PINUS LARIX. L
Syn. : Pin mélèze, Mélèze.
(Conifères.)
Arbre élevé, pyramidal, à écorce gerçurée, écailleuse, planté dans les parcs et dans certains bois. Il fleurit en mai.
Les branches sont étalées ou réfléchies, éparses ; les feuilles sont caduques, fasciculées, molles, linéaires, d'un vert clair. Les fleurs sont monoïques ; les chatons mâles sont globuleux, ovoïdes, jaunâtres, sessiles ; les fleurs femelles sont violacées; les cônes sont dressés, ovoïdes, assez petits, à écailles ligneuses, minces ; les graines sont géminées, obovales tronquées.
Le bois du mélèze est extrêmement riche en résine. On prépare avec Técorce une teinture qui est recommandée par Greenhow contre les catarrhes bronchiques (20 à 30 gouttes dans une potion).
La térébenthine fine ordinaire ou de Venise provient du mélèze. Elle renferme 22 pour 100 d'essence. Elle est assez épaisse et a une odeur particulière. Elle a une saveur amère, acre et persistante.
Un tronc de mélèze peut produire de 2 à 3 kilos de térébenthine par an.
Les feuilles du mélèze fournissent par exsudation la manne de Briançon qui se présente en petits grains arrondis, jaunâtres. Elle a une saveur légèrement sucrée et jouit de propriétés purgatives.
TAXUS BACSGATA. L.
(Du grec taxos, dérivé de taxis, rang : les feuilles sont distiques.)
Syn. : If.
(Conifères.)
Arbrisseau peu élevé, raineux, cultivé comme ornement. Il fleurit en avril.
Les rameaux sont étalés ou pendants, anguleux; les feuilles sont éparses, sur deux rangs opposés, pétiolulées, linéaires, mucronées, d'un vert sombre; les fleurs sont diolques, axillaires ; les chatons mâles sont solitaires ou géminés, subglobuleux, jaunâtres; les chatons femelles sont verts, solitaires, sur un pédicelle court. Le fruit est en coupe, charnu, succulent, à une graine osseuse, d'un rouge vif à la maturité.
Les fruits sont mucilagineux et sucrés. Ils sont comestibles et diurétiques. Leur suc, à la dose de 20 grammes constitue un excellent laxatif et un bon diurétique. On eroyait autrefois qu'il était l'antidote du venin de la vipère.
Les feuilles sont narcotiques et donnent des nausées. Elles sont vénéneuses. On les a autrefois employées en infusion dans la goutte et le rhumatisme. Elles sont excitantes et emménagogues.
Virgile nous apprend que les anciens faisaient des arcs avec les branches de Tif (Siélain).
AUSMA PLANTAGO. L.
(Du celtique alis, eau : plantes aquatiques.)
Syn. : Plantain d*eau, Flûteau, Pain de grenouille ^ Pain de crapaud,
(Alismacées.)
Plante vivace, de 10 centimètres à 1 mètre, assez commune aux bords des eaux. Elle fleurit en juin.
La lige est nue, dressée ; les feuilles sont radicales, pétiolées, ovales, lancéolées cordiformes ou arrondies à la base. Les fleurs sont blanches ou rosées, petites, verticillées, et disposées en panicule pyramidale ; les carpelles sont très nombreux. La souche est bulbeuse.
Les racines du plantain d'eau ont été employées contre Tépilepsie et la chorée. On l'administrait en poudre à la dose de gr. 50 matin et soir ; on augmentait graduellement et le malade en prenait jusqu'à trois et quatre cuillerées à café par jour. Hochstetter faisait continuer ce traitement pendant plusieurs mois.
Les racines jouissent aussi de propriétés apéritives et antîscorbutiques. En médecine populaire, on applique les feuilles sur les phlegmons et surtout sur les panaris. Elles sont considérées comme résolutives.
Les Kalmoucks mangent la racine du plantain d'eau.
GOLGHIGUM ANTUMNALE. L.
(De la Colchidey contrée de l'Asie, célèbre par ses plantes vénéneuses.)
Syn. : Colchique d^ automne y Safran bâtard, Narcisse d^ automne^ Lis verty Tue-chien, Tue-loup, Z)ame-/iue, Veilleuse, Vei7lotte.
(COLCHICACÉES.)
Plante vivace, de 10 à 40 centimètres, assez commune dans les marais et les prés humides. Elle fleurit en septembre.
Les feuilles sont dressées, lancéolées, engainantes, obtuses, luisantes. Les fleurs sont grandes; elles ont un calice en entonnoir, longuement tubuleux; il y a six étamines, trois longues et trois courtes ; les styles dépassent les étamines. La capsule est assez grosse, ovoïde. Le tubercule du colchique est gros comme un marron, ovoïde, convexe d'un côté, creusé longitudinalement de l'autre, entouré de tuniques noirâtres (Le tubercule est un renflement charnu plus ou moins arrondi, ordinairement chargé de fécule; le bulbe est un gros bour-
geon souterrain. Beaucoup d'auteurs disent néanmois le bulhe du colchique).
Cette plante a des propriétés diurétiques, purgatives, sialagogues, cholagogues et sédatives. Toutes ses parties : les feuilles, les fleurs, les semences, le tubercule, ont été employées en médecine.
Les feuilles renferment la colchicine, les racines, la vératrine (D' Richer, d'Amiens).
L'alcoolature de fleurs a été conseillée dans le rhumatisme. Selon Forget, la teinture alcoolique de fleurs de colchique est un excellentremèdecontrele rhumatisme articulaire aigu. Elle est sans action contre le rhumatisme articulaire chronique et les névralgies aiguës. Ses effets ont beaucoup d'analogie avec ceux de Ja teinture de semences. Dans le rhumatisme articulaire aigu, la teinture de fleurs est plus efBcace. On l'administre à la dose de 10 à 20 gouttes, trois fois par jour. Il est bon d'en élever les doses jusqu'à production d'un effet purgatif.
Geiger et Hesse ont extrait la colchicine des semences. Elle cristallise en aiguilles incolores, elles se dissout un peu dans Feau ; elle est soluble dans Talcool et l'éther; elle est inodore ; sa saveur est âpre et amère. Elle est stimulante et très vénéneuse ; elle agit énergique ment sur l'estomac et les intestins.
Les semences de colchique ont peu d'odeur. Leur saveur est acre et amère.
Il paraît que les préparations faites avec les graines sont préférables à celles qui ont pour base les tubercules. On les administre en teinture, en vin, connu sous le nom de teinture de semences de colchique de William (Dose : 5 à 10 gr.).
Les tubercules ont été analysés par Pelletier et Caventou : ils renferment une matière grasse, un alcali volatil, du gailate de vératrine (colchicine), de la gomme, de l'amidon, de l'inuline, du ligneux.
Ils ont une saveur acre et mordicanle ; ils agissent comme les drastiques.
Ils n'ont pas les mêmes propriétés à toutes les époques de Tannée. La matière amylacée est remplacée à un certain
LfiS PLANTES MÉDICINALES DE LA PICARDIE 295
moment par la vératrine. Celle-ci produit de la diarrhée et des effets diurétiques. Le colchique est un bon hyposthénisant dans la goutte et le rhumatisme (D' Richer, d'Amiens).
Les tubercules sont indiqués comme diurétiques dans Pascite, dans la goutte et le rhumatisme.
La colchicine est donc le principe actif du colchique. Oberlin a obtenu une substance neutre, cristallisable, toxique, qu'il a nommée colchicéine qui est moins active que la colchicine (Schroff). Storck reconnut le premier les propriétés drastiques et diurétiques du colchique; à dose élevée, il peut causer des empoisonnements. Ce médicament adonné d'abord à Storck de beaux résultats dans l'ascite.
11 administrait alors Toxymel de colchique dans une tisane diurétique à la dose de 15 grammes qu'il portait quelquefois jusqu'à 60 grammes. Cet oxymel est indiqué aussi dans les catarrhes bronchiques.
Il faut récolter les tubercules en août pour avoir un médicament actif. Le colchique est certainement le modificateur le plus employé pour combattre les accès de goutte. Voici Topinion de Bouchardat sur cet agent thérapeutique :
« Le colchique est plus dangereux qu'utile pour combattre
< le rhumatisme articulaire aigu. Ce remède me paraît beau- « coup plus avantageux dans le traitement de la goutte, mais « il doit être administré avec beaucoup de prudence. Bien
< des goutteux ont été empoisonnés par des préparations de € colchique, parce que les propriétés toxiques du colchique, « comme celles de la digitale, se révèlent à Timproviste. »
Holland conseille le colchique même contre les manifestations deladiathèse rhumatismale, dans certains cas d'ophthalmie, de bronchite et de céphalalgie. Selon Gardner, il faut que le colchique agisse doucement, silencieusement, sans déterminer d'action purgative, pour obtenir des résultats marqués.
Garrod a mis en doute les propriétés diurétiques du colchique. Il diminue, au contraire, dit-il, la quantité d'urine quand son action sur le tube digestif est très prononcée. Waston dit que le colchique calme d'une manière magique les douleurs de la goutte. Il détermine, il est vrai, des nau-
sées>de la diarrhée et de la prostration, mais ses effets curatifs ne dépendent nullement de ces symptômes. Pour bien faire disparaître les douleurs de la goutte, il faut administrer le colchique par petites doses, pendant un certain temps : 3 grammes de vin de colchique, par exemple, deux ou trois fois par jour.
Sir C. Scudamore assure que Teau médicinale de colchique affaiblit le système nerveux et qu'on voit souvent sous son influence la goutte revêtir la forme chronique ; néanmoins, ces remarques n'ont pas empêché Scudamore de faire du colchique un usage habituel. Selon Tood, le colchique abrège^ la durée des accès, mais il diminue aussi les intervalles qur les séparent. Quand on arrive progressivement à des doses élevées, l'intoxication colchique se produit et on croit avoir affaire à une goutte remontée. Bouchardat dit avoir connu des goutteux inventeurs de spécialités à base de colchique, qui sont morts de leurs remèdes plutôt que de la goutte.
Le colchique est un modificateur utile et puissant, mais^ qui doit être manié prudemment. Il exerce une action^ spécifique sur l'inflammation des jointures. Il sera donc: prescrit dans la goutte aiguë. Si on veut obtenir des évacuations, il est bon d'associer au colchique un autre purgatif : en effet, l'action de ce médicament est trop énergique et. produit de la dépression. On donnera d'emblée de 2 à 4 grammes de vin de colchique, puis on continuera avec des dosesplus faibles (50 ou 60 centigr., deux ou trois fois dans les- 24 heures). Il est conseillé aussi dans la goutte chronique, lorsqu'il y a des douleurs plus violentes. L'administration du colchique dans l'intervalle des accès peut supprimer ceux-ci. Monneret a employé sans résultats le colchique dans le rhumatisme articulaire aigu. On l'a préconisé dans l'asthme, comme antiarthritique. Les préparations de colchique sont^ considérées comme le remède spécifique de l'accès de goutte;, elles sont également préconisées dans la névralgie faciale (Lemoine).
On administre le colchique en teinture : alcoolature de bulbe {Eau médicinale de Husson), alcoolature de fleurs de colchique ; en vin: Le Codex prescrit 30 grammes de bulbes.
secs et 500 grammes de vin de malaga. Le vin de Balber est beaucoup plus actif : bulbes frais de colchique 120 grammes, yin 60 grammes, alcool 30 grammes. Uun se prescrit à la dose de 60 grammes, l'autre à la dose de 5 grammes ; en extrait, en vinaigre, en oxymel, en miel colchique. La poudre de tubercule se donne à la dose de gr. 30 comme diurétique, de gr. 60 comme drastique. La teinture de colchique se prescrit à la dose de 1 à 4 grammes comme diurétique, de 4 à 16 grammes comme drastique.
La colchicine est aujourd'hui plus souvent employée que les préparations de colchique. Elle agit sur la peau en diminuant ou en supprimant la sensibilité ; elle paralyse les muscles ; le cœur toutefois, n'est pas influencé par la colchicine. L'action de ce médicament est très lente (Albers).
On la donne en granules contre la goutte et le rhumatisme. Quatre granules de colchicine cristallisée à 1 milligramme le premier jour, 3 milligrammes le deuxième jour, 2 milligrammes le troisième jour et 1 milligramme le quatrième jour.
FRITILLARIA MELEAGRIS. L.
(Du latin fritillus, cornet à jouer, damier ; forme de la fleur et disposition de ses couleurs.)
Syn. : Fritillaire pintade. Damier, Tulipe des prés, Clochette, Œuf de vanneau ,
(LiLIACÉES.)
Plante vivace, bulbeuse, de 20 à 50 centimètres, très rare dans la Somme. Elle fleurit en avril .
La tige est dressée ; les feuilles sont linéaires allongées, canaliculées ; la fleur est grande, panachée de carreaux violacés lilas et blancs, disposés en damier. Le périanthe est en cloche; la capsule est subglobuleuse.
Autrefois on employait le bulbe pilé en applications sur les ulcérations cancéreuses.
SGILLA BIFOUA. L.
(Du grec scullein^ nuire: le bulbe de la scille officinale est toxique.)
Syn. : Scille à deux feuilles, Adénoscille à deux feuilles.
(LiLIAGÉES.)
Plante vivace, bulbeuse de 10 à 25 centimètres, assez rare <lans la Somme. Elle fleurit en mars.
La tige est grêle, dressée. Les feuilles, au nombre de deux, rarement trois, embrassent la tige, elles sont dressées, étalées, lancéolées, lisses. Les fleurs sont bleues, rarement roses ou blanches, en corymbe lâche; les anthères sont bleuâtres. La capsule est globuleuse trigone.
On employait autrefois le bulbe. Il contient un principe acre, volatil et la scillitine. Il jouit de propriétés diurétiques. C'est un médicament inusité. On recommande habituel^ lement la scille maritime.
Endymion nutans. Dumort, — nom mythologique grec — {Jacinthe des bois, Jacinthe sauvage), possède à peu près les mêmes propriétés et n*est pas employée. Le bulbe renferme une certaine quantité d'amidon.
ALLIUM SATIVUM. L.
(Du celtique ail, chaud, acre, brûlant.) Syn. : Ail commun,
(LiLlACÉES.)
Plante vivace, de 20 à 40 centimètres, cultivée dans les potagers. Elle fleurit en juin.
La tige est cylindrique, enroulée en cercle avant la floraison. Les feuilles sont linéaires élargies, planes, lisses. La 4spathe est u nival ve, terminée en pointe très longue. Les fleurs sont blanches ou rougeâtres, en ombelle bulbillifère. Le bulbe est aussi bulbillifère.
L'ail a une odeur forte et pénétrante due à une huile volatile jaune, plus dense que Teau, formée du mélange de trois essences : une, très abondante, sulfurée, une autre, plus sulfurée encore et une troisième oxygénée (Wertheim).
La saveur de cette essence est très acre. Appliquée sur la peau, elle y produit une vive cuisson.
On emploie la pulpe d'ail pour augmenter l'action des sinapismes, on fait du vinaigre d^ail avec 1 partie d'ail et 12 parties de vinaigre, de Toori/meZ d'ail ayec 1 partie de vinaigre d'ail et 2 parties de miel, du sirop d'ail avec l'infusion de 1 partie d'ail et 16 parties de sucre.
Toutes ces préparations sont vermifuges. Les bulbes passent pour être anthelminthiques, stimulants, stomachiques et antihystériques. Ils font partie du vinaigre antiseptique, ou des quatre voleurs.
Les nourrices proscriront l'ail de leur alimentation : il altère le lait et donne des coliques aux enfants. Certains empiriques l'ordonnent comme fébrifuge : un bulbe matin et soir ou encore en décoction à la dose de 25 grammes par litre d'eau ou de lait. Il est encore indiqué comme diurétique dans l'ascite. Une gousse d'ail crue mangée à jeun chasse paraît-il, la goutte et le rhumatisme.
A la campagne, les mères de famille en font cuire dans du lait et obtiennent ainsi une décoction vermifuge que leurs enfants acceptent volontiers.
La môme préparation est conseillée dans la gravelle, la bronchite. On fait aussi de la révulsion, dans les cas de rhumatisme et de névralgie, avec une pommade composée d'ail pilé et d'axonge employée en frictions.
Ce bulbe passait autrefois pour guérir la rage. On frottait la morsure avec de l'ail. On le pilait et on l'appliquait ensuite sur la plaie. On faisait, en môme temps, prendre au blessé plusieurs gousses d'ail et une décoction de bulbes.
Les anciens médecins recommandaient l'ail dans les affections des voies respiratoires.
Le médicament mérite donc son nom de thériaque des pau* vres. Comme on le voit, il est très usité en médecine populaire.
On emploie ordinairement Tail comme condiment. Les Grecs excluaient les mangeurs d*aii du temple de Cybèle.
ALLIUM GEPA. L.
Syn. : Oignon, Ognon,
(LiLIACÉES.)
Plante vivace, de 30 à 90 centimètres environ, originaire du Khorassan ou du Béloutchistan, cultivée dans les potagers^ Elle fleurit en juin.
La tige est épaisse, creuse, renflée. Les feuilles sont distiques, cylindriques, creuses glauques. La spathe présente trois valves. Les fleurs sont blanches, en ombelle globuleuse. Le bulbe est solitaire, très gros.
L'oignon est vermifuge, diurétique, excitant, apéritif. On l'administre en décoction contre les vers intestinaux : 15 à 20 grammes pour 500 grammes d'eau. On l'emploie aussi sous forme de vinaigre d'oignon comme topique antiseptique. La tisane d'oignon est diurétique. Les empiriques conseillent le bulbe comme rubéfiant et comme vésicant.lls mêlent aussi le suc d'oignon avec de la graisse d'oie et en font un onguent contre les gerçures et les engelures. Ils instillent aussi le jus dans l'oreille pour dissiper les bourdonnements. On prépare un sirop d'oignon avec les bulbes. En médecine populaire, on applique des cataplasmes d'oignons cuits comme maturatifs et émoUients sur les panaris, les furoncles et les abcès. Les anciens recommandaient l'oignon cuit dans les affections bronchiques et dans l'ascite.
L'oignon est un aliment et un condiment. Mangé cru ou macéré dans le vinaigre, il stimule l'appétit.
Allium porrum.L, (Poireau, Porreau, en picard deProyart: Poirion) est diurétique, expectorant et émollient. La décoction de poireau est indiquée dans l'ascite, dans les bronchites et les affections de vessie. Les empiriques emploient les poireaux cuits à l'eau en application sur les panaris, etc.. Ils conseillent aussi les inhalations de la décoction dans les amygdalites II
Le poireau est un aliment rafraîchissant, digestif, mais peu nutritif.
UUUM GANDIDUM. L.
(Du celtique /i, blanc.) Syn. : Lis blanc,
(LiLIACÉES.)
Plante vivace, de 1 mètre environ, cultivée dans certains jardins. Elle fleurit en mai.
La tige est très robuste, glabre. Les feuilles inférieures sont oblongues et étalées, les supérieures, lancéolées, dressées, les caulinaires nombreuses, ondulées. Les fleurs sont très grandes, d'un blanc très pur, à odeur suave. Le périanthe est en cloche ; le style dépasse les étamines.
Le bulbe du lis est diurétique. On fait des cataplasmes émoUients avec les bulbes cuits sous la cendre. On les applique sur les panaris, les furoncles et les cors. On les fait €uire aussi dans du lait et on les mélange avec la farine de lin après les avoir écrasés ; on obtient ainsi un cataplasme qu'on emploie dans les môme cas. On les administre aussi en apozème diurétique, en vin et en sirop.
En médecine populaire, on se sert souvent de la macération de fleurs dans l'alcool pour les plaies contuses.
ASPARAGUS OFFIGINALIS. L.
(Dérivé du grec sparasso, je déchire ; allusion aux épines de plusieurs espèces.)
Syn. : Asperge officinale.
(ASPARAGINÉES.)
Plante vivace de 50 centimètres à 1 m. 20 environ, croissant dans les sables maritimes. Elle fleurit en juin.
La tige est dressée, cylindrique, verte, rameuse ; les cladodes sont filiformes, lisses, fasciculées. Les fleurs sont d'un vert jaunâtre, dioïques; les anthères sont oblongues. La baie
est rouge, petite. Le rhizome est rampant, écailleux, charnu^ émettant un grand nombre de radicelles simples.
DuIoDg d'Astafort a analysé le rhyzome de l'asperge et y a trouvé de Talbumine végétale, une matière gommeuse, de la résine, une matière sucrée, une matière amère extractive, du malate acide, du chlorhydrate, de Tacétate, et du phosphate de chaux et de potasse.
Le rhizome est mucilagineux et amer. Il est diurétique et apéritif. Il fait partie des cinq racines apéritives. On l'emploie en infusion à la dose de 10 à 20 grammes par htre d'eau. Vaudin conseillait Vextrait de griffes fraîches d'asperges, Gendrin Ta administré à la dose de 2 à 10 grammes et a obtenu une diurèse assez abondante.
Les jeunes pousses, les pointes d'asperges ou turions, sont allongées, cylindriques, pointues à l'extrémité. Elles sont, en grande partie, blanches ou blanchâtres et vertes, verdâtres ou violacées inférieurement. Elles sont écailleuses. Ces turions sont composés d'une matière verte résineuse, de cire, d*albumine, de phosphate de potasse, de phosphate de chaux en dissolution dans de l'acide acétique, d'acétate de potasse en deux principes cristallisables : la mannite et Vasparagine. Cette dernière substance est incolore (Vauquelin et Robiquet). Elle a une saveur fraîche qui provoque la salivation. L'asparagine n'est pas le principe actif de l'asperge. Elle n'est pas diurétique. Zicarelli prétend que l'asparagine donnée chaque soir à la dose de 1 ou 2 grammes, associée à l'extrait de laitue, s'est montrée efficace dans plusieurs affections du cœur. On pourra donc essayer ce médicament dans les cas bénins ou lorsqu'on craindra les effets de la digitale. Les turions ralentissent les pulsations du cœur et sont diurétiques. Ils communiquent à l'urine une odeur forte et fétide. On modifie facilement cette odeur en jetant dans l'urine quelques gouttes de térébenthine; on a alors une odeur de violette bien prononcée. On peut encore mettre dans le vase une poignée de sel de cuisine pour supprimer cette mauvaise odeur. Dans ces dernières années, on a encore extrait des turions la coniférine.
On prépare un sirop et un extrait de pointes d'asperges.
On administre le premier à la dose de 30 à 50 grammes et le second, à la dose de 1 à 5 grammes.
Quelques médecins emploient la décoction de rhizomes d'asperges (50 gr. pour 1 litre d'eau) dans les affections du cœur, les néphrites, Tascite, Tictère.
On a vanté les pointes d'asperges et le rhizome contre la tuberculose pulmonaire.
Les turions constituent un aliment sain et de facile digestion.
GONVALLARIA MAIALIS. L.
(Du latin convallisy vallée, et du grec leirion, lis : Lis des vallées.)
Syn. : Muguet de mai, Muguet des bois y Lis des vallées. Lis de mai,
(ASPARAGINÉES.)
Plante vivace, de 10 à 20 centimètres, croissant dans les bois couverts. Elle fleurit en mai.
La tige est simple, nue. Les pétioles et la tige sont enveloppés de gaines membraneuses ; il n'y a que deux feuilles radicales ; Pinférieure paraît sessile, l'autre, pétiolée ; elles sont ovales lancéolées, lisses, glabres. Les fleurs sont d'un blanc pur, à odeur suave, en courte grappe terminale, unilatérale. La baie est rouge, globuleuse*
Le muguet de mai a une action élective sur le cœur. Il en diminue les palpitations, en régularise les battements, en augmente l'énergie. On s'en servira avec avantage lorsqu'on ne pourra pas employer la digitale. Il détermine rarement des symptômes d'intoxication. Les fleurs sont beaucoup plus actives que les feuilles. On prescrit l'extrait aqueux à la dose de 1 à t gr. 50 par jour, Tinfusion de fleurs fraîches à la dose de 15 grammes par litre d'eau. On extrait du muguet de mai deux glucosides : la convallamarine et la convallarine, La première est le principe actif du muguet de mai. On la donne à la dose de 1 à 10 centigrammes dans les mêmes cas. Les baies du muguet sont drastiques.
Réduites en poudre, les fleurs sont sternutatoires. Les feuilles sont diurétiques. Les racines et les fleurs sont émétiques et purgatives (Dose de la poudre de rhizome : 1 à 2 gr.; dose de la poudre de fleurs : 2 gr.).
Il faut éviter de porter à la bouche les pédoncules de ces fleurs.
POLTGONATUM OFFICINALE. ALL.
(Du grec polys, beaucoup, gonu, genou : tige formée d'articulations nombreuses et renflées comme un genou.)
Syn. : Sceau^de-Salomon.
(ASPARAGINÉES.)
Plante vivace, de 20 à 50 centimètres, qui croît surtout dans les bois ombragés. Elle fleurit en avril.
La tige est simple, dressée, anguleuse, nue inférieurement, courbée. Les feuilles sont alternes, demi-embrassantes ou subsessiles, ovales ou oblongues. Les fleurs sont d'un blanc verdâtre, assez grandes, odorantes, au nombre d'une, deux, et ont de courts pédoncules. La baie est petite, d'un noir bleuâtre.
Le rhizome du sceau-de-Salomon a une saveur douceâtre. Il est diurétique, émétique, astringent et vulnéraire. Les baies sont émétiques et purgatives. C'est une plante à délaisser : ses propriétés sont trop peu connues.
Polygonatum multiflorum. Ail. (Grand sceau-de-Salomon, Genouillet, Muguet de serpent, Herbe aux panaris), a probablement les mêmes propriétés.
En médecine populaire, on fait cuire le rhizome et on l'applique en cataplasmes sur les panaris. Il paraît que c'est un bon topique émollient.
Lorsqu'on examine un rhizome, on aperçoit de petites excavations arrondies qui ont été produites par les tiges des années précédentes; elles ressemblent vaguement à un sceau, d'où le nom de la plante.
PARIS QUADRIFOLIA. L.
(Dédié au célèbre berger Paris, ou du latin par, paire : feuilles disposées par paires.)
Syn. : Parisette à quatre feuilles, Etr angle-loup, Raisin de renard,
(ASPARAGINÉES.)
Plante vivace, de 20 à 40 centimètres assez commune dans les bois humides. Elle fleurit en mai.
La tige est dressée, simple, cylindrique, portant ordinairement un verticille de quatre feuilles. Celles-ci sont subsessiles, ovales cunéiformes, acuminées. La fleur est verdâtre, solitaire, terminale. L'ovaire est d'un rouge violacé. La baie est d'un noir bleuâtre, violacé. Le rhizome est traçant.
Les feuilles et les baies de la parisette sont émétiques, purgatives et narcotiques. La racine est émétique. Toutes les parties de la plante, surtout les baies, sont vénéneuses. Leur toxicité est due à un principe acre et narcotique, la paridine, employée autrefois, en Russie, contre la rage.
On recommandait jadis le rhizome comme émétique, céphalique et béchique. Quelques médecins ont cru qu'il pouvait remplacer Pipécacuanha. Dans certaines régions, on fait cuire les feuilles et les baies, ou bien on les pile et on les applique sur les panaris, les ulcères atoniques et les bubons de la peste.
On a vanté le suc dans certaines maladies d'yeux.
RUSGUS AGULEATUS. L.
(De l'ancien latin bruscus, dérivé du celtique beus, buis, kelen, houx : ressemble à ces deux arbustes.)
Syn. : Buis pointu, Fragon piquant. Petit houx, Epine de rat,
Houx'frelon, Faux- buis. Myrte épineux. Myrte sauvage,
Fesse-larron,
(ASPARAGINÉES.)
Sous-arbrisseau toujours vert, de 30 à 80 centimètres, très rare dans la Somme. Il fleurit en avril.
Gaussin 20
Les tiges sont dressées, rameuses. Les cladodes sont petits, rapprochés, sessiles, tordus à la base, ovales lancéolés piquants, rigides, portant les fleurs un peu au-dessous du milieu de la face supérieure. Les fleurs sont d'un blanc verdâtre-violacé, à courts pédicelles. La baie est globuleuse, assez grosse, rouge. La souche est rampante.
Les rhizomes du petit houx ont une odeur de térébenthine. Ils sont blanchâtres. Leur saveur est d'abord sucrée, puis amère et acre. Ils sont apéritifs et diurétiques. Ils font partie des cinq racines apéritives.
La décoction de racine (50 gr. par litre d'eau) stimule l'estomac et donne de Tappétit. Elle est indiquée dans Tascite et la jaunisse. On emploie comme fébrifuge l'infusion de feuilles (50 gr. pour 1 litre d'eau).
Les baies sont aussi diurétiques. Dans certains pays, on torréfie ces baies et on prépare une infusion caféiforme qui a les mêmes propriétés que la tisane de rhizomes, mais qui est beaucoup plus agréable. On mange les jeunes pousses comme les asperges.
TAMUS GOMMUNIS. L.
(Non donné par les Latins à une plante sarmenteuse analogue au tamier.)
Syn. : Tamier ^ Herbe aux femmes battues, Vigne noire,
Raisin du diable. Sceau de la Vierge,
Sceau de Notre-Dame, Haut-liseron,
(DiOSCORÉES.)
Plante vivace, de 1 à 4 mètres environ, assez commune dans les bois, les haies. Elle fleurit en juin.
La tige est grêle, volubile, rameuse. Les feuilles sont ovales-cordiformes-acuminées, minces, luisantes. Les fleurs sont d'un vert-jaunâtre ; les mâles, en grappes longues, grôles, multiflores; les femelles, courtes et pauciflores. La baie est ovoïde, rouge, luisante.
La racine est épaisse, charnue, noire. Elle renferme beaucoup de fécule. Son goût est amer et acre. Elle est diurétique, émétique et purgative. En médecine populaire, on râpe la racine et on la réduit en pulpe qu'on applique ensuite sur les contusions, d*où son nom A^ Herbe aux femmes battues. Les baies sont toxiques.
IRIS PSEUDO-AGORUS. L.
(Du grec iris^ arc-en-ciel : fleurs à couleurs vives et variées.)
Syn. : Iris faux-acore. Iris jaune, Iris des marais,
Glayeul des marais, Glayeul jaune ; en picard
de Proyart : Glaju.
(Iridées.)
Plante vivace, de 40 centimètres à 1 mètre, commune dans les marais, aux bords des eaux. Elle fleurit en juin.
La tige est rameuse au sommet. Les feuilles sont lancéolées-linéaires, en glaive. Les fleurs sont jaunes, inodores. Le périanthe présente des divisions extérieures beaucoup plus longues que les intérieures. La capsule est elliptique-trigone, contenant de nombreuses graines brunâtres.
Le rhizome de cet iris ne renferme pas d'huile volatile, mais beaucoup de tannin. Il est inodore. C'est un éméto^ cathartique.
Les feuilles et le rhizome sont acres et vénéneux. On a employé le suc du rhizome, à la dose de 10 à 30 grammes, contre Tascite.
On a voulu substituer les graines au café et au quinquina. Dans certaines régions, on torréfie ces graines et on en fait des infusions caféif ormes.
La poudre de rhizome est sternutatoire.
NARGISSUS PSEUDO-NARGISSUS. L.
(Du grec narké^ engourdissement : les fleurs produisent de Tassoupissement.)
Syn. : Narcisse des prés, Narcisse des bois y Narcisse jaune, Faux-narcisse, Jeannette jaune, Coucou, Aillaut Aillout,
(Amaryllidées.)
Plante vivace, de 20 à 40 centimètres, croissant dans les bois et les prés. Elle fleurit en mars.
Les feuilles sont linéaires obtuses, dressées. La fleur est jaune, grande inodore, solitaire, penchée. Le périanthe est en entonnoir ; les étamines sont égales, droites, longues. Le iulbe est ovoïde, gros.
Robinet a extrait une huile volatile des fleurs du narcisse. Elles contiennent, d'après Charpentier, de l'acide gallique, du mucilage, du tannin, de Textractif, de la résine, du muriate de chaux ; et, diaprés Caventou, une matière colorante jaune, odorante. Deslongchamps a employé la poudre de fleurs à la dose de 4 grammes comme émétique et comme antidiarrhéîque. On a conseillé l'extrait d'inl'usion et de sirop de fleurs comme antispasmodique contre la coqueluche. On a recommandé autrefois le vinaigre et Toxymel.
GALANTHUS NIVALIS L.
(Du grec gala^ lait, anthos, fleur : d'un blanc de lait.)
Syn. : Galanthine des neiges, Galant d'hiver^ Perce-neige, Clochette d'hiver.
(Amaryllidées.)
Plante vivace, de 10 à 25 centimètres, très rare dans la Somme. Elle fleurit en février.
Les feuilles sont linéaires obtuses, planes. La fleur est blanche, pendante, solitaire. La spathe est canaliculée, arquée, membraneuse aux bords. Le périanthe est en cloche. La capsule est charnue, subglobuleuse. Le bulbe est ovoïde.
Les bulbes ont un goût acre. On en fait des cataplasmes émoUients lorsqu'ils sont cuits. On conseille l'eau distillée de fleurs pour blanchir la peau et enlever les taches de rousseur.
ORGHIS MASGULA. L.
(Du grec orchis, testicule : allusion aux deux tubercules de la racine.)
Syn. : Orchis mâle,
(Orchidées.)
Plante vivace, de 15 à 50 centimètres, croissant dans les prés et les bois. Elle fleurit en avril.
Les feuilles sont planes, oblongues-lancéolées, souvent maculées de brun. Les fleurs sont purpurines ou roses, rarement blanches, en épi lâche, allongé ; les bractées sont membraneuses, colorées, à une, trois nervures, égalant Tovaire ; les divisions extérieures sont obtuses, aiguës ou acuminées, les latérales étalées, puis réfléchies, le labelle est large, pubescent à la base interne, ponctué de pourpre, le moyen, plus long, échancré ; Téperon est ascendant horizontal, cylindrique, épais, en massue, de la longueur de l'ovaire. Le tubercule est ovoïde, ni palmé, ni denté.
Le tubercule de Torchis mâle est formé de grandes cellules entourées d'un tissu particulier. Il y a des granules d'amidon dans ce tissu, mais il n'y en a pas dans les cellules. Ces dernières constituent la partie principale du salep. (Moquin- Tandon.)
Pour préparer le salep, on arrache les tubercules à la fin de l'année. L'ancien est alors flétri et le nouvea u gros et ferme. C'est celui-ci qu'on récolte. On enlève les radicelles, on lave les tubercules et on les enfile en chapelets. On les fait bouillir jusqu'à ce que le tissu ait la consistance d'une pâte. On les retire du feu et on les fait sécher. Quand ils sont secs, on les pulvérise. (Moquin- Tandon).
Le salep est en morceaux ovoïdes, durs, d'une couleur jaunâtre, d'une cassure cornée. Il a une odeur qui rappelle
celle du mélilot ; sa saveur est faible et ressemble à celle de la gomme adragante ; elle est légèrement salée. Le salep contient de la bassorine, de Pamidon, de la gomme soluble, du sel marin et du phosphate de chaux (Caventou). 11 ne se dissout pas dans Peau. Il s'y gonfle considérablement.
On ne se servait autrefois que du salep de Perse ; depuis quelqU'e temps, on emploie beaucoup le salep indiffériez qui est d'aussi bonne qualité. 11 jouit de propriétés mucilagineuscs et analeptiques. Il est considéré aussi comme aphrodisiaque. On conseille la décoction de tubercules dans la diarrhée et la bronchite.
On administre le salep en poudre, à la dose de 2 grammes^ dans du bouillon ou dans du lait ; en décoction (5 gr. dans 500 gr. d'eau) ; c'est une tisane à recommander aux convalescents de fièvre typhoïde, de choléra, d'entérite, etc. On en prépare aussi une gelée et un chocolat.
Geoffroy et Retz prétendent qu'on peut obtenir le salep avec Orchis militaris. L. (Orchis militaire). Orchis morio. L. (Orchis bouffon), OrcAï5 maculata.L, (Orchis iaiché),Orchis latifolia. L. (Orchis à larges feuilles), Anacamptis pyramidalis ^ Rich. (Anacampte pyramidale), Platanthera bifolia, Rich. (Platanlhère à deux feuilles), Loroglossum hircinum. Rich. (Loroglosse à odeur de bouc), Ophrys arachnites, Hoffm. (Ophrys-bourdon), Ophrys apifera. Huds. (Ophrys-abeille), Aceras anthropophora, R. Brown (Acéras Homme-pendu). Toutes ces orchidées jouissent à peu près des mêmes propriétés.
NEOTTIA NIDUS AVIS. RIGH.
(Du grec neottiaj nid d'oiseau, dérivé de neottos, nouvellement né : allusion à la disposition des racines.)
Syn. : Néottie nid d'oiseau, (Orchidées.)
Plante vivace, de 20 à 40 centimètres, ayant le port et l'aspect d'un orobanchc, assez commune dans les bois ombragés. Elle vit en parasite sur les racines des arbres et fleurit en mai.
La tige est robuste, munie d'écaillés engainantes. Les fleurs
sont roussâtres, nombreuses, en épi serré ; le labelle est plus long que les divisions ; il n'y a pas d'éperon; Tovaire n'est pas tordu. La souche est oblique et présente des fibres radicales nombreuses et entrelacées, en forme de nid d oiseau.
On employait autrefois cette plante comme vulnéraire. On conseillait aussi les racines comme vermifuges. Il est probable que les signatures ont recommandé cette plante comme anthelminthique parce que lesfibres radicales présentent quelque ressemblance avec un paquet de vers.
LEMNA TRISULGA. L.
(Du grec lemma, écaille, ou ZemAos, petite nacelle.)
Syn. : Lenticule à trois lobes. Lentille d'eau à trois lobes,
Grains de grenouille, Cannetille.
(Lemnacées.)
Plante annuelle, submergée, flottante à l'époque de la floraison, très commune dans les mares, les canaux et les fossés. Elle fleurit en avril.
Les frondes sont réunies par trois ou quatre et sont hastées ; elles ont une seule radicelle ; elles paraissent dichotomes, elles sont elliptiques lancéolées aiguës, d'un vert clair ; les anthères ont deux loges ; le fruit est monosperme.
On a vanté autrefois les frondes contre la goutte et le rhumatisme.
Lemna minor, L. (Lenticule mineure), Lem/iajrij&j&a.L. (Lenticule bossue), Lemna polyrrhiza, L. (Lenticule à plusieurs racines) ont les mômes propriétés.
ARUM MAGULATUM. L.
(Du grec aron, nom donné à une espèce alimentaire.)
Syn. : Arum taché, Pied de veau^Gouet commun. Herbe à pain. Manteau de la Vierge. {Les habitants de Proyart emploient une expression triviale, mais très juste, pour désigner le spadice de Varum.)
(Aroïdées.)
Plante vivace, de 20 à 50 centimètres, commune dans les haies et les bois. Elle fleurit en avril.
Les feuilles sont hastées-sagittées, longuement pétiolées, souvent maculées de brun. La spathe est grande, d'un vert jaunâtre ou violacé ; le spadice est plus court, en forme de massue d'un rouge violacé ; l'anneau mâle est plus court que le femelle ; en dessous et en dessus de celui-là, le spadice présente de petits filaments. La baie est d'un rouge luisant. Le tubercule est ovale-oblong.
Le pied de veau jouit de propriétés acres, excitantes, caustiques et purgatives. Il est vénéneux. On se servait autrefois du suc frais. Les baies sont très toxiques. Le rhizome renferme une fécule douce et nutritive. Il faut le laver et le torréfier pour le débarrasser de son principe acre et volatil. Cette racine a une odeur faible, sa saveur est acre et caustique. Elle est surtout purgative. L'arum est un remède altérant. Il est surtout indiqué dans le rhumatisme, la goutte et Tascite. La poudre de racine torréfiée était autrefois recommandée dans la coqueluche à la dose de gr. 90 en trois fois. Les feuilles dégagent, en les froissant, une odeur désagréable. Dans certains pays, on se sert de l'amidon du rhizome pour blanchir le linge.