‹ Les plantes médicinales de la PicardieChapitre 21 sur 28 · ATRIPLEX HORTENSIS.L · texte numérisé non relu

ATRIPLEX HORTENSIS.L

(Du grec a, privatif, trephem, nourrir :

plantes non alimentaires.)

Syn. : Arrache des jardins, Bonne^Damej Belle -Dame,

(Salsolacées.)

Plante annuelle, de 50 centimètres à 1 m. 50, cultivée dans certains potagers. Elle fleurit en juillet.

La tige est dressée, anguleuse, rameuse, glabre, verte. Les feuilles sont un peu glauques, hastées triangulaires, entières ousinuées dentées; les supérieures ob longues lancéolées. Les fleurs sont verdâtres, en grappes formant une panicule ; les valves fructifères sont libres ou à peine soudées, ovales orbiculaires apiculées, membraneuses, veinées.

La Bonne-Dame est émoUiente, calmante, diurétique et laxative. On fait des cataplasmes émollients avec les feuilles. La tisane de Bonne-Dame est indiquée dans les inflammations

•des voies urinaires, des organes digestifs, dans la diarrhée. L'infusion de semences est laxaiive.

C'est une plante alimentaire.

La sous-variété rnbra (Coss. et Germ.), Bonne-Dame rouge, -est plus souvent cultivée que l'espèce et jouit des mêmes propriétés.

ATRIPLEX PATULA. L.

Syn. : Arroche étalée, (Salsolacées.)

Plante annuelle, de 20 centimètres à 1 mètre, commune aux bords des chemins, dans les champs. Elle fleurit en juillet.

La tige est dressée, rameuse ; les feuilles sont allongées ou lancéolées linéaires, les inférieures subhastées, un peu dentées. Les fleurs sont verdâtres, en épis allongés formant une panicule étalée ; les valves fructifères sont rhomboïdales légèrement hastées, terminées en pointe.

Les graines de cette arroche sont purgatives. On les employait •aussi comme vomitives. Elles sont aujourd'hui, avec raison, très peu usitées. Les feuilles sont émollientes.

SPINAGIA OLERAGEA. L.

(Du latin «pma, épine: allusion aux pointes du fruit.)

Syn.: Epinard commun.

(Salsolacées.)

Plante annuelle, de 30 à 80 centimètres, cultivée dans certains potagers.

La tige est dressée, sillonnée, creusée, rameuse; les feuilles sont sagittées, souvent incisées à la base ; les fleurs sont ver- •dâtres, dioïques, en glomérules axillaires, formant de longues grappes feuillées; dans la plante mâle, le périantheest herbacé, il y a quatre, cinq sépales, quatre, cinq étamines ; dans la plante

femelle, le pérîanthe est subglobuleux à deux, quatre dents au sommet, enveloppant Tovaire et devenant très dur; il y a quatre styles très longs, soudés à la base ; le fruit est comprimé, muni au sommet de deux, quatre pointes divergentes,

L'épinard est laxatif, calmant, diurétique et émollient. C'est surtout un aliment rafraîchissant et de facile digestion. 11 parait que c'est un décongestionnant du foie et des reins.

Les semences d'épinard sont aussi laxatives, on les donne en infusion à la dose de 10 grammes par jour.

SpinsLcia glabra, Mill. (Gros épinard, Epinard de Hollande) a les mêmes propriétés.

RUMEX AGETOSA. L.

(Du latin mmea;, pique: forme des feuilles de certaines espèces.)

Syn. : Oseille^ Vinette^ Patience acide, Snrelle, Surette, Patience des mines.

(POLYGONÉES.)

Plante vivace de 30 centimètres à 1 mètre, cultivée dans tous les potagers. Elle fleurit en mai.

La tige est dressée, rameuse ; les feuilles sont fermes, assez épaisses, ovales oblongues, sagittées, entières. Les fleurs sont dioïques en longue panicule ; les valves fructifères sont membraneuses, suborbiculaires, munies d'un petit granule.

Les feuilles de l'oseille sont rafraîchissantes, antiscorbutiques, laxatives et diurétiques. Elles contiennent du sel d'oseille.

On faisait autrefois mâcher des feuilles d'oseille aux enfants pendant les épidémies de croup pour les préserver de cette maladie.

La racine d'oseille est dépurative. Elles est conseillée dans les affections cutanées, Tictère, la goutte. La poudre de semences est antidysentérique (dose, 5 gr.)

Les feuilles entrent dans la composition du bouillon aux herbes. Cette boisson est conseillée comme tempérante, mais surtout pour favoriser Teffet des purgatifs. On fait bouillir

dans un litre d'eau 125 grammes de feuilles d'oseille, 16 grammes de feuilles de cerfeuil ; on ajoute 8 grammes de sel de cuisine et 16 grammes de beurre. On passe ensuite au tamis. Certaines ménagères y ajoutent quelques feuilles de poirée. Voici maintenant la composition du bouillon aux herbes du Codex : Feuilles fraîches d'oseille 40 grammes, de laitue 20 grammes, de cerfeuil 10 grammes, sel marin 2 grammes, beurre frais 5 grammes, eau distillée 1 litre.

On défend l'oseille aux athritiques.

Rnmex ^celosella. L. (Petite oseille, Oseille de brebis, en picard : oseille de chien) est quelquefois recommandée en décoction comme dépurative et antiscorbutique. On utilise surtout la racine. Sa saveur est amère. Elle est indiquée contre le lymphatisme, les engorgements ganglionnaires. On faisait autrefois avec le soufre et la racine pulvérisée une pommade qu'on employait en frictions dans la gale .

RUMEX GRISPUS. L.

Syn. : Parelle frisée Surelle,

(POLYGONÉES.)

Plante vivace de 50 centimètres à 1 mètre, très commune aux bords des chemins, dans les lieux incultes. Elle fleurit en juillet.

La tige est robuste, dressée, sillonnée, rameuse; les feuilles sont ondulées crispées, les inférieures sont oblongues lancéolées aiguës. Les fleurs sont en verticilles rapprochés en panicule dense et allongée ; les valves fructifères suborbiculaires cordiformes, munies d*un petit granule ovoïde.

La parelle renferme du tannin, des résines, du phosphore, du fer, etc. Elle est très amère.

En Amérique, on emploie beaucoup ce rumex contre l'obésité. C'est un dépuratif et un tonique. Certains auteurs le disent altérant.

On utilise surtout la racine en décoction. Dans ces dernières années, on a préparé une teinture extractive glycérinée qui renferme les principes actifs de la racine. Ce rumex jouit

de la propriété de fixer le fer du sol par ses racines. Le fer monte par capillarité dans les vaisseaux de la plante et s'y transforme en fer organique. La poudre obtenue après pulvérisation de la racine contient environ 3 0/0 de fer. On l'administre en cachets de gr. 50 à la dose de 2 à 4 grammes au moment des repas, dans les cas de chlorose et de chloroanémie tuberculeuse (Gilbert et LerebouUet),

Bumex hydrolapathum. Huds. (Patience d'eau) possède aussi des propriétés dépuratives.

POLTGONUM BISTORTA. L.

(Du grec poly s, beaucoup, gronu, genou: tige noueuse.) Syn. : Bistortey Feaillote, Serpentaire.

(POLYGONÉES.)

Plante vivace, de 20 à 80 centimètres, croissant dans le» prés humides. Elle fleurit en juin.

^ La tige est dressée, simple ; les feuilles sont glauques en dessus^ les inférieures oblongues obtuses, les supérieures acuminées, embrassantes. Les fleurs sont roses, en épi oblong, cylindrique, compact. La souche est épaisse, contournée.

• On emploie ordinairement la racine. Elle est brune à l'extérieur, rougeâtre à l'intérieur, inodore, d'une saveur très astringente. Elle contient beaucoup de tannin, de l'acide gallique et de Tamidon. Sheele y a trouvé de l'acide oxalique. Elle est tonique, astringente et vulnéraire.

On conseille la poudre ou la macération de bistorte contre la diarrhée, certaines hémorragies, la leucorrhée, Tincontinence d'urine. CuUen l'a donnée dans la fièvre intermittente^

Les feuilles ont des propriétés diurétiques.

La bistorte a une réelle valeur thérapeutique. Elle est trop peu employée. Si elle nous venait de l'Amérique ou du Japon, on la prescrirait probablement beaucoup plus souvent.

On l'administre à l'intérieur en poudre (3 à 5 gr.), en extrait (2 à 5 gr.), en potion, en teinture. Elle est usitéq Gaussîa 17

aussi à l'extérieur comme astringente, en injections vaginales, dans la leucorrhée ; en macération. (Il faut traiter la racine à froid ; Teau chaude dissoudrait Tamidon qui formerait un composé insoluble avec le tannin) (Bouchardat). Pour injection astringente, 15 grammes dans 1 litre d'eau ; pour lotion astringsnte, 50 grammes dans la même quantité d'eau.

Polygonum aviculare. L. (Traînasse, Herbe de pourceaux, Herbe à cent nœuds, Centinode, Renouée, en picard de Proyart : Salonche) possède les mômes propriétés que la bistorte. On l'emploie surtout, en médecine populaire, contre la diarrhée. On se sert souvent de la décoction de feuilles et de racine (25 à 30 gr.). Ori dit que ses graines sont vomitives. Le suc de la renouée a été conseillé aussi dans l'hémoptysie.

Polygonum persicaria, L. (Persicaire) est quelquefois employée comme vulnéraire. Les feuilles sont très acres.

Polygonum hydropiper, L. (Poivre d'eau, Herbe aux panaris, Curage, Persicaire acre) a une saveur acre et poivrée. On l'employait autrefois comme détersive, vulnéraire, fondante, apéritive et vermicide. On recommandait les feuilles et les jeunes pousses en application sur les articulations douloureuses dans la goutte. Etmûller dit avoir vu guérir un saignement de nez rebelle à tous les autres traitements après l'application sous les aisselles de la malade, du curage cuit dans Peau.

On administrait la plante en infusion. Le suc a été conseillé dans la gale. A la campagne, on se sert encore des graines pulvérisées pour remplacer le poivre.

ULMUS GAMPESTRIS. L.

(Dérivé du celtique Elm,)

Syn.: Orme commun. Orme des champs. Orme rouge, Ormeau, Arbre au pauvre homme,

(IJlmacées.)

Arbre d'une hauteur moyenne de 15 mètres, planté le long des routes. L'arbre le plus élevé de Paris est l'orme de la

cour de TÉcole nationale des sourds-muets. Il mesure, paraît-il, 46 mètres et a été planté sous Henri IV. L'orme fleurit en avril.

Les feuilles sont fermes, ovales, aeuminées, asymétriques, poilues en dessous près de la nervure. Les fleurs sont presque sessiles. Le fruit est une samare.

L'écorce renferme beaucoup de tannin. Elle est tonique et astringente. On a employé comme diaphorétique la seconde écorce de Forme. Elle a été conseillée dans Tascite, les affections cutanées. L'infusion de feuilles et de semences est recommandée dans le rhumatisme et la goutte.

Les feuilles et môme les fruits constituent un excellent fourrage.

URTIGA URENS. L.

(Du lalin urere, brûler : allusion aux piqûres brûlantes produites par les poils.)

Syn. : Petite ortie. Ortie brûlante. Ortie grièche.

En picard : Ortile.

(Urticées.)

Plante annuelle, de 20 à 50 centimètres, très commune dans les décombres. Elle fleurit en mai.

La tige est dressée, rameuse, hérissée, d'un vert clair ; les feuilles sont assez petites, ovales arrondies, incisées ; les fleurs sont monoïques ; les femelles sont plus nombreuses.

Le suc de l'ortie est astringent. On le conseille quelquefois contre les diarrhées, les hémorragies et certaines maladies de peau.

Les poils glanduleux de l'ortie déterminent sur la peau un effet très irritant. On frotte légèrement le malade avec une poignée d'ortie et on obtient une vive rougeur de la peau avec démangeaisons, c'est ce qu'on nomme Vurtication. On rappelle ainsi les exanthèmes, les fluxions extérieures qui se développent facilement ou qui tendent à disparaître. On emploie l'urtication dans tous les cas où il importe de faire

rapidement de la peau le siège d'une fluxion dérivative énergique (Trousseau et Pidoux). On a recommandé ce moyen dans le rhumatisme, les paralysies, le choléra.

On fait une tisane d'ortie (50 gr. en décoction pendant 5 minutes dans un litre d'eau). On en prépare aussi un sirop.

On mange quelquefois l'ortie en guise d*épinards. Fiarl rapporte l'exemple d'un empoisonnement par l'infusion d'ortie ; il remarqua de l'enflure des parois thoraciques ; les urines furent supprimées et la sécrétion du lait établie. Il est donc dangereux d'employer cette plante à l'intérieur.

L'ortie est une plante textile. On fait avec ses fibres des cordes et des toiles. On en fabrique aussi du papier.

La poudre de graines d'ortie donnée aux poules active la ponte de ces volailles.

Urtica dioïca, L. (Ortie, Grande Ortie) jouit des mômes propriétés.

PARIETARIA OFFIGINALIS. L.

(Du latin paries, muraille : plante des murs.)

Syn. : Pariétaire officinale, Casse-pierre^ Perce-muraille Epinard de muraille.

(Urticées.)

Plante vivace, de 10 à 30 centimètres, assez commune sur les vieux murs, dans les décombres. Elle fleurit en juin.

Lés tiges sont dressées ou diffuses, poilues, un peu rougeâtres;les feuilles sont ovales, elliptiques lancéolées, ponctuées^ velues, rudes. Les fleurs sont verdâtres, en glomérules, subsessiles.

La pariétaire a une saveur herbacée. Elle a des propriétés diurétiques, émoUientes et rafraîchissantes. On emploie ordinairement toute la plante en infusion (10 gr. par litre d'eau). Elle est indiquée dans l'ascite, dans les colique s néphrétiques, la gravelle, la cystite. Son action est due à la grande quantité de nitrate de potasse qu'elle renferme et qui provient des vieux murs sur lesquels croît la plante.

On administre aussi Tinfusion en lavements. On applique

les feuilles en cataplasmes. On en prépare un suc, une décoction et une eau distillée. Elle entre dans Tanticalculose du D' Chevreux,

CANNABIS SATIVA. L.

(Du latin canna, canne, avis, oiseau : allusion à la forme de la tige et aux semences recherchées par les oiseaux.)

Syn. : Chanvre cultivéy Chanvre ordinaire.

(Urticées.)

Plante annuelle, de 1 à 2 mètres, cultivée surtout dans la vallée de la Somme. Elle fleurit en juillet.

La tige est dressée, raide ; les feuilles sont opposées, palmatiséquées, les supérieures souvent alternes. Les fleurs sont vertes, dioïques ; les mâles, en petites grappes pédonculées, pendantes ; les femelles, réunies en glomérules serrés. Le calice est globuleux. Le fruit est subglobuleux.

Dans nos campagnes, on désigne sous le nom de femelles les pieds qui ont les fleurs mâles et sous celui de mâles, les pieds qui portent les graines.

La plante exhale une odeur forte, désagréable, vireuse, qui occasionne souvent de la céphalalgie et môme des vertiges. On retire du chanvre une résine qui possède des propriétés narcotiques et enivrantes, la cannabine. On la recueille sur des feuilles et on en fait de petites boules appelées, en Orient, churrus ou cherris. Le chanvre est apéritif, résolutif et narcotique.

En médecine populaire, on fait bouillir de la graine de chanvre ou chènevis dans du lait et on administre cette préparation aux personnes atteintes de jaunisse. On conseille aussi aux nourrices de badigeonner leurs seins dont le lait s'écoule, avec de l'huile de chanvre. On fait avec le chènevis des émulsions adoucissantes et des cataplasmes émollients. La plante qui fournit le haschisch est une espèce de chanvre qui diffère très peu du nôtre, le chanvre indien.

HUMULUS LUPULUS. L.

(Du latin humusy terre douce : le houblon crott dans les bons terrains.)

Syn. : Houblon^ Vigne du nordy Salsepareille nationale. (Urticées.)

Plante vivace, de 2 à 6 mètres, commune surtout dans les haies et cultivée dans quelques jardins. Elle fleurit en juillet.

Les tiges sont herbacées, sarmenteuses, volubiles, rameuses. Les feuilles sont palmatilobées, à trois, cinq lobes ovales acuminés. Les fleurs sont d'un vert jaunâtre, dioïques; les mâles en petites grappes rameuses ; les fleurs femelles en cônes ovoïdes, composés de bractées membraneuses, concaves, colorées; dans les fleurs mâles, le calice a cinq sépales, il y a cinq étamines ; les fleurs femelles sont réunies par deux à l'aisselle des écailles foliacées du cône, le calice est réduit à un seul sépale.

On n'emploie que les fleurs femelles. A la base de chaque écaille, on trouve deux petits fruits ovoïdes, comprimés, jaunâtres, entourés d'une poussière d'un jaune d'or ou d'un jaune verdâtre, odorante, le lupulin. C'est un petit organe (Raspail) glanduleux, ovoïde, ressemblant vaguement au fruit du chêne. II est composé delupnline, d'essence, dégomme, de résine, d'extractif, d'osmazone, de graisse, d'acides valérianique, malique, de malate de chaux, de tannin et de divers sels (Personne). La lupuline ne cristallise pas; elle est d'un blanc jaunâtre ; elle se dissout un peu dans l'eau; elle est très soluble dans l'alcool. Le lupulin a une amertume parfumée. Il contient une essence d'une odeur alliacée; sa saveur est acre. C'est à cette essence que le houblon doit ses propriétés sédatives. La lupuline est très amère. On prétend qu'elle diminue les facultés digeslives. La résine de houblon est d'un jaune d'or.

A côté du tannin, Wagner a reconnu la présence d'un corps jaune qui paraît être du quercitrin. En présence des acides,, il donne de la quercitrine et de la glycose.

Wagner pense avec Knapp que c'est aux propriétés nai'coliques du houblon que la bière doit son action physiologique, sinon psychologique. Selon ces auteurs, cette boisson est un aliment qui résume les propriétés de Topium et de Talcool.

Les cônes du houblon sont toniques, amers, antiscrofuleux, narcotiques et dépuratifs. Le houblon est un excellent antineurasthénique. On l'ordonne souvent aux dyspeptiques, pour stimuler les fonctions digestives, aux enfants lymphatiques, scrofuleux, rachitiques. On le conseille dans certaines maladies de peau, du foie, dans la gravelle. On le recommande aussi comme fébrifuge, diurétique et sudorifique.

Le lupulin a les mêmes propriétés que le houblon, mais il est plus actif. Selon Moquin-Tandon, c'est un aphrodisiaque, selon Page, de Philadelphie, c'est, au contraire, un anaphro* disiaque très puissant. Ce médecin s'en est servi avec succès dans la spermatorrhée. Debout et Âran sont du même avis que Page. On le vante contre les érections douloureuses (0,50 à 2 gr. en cachets). Barbier a employé ce médicament avec succès dans certains cas de fièvre intermittente.

Le lupulin est un narcotique qui donne parfois de bons résultats dans les cas d'incontinence d'urine des jeunes enfants. Dans certaines régions, on place souvent des cônes de houblon dans les oreillers des malades qui ne peuvent dormir et dans ceux des enfants qui ont de l'incontinence d'urine pendant la nuit.

Une infusion de cônes de houblon prise le soir avant de se mettre au lit procure un sommeil paisible.

Les cônes de houblon servent surtout à la fabrication de la bière. L'essence s'oppose à l'acétification de cette boisson qui, préparée avec soin joue un rôle important dans l'alimentation. Au principe stimulant et conservateur du houblon, on trouve du gluten soluble, de l'orge, du sucre, de la dextrine, une petite quantité d'alcool et un excès d'acide carbonique ; mais si on a remplacé, comme malheureusement il arrive trop souvent, l'orge germée par de la glycose, et si on a substitué au houblon un autre amer, on obtient un breu* vage aigre qui, au lieu d'être nourrissant, est désagréable et débilitant.

L'emploi du houblon dans la fabrication de la bière remonte, d'après un document d'origine certaine, à près de 1.100 ans. Il résulte, en effet, d'une donation faite par le père de Charlemagne, que sa culture existait déjà au viii* siècle de notre ère (Siélain). Le houblon le plus estimé est celui de Saatz, en Bohème, dont on fait la fameuse bière de Pilsen.

Les houblons de Bavière, d'Alsace, de Belgique et d'Angleterre sont bien inférieurs à celui de Saatz.

On administre le houblon en infusion (10 gr. de cônespour 1 litre d'eau), en eau distillée, en teinture alcoolique, en extrait (1 à 3 gr.).Avec le lupulin,on prépare une teinture, un extrait, un sirop, un saccharure, une gelée, une pommade.

Les jeunes pousses et les feuilles du houblon sont antiscorbutiques. La racine et les tarions ou jeunes pousses sont diurétiques. Dans certains pays du nord, on mange les turions en guise d'asperges.

Avec les tiges on fait du papier ordinaire, mais surtout du papier à cigarettes.

FICUS GARIGA. L.

(Dérivé du grec sykê,)

Syn. : Figuier, Arbre à cariques, Bou.

(Artogarpées.)

Arbuste de 2 à 5 mètres, originaire de l'Orient. On dit qu'il a été importé avec la vigne dans le midi de la France, par les Phocéens. Il fleurit en juin.

Les feuilles sont pétiolées, palmatilobées cordiformes, à trois, sept lobes obtus, ondulés-dentés, épaisses, pubescentes. Les fleurs sont monoïques, nombreuses, pédicellées et réunies dans un réceptacle pyriforme, légèrement entr'ouvert en haut, charnu, vert jaunâtre ou violacé ; les fleurs mâles sont à la partie supérieure delà cavité et ont un périanthe à trois divisions, trois étamines ; les femelles, à la partie inférieure, elles ont un périanthe à cinq lobes et deux styles latéraux. Les fruits sont très petits, renfermés dans un réceptacle accrescent et caduc (figue).

La figue n'est pas un fruit, mais un amas de fruits. Toutes les fleurs femelles se transforment après leur fécondation, en autant de petits fruits (drupes) charnus. En même temps, le réceptacle devient succulent, sucré et parfumé. Ouvrez une figue et vous verrez toutes ces petites drupes serrées les unes contre les autres. Elles sont pédicellées, obovées, terminées parle style et les stigmates qui sont très mous. Ils renferment une petite graine lenticulaire crustacée.

11 y a deux sortes de figues : les unes, qui mûrissent en juillet, occupent la partie moyenne des branches, ce sont les fiff ues' fleurs : elles ne renferment ordinairement que les fleurs femelles ; les autres, les terminales, mûrissent en septembre ; elles portent des fleurs mâles el des fleurs femelles. Les premières sont les plus grosses, les secondes les plus sucrées.

On compte un très grand nombre de variétés de figues : elles sont plus ou moins grosses, plus ou moins allongées, plus ou moins colorées ; les unes sont vertes, jaunes, violacées ou rougeâtres à Textérieur, les autres, jaunâtres, d'un rouge vif ou d'un rouge violacé à Tin té rieur.

On fait sécher ordinairement les figues au soleil, étendues sur des claies, ou bien au four, si le temps est mauvais. Les figues de la Picardie et de tout le nord de la France sont peu sucrées et ne se conservent pas.

Les figues fraîches ont une saveur sucrée et parfumée. On les emploie en médecine comme adoucissantes, émollientes, béchiques et légèrement laxatives. Elles sont aussi nutritives. Les figues sèches sont plus sucrées et plus indigestes. Elles font partie des fruits béchiques et pectoraux. On en fait une tisane et une pâte. On soumet à Tébullition pendant une demi-heure 60 grammes de fruits pectoraux dans un litre d'eau et on obtient une excellente tisane légèrement laxative indiquée dans les bronchites et les laryngites. On en prépare aussi des gargarismes émollients pour les inflammations de la gorge. La figue et les autres fruits béchiques entrent dans la composition du sirop de mou de veau,

La tige et les rameaux contiennent un suc qui jouit de propriétés purgatives. On l'a conseillé en attouchements sur les verrues.

Dans le midi delà France, on fait des cataplasmes de figues qui sont émollients et remplacent C3ux de farine de graine de lin. On applique aussi parfois une figue ouverte sur les petits abcès de la bouche.

Dans quelques régions, on fait des infusions caféiformes avec les figues torréfiées et pulvérisées.

MORUS NIORA. L.

(Du grec morea, mûrier, du celtique mor, noir.)

Syn. : Mûrier noir.

(Urticacées.)

Arbre de 5 à 8 mètres, originaire de l'Asie, cultivé dans certains jardins. Il fleurit en mai.

Les feuilles sont ovales aiguës, cordiformes à la base, dentées, quelquefois incisées lobées, assez épaisses, pubescentes, d'un vert foncé. Les fleurs femelles sont en épis cylindriques, denses. Les fruits sont gros, d'un rouge noirâtre (mûres).

Les mûres ont la grosseur d'une prune de Damas et la forme des fruits de la ronce. Elles sont ovoïdes et d'un pourpre noir à la maturité. Leur suc est d'un rouge foncé. Elles ont une saveur sucrée, un peu acidulée, assez agréable. Elles contiennent une certaine quantité de mucilage et ont des propriétés analogues à celles des groseilles. Elles sont rafraî- ^.^issantes, adoucissantes et légèrement astringentes .

On en fait une boisson, un sirop. Pour avoir un sirop de mûres astringent et détersif, il faut cueillir les fruits avant la maturité. Il est indiqué dans les amygdalites, les inflammations de la gorge, les bronchites légères. On badigeonne aussi avec le sirop de mûres les aphtes, les petites plaies de la muqueuse de la bouche.

L'écorce de la racine du mûrier est acre, amère, purgative et vermifuge. Du temps de Dioscoride, on la conseillait déjà contre le ténia. L'infusion de feuilles (50 gr. pour un litre d'eau) est fébri fuge .

On l'administrait en poudre ou en décoction, ou bien encore

mêlée à la fougère mâle avec la crème de tartre et Tantimoine diaphorétique (Lieutaud) .

Les mûres sont des fruits alimentaires peu digestifs.

DAPHNE MEZEREUM. L.

(Nom grec du laurier.)

Syn. : Daphne morillon, Bois gentil, Joli bois, Faux garou, Lauréole gentille, Lauréole femelle,

(Daphnoïdées.)

Arbrisseau de 50 à 80 centimètres, croissant dans les boi& montueux. Il fleurit en février.

La tige est dressée, grisâtre ; les feuilles sont glabres ou ciliées, minces, longues, caduques, oblongues-lancéolées, paraissant après les fleurs. Celles-ci sont roses, odorantes,, sessiles, disposées par deux, quatre, le long des rameaux, en épis interrompus, terminés par une rosette de jeunes feuilles. Lepérianthe est velu; la baie est nue, ovoïde, rouge.

En médecine, on emploie quelquefois Técorce. Elle est mince, gluante, très résistante, d'une odeur désagréable. Elle possède des propriétés irritantes et vésicantes. Elle est extrêmement acre et employée comme épispastique. Les^ racines et les feuilles ont les mêmes vertus thérapeutiques.

Les feuilles sont purgatives et toxiques; les fruits sont pur-^ gatifs ; l'absorption d'une douzaine de ces fruits peut causer la mort. Il y a alors des frissons, perte de connaissance, de fortes coliques et une violente diarrhée,

Vauquelin a retiré de Técorce de ce daphne une matière cristalline, ladaphniney une matière résineuse sans âcreté, une matière résineuse verte, demi-fluide, très acre, épispastique.

On applique simplement Técorce sur la peau pour produira une vésication semblable, mais plus lente et plus douloureuse, à celle qu'on obtient avec les cantharides; néanmoins^ elle ne présente pas les graves inconvénients du vésicatoire.

Daphne laureola. L. (Lauréole majeure, Lauréole mâle. Laurier des bois) jouit des mêmes propriétés. La petite baie^

est noire. Elle est purgative et toxique. A la campagne on emploie plus souvent l'écorce de cette lauréole comme épispastique.

LAURUS NOBILIS. L.

(Du celtique A/aior, toujours vert.)

Syn. : Laurier noble ^ Laurier d'Apollon, Laurier des poètes^ Laurier sauce, Laurier franc, Laurier à jambons, Laurier commun,

(Laurinées.)

Arbre de 2 à 4 mètres, cultivé dans quelques jardins. Dans le midi de la France, il s'élève quelquefois à 10 mètres de hauteur. Il fleurit en mars.

Les feuilles sont coriaces, persistantes, elliptiques-lancéolées, entières, ondulées aux bords ; les fleurs sont dioïques, blanchâtres, odorantes, en petites ombelles axillaires, pédonculées; le périanthe est pétaloïde, caduc, à quatre divisions obovales; la drupe est noire, à une seule graine.

Bonastre a analysé les baies de laurier et y a trouvé une huile volatile, la laurine, une huile grasse verte, une huile liquide, de la cire, de la résine, de la fécule, un extrait gommeux, de la bassorine, du sucre liquide, une substance acide, de l'albumine. La laurine est blanche, amère, cristalline, insoluble dans l'eau froide.

Les baies sont aromatiques, amères et acres. Les feuilles contiennent aussi une huile essentielle qui leur donne une odeur forte, aromatique, agréable et une saveur chaude. En brûlant, les feuilles répandent cette odeur aromatique qui peut remplacer les vapeurs produites par une décoction de feuilles d'eucalyptus. On peut donc se servir de ce moyen pour assainir les chambres de malades.

A la campagne, on fait une pommade avec un mélange de 10 grammes de feuilles et de fruits de laurier qu'on incorpore dans 20 grammes d'axonge. On vante cette pommade en frictions sur les articulations malades dans le rhumatisme chrojiique. C'est un excellent stimulant.

Les baies et les feuilles de laurier sont stimulantes et toniques. Les baies sont, en outre, carminatives. On en retire une huile et on en prépare un onguent. L'huile et Tonguent de laurier sont des stimulants qui rendront aussi quelques services dans le rhumatisme chronique.

On emploie la feuille comme condiment.

HIPPOPHAE RHAMNOIDES. L.

(Du grec hippos, cheval, phao, je tue: les fruits sont employés en décoction pour détruire la vermine des animaux.)

Syn. : Argousier faux nerprun, (Eléagnées.)

Arbrisseau de 1 à 3 mètres, épineux, croissant dans les dunes et les lieux sablonneux. Il fleurit en avril.

Les feuilles sont lancéolées linéaires, fermes, d'un vert sombre en dessus, argentées, écailleuses en dessous. Les fleurs sont verdâtres, dioïques; les fleurs mâles présentent de courts chatons latéraux; les fleurs femelles, solitaires, sont brièvement pédicellées. Le fruit est subglobuleux,, jaune orangé.

On emploie quelquefois les feuilles et les fleurs dans le rhumatisme.

Le fruit a une saveur acide. Il est comestible. Les Finlandais en font une confiture.

Dans les dunes, on plante souvent cet arbrisseau pour fixer le sable..

ARISTOLOGHIÂ GLÉliATITIS, L.

(Du grec arislos y excellent locheia, accouchement : allusion aux propriétés stimulantes de cette plante.)

Syn. : Aristoloche clématite, Aristoloche des vignes, Guillehaude, Poison de terre, Pommerasse, Ratelaire, Sarràzine,

( Aristolochiées . )

Plante vivace, de 20 à 80 centimètres, très rare dans' le? département de la Somme. Elle fleurit en mai.

Les feuilles sont grandes, ovales, obtnses cordiformes, denticulées. Les fleurs sont jaunâtres, fasciculées, assez petites ; le périanthe est glabre à languette aussi longue que le tube ; la capsule est grosse, pjriforme, pendante. La souche est profonde, rampante, à racines grêles.

L'aristoloche clématite exhale une odeur désagréable. La saveur de la racine est amère. On employait autrefois les racines comme toniques, stimulantes, emménagogues et détersives. Elles ont été autrefois conseillées pour faciliter l'expulsion des lochies. On les a prescrites aussi dans les pyrex les.

L'infusion de racine (15 gr. par litre d'eau) est indiquée dans la chlorose, le rhumatisme, la goutte, etc. On emploie la poudre (4 gr.) dans les mêmes cas.

La racine de l'aristoloche entre dans la composition du baume samaritain.

EUPHORBIA LATHTRIS. L.

(Dédié à Euphorbe^ médecin grec de l'antiquité.) Syn. : Euphorbe-EpurgCy Petite catapuce,

(ËUPHORBIACÉES.)

Plante bisannuelle, de 50 centimètres à 1 mètre, souvent cultivée, assez commune dans le voisinage des habitations. Elle fleurit en juin.

La tige est robuste, creuse, dressée, rameuse. Les feuilles sont opposées, sessiles, lancéolées oblongues, mucronées, entières. Les fleurs sont jaunâtres, en ombelle grande, à deux, cinq rayons dichotomes, les bractées sont ovales lancéolées. La capsule est très grosse, ovoïde, trigone, glabre ; les graines sont réticulées, rugueuses.

Le fruit de l'épurge est éméto-cathartique. Barbier prétendait que l'enveloppe verte donne des vomissements, de violentes coliques, des selles souvent mêlées de sang, delà prostration, de la pâleur de la face. En effet, le suc de cette enveloppe est âcre> caustique et détermine de l'irritation des

muqueuses de la bouche, de la gorge, etc. Si on emploie, ditil, les graines sèches après les avoir décortiquées, TefTet pur- :gatif est bien moins violent, cependant il y a toujours des vomissements. 11 paratt que l'amande a un goût agréable -de noisette.

Reynard, ancien pharmacien d'Amiens, a extrait des graines «de l'épurge une huile douce, blanche ou d'un fauve clair, très fluide, transparente et d'une saveur acre.

Coste et Willemet ont remarqué que les feuilles et les racines de l'épurge sont moins actives après avoir été soumises à une légère torréfaction.

L'huile d'épurge est éméto-cathartique ; elle contient une matière résineuse complexe qui est très énergique. Elle agit -comme l'huile de croton. La dose ordinaire est de 1 à2 grammes ; Ogr. 75 d'huile d'épurge suffisent pour une purgation ordinaire (Richer, d'Amiens).

Les semences d'épurge étaient autrefois nommées graines royales mineures. Cent kilogrammes de graines donnent environ 30 kilogrammes d'huile. On administre cette huile en tablettes, en pilules, en potion gommeuse, en looch.

Les feuilles sont purgatives, émétiques, dépilatoires. Elles ne sont plus usitées à l'intérieur. Le suc de la tige et des feuilles est extrêmement toxique. On l'emploie souvent pour faire disparaître les verrues. Appliqué sur la peau, il détermine une vive irritation. On recommandait autrefois le suc dans l'ascite, la goutte et les afl'ections cutanées.

Les gens de la campagne se purgent souvent avec les graines de l'épurge. Six ou sept produisent une bonne purgation; Elles occasionnent souvent des éruptions cutanées.

Euphorbia helioscopia, L. (Euphorbe, Réveil-matin, Herbe aux verrues) est très peu usitée. On applique quelquefois le suc de celte plante sur les verrues pour les détruire. Quelques mauvais plaisants conseillent parfois à ceux qui veulent se lever de bonne heure,:de se frotter les paupières avec le réveilmatin en se couchant. 11 faut éviter d'employer ce moyen. Non seulement cette friction détermine une violente irritation des paupières et cause de l'insomnie, mais elle peut donner lieu à des accidents graves (érysipèle, etc.).

Euphorbia cyparissias. L. (Euphorbe petit cyprès, petite Esule)est employée aussi contre les verrues. Letellier a retiré de cette euphorbe des principes volatils d'une extrême ftcreté qui produisent une vive inflammation de la peau. La poudre de racine est éméto-cathartique (Loiseleur-Deslongcha^ps).

Euphorbia peplus. L. (Euphorbe-manteau) jouit de propriétés purgatives.

MERGURIALIS ANNUA. L.

(Dédié à Mercure qui en fit connaître les propriétés.)

Syn. : Mercuriale annuelle^ Foirole,Foirode, Vignoble yViffneUe^ Bamberge, Mercoret ; en picard de Proyart : Vaquerie,

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