HORDEUM «VULGARE. L
(Du latin hordus^ lourd.)
Syn. : Orge, Escourgeon, Secourgeon (secours des gens pendant la disette,)
(Graminées.)
Plante annuelle, de 60 à 90 centimètres, cultivée surtout pour la fabrication de la bière. Elle fleurit en juin.
La tige est dressée ; les feuilles sont larges linéaires. L'épi est gros ; les épillets sont uniflores, disposés sur six rangs^ dont quatre plus saillants ; les deux glumes sont latérales, lancéolées-linéaires, subulées-aristées.
On emploie surtout en médecine la décoction d'orge. On met 30 grammes d'orge perlé dans une quantité d'eau suffisante pour obtenir un litre de tisane après une heure d'ébullition. Hippocrate recommandait déjà cette décoction dans toutes les phlegmasies. Elle renferme de Tamidon, du sucre et du gluten. Elle est adoucissante, rafraîchissante et légèrement nutritive. On peut aussi se servir d'orge ordinaire, mais il faut rejeter la première eau.
Uorge mondé est imparfaitement décortiqué : une partie seulement du péricarpe est enlevée, c'est un ffruau qu'on emploie comme celui de l'avoine.
Vorge perlé est décortiqué avec plus de soin : il n'y a plus de péricarpe. Le grain est arrondi sous la meule en forme de perles d'un blanc mat. On en fait d'excellents potages.
Les tisanes d'orge mondé et d'orge perlé jouissent des mômes propriétés.
Proust conseillait la tisane d'orge germée ou malt ; elle est beaucoup plus sucrée et plus nutritive, mais elle s'altère encore plus vite que la tisane d'orge perlé. Elle est indiquée dans la bronchite, la dyspepsie et l'entérite. On l'emploie aussi en gargarismes, comme émolliente. Comby prescrit la préparation suivante en lavements : Décoction d'orge 50 gramlïi^s, glycérine 5 grammes, dans la constipation des nourrissons.
Dans certaines régions pauvres, on fabrique un pain grossier avec la farine d'orge. 11 est indigeste et de mauvais goût.
Vhordéine est une matière pulvérulente jaunâtre qu'on retire de la farine d'orge et qui n'est, paraît-il, que du son très divisé.
Vhordénine est l'alcaloïde extrait tout récemment par Léger des touraillons d'orge. Elle cristallise en prismes volumineux, incolores, anhydres, presque insipides. Elle se dissout dans l'alcool, le chloroforme et l'éther. C'est une base forte, non-seulement elle bleuit le tournesol rouge, mais elle rou-
Caussin 21
git la phtaléine du phénol (Léger. Académie des Sciences. 8 janvier 1906). Ses principaux sels sont le sulfate, le chlorhydrate, le bromhydrate. En 1890, C. Roux communiquait à la Société médicale des hôpitaux de Lyon un travail relatif aux propriétés des touraillons d'orge. 11 prétendait que ces derniers sont très nuisibles au développement de certains microbes et surtout des vibrions cholériques. Plusieurs médecins essayèrent les infusions et les macérations de touraillons dans la dysenterie et les diarrhées cholériformes et les résultats furent satisfaisants. Quelques médecins coloniaux, qui expérimentèrent ce produit, eurent aussi de nombreux succès.
Suivant le mode de préparation, le touraillon subit, paraîtil, des altérations plus ou moins importantes. Le séchage dans les tourailles ordinaires fait perdre à l'orge ses propriétés bactéricides tandis que le séchage dans la touraille Lauth laisse subsister ses qualités thérapeutiques.
11 est donc probable que Thordénine sera un jour substituée aux préparations de touraillons dans le traitement du choléra.
La toxicité du sulfate d'hordénine est faible, la dose minima mortelle pour le chien et le cobaye, est de gr, 30 par kilogramme en injection intra-veineuse. En injection souscutanée chez le cobaye, la dose minima mortelle est do 2 grammes par kilogramme. L'intoxication s'accompagne de symptômes nerveux : excitation plus ou moins forte, suivie d'une phase de paralysie, hallucinations et convulsions. Les réactions bulbaires se montrent sous forme de troubles de la respiration : polypnée et apnée. On observe aussi des vomissements. La mort est due à un arrêt de la respiration (Camus. Société de Biologie, 13 et 20 janvier 1906).
A la campagne, on torréfie souvent Torge pour en faire une décoction qui ressemble vaguement à Tinfusion de café. Le malt Kneipp est bien préférable. L'escourgeon sert surtout à la fabrication de la bière. On emploie de préférence l'escourgeon d'hiver. L'orge est d'abord maltée. On la fait germer en couches peu épaisses après un séjour dans l'eau et on la fait sécher. On la concasse légèrement, elle cède alors à l'eau chaude sa glucose qui s'est formée pendant la germi-
nation aux dépens de Tamidon. Il faut ensuite faire cuire le jus sucré (moût)y ajouter une certaine quantité de houblon pour donner de Tarome et de la saveur, le refroidir et le soumettre à la fermentation en ajoutant de la levure qui, en transformant la glucose en alcool et en acide carbonique, donne la bière. La drèche est le malt épuisé de son sucre et égoutté.
Dans la Somme, on cultive principalement Vorgek six rangs ou orge carrée^ orge d^hiver, l'orge à quatre rangs (plus saillants) ou orge commune et Vorge à deux rangs ou pamelle.
ZEÂ MATS. L.
(Du grec zaein, vivre.)
Syn. : Maïs, Blé de Turquie, Blé de Guinée^ Blé d'Inde, Blé d'Espagne, Blé de Barbarie, Gros Millet,
(Graminées.)
Plante annuelle de 1 à 3 mètres, originaire de l'Amérique du Sud et cultivée en Picardie comme plante fourragère. Elle fleurit en juillet.
La tige est très robuste ; les feuilles sont très larges, lancéolées acuminées ; les épillets sont monoïques ; les mâles à deux fleurs, en grappes spiciformes formant une panicule ; les femelles à une fleur, en épis axillaires, sessiles, très gros, <îylindriques ; il y a trois étamines ; les stigmates sont filiformes, très longs ; les caryopses sont réniformes, durs,jaunes, blancs ou violacés, luisants, disposés sur huit, dix rangs sur un axe charnu.
On emploie l'infusion de stigmates de maïs (10 gr. pour 1 litre d'eau), comme diurétique dans la gravelle et la cystite chronique. On prépare aussi un extrait et un sirop de maïs. Ce dernier est conseillé comme pectoral dans la bronchite. On fait aussi avec le maïs torréfié et pulvérisé des infusions caféiformes.
Après le blé et le riz, le maïs est la céréale la plus cultivée <iu monde.
La farine est jaune, rougeâtrc ou violette, d'une saveur un peu amère. Elle est très émolliente. On peut l'employer en cataplasmes. On en fait souvent des bouillies ou gaudes.
La polenta des Italiens est une bouillie de semoule de maïs. Disons maintenant quelques mots relatifs à deux graminées dont les propriétés sont fort peu connues: la flouve odorante et rivraie,
Anthoxanthum odoratum, L. (Flouve odorante) renferme^ d* après Vogel, de Tacide benzoïque. Elle est, par conséquent, stimulante et tonique et pourrait être employée dans les cas où Tacide benzoïque est indiqué,c'est-à-dire contre la goutte^ les inflammations des bronches et de la vessie.
La flouve fournit le parfum dit € foin coupé >.
Lolium temulentnm. L. (Ivraie) est rangé dans le troisième groupe des végétaux vénéneux, les narcotico- acres. Le fruit, qui est toxique, détermine des vertiges et un tremblement général.
Certains brasseurs ajoutent un peu d*ivraie à Torge pour augmenter l'effet enivrant de la bière.
GETERAGH OFFIGINARUM. G. BAUH.
(Du bas latin ceterah, de Tarabe cheirak.)
Syn. : Cétérach officinal, Daurade, Doradille, Herbe dorée^ Herbe à dorer,
(Fougères.)
Plante vivace, de 5 à 15 centimètres, croissant sur les vieux: murs. Elle fructifie en juin.
Les frondes sont nombreuses, en touffe, persistantes, épaisses» coriaces, lancéolées dans leur circonscription, lobées,, couvertes cn^dessous d'écaillés luisantes roussâtres. La racine est fibreuse.
On a employé les feuilles de cétérach comme pectorales,, béchiques, apéritives, astringentes et diurétiques.
POLTPODroM VULGARE. L.
(Du grec polys, beaucoup, podion, petit pied.)
Syn. : Polypode commun^ Polypode du chêne, Fougerolle^ Réglisse de montagne, Réglisse des bois, Fougère douce.
(Fougères.)
Plante vivace,de 15 à 50 centimètres, croissant sur les vieux murs, sur les vieux troncs d'arbres, dans les bois humides. Elle fructifie presque toujours.
Les frondes sont oblongues-lancéolées,pinnatifides,àlobes alternes un peu confluents à la bases, pétiolées, persistantes. Les sores sont arrondis, disposés sur deux rangs parallèles, sans indusium. Le rhizome est traçant, assez gros,tuberculeux en dessus.
On emploie surtout le rhizome en médecine. L'écorce est brune ou jaunâtre, écailleuse.
Desfosses a trouvé, dans la racine, un corps moitié résineux, moitié huileux, comparable à la glu, du sucre fermentescible, une matière astringente, de l'amidon, de la gomme et de l'albumine. Son odeur est désagréable. Sa saveur est légèrement sucrée, nauséeuse, acre, de là son nom de réglisse des bois. Il jouit de propriétés laxatives, apéritives, béchiques et expectorantes.
On l'administre en infusion (30 gr. pour 1 litre d'eau), en sirop (parties égales de rhizome et de sucre). Il entre dans la composition de Vélectuaire catholicon double.
En médecine populaire, on utilise surtout l'infusion de rhizome comme purgative. A la campagne, les enfants connaissent bien cette racine qu'ils mâchent comme celle de la réglisse.
PTERIS AQUIUNA. L.
(Du grec ptéron, aile.)
Syn. : Grande Fougère^ Fougère commune^ Fougère à Vaigle, Porte^aigle,
(Fougères.)
Plante vivace, de 60 centimètres à 1 m. 50, croissant dans les bois, sur les coteaux incultes. Elle fructifie en juillet.
Les frondes sont très grandes, à segments opposés, lancéolés, à lobes oblongs, à long pétiole, robuste, noirâtre à la partie inférieure, présentant, par une coupe oblique à la base, la figure d'un aigle à deux têtes ; les sores bordent les lobes de la fronde.
La grande fougère est astringente. On Ta considérée longtemps, mais à tort, comme anthelminthique.
SGOLOPENDRIUM OFFICINALE. SM.
(Du grec scolopendra^ scolopendre» mille-pieds : la disposition des sores présente à peu près celle des pattes de cet insecte.)
Syn. : Scolopendre officinale^ Langue de cerf^ Langue de bœuf.
(Fougères.)
Plante vivace, de 30 à 60 centimètres, croissant souvent au pied des vieux murs, dans les vieux puits. Elle fructifie en juin.
Les frondes sont lancéolées, cordées à la base, ordinairement ondulées, persistantes, d'un vert luisant en dessus, à pétiole écailleux. Les sores sont parallèles.
Les feuilles de la scolopendre sont toniques, astringentes et pectorales. On les employait surtout en infusion (15 gr. par litre d'eau), contre les diarrhées, les hémorragies et certaines affections du foie.
Elles entrent dans le sirop de rhubarbe composé et dana les électuaires lénitif et catholicon.
▲SPLENTOM RUTA-MURARIA. L.
(De a, privatif, splenos, rate . )
Syn. : Rue des murailles^ Sauve-vie, Doradille des murs,
(Fougères.)
Plante vivace de 5 à 10 centimètres environ, croissant ordinairement sur les vieux murs. Elle fructifie presque toujours.
Les frondes sont souvent en petite touffe, glabres, à pétiole lisse, verdâtre, à lobes peu nombreux, obovales ou cunéiformes, ordinairement crénelés supérieurement. Les sores sont oblongs et confluents.
Les feuilles de la rue des murailles sont pectorales, apérîtives et astringentes.
Les feuilles d'Asplenîum trîchornanes. L. (Doradille polytrie, Capillaire, Polytric des officines) sont apéritives et béchiques ; celles d'Asplenîum adianthum niffrum, L. (Capillaire noir. Capillaire commun, Doradille noire) sont pectorales et apéritives.
Le rhizome d^Asplemum filix-femina. Bernh. (Fougère femelle) est indiqué, à tort, comme anthelminthique.
POLTSTIGHUM FILIX-MAS. ROTH.
(Du grec polys, beaucoup, stichosy rangée.)
Syn. : Fougère mâle.
(Fougères.)
Plante vivace, de 50 centimètres à 1 mètre, commune dans les bois. Elle fructifie en juin.
Les frondes sont grandes, pétiolées, oblongues-lancéolées, vertes, munies de poils le long de Taxe ; les divisions des frondes, les frondulesy si je puis m'exprimer aipsi, sont alternes, lancéolées-aiguës ; les supérieures diminuent insensiblement et forment une pointe terminale ; les pînnules des divisions sont linéaires, dentées en scie. Les sores sont peu
nombreux, disposés sur deux rangs, rapprochés, couverts d'un indusium membraneux. Le rhizome est composé d'un grand nombre de tubercules.
La racine a une saveur astringente, acerbe et même acre, une odeur nauséeuse. On en retire une substance grasse, d'un jaune brunâtre, d'une odeur nauséabonde et dune saveur désagréable. Cette substance a présenté une huile odorante, des acides gallique et acétique, du tannin, du sucre incristallisable, une matière gélatineuse, de Tamidon, de l'élaïne, etc. (Morin). Les bourgeons frais de la fougère mâle contiennent, d'après Preschier, une huile volatile, une résine brune, une huile grasse, une matière grasse solide, des principes colorants verts et vert rougeâtre, de Textractif. On y a trouvé, en outre, un acide particulier, Tacide filicéique (Batia) et un alcaloïde, la filicine. D'après la plus récente analyse, la composition chimique est celle-ci : Huile essentielle, acide filicique, acide filicotannique^ résine, etc. Gubler pense que la fougère mâle doit ses propriétés ténifuges à son huile volatile, Bouchardat et Derlons, à son mélange de corps gras, de résine et d'huile volatile.
Preschier dit qu'il faut récolter le rhizome en été, Bouchardat conseille avec raison de le recueillir en hiver.
La racine de fougère mâle est anthelminlhique.On l'emploie surtout contre le ténia. On doit recommander l'extrait éthéré (2 à 8 gr.) ou encore la poudre de rhizome (8 à 12 gr.).
Rouzel faisait préparer des bols de 1 gramme de poudre avec du sirop de fleurs de pêcher. L'huile éthérée ou extrait éthéré réussit très bien à la dose de 2 à 4 grammes, sous forme de capsules, de pilules ou d'électuaire. C'est la meilleure des préparations de fougère mâle.Branser dit qu'elle anéussit surtout contre le bothriocéphale à anneaux courts, mais qu'elle échoue souvent contre le ténia armé. Il faut .alors recourir à l'écorce de grenadier. On doit donc surtout Réemployer pour expulser le ténia inerme, le bothriocéphale •ek) l'ankylostome duodénal.
- i^Albers prescrit la diète et un purgatif la veille de l'admi- ^gtration du médicament. On recommande ordinairement la ^àte lactée le premier jour, puis l'extrait éthéré le deuxième
et le troisième jour, et enfin un looch avec une goutte d'huile de croton le quatrième jour.
On conseillait autrefois la tisane de rhizome (60 gr. en décoction dans 1 litre d'eau pendant 1/2 heure) Thuile de fougère (Trousseau et Pidoux), à la dose de 4 grammes en quatre prises à un quart d'heure d'intervalle.
Les feuilles de fougère préservent, dit-on, des affections vermineuses ; on en fait quelquefois des sommiers aux enfants rachitiques.
En médecine populaire, on recommande la décoction de poudre de rhizome (15 à 20 gr. dans 1/2 litre d'eau) contre les oxyures, les ascarides et le ténia.
Dans certaines contrées, on mange lesjeunes pousses comme les asperges. Les Russes emploient le rhizome de fougère mâle pour la fabrication de leur bière.
OSMUNDA REGALIS. L.
(Du latin 05, bouche, munrfare, purifier.)
Syn. : Osmonde, Fougère royale^ Fougère fleurie, Fougère aquatique,
(Fougères.)
Plante vivace de 60 centimètres à 1 m.20,rare dans la Somme «t croissant dans les endroits marécageux. Elle fructifie en juin.
Les frondes sont grandes, à divisions oblongues lancéolées, obliquement tronquées à la base, finement nervées. Les sporanges sont rapprochés en groupes arrondis,en grappes rameuses. Le rhizome est assez gros.
La souche de l'osmonde est tonique, purgative et vulnéraire. On a employé autrefois le rhizome de la fougère royale contre le rhumatisme et la scrofule.
Les empiriques prétendent que cette plante guérit les hernies. Il suffit, disent-ils, d'appliquer sur celles-ci des compresses imbibées de décoction d'osmonde et de prendre, à Tintérieur, une macération de rhizome dans du vinlll
On en préparait aussi un extrait.
Botrychium lunaria, Sw. (Lunaire), et Ophioglossnm vulffatum. L. (Ophioglosse commune, Langue de serpent, Herbe sans couture) étaient autrefois considérés comme vulnéraires»
EQUISETUM ARVENSE. L.
(Du latin eqnuSy cheval, seta^ soie.)
Syn. : Prêle des champs^ Queue de rat. Queue de cheval.
(Equisétacées.)
Plante vivace, très commune dans les champs. Elle fructifie en avril.
La tige fertile, de 15 à 30 centimètres, est simple, brune ou d'un blanc rougeâtre et présente des gaines à huit, douze dents lancéolées aiguës. L*épi est ovoïde oblong. La tige stérile, de 20 à 50 centimètres est ordinairement dressée, elle a des gaines à trois, quatre dents; les ramuscules sont verts,, petits, tétragones. grêles, verticillés.
La proie est astringente, vulnéraire et détersive.On emploie toute la plante en décoction (30 gr. pour 1 litre d'eau) contre les hémorragies, les diarrhées et la tuberculose. On se servait autrefois de cette décoction pour déterger certaines plaies. Quelques auteurs affirment que la prêle es t diurétique et emmé nagogue. Kneipp prétendait modifier le cancer et la carie osseuse par de simples lavages à la décoction de prêle. Il conseillait aussi cette préparation à l'intérieur.
GLAVIGEPS PURPUREA. TUL.
(Du latin clavum, clou, caput, tête.)
Syn. : Ergot de seigle^ Seigle ergoté.
(Champignons.)
L'ergot est un petit champignon qui se développe, dansles années pluvieuses, sur le blé, Torge, l'ivraie, l'oyat et surtout sur le seigle. Il occupe la place du grain.
Il y a quelques années, on ignorait encore la nature de ce petit corps.
Certains botanistes le considéraient comme un grain non fécondé qui s'était développé anormalement, ou bien altéré par l'humidité ou la piqûre d'un insecte. De CandoUe démontra que ce corps était dû à l'envahissement d'un champignon qu'il nomma sclerotium clavus. En effet, l'analyse chimique y décèle la présence des principes des champignons. En 1832, Pries en fait un genre : Spermedia, mais il ne dit rien de sa nature. En 1849, Léveillé et surtout Tulasne élucidèrent la question. L'apparition de l'ergot sur une céréale est précédée d'une substance mielleuse qui agglutine les étamines et les pistils et empoche la fécondation. Léveillé considère cette substance comme un champignon d'une organisation très simple qu'il appela sphacelia segetnm. Lév. L'ergot se développe au sommet de l'ovaire et en détache l'épiderme ; il forme un corps mou, visqueux, d'un blanc jaunâtre. Suivant Tulasne, cette matière gluante est constituée par des sperma-^ lies en suspension dans un liquide visqueux. Elle produit à son centre l'ergot qui est, comme Léveillé l'avait remarqué, un champignon arrêté dans son développement. En effet, si on le met dans un terrain humide, il continue son évolution et devient un champignon avec une tête et un support, ressemblant à un agaric et auquel Tulasne a donné le nom de claviceps purpurea, Tul.
L'ergot présente donc trois états bien disiinGis'Aei sphacélie V ergot et le claviceps. C'est donc un champignon avorté.
11 est d'un brun violet à l'extérieur, quelquefois grisâtre,, d'une longueur de 1 à 5 centimètres, d'une largeur de 2 millimètres, oblong, presque cylindrique, souvent gercé et recourbé, ressemblant assez vaguement à une petite corne ou à l'ergot du coq. Il est ferme et cassant. Sa substance est blanchâtre au centre, rougeâtre vers la périphérie. Sa saveur est acre, son odeur est nauséabonde, analogue à celle de certains champignons, elle est encore plus prononcée quand il est sec. Il dégage une odeur de poisson pourri quand il est humide.
Vauquelin en a fait l'analyse ainsi que Wiggers qui y a
trouvé une huile grasse particulière, une matière grasse, de la cérine, de Vergotine^ de Tosmazôme, du sucre particulier, de la gomme, de Talbumine végétale, de la fongine, un principe colorant rouge, des phosphates de chaux et de potasse.
L'ergotine est un extrait mou, d'un rouge brun. Elle se dissout dans Teau et donne une solution limpide d'un beau rouge. 500 grammes d'ergot fournissent de 70 à 80 grammes d'extrait (Moquin-Tandon). L'ergotine a une odeur de viande rôtie, un peu piquante, ressemblant un peu à celle du blé avarié. Bonjean dit qu'on doit ranger l'ergot dans la classe des narcotiques. Il a administré ce médicament à des chiens qui ont d'abord perdu Tappétit, leur agilité; ils deviennent même quelquefois immobiles, hébétés, leurs yeux sont fixes et hagards, ils poussent des hurlements affreux, plus tard, il se produit des vomissements qui amènent un peu de calme. Chez les coqs, la crête et le jabot noircissent après l'ingestion de l'ergot de seigle ; ils meurent, souvent après une longue agonie.
D'après le même auteur, l'ergot renferme deux principes distincts ; un remède et un poison. Le premier, Yergotine est un extrait mou, l'autre, une huile fixe incolore, très toxique. Bt)uchardat n'admet pas le terme d'ergotine que Bonjean emploie. Il s'applique, dit-il, à un produit complexe, mal défini. Il n'admet pas non plus la séparation rigoureuse du principe toxique et du principe médicamenteux. C'est une ancienne hypothèse ; les recherches physiologiques ont démontré que c'était une erreur. Le poison devient médicament, dit-il, quand on le donne à propos et à dose convenable. Bouchardat avait raison. Le véritable alcaloïde de l'ergot de seigle, Vergotinine a été découvert plus tard.
La composition chimique de l'ergot de seigle est celle-ci : un alcaloïde, Vergotinine, wuq toxalbumine, la sphacélotoxine, une cholestérine, Vergostérine, une huile fixe, du sucre, etc..
Pris à l'intérieur, à petite dose (1 à 2 gr.), l'ergot détermine, au bout de 10 minutes (Olivier Preschott) de la sécheresse de la gorge, des nausées, quelquefois des vomissements, des démangeaisons, de la lourdeur de tête, des vertiges, du délire, de la stupeur, de la dilatation pupillaire, du ralentis-
sèment du pouls, de la pâleur des téguments, de l'augmentation de la diurèse; la sécrétion des glandes salivaires et sudoripares est diminuée ; on observe du délire quand la dose est toxique, c'est alors Vergotisme aigu.
Quand le pain renferme une grande quantité de poudre d'ergot, 1/5 par exemple, il produit une espèce d'enivrement. Son usage continuel amène de l'abrutissement, puis de la gangrène des extrémités ; c'est Vergotisme chronique. On en distingue deux variétés : Vergotisme gangreneux et Vergotisme convulsif. Dans l'ergotisme gangreneux, il y a des fourmillements dans les membres avec refroidissement et insensibilité des extrémités, puis de la gangrène sèche.
On confond quelquefois Tergotisme convulsif avec Fergotisme aigu (Dance). Celui-là se manifeste par une sensation de fatigue, des crampes, des vertiges, des troubles de la vue, des fourmillements, de Tanesthésie et des convulsions qui déterminent la mort.
Le pain épais et peu cuit est beaucoup plus dangereux. Barrier prétend que les individus les plus faibles sont atteints de préférence.
Payan d'Aix et Boudin ont démontré que l'ergot de seigle possède une action excitatrice spéciale sur la moelle spinale. Sa principale propriété est d'exciter les contractions utérines dans le cas d'inertie de l'organe. C'est un puissant hémostatique. Sa durée d'action est d'environ 1 heure à 1 h. 1/2. On l'emploie quand le travail est lent et le col utérin dilaté. Il faut être néanmoins très prudent dans son administration. Ce médicament est surtout utile dans l'hémorragie utérine, puerpérale ou non. On l'a indiqué dans la rétention d'urine (Allier), dans l'anémie : on l'associe alors au fer. Grimaud et Millet administrent aussi ce mélange dans l'incontinence d'urine des anémiques. Hucques, Socquet et Chatin ont recommandé l'ergot de seigle et le perchlorure de fer, dans certains cas d'albuminurie. Tillard le préconise contre la polydipsie. Barbier, d'Amiens, a traité des paraplégiques par l'ergot de seigle.
En administrant l'ergot d'une manière continue, la circulation se ralentit et la pupille se dilatei II peut déterminer
de la torpeur, des vertiges, des nausées et de la fatigue.
On Tadministre en poudre fraîche (1 à 4 gr.), en infusion, en décoction, en huile, en sirop, en extrait, en teinture alcoolique.
On donne Pergotine en pilules, en dragées, en potion, en sirop, en limonade, en injections hypodermiques, en lavements.
Il y a deux sortes d'ergotine : Tune solide, très toxique, dix fois plus active que Tergot, c'est Pergotine de Wiggers^ d'une apparence résineuse, rougeâtre, d'un goût acre et amer ; l'autre, plus connue, est Vergotine Bonjean; elle est beaucoup moins toxique. On trouve encore dans l'ergot de seigle de la propy lamine ou sécaline, qui aurait, dit Wincker, les mômes propriétés que l'ergot, V huile d^ergot^ qui agit aussi sur l'utérus, selon Wright et Pereira. Gubler dit que c'est grâce à ces trois principes: ergotine, propylamine, huile d'ergot, que ce médicament doit ses propriétés convul si vantes.
Uergotinine est le principe actif de l'ergotine, l'alcaloïde cristallisé de l'ergot de seigle. Elle est peu soluble dans l'eau. On la donne sous forme de sirop et surtout d'injections hypodermiques. La dose est de 1 à 5 milligrammes. C'est un très bon hémostatique.
Tout récemment, on a extrait de l'ergot de seigle, un principe actif basique, la cornu tine très recommandée dans la spermatorrhée. On emploie habituellement le citrate de cornutine à la dose de 3 à 6 milligrammes.
STIGTA PULMONAGEÂ. AGH.
(Du grec stictos, ponctué.)
Syn. : S ticte pulmonaire, Lichen pulmonaire.
(Lichens.)
Le thalle est foliacé, membraneux, ordinaire ment plus long que large, dépassant quelquefois 40 centimètres, découpé, à lobes allongés, irréguliers, d'un vert assez foncé, à l'état frais, souvent avec des verrues grisâtres, surtout le long des bords, réticulé et bosselé sur toute son étendue ; à l'état sec, il présente une coloration d'un brun fauve, de jaune chamois. Le
dessous est tomenteux. Les apothécies sont marginales, d'un brun rougeâtre.
La sticte pulmonaire, ainsi que les autres lichens foliacés, contient une assez forte proportion d'oxalate de chaux, ou selon certains auteurs, de lichénate de chaux et de potasse, de la céirarine, du sucre incristallisable, de la lichénine ou amidon de lichen, etc. La cétrarine est solide, incristallisable, inodore, incolore, très amëre, soyeuse, très peu soluble dans Teau, froide ou chaude. Muller Ta conseillée dans la fièvre intermittente : 10 centigrammes dans 2 grammes de sucre en huit paquets; un paquet toutes les deux heures entre les accès. La lichénine est blanche, insipide.
On emploie le lichen pulmonaire comme amer et tonique. C'est probablement à la cétrarine qu'il doit son amertume. Il est très vanté dans la tuberculose. Il ressemble vaguement au tissu du poumon et cette similitude d'aspect est peut-être la cause de son emploi dans les maladies du poumon. Les signatures l'ont certainement recommandé dans ces affections. On l'administre, en infusion (8 gr. pour un litre d'eau) et en décoction (2 gr, pour la même quantité d'eau).
En Russie on remplace le houblon par la sticte pour avoir une bière plus amère.
Peltigera aphthosa. Ach. (Lichen aphteux), Peltigera canina Hofifm. (Lichen des chiens), Cladonia rangiferina. HoflFm. (Lichen des rennes), jouissent des mêmes propriétés.
USNEA BARBATA. L.
(De l'arabe ashnak, mousse.)
Syn. : Usnée harhue.
(Lichens.)
Le thalle est gris, dressé, court, de 2 à 6 centimètres environ, à rameaux nombreux, serrés et minces, les principaux, sont couverts d'excroissances coralloïdes saillantes et de grosses verrues pulvérulentes, élevées et même cylindriques.
Ce lichen a des propriétés astringentes et vulnéraires.
PHTSdA PULVERULENTA. AGH.
(Du grec phuskioriy ampoule, renflement.) Syn. : Phy scie grenue.
Le thalle est cendré pâle ou grisâtre, verdâtre à l'état frais^ étalé, orbiculaire, lacinié, couvert d'une farine blanche ou grise ; ledessus est finement chagriné,les lobes sont plats les laciniures sont plissées, étroites, imbriquées, crénelées fortement fibrilleuses.
La physcie est fébrifuge.
PERTUSARIA GOMMUNIS, var. discoïdea. D. G.
(Du latin pertusus, percé.)
Syn. : Variolaire en disque.
(Lichens.)
Le thalle est blanc ou grisâtre, souvent stérile,pulvérulent,. couvert de sorédies farineuses, tantôt confluentes,tantôt irrégulières, larges ou discoïdes.
La variolaire est très amère. On Ta surtout recommandée contre la fièvre et les névralgies intermittentes, contre les affections vermineuses. On l'administre à la dose de 0. 60 en poudre en une ou deux doses dans un peu de miel. Adolphe de Barreau a constaté que cette plante est très active. On doit la prescrire plus souvent. Elle renferme un principe cristallisable, la picrolichénine (Alms) qui est la base des pilules de variolarine Bouloumié.
FUGUS VESIGULOSUS. LAM ET GAILL.
(Du grec phucos, varech : sous le nom de fucus, les anciens botanistes comprenaient certaines algues.)
Syn. : Fucus vésiculeuXj Varech, Goëmon.)
(Algues.)
Cette plante doit être récoltée à l'époque de la fructification, lorsque les conceptacles s'ouvrent. Après l'avoir recueil-
lie, on la lave à l'eau douce et on la fait sécher rapidement au soleil.De CandoUe dit que ce fucus transsude,lorsqu*ilest sec, une mannite particulière, la physcite^ qui se présente sous forme de petites houppes cristallisées, blanches, nacrées, rappelant un peuFélat soyeux deFasbeste (Phipson, L. Soubeiran). Cette algue est riche en iode. On Ta employée contre la scrofule. On en prépare un extrait qu'on administre encore sous forme de pilules de 25 centigrammes. On donne d'abord 3 pilules par jour et on augmente progressivement jusqu'à concurrence de 24.0nra conseillée aussi contre l'obésité. Duchesne- Duparc recommandait la décoction qui a une saveur piquante, désagréable. La poudre et surtout l'extrait sont mieux acceptés en pilules. La dose d'extrait est de 3à 4 grammes par jour On doit prendre les préparations de fucus le matin. Certaines personnes prennent l'extrait et la décoction pour obtenir un résultat plus satisfaisant.
Ulva lactuca Lam. et Gall. (Ulve laitue), Ulva umbilîcalis, Lam. et Gaill. (Ulve ombiliquée) présentant un tissu de consistance gélatineuse et servent de nourriture à l'homme, dans certains pays.
Gaussm ^2