BETULA ALBA. L
(Dérivé de betu, nom celtique du bouleau.)
Syn. : Bouleau blanc, Bouillard, Bouleau (P Europe y Arbre de la sagesse ; en picard de Proyart : Bouillet.
(Bétulinées.)
Arbre assez élevé, de 12 à 25 mètres, assez commun dans les bois. Il fleurit en avril.
Les jeunes rameaux sont grêles, pendants. Les feuilles sont pétiolées, ovales, rhomboïdales ou triangulaires, acuminées, doublement dentées, glabres ; les chatons femelles sont pédoncules, à écailles trilobées ; le fruit est elliptique.
L'écorce de bouleau est amère,tonique,astringente et fébrifuge. Elle peut remplacer le quinquina. On Ta employée contre les fièvres intermittentes. On en prépare un vin qui possède à peu près les propriétés du quinquina, mais qui a l'avantage d'être bien moins cher.
Les feuilles de bouleau sont amères, dépuratives et apéritives. On les donne en infusion (20 gr. par litre d'eau) dans la goutte et le rhumatisme, les affections cutanées et l'ictère. Elles sont, paraît-il, vermifuges et légèrement diurétiques. La racine est fébrifuge.
On retire de Técorce, par distillation, une huile odorante qui sert à la préparation du cuir de Russie. C'est cette huile qui lui communique son odeur et sa couleur caractéristiques.
L'écorce de bouleau est imperméable. On en fait des semelles qui valent celles de liège pour préserver de Thumidité.
Les feuilles renferment une matière colorante jaune. La sève donne, par fermentation, de l'alcool, du vinaigre et une boisson semblable à la bière.
ALNUS GLUTINOSA, GŒRTN.
(Du celtique al, près, lan^ bord de rivière : qui croît aux bords des eaux.)
Syn. \ Aune glutineux, Anne commun, Vérone.
(Bétulinées.)
Arbre d'une hauteur de 15 à 20 mètres, assez commun le long des ruisseaux, dans les prairies humides. Il fleurit en mars.
Les jeunes rameaux sont glabres ; les bourgeons sont renflés ; les feuilles sont glutineuses, pétiolées, suborbiculaires, ou obovales en coin, tronquées ou échancrées, sinuées dentées, vertes et glabres sur les deux faces ; les aisselles des nervures sont néanmoins poilues, il y a trois, six chatons mâles, les cônes sont ovoïdes, pédoncules.
L'écorce de l'aune renferme beaucoup de tannin. Elle est amère, astringente et fébrifuge. Les feuilles jouissent à peu près des mêmes propriétés. On emploie quelquefois l'infusion d'écorce en gargarismes dans les inflammations de la gorge, La poudre d'écorce est souvent conseillée comme fébrifuge. On vante l'application de feuilles d'aune sur les seins pour arrêter les écoulements laiteux. Voici maintenant un traitement du rhumatisme par les feuilles de cet arbre : On fait sécher une certaine quantité de feuilles vertes qu'on étend sur un lit, on fait coucher le rhumatisant sur celles-ci, on recouvre son corps de feuilles, puis d'une couverture de laine. Ce traitement provoque d'abondantes sueurs qui cal-
Goosle
ment les douleurs. On donne un bain de feuilles par jour pendant une semaine.
Dom Robbe classait Taune dans les résolutives.
FAGUS STLVATIGA. L.
(Du grec phagô^je mange : les fruits sont comestibles.) Syn. : Hêtre des bois, Fayard, Foyard, Fouteau, Fan.
(CUPULIFÈRES.)
Arbre d'une hauteur de 20 à 25 mètres, assez commun dans les bois. Il fleurit en avril.
Les feuilles sont ovales ou ovales oblongues, petites, aiguës ou acuminées, dentées, ciliées, soyeuses. Les fleurs mâles sont en chatons globuleux, longuement pédoncules, à pendants, à écailles très petites ; le périanlhe est très velu, en cloche, à cinq, six divisions ; il y a huit, douze étamines ; les fleurs femelles sont renfermées dansun involucre urcéolé, à quatre lobes; le périanthe est velu, lacinié. L'involucre fructifère est pédoncule, ovale, ligneux, hérissé d*épines molles, s'ouvrant en quatre valves et contenant deux, trois fruits trigones (faines), d'un brun luisant.
L'écorce du hêtre est astringente et fébrifuge. On l'administre ordinairement en décoction contre les fièvres intermittentes (30 grammes d'écorce sèche pour 1 litre d'eau). La poudre est éméto-cathartique, à la dose de 25 grammes. Elle est indiquée dans la goutte, le rhumatisme, les affections cutanées.
Les faînes fournissent une huile fine, d'un jaune pâle. Elle n'est pas employée en médecine. Cent kilogrammes de faînes donnent environ 21 kilogrammes d'huile. Un hêtre de 150 ans peut produire 5000 litres de faînes par an avec lesquelles on peut obtenir environ 600 litres d'huile.
La faîne est comestible; elle aune saveur douce et agréable.
Le charbon de bois provient de la combustion lente des branches du hêtre. On retire la créosote des produits de la distillation sèche du bois^ principalement du goudron.
QUERGUS SESSnJFLORA. SALISB.
(Du celtique yoer, beau, cuez, arbre.) Syn. : Chêne rouvre.
(CUPULIFÊRES.)
Arbre assez élevé et assez commun dans les bois. Il fleurit en avril.
Les feuilles sont pétiolées, caduques, obovales, sinuées, lobées, glabres ou légèrement pubescentes en dessous, sur les nervures ; les fleurs femelles sont sessiles, agglomérées ; le style est très court ; les fruits sont subsessiles ou à pédoncule égalant à peu près le pétiole : la cupule présente des écailles nombreuses, appliquées; les glands sont ovoïdes.
On emploie surtout, en médecine, l'écorce de chêne. Braconnot nous apprend qu'elle est composée de tannin, d'acide gallique, de sucre liquide, de pectine, de tannâtes de potasse, de chaux et de magnésie. C'est un astringent très énergique. On employait autrefois la poudre comme fébrifuge, dans les fièvres intermittentes. On la mélangeait quelquefois à la poudre de charbon pour le pansement de certaines plaies atoniques. On préparait une décoction de tan^ en faisant bouillir 5 à 10 grammes d'écorce de chêne dans 500 grammes d'eau. On se servait de cette préparation comme injection astringente. L'écorce réduite en poudre porte le non de tan ; quand elle est très fine, on la nomme fleur de tan. Elle est surtout utile pour le tannage des peaux. On conseillait aussi la macération d'écorce ; le tannin qu'elle renferme est soluble dans Feau froide.
Lorsqu'on administre la poudre d'écorce à l'intérieur, il se produit souvent des contractions douloureuses de l'estomac, de la cardialgie. On Ta préconisée cependant contre la dysenterie, la métrorrhagie, l'incontinence d'urine dépendant d'un relâchement du sphincter vésical, contre la leucorrhée ^t la gonorrhée ; dans ces deux derniers cas, on conseille en même temps des injections astringentes à l'écorce de chêne. On recommandait autrefois, dans les chutes du rectum, de la
poudre d'écorce en sachet ou des compresses trempées dans la décoction. CuUen remployait souvent en gargarismes. On vante la poudre d'écorce de chêne mêlée avec du miel à la dose de2à4 grammes contre les hémoptysies et les métrorrhagies. On emploie souvent la décoction d'écorce (30 gr. pour 500 gr. d'eau).
On appelle jusée, le liquide qui se trouve dans les fosses des tanneurs. Barruel Ta étudiée et Vigla l'a conseillée contre la tuberculose pulmonaire. On en prépare un extrait. Barruel a composé un sirop et des pilules de jusée, recommandés dans le lymphatisme et le rachitisme. On préconisait aussi autrefois l'infusion de feuilles de chêne en gargarismes, en injections. Elle est très peu usitée aujourd hui.
Les glands torréfiés sont alimentaires, toniques et astringents. Ils sont indiqués dans certaines affections de l'estomac. On en fait une infusion qui remplace quelquefois le café» On les fait souvent germer avant de les torréfier, ils sont alors très doux. Pour préparer leur palamond et leur racahoutj les Turcs enfouissent dans la terre les glands pour faire per^ dre leur amertume.
L'infusion de glands grillés et pulvérisés est indiquée dans^ la tuberculose abdominale des enfants.
D'après Lœwig, ces fruits sont composés d'huile grasse, de résine, de gomme, de tannin, d'extrait amer, d'amidon, de^ ligneux, de sels de potasse et de chaux.
On donne le nom de noix de galle à une excroissance qui se développe sur le chêne. Elle est produite par la piqûre d'un hyménoptère ; la femelle de cet insecte porte sous l'abdomen une petite tarière roulée en spirale, avec laquelle elle perce Tépiderme des feuilles pour y déposer ses œufs. On trouve dans la noix de galle du tannin, des traces d'acide gallique, un extractif, un composé insoluble dans Teau froide de tannin et d'acide pectique, du tannate et du gallate de potasse et de chaux. On l'administre en poudre. Elle est astringente. Elle a, dit Barbier, une saveur acerbe. On l'a conseillée dans la diarrhée, dans certaines affections de l'estomac, surtout quand il y a atonie de Torgane, dans la leucorrhée et au déclin delà blennorrhagie; dans ces deux
derniers cas, le malade prendra, en outre, des injections astringentes à la noix de galle. On l'a recommandée comme fébrifuge dans les fièvres intermittentes. On employait jadis la décoction de noix de galle en gargarismes contre la salivation mercurielle (Lagneau).
En médecine, on n'emploie que la galle d'Alep,
On prépare surtout avec la noix de galle un gargarisme et la pommade antihémorroïdale de Cullen.
Les feuilles et la racine du chêne possèdent à peu près les mêmes propriétés que Fécorce, mais sont moins actives.
Quercus pedunculala,. Ehrh. (Chêne pédoncule, Chêne commun, Chêne blanc. Chêne à grappes, Gravelin) possède les mêmes propriétés.
Dans quelques régions, on fait des infusions caféiformes avec les glands torréfiés et pulvérisés.
GORTLUS AVELLANA. L.
(Du grec corys, casque: forme de l'involucre fructifère.)
Syn. : Noisetier, Coudrier, Coudre, Avelinier, Noisillier ; en picard de Proyart : Nestiy,
(CUPULIFÈRES.)
Arbrisseau de 2 à 6 mètres, très commun dans les bois. Il fleurit en janvier.
Les rameaux sont flexibles, pubescents ; les feuilles ont un pétiole assez court, elles sont suborbiculaires acuminées, doublement dentées, poilues. Les fleurs paraissent longtemps avant les feuilles ; les mâles, en chatons jaunâtres, cylindriques, pendants, sessiles, fascicules (en picard : harhis elles) : les femelles sont peu apparentes, dans un bourgeon écailleux, on y voit deux longs styles rouges ; Tovaire présente ordinairement deux loges uniovulées. L'involucre fructifère est en cloche, foliacé, un peu charnu à la base, incisé et ouvert au sommet, recouvrant une grande partie du fruit (noiselle) ; celui-ci est ovoïde ou subglobuleux, apiculé, à enveloppe ligneuse.
L'écorce des jeunes rameaux est fébrifuge. L'infusion de feuilles (20 gr. par litre d'eau) est dépurative. On la recommande dans les affections cutanées.
Les noisettes contiennent une huile douce assez abondante, qui remplace quelquefois, en médecine, l'huile d'amandes douces. Elle est ténifuge et a la propriété, dit-on, de faire repousser les cheveux.
La poudre de barbisettes (5 gr.) est indiquée contre les hémorragies. La poiidre de la coque est astringente.
La noisette est alimentaire ; fratche, elle est d'une digestion beaucoup plus facile.
JUGLANS REGIA. L.
(Du latin Jovis glans, gland de J upiter, gland divin.) Syn. : Noyer royal, Goguier, Gognier.
(JUGLANDÉES.)
Arbre d'une hauteur de 15 à 20 mètres, originaire de l'Europe orientale et de l'Asie. Il est cultivé dans les jardins et fleurit en avril.
Les feuilles sont alternes, pétiolées, imparipennées, à cinq, neuf folioles ovales aiguës, entières, glabres. Les fleurs sont verdâtres, monoïques ; les mâles, en longs chatons pendants, les femelles, dans un petit bourgeon écailleux. Le périanthe présente une écaille, il est divisé en cinq, six lobes inégaux ; les deux stigmates sont larges et courbés en dehors ; l'ovaire est adhérent ; le fruit est drupacé, lisse, ovoïde,* subglobuleux ; il est composé d'un hrou charnu se ■déchirant irrégulièrement, et d'une noix à deux valves ligneuses, ridées, contenant une amande à quatre lobes sinués lobules.
On employait autrefois l'écorce, les feuilles, les fleurs, le brou et la semence. La seconde écorce est vésicante et vomitive. Elle était indiquée contre l'ictère, les maladies de peau et môme contre la pustule maligne. Elle était considérée
comme antiscrofuleuse. On radministrait en sirop, en extrait, en lotions, en pommade, en collyre.
Les feuilles fraîches sont astringentes, aromatiques, toniques, antiscrofuleuses et détersives. Elles ont une odeur forte et désagréable et une saveur amère.
Elles étaient préconisées, comme la deuxième écorce, contre rictère et les maladies de peau. Elles activent la digestion et stimulent Testomac.
Le remède antivénérien de Mitié était composé de suc de feuilles de noyer, d'ache et de ményanthe. On en faisait un extrait qu'on prescrivait alors en pilules de 30 centigrammes. Négrier a vanté les feuilles de noyer en infusion contre les engorgements ganglionnaires de mauvaise nature, scrofuleux, comme disaient les anciens. On appelait même cette préparation la tisane de Négrier (5 gr. de feuilles sèches pour 500 gr.d*eau).On ordonnait aussi souvent Texlrait de feuilles. On prescrit encore aujourd'hui aux enfants lymphatiques et malingres l'infusion de feuilles de noyer édulcorée avec du sirop antiscorbutique.
On administre les feuilles de noyer en infusion, en extrait, en décoction (feuilles sèches 30 gr. pour 1 litre), en macération (100 gr. dans 1 litre de vin blanc pendant 8 jours), en sirop (dose ordinaire : 30 gr.), en pommade. Pomayrol conseillait les feuilles et l'écorce fraîche dans la pustule maligne. On donne la décoction (50 gr. pour 1 litre d'eau) en gargarismes, en lotions et en injections contre lesuréthrites, les otites, la leucorrhée. On recommande des bains de décoction de feuilles de noyer aux lymphatiques et aux nerveux. Il y a quelques années, on prescrivait encore l'infusion de feuilles aux diabétiques et aux anémiques. Vidal de Cassis était partisan des injections intra-utérines de décoction de feuilles.
A la campagne, on a coutume de suspendre des feuilles fraîches de noyer dans les appartements pour en éloigner les mouches et les insectes. L'infusion tue les fourmis.
Les fleurs de noyer entraient dans VEau des Trois noix. On la préparait en distillant de l'eau sur les chatons mâles, puis le produit sur les noix nouées et enfin sur les noix mûres (Bouchardat).
BracoQnot a analysé le brou de noix et y a trouvé de Tamidon, de la chlorophylle, une matière acre et amère, de l'acide malique, du tannin, de Tacide citrique et des sels. A Tair, le suc se colore en noir. On conseillait l'extrait de suc de brou de noix comme tonique, stomachique et anthelminthique. Cet c>çxtrait formait le principal élément de la tisane antivénérienne de Pollini. On fait aussi une liqueur connue sous le nom de Brou de noix (macération de coques vertes dans l'alcool et le sucre). On la dit stomachique et digestive.
La juglandine est le principe actif du noyer.
Les femmes de l'ancienne Rome se teignaient les cheveux avec le brou de noix. Les menuisiers et les ébénistes s'en servent toujours pour imiter la teinte du bois de noyer.
L'huile de noix est, dit-on, vermifuge. Elle est d'un jaune verdâtre et son odeur est faible. Elle est alimentaire mais elle rancit très facilement. Extraite à chaud, elle est purgative. On la donne quelquefois en lavements.
La noix fraîche est un aliment de digestion assez facile ; sèche, elle ne convient pas aux dyspeptiques.
JUNIPERUS GOMMUNIS. L.
(Du celtique jeneprus, rude, âpre.)
Syn. : Genévrier commun y Genèvre ; en Picardie : Romarin sauvage,
(Conifères).
Arbrisseau très rameux, diffus ou dressé, de 1 à 2 mètres, a3sez commun sur les coteaux calcaires. Il fleurit en avril.
Les feuilles sont étalées, verticillées ternées, linéaires, subulées, articulées, marquées d'un sillon blanchâtre en dessus, sillonnées en dessous ; les fleurs sont dioïques ; les fruits sont d'un noir bleuâtre et glauques, globuleux (malaccônes) ; dans Tintérieur, on trouve trois caryopses osseux, monospermes.
. Les cônes charnus du genévrier sont composés d'huile volatile, de cire, de résine, de sucre, de gomme, d'une matière
exlractive, de sels de chaux et de potasse (Tromsdorf). Ils ont une odeur aromatique et une saveur amère, résineuse, un peu sucrée. Ils sont toniques, stimulants, diurétiques et sudorifîques.
L'extrait est un bon stomachique. On fait, avec les cônes, des fumigations qui sont aromatiques et excitantes. Elles sont indiquées dans certains rhumatismes. On met ordinairement ces fruits dans une bassinoire garnie de feu dont on se sert pour chauffer le lit des malades.
On en prépare une infusion (20 gr. par litre d'eau) conseillée comme diurétique dans Tascite, les catarrhes de la vessie, les bronchites, le scorbut, une eau distillée, un vin, une liqueur, un extrait (2 à 5 gr.). On distille les cônes avec de l'eau-de-vie et on obtient le Genièvre, Ils entrent aussi dans la composition des vins diurétiques de la Charité et de THôtel- Dieu. Tromsdorf a remarqué que Thuile volatile domine dans les malaccônes lorsqu'ils sont verts ; quand ils mûrissent, une partie de cette huile se change en résine ; quand ils sont complètement mûrs, ils ne contiennent ni sucre, ni essence. Le sucre de ces cônes ressemble au sucre de raisin, selon Tromsdorf, au sucre liquide, selon Nicolet.
En médecine populaire, on donne souvent aux graveleux, une infusion de cônes de genévrier concassés, dans du lait de chèvre bouillant.
Dans le Nord, on fait une confiture avec ces cônes charnus. Ils servent aussi à la fabrication du gin des Anglais. On en met dans la choucroute comme assaisonnement.
On obtient un vin de genévrier en faisant macérer dans un tonneau pendant quatre ou cinq semaines, 5 kilogrammes de cônes dans 100 litres d'eau.
Le bois du genévrier jouit de propriétés sudorifiques et détersives. On en fait une décoction (50 gr. pour 1 litre d'eau) pour nettoyer certaines plaies. Cette préparation hâte en même temps la cicatrisation.
Une autre espèce de genévrier, Juniper as oxycedrus, L. (Cade), qui croît dans le midi de la France, fournit Thuile de cade, indiquée dans la gale, le lichen agrius, le psoriasis, Teczéma, dans certains acnés, dans le pityriasis et l'ichthyose.
PINUS MARrriMA. G. BAUH.
(Du grec pinos^ pin sauvage, ou du celtique pen ou pin^ montagne, rocher : les pins croissent surtout sur les montagnes.)
Syn. : Pin maritime^ Pin des Landes y Pin de Bordeaux,
(Conifères.)
Arbre peu élevé dans la Somme, planté dans les dunes du littoral. Il fleurit en mai.
Les feuilles sont géminées, raides, linéaires, assez épaisses, canaliculées en dessus. Les chatons mâles sont ovoïdes, en grappe compacte, jaunâtres ; les chatons femelles ont un pédoncule court. Les cônes sont oblongs coniques, aigus, les écailles sont épaissies au sommet ; les graines sont d'un noir luisant sur une face.
La sève de pin est recommandée dans les affections des voies respiratoires et surtout dans la tuberculose (trois verres à liqueur par jour). Elle calme la toux et modifie les sécrétions.
On obtient cette sève en faisant passer de l'eau sous une forte pression à travers les troncs de pin et dans leur longueur. On retire la térébenthine du pin maritime. On pratique une entaille à la base de l'arbre et on recueille le produit dans une fosse creusée au pied. On le liquéfie au soleil et au feu, puis on le filtre sur de la paille. C'est la térébenthine de Bor^ deaux. Dans les Landes, cette industrie est très prospère. Cette térébenthine est épaisse, visqueuse, d'un jaune clair. Elle sèche très facilement. L'alcool la dissout. L'acide pinique et l'acide sylvique forment la plus grande partie de la matière résineuse de la térébenthine. L'huile volatile est incolore, d'une odeur forte, spéciale. La térébenthine de Bordeaux a une odeur peu agréable et une saveur amère, acre et vénéneuse. La térébenthine d'Alsace a une odeur de citron.
A l'intérieur, elle donne une sensation de chaleur à la gorge et à Testomac. A haute dose, elle détermine des vomis* sements et rend la miction douloureuse. Elle agit spéciale -
ment sur les reins et les voies urinaires et communique à Turine une odeur de violette. Elle agit aussi par son essence sur le système nerveux. On la donne à la dose de 1 à 3 gr. On prépare une eau de térébenthine qui est conseillée dans les catarrhes de la vessie ; on fait des pilules de térébenthine cuite à 0,20. Elles sont indiquées dans les mêmes cas que Peau de térébenthine. Le Baume de Fioraventi est un alcoolat de térébenthine composé. Le principe actif du Baume de Lucatel est la térébenthine. Les digestifs de térébenthine sont aujourd'hui inusités. Elle s'administre aussi en collyre, en électuaire, en eau curative, en sirop (dose : 30 àôOgr.),
Hippocrate connaissait déjà ce médicament. « La térébenthine est diurétique^ dessiccative, cicatrisante, laxative. On doit la mélanger avec le miel. On Vordonnera dans les catarrhes pulmonaires, dans les blépharospasmes, dans la gale, dans les maladies de la peau, dans les otorrhées, dans les pleurodynies et les douleurs musculaires. » (Hippocrate et Dioscoride). Galien l'associait au camphre, aux labiée».
L'essence de térébenthine était conseillée autrefois par Graves et Cantel. Elle était indiquée dans la fièvre typhoïde, le typhus fever, dans la fièvre puerpérale (5 à 10 gr., par jour dans une émulsion), dans les bronchites aiguës et chroniques, dans certaines affections de la vessie et du vagin, dans la diarrhée prodromique du choléra (Tray), dans la sciatique . En Angleterre, on l'employait contfe le purpura et les hémor* ragies. Gedding disait que Tessence est efficace pour combattre la salivation mercurielle, d'où le nom de gargarisme de Gedding. On préconise Tessence de térébenthine dans l'empoisonnement par l'acide prussique et par l'opium. Administré en lavements, ce médicament donne de bons résultats dans la constipation. On l'employait souvent dans la lithiase biliaire. Le remède de Durande ou éther de térébenthine, est bien conna (essence de térébenthine 2 gr., éther sulfurique 3gr.). On fait prendre 3 grammes de ce mélange dans du petit lait ou du bouillon froid; on favorise ainsi l'expulsion des calculs. L'administration de cette mixture présente de graves inconvénients. Il vaut mieux prescrire les
perles d'essence de térébenthine. Boerhave conseillait l'essence contre la jaunisse, d'où le nom d'esprit antiictérique. C'est un excellent vermifuge. Elle est prescrite aussi comme ténifugemais il vaut mieux employer Y huile anthelminthique contre le ténia. On Tadministre souvent en perles, en mixture, en électuaire. On prépare une émulsion et un sirop d'essence de térébenthine qui renferme 1/50 de son poids d'essence. Personne, Vauquelin, Audant ont prétendu que l'essence de térébenthine est un antidote du phosphore. Elle est très souvent employée en frictions contre les douleurs rhumatismales, les névralgies, les paralysies. Ces frictions sont surtout très utiles dans les cas d'atrophie musculaire. Dans ces derniers temps, on a beaucoup prescrit ces frictions sur les régions thoraciques supérieures dans la tuberculose pulmonaire. Em. Rousseau a publié des observations fort intéressantes concluant à l'efficacité de l'essence de térébenthine contre les. convulsions des enfants. On fait, dit-il, des frictions avec cette essence au moyen d'une bande de flanelle, de la largeur de trois travers de doigt et d'une longueur suffisante pour embrasser le corps, de l'occiput à la pointe du sacrum ; ensuite, la bande déployée, on l'applique le long des gouttières vertébrales. {Abeille médicale.)
On a vanté le caoutchouc térébenthine dans la tuberculose (Hannon), un liniment térébenthine contre les fièvres intermittentes, un liniment contre les spasmes de la vessie, la sciatique (Lombard), le lumbago (Richart). L'essence de térébenthine a été recommandée autrefois contre l'érysipèle traumatique, la pourriture d'hôpital. On a donné aussi des bains de vapeur térébenthines contre le rhumatisme (Chevandier, Smith). Mentionnons aussi le savon de Starkey, qui est fondant et résolutif.
C'est de la térébenthine qu'on retire les produits suivants :
Le galipot; la colophane y on la nomme encore braisée^ arcanson. On l'emploie quelquefois dans les hémorragies en nappe ; la poix résine ou résine; le goudron. La poix de Bourgogne ou poix blanche, est recueillie dans les Vosges sur V épicéa (Abies excelsa^ DC)- On obtient la terpine et le terpi-
nol avec Tessence de térébenthine. Ces deux produits sont indiqués dans les affections bronchiques.
Le goudron est une huile empyreumatique, une poix très impure. C'est une masse visqueuse, brune, granuleuse, demiliquide et d'un brun noir. Il est chargé d'huile et de fumée. Il a une odeur sui generis. Le goudron est diurétique et diaphorétique.
On Ta administré à l'intérieur contre la blennorrhagie.
On le prescrit encore tous les jours contre les maladies de peau, contre les gerçures des seins. On en fait une pommade (1 partie pour 5 de vaseline ou d'axonge), un glycérolé, un sirop qu'on emploie avec succès dans les bronchites catarrfaales, dans les affections de l'urèthre et de la vessie, une eau de goudron qui est indiquée dans la tuberculose, les catarrhes chroniques, dans la blennorrhagie et la blennorrhée, dans certaines maladies de peau, contre le scorbut. Chapelle a vanté l'eau de goudron et les lavements d'eau de goudron dans la fièvre typhoïde. On fait aussi des fumigations de goudron dans les affections chroniques des bronches. On préparé une liqueur de goudron concentrée (Guyot) des pilules (Mignot), un électuaire.
Le coaltar est le goudron de houille.
On obtient la créosote en distillant du goudron de bois. Elle est surtout employée contre la tuberculose, les bronchites chroniques, la carie dentaire. Laveran et Pécholier Tout conseillée dans la fièvre typhaïde. On l'a recommandée aussi pour le pansement des plaies contuses, contre les hémorragies en nappe. L'eau de Binelli doit ses propriétés à la créosote. L'eau créosotée a été préconisée contre les brûlures, la gale, la gangrène, la carie des os, les syphilides cutanées, certaines maladies de peau. Budd traitait certaines dyspepsies par la créosote. On Fadministre encore en pilules, en capsules. On l'associe quelquefois à la glycérine pour le pansement des plaies et de certains ulcères.
On retire le gaïacol de la créosote. Ce nouveau produit est aujourd'hui très connu et est surtout conseillé dans la tuberculose.
Lsiparaffine est extraite du goudron.
Caussin 19
Pi nus sylvesiris. L. (Pin sylvesire, Pin commun, Pin du Nord, Pin de Russie) possède à peu près les propriétés du pin maritime. L'infusion de bourgeons de pin (20 gr. pour i litre d'eau) est tonique, excitante, diurétique et antiscorbutique. On emploie aussi le sirop à la dose de 15 à 60 grammes.
PINUS ABŒS. L.
Syn. : Epicéa, Picéa, Pesse, Grande Fesse du Nord, Faux sapin. Sapin du Nord, de Norvège, Serento,
(Conifères.)
Arbre élevé, à écorce écailleuse, rougeâtre, planté dans quelques parcs et dans certains bois. Il fleurit en avril.
Les bourgeons sont secs, les rameaux, pendants. Les feuilles sont éparses, entourant les rameaux, sublétragones, aiguës, vertes ; les chatons mâles sont oblongs, solitaires, épars, ovoïdes ; les cônes sont pendants, cylindriques, à écailles sessiles. Les graines sont petites, obovales.
Caillot prétendait que Vabiéline est particulière aux térébenthines des sapins (ou ahies). C'est une résine insipide, incolore. La coniférine est une substance analogue à la salicine ; elle a élé découverte par Harly dans le cambium de plusieurs espèces de conifères : pinus abies, pinus picea, etc. On remploie comme la salicine. On retire de Tépicéa la térébenthine de Strasbourg ou des Vosges dont les produits sont semblables à ceux de la térébenthine de Bordeaux,
Dans les Vosges, les bergers recueillent dans des coquilles la térébenthine qui découle naturellement de Técorce de Tépicéa (D' Richer, d'Amiens).
On emploie surtout les bourgeons. Ils ont une odeur aromatique; leur saveur est résineuse, lérébenthacée, peu agréable. La saveur est piquante. On les conseille dans les affections de la vessie et des voies urinaires, dans les affections des bronches, dans l'asthme, le scorbut, dans la chlorose, dans le rhumatisme et la leucorrhée. On les administre souvent en infusion (20 gr. par litre d'eau). On les fai^ quelquefois macérer dans la bière ou le vin. Ils entrent dans
la composition de la Bière sapinette ou antiscorbutique et du sirop de Blayn, On prépare un sirop de bourgeons de sapins (dose : de 20 à 100 gr. dans les bronchites chroniques et les catarrhes de vessie).
Pinus picea. L. (Sapin commun, sapin de Normandie) fournit la térébenthine d* Alsace ou encore térébenthine au citron. Celle-ci a une odeur de citron très prononcée.