TYPHA LATIFOLIA. L
(Du grec tiphos, marais.)
Syn. : Massette à larges feuilles, Massue d^eau, Roseau des étangs. Quenouille, Herbe au bedeau, Roseau de la Passion^ en picard de Proyart : Marthieu.
(Typhacées.)
Plante vivace de 1 à 2 mètres, commune dans les étangs et les fossés. Elle fleurit en juin.
La tige est robuste, les feuilles sont larges linéaires, planes et dépassent la tige. Les épis mâle et femelle sont à peine séparés ; le mâle présente des poils blanchâtres, le femelle est longuement cylindrique, épais, d'un brun noirâtre ; le stigmate est lancéolé spathulé et dépasse les poils du périanthe. Le fruit est en fuseau.
On appliquait autrefois, sur les brûlures, les soies des chatons femelles pour remplacer le coton.
Lors de la condamnation à mort de Jésus-Christ, ses bourreaux lui présentèrent par ironie une massette en guise de sceptre, d'où le nom de Roseau de la Passion.
JUNGUS EFFUSUS. L.
(Du IdXmjungere, joindre, attacher : les tiges servent de liens.)
Syn. : Jonc épars, Jonc commun j Jonc à mèche, Jonc creux ; en picard de Proyart : Joing.
(JONCÉES.)
Plante virace, de 40 centimètres à 1 mètre, très commune dans les marais et les endroits humides. Elle fleurit en juin.
La tige est nue, lisse, la moelle est continue ; les feuilles sont réduites à des gaines roussâtres, non luisantes. Les fleurs sont verdâtres, en panicule latérale ; le périanthe présente des divisions lancéolées aiguës ; il y a trois étamines; la capsule est obovale. Le rhizome est horizontal.
On emploie les racines traçantes de ce jonc comme diurétiques. Tous les rhizomes de nos joncs jouissent des mômes propriétés.
LUZULA GAMPESTRIS. DG.
(Du latin lusus^ jouet : ces plantes sont le jouet des vents.) Syn. : Luzule champêtre,
(JONCÉES.)
Plante vivace, de 10 à 30 centimètres, très commune dans les bois et les prés. Elle fleurit en avril.
Les feuilles sont linéaires-étroites ; l'inflorescence est en ombelle et dépasse les feuilles florales ; les fleurs sont brunâtreS; en épis ovoïdes, serrés; les divisions du périanthe sont presque égales.
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On recommandait autrefois cette luzule dans la gravelle.
Les graines ont un goût sucré ; les enfants de certaines régions connaissent bien cette particularité et vont souvent à la recherche d3 cette plante pour en manger les semences.
ERIOPHORUM LATIFOLIUM. HOPPE.
(Du grec cno/i, laine^ pherein^ porter.)
Syn. : Lmaigrette à larges feuilles, Linaigrette commune^ Lin des marais^ Jonc à coton, Jonc à duvet.
(Cyperacées.)
Plante vivace, de 30 à 60 centimètres, assez commune dans les marais et les prés humides. Elle fleurit en mai.
La tige est lisse, à peine trigone. Les feuilles sont linéaires élargies, planes, triquètres au sommet; les épis sont en ombelle, ordinairement nombreux, pendants à la maturité ; les épillets ont des écailles noirâtres ; les soies sont longues de 2 centimètres environ.
On a employé les tiges pilées en application sur les brûlures pour en calmer les douleurs. Dans ce topique, c'est la moelle seule qui agit.
GAREX ARENARIA. L.
(Du latin carere, manquer: épi supérieur ordinairement mâle et manquant de graines, ou du grec cairo, je coupe, ou bien encore de carax, fossé ; plantes à feuilles souvent coupantes, ciroissant dans les fossés.)
Syn. : Laiche des sables, Salsepareille d^ Allemagne. Carrosse.
(Cyperacées.)
Planle vivace, de 10 à 50 centimètres, très commune dans les dunes et les sables maritimes. Elle fleurit en mai.
La tige est dressée, trigone; les feuilles sont assez larges, planes ou canaliculées. Les épillets supérieurs sont mâles,
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les inférieurs, femelles, ils forment une inflorescence en épi serré, fauve, les intermédiaires androgynes; la bractée inférieure à arête fixe dépasse Fépillet ; les écailles sont ovalesacuminées; les utricules sont fauves, bordés d'une aile membraneuse dans la moitié supérieure. La souche est peu profonde, rameuse et très longue.
L^ racine est diurétique. Quelques auteurs croient qu'elle est sudorifique, dépurative et purgative. On falsifie souvent la salsepareille avec les rhizomes de ce carex . La salse^ pareille d^ Allemagne n'est autre que la laiche des sables.
On plante souvent cette cypéracée dans les dunes où elle fixe les sables mouvants à l'aide de ses longs rhizomes rameux.
Les balais dits de chiendent sont confectionnés avec les rhizomes de celte plante.
AVEN A SATIVA. L.
^Du latin aveo, je désire ; plantes recherchées par les bestiaux.) Syn. : Avoine; en picard : Avanne, (Graminées.)
Plante annuelle, de 50 centimètres à 1 m. 50, cultivée en grand pour la nourriture des animaux. Elle fleurit en juillet.
La tige est dressée; les feuilles sont planes, glabres ou pubescente», la ligule est courte, tronquée, la panicule est pyramidale, à rameaux étalés; les épillets sont pendants, très ouverts, à deux fleurs fertiles, non articulées avec le rachis ; les glumes dépassent les fleurs, la glumelle inférieure est bidentée, munie d'une arête dorsale tordue et genouillée. Le fruit est un caryopse.
On conseillait autrefois la décoction de semence d'avoiûe comme diurétique (30 gr. pour 1 litre d'eau). La semence d'avoine décortiquée constitue le graau. On prépare avec celui-ci une décoction (20 gr. pour 1 litre d'eau) qui jouit de propriétés émollientes et analeptiques et qui est indiquée dans la tuberculose. En Bretagne, on en fait d'excellentes
bouillies nutritives pour les enfants, de là, le nom de ^raaa de Bretagne.
La tisane d'avoine est aussi émolliente et résolutive. On employait surtout la farine en cataplasmes qu'on appliquait sur les furoncles et les panaris. On se servait de même de l'avoine pilée. On fait encore aujourd'hui des cataplasmes d'avoine qu'on applique sur les lumbagos et les points douloureux. On la fait cuire avec du vinaigre ou bien on la fait seulement griller.
La farine d'avoine jouit en ce moment d'une grande vogue. Les médecins la prescrivent souvent sous forme de bouillie. C'est un excellent aliment. C'est aussi avec de l'avoine que les Russes préparent leur boisson populaire, le Kwass.
En Angleterre et en Allemagne, on fabrique une bière légère avec l'avoine.
Dans la Somme, on cultive deux variétés principales de V espèce sativa ; Yavoine d*hiver ou (Tautomne et Vavoine du printemps ou de mars. On sème la première en septembre ou en octobre ; la seconde, de février en avril.
PHR AGIOTES GOMMUNIS. TRJN.
(Du grec phragma^ cloison.)
Syn. : Roseau à balais, Roseau des marais, Jonc à balais, Cannette; en picard de Proyart : Ramonette.
(Graminées.)
Plante vivace, de 1 m. 50 à 2 m. 50, très commune dans les marais, aux bords des eaux. Elle fleurit en juillet.
La tige est robuste ; les feuilles sont larges-linéairesaiguës, coupantes; les épillets sont ordinairement noirâtres.
Les feuilles ont un goût sucré et étaient autrefois employées comme sudoriliques.
Dans notre région, on fait des balayettes avec les sommités fleuries.
TRITICUM SATIVUM. LMK.
(Du latin tritum,broyé.)
Syn. : Froment, Blé, Blé tendre,
(Graminées.)
Plante annuelle, de 80 centimères à 1 m. 30, cultivée en grand pour la fabrication du pain. Elle fleurit en juin.
La tige est fistuleuse dans la partie supérieure ; les feuilles sont linéaires aiguës, rudes ; les épillets portent ordinairement quatre fleurs, dont les deux supérieures sont stériles ; les glumes sont ovales et comprimées au sommet. Les fleurs présentent une arête plus ou moins longue. Le fruit est un caryopse.
On employait autrefois, en médecine, Vhuile de blé. Pour l'obtenir, on fait brûler des semences avec un fer chaud et on recueille un produit dont on se servait, en Bretagne, contre les dartres et les eczémas (D' Richer, d'Amiens).
On fait parfois des cataplasmes avec la farine de froment. Le son jouit de propriétés adoucissantes et laxatives. La décoction de son est quelquefois employée en lavements, en bains et en lotions. On l'administre même à l'intérieur.
Un grain de blé est composé, en dehors de l'embryon, de deux parties : une enveloppe et un contenu : amidon et glu^ len. Cette dernière substance est azotée et analogue à celle qu'on trouve dans la viande et le blanc d'œuf. L'amidon occupe le centre de la semence, le gluten, la partie la plus rapprochée de l'enveloppe. On en trouve môme dans celle-ci. Les blés durs en renferment plus que les blés tendres. Par la pulvérisation, le blé donne deux produits, la farine et le son. La farine est constituée par Tamidon et le gluten.
Comme la partie centrale est plus tendre, on a une poudre plus fine, qu'on sépare de l'autre, c'est la fine fleur. On pulvérise ce qui reste et on obtient alors la farine de gruau, moins blanche que la première, mais beaucoup plus nutritive. On mélange ordinairement la fine fleur et la farine de gruau pour avoir la farine ordinaire.
L'enveloppe du grain fournit le son.
La farine de froment est la meilleure pour faire le pain. Le blé est la céréale qui renferme le plus de gluten.
Le pain blanc est préparé avec la fine fleur et la farine de gruau mélangées ; pour le pain bis, on ajoute les farines de gruau de dernière qualité.
On fabrique \epain de luxe, ou de fantaisie ou encore pain viennois avec la farine de gruau de première qualité. Dans le pain au lait ou à la reine, on ajoute du lait. Le biscuit de mer est préparé avec des farines riches en gluten. Le pain complet est préparé avec tous les éléments constitutifs du blé. Il est légèrement laxatif.
La semoule est de la farine de gruau réduite en petits grains. On la retire des blés durs. On en fait des potages très nutritifs et des gâteaux exquis.
Le vermicelle, le macaroni^ les nouilles et les autres pâtes alimentaires en forme de lettres, etc., sont fabriqués avec la semoule.
L'amidon du blé est composé de granules très petits, arrondis, ovoïdes, ellipsoïdes et lenticulaires. On l'obtient en faisant fermenter des farines avariées. On remploie beaucoup en confiserie et en parfumerie.
Le gluten sert à la fabrication d'un pain spécial. Bouchardat faisait préparer ce pain pour les diabétiques avec 80 de gluten, 20 de farine et une petite quantité de levure de bière. Il prescrivait aussi la décoction de gluten (50 gr. pour 1 litre d'eau) dans la convalescence de la fièvre typhoïde, du choléra, etc.
On peut obtenir le gluten en formant une pâte solide avec la farine de blé et un peu d'eau. On pétrit sous un filet d'eau qui ne doit pas tomber directement sur la pâte, jusqu'à ce que Teau sorte limpide. Le gluten est formé de glutine et de fibrine végétale (Bouchardat).
On remploie aussi pour faire des pilules de sublimé corrosif.
D'après Vogel, le pain contient du sucre, de la fécule intacte et torréfiée, du gluten, de Pacide carbonique, de l'acide acétique, de Tacétate d'ammoniaque et des sels.
Veau panée est une décoction de pain. C'est une tisane qui renferme fort peu de principes nutritifs. La croûte de pain contient plus d'azote que la mie (Bouchardat). Cet auteur la conseille légèrement grillée aux diabétiques qui commencent à prendre des féculents.
On se servait autrefois du cataplasme de mie de pain. Quand on le faisait avec du lait, on y ajoutait un peu de carbonate de soude, pour empêcher la formation de grumeaux (Bouchardat).
La mie de pain blanc entre dans la décoction blanche de Sydenham.
On cultive un grand nombre de variétés de blés. Elles peuvent se classer en deux catégories : les blés à épis déponr^ vus de barbes et les blés à épis barbus : ce sont les blés fins. Les blés sans barbes sont ordinairement plus tendres que les blés barbus.
AGROPTRUM REPENS P. B.
(Du grec agrros, champ, puros, blé.)
Syn. : Chiendent, Chiendent rampant. Froment rampant, Laitue de chien.
(Graminées.)
Plante vivace, de 50 centimètres à 1 m. 10, très commune dans les lieux incultes et cultivés, dans les haies, aux bords des chemins. Elle fleurit en juin.
La tige est ordinairement dressée. Les feuilles sont longues, raides, scabres en dessus. L'épi est allongé, comprimé, distique ; les glumes sont lancé(flées acuminées. Le rhizome est longuement traçant.
La racine de chiendent renferme du sucre et de la fécule. Le sucre cristallise en aiguilles déliées (Pfaff). On y a trouvé un hydrate de carbone, la triticine. C'est une masse gommeuse, transparente, insipide.
Avant de faire sécher les racines, il faut les nettoyer et les débarrasser de leur chevelu. On les emploie en décoction
(30 gr. de rhizomes concassés dans 1 litre d'eau, pendant une demi-heure). C'est une tisane très rafraîchissante, adoucissante et, paraît-il, légèrement diurétique, qui est indiquée dans Pascite et les affections de l'appareil génito-urinaire. Oo en prépare aussi un extrait et une bière spéciale.
SEGALE CEREALE. L.
(Du celtique seffal^ de sega, faux, secare, couper.)
Syn. : Seigle ; en picard : Soël.
(Graminées.)
Plante annuelle, de 80 centimètres à 1 m. 50, cultivée en grand. Elle fleurit en mai.
La tige est dressée ; les feuilles sont linéaires, planes, rudes L'épi est oblong ; les glumes sont étroites, subulées.
On prépare, avec la farine de seigle, surtout en Russie et en Allemagne, un pain bis ou noir qui se conserve frais très longtemps. Il est assez nourrissant, rafraîchissant, émoUient et légèrement laxatif.
La farine de seigle est moins blanche et moins nutritive que la farine de froment.
L'eau-de-vie de grains et les alcools du Nord sont obtenus par la distillation des semences du seigle .
On fabrique le pain d'épice avec la farine de seigle et le miel ou la mélasse.
Dans certaines régions, on associe le seigle au blé; ce mélange est le méteil. La farine de méteil est d'assez bonne qualité.