraîche en décoction dans 1 litre d'eau, ou 15 gr. de plante sèche)»
On applique la mercuriale en cataplasmes sur la tête des enfants qui ont de Timpétigo du cuir chevelu. On en fait aussi des fomentations.
On prépare un miel de mercuriale. (Dose : 50 à 100 gr. pour un lavement), un miel de mercuriale composé ou sirop de longue vie. On le prescrit à l'intérieur comme laxatif à la dose de 8 à 32 grammes.
Quelques auteurs prétendent que cette plante est diurétique.
La mercuriale renferme une matière tinctoriale bleue.
Mercun'alis perennis, L. (Mercuriale vivace, Mercuriale sauvage, Mercuriale des bois, Chou de chien) est un violent drastique qui est très peu usité. Elle est beaucoup plus active que la mercuriale annuelle (Soubeiran) parce qu'elle renferme plus de mercurialine. On fait disparaître ce principe toxique par la dessiccation ou Tébullition.
SÂLIX ALBA. L.
(Du celtique 5a/, proche, /i5, eau ; ou du latin satire^ saillir, croître, vite : les saules sont souvent aux bords des eaux )et ont une végétation rapide.)
Syn. : Saule blanc, Saule commun. Osier blanc ; en picard de Proyart : Seu.
(Salicinées.)
Arbre de 6 à 25 mètres, souvent planté dans les endroits humides. Il fleurit en avril.
Les feuilles sont lancéolées, acuminées,denticulées, à pointe droite ou déjetée, blanchâtres sur les deux faces ou en dessous seulement. Les chatons sont cylindriques, pédoncules, feuilles ; les mâles sont grêles, arqués, les femelles sont denses ; les écailles sont ciliées, jaunâtres ; il y a deux étamines à anthères jaunes ; le style est court, la capsule, glabre.
Pelletier et Caventou ont analysé Técorce de saule, dans le but d'y découvrir un principe analogue à la quinine ou à Caussin 18
la cînehonine, ils en retirèrent une matière brune, rougeâtre, peu soluble dans Teau, soluble dans ralcool, une matière grasse, verte, soluble dans Talcool et Téther, du tannin, une matière gommeuse, un sel de magnésie, un acide organique. Leroux a isolé la salicine, La matière brune, rougeâtre, paraît être le principe actif ou une modification de la salicine. L'écorce de saule blanc contient aussi de la corticine, La salicine est blanche, inodore, neutre. La coHic i/ie ressemble au rouge cinchonique ; elle a été découverte par Braconnot. Elle a une couleur fauve, elle est insipide et inodore. La salicine est peu fébrifuge ; on la donne en pilules ou en solution dans l'eau, à la dose de 2 à 8 grammes en cachets: un toutes les deux heures. On l'emploie surtout contre les névralgies et dans le traitement des affections aiguës : grippe, pneumonie, etc., elle réussit bien moins que le sulfate de quinine. On l'associe quelquefois au ferro-cyanure de sodium (Pilules des D*"* Duhalde et Halmagrand).
L'écorce de saule est amère, tonique, astringente et fébrifuge. Elle a été indiquée dans la fièvre intermittente. Il faut en donner de fortes doses dans l'intervalle des accès pour obtenir un résultat. On l'appelle le Quinquina du pauvre. On a attribué à Técorce du saule des propriétés vermifuges. On en a fait des bains toniques.
La décoction d'écorce était autrefois recommandée dans l'anémie et la chlorose.
L'infusion de feuilles de saule a été préconisée contre la dysenterie.
On administre l'écorce en poudre (25 gr. par jour), en infusion, en décoction (40 gr. par litre d'eau), en extrait, en vin. La poudre était plus souvent usitée. On la prenait dans une infusion de camomille romaine.
Les écorces de tous nos saules jouissent à peu près des mêmes propriétés. Wilkinson prétendait même que l'écorce de Salix caprea, L. (Saule marsault, Vodre ; en picard de Proyart : Bourseu) est supérieure au quinquina.