‹ Les plantes oléagineuses, colza, navette, œillette, etcChapitre 26 sur 48 · CHAPITRE V RÉCOLTE ET RENDEMENTS DU COLZA D'HIVER · texte numérisé non relu

CHAPITRE V RÉCOLTE ET RENDEMENTS DU COLZA D'HIVER

16. Maturation. — La maturation du colza, comme celle de toutes les plantes oléagineuses, comporte deux phénomènes différents; un phénomène de transport des matières azotées et des phosphates des divers organes vers les graines ; formation tardive et rapide de Thuile, qui, d'après Dehérain, tirerait son origine d'une assimilation se produisant dans les enveloppes mêmes delà graine.

Le colza est mûr quand les tiges et les feuilles ont pris une teinte jaunâtre, lorsque les semences provenant des premières fleurs sont brunes, noirâtres et libres dans les siliques. Il convient de saisir le moment favorable pour opérer la récolte ; car si elle est faite trop tôt, les graines sont pauvres en huile; trop tard, au contraire, les pertes par égrenage peuvent être considérables. C'est surtout lors des chaleurs prolongées qu'il ne faut par retarder la coupe, car à ce moment les ravages causés par les vents et les orages peuvent être important. Dès qu'on a mis à l'œuvre, il importe de faire toute diligence pour diminuer les risques que court la récolte, aussi bien celle sur pied que celle en javelles sur le sol. Généralement, elle a lieu fin juin, commencement de juillet, dans la région du Nord, fin mai, premiers jours de juin, dans le Sud-Est.

17. Procédés de récolte. — La coupe doit être opérée très rapidement et de préférence le matin ou vers le soir pendant les journées chaudes. Elle se fait à la main au moyen d'une faucille ou d'un couteau à lame de serpette, et les tiges sont réunies en petites javelles sur le sol. La moissonneuse peut être employée dans les cultures serrées et à la condition de faire la récolte un peu sur le vert pour éviter l'égrenagç.

Dans les années favorables les javelles sont laissées sur le sol. Si besoin est, on les retourne après quelque temps et au bout de huit à dix jours le battage peut avoir lieu. Il arrive parfois, surtout si l'on craint les pluies, qu'on réunit les javelles en meulons coniques de 2 mètres de hauteur environ, avec les

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siliqucs à l'intérieur. Pour plus de sécurité on recouvre les menions d'un chapeau en paille de seigle.

Dans certaines régions, on met le colza en meules établies sur un soutrait en paille et couvertes ; on peut ainsi retarder le battage pendant plusieurs mois.

Le plus fréquemment, l'égrenagese fait sur le champ même,

FiG.«8. — Battage Dr colza au fléau.

à l'aide du fléau. On prépare à cet effet une aire nivelée et pourvue d'une bâche sur laquelle on dépose les javelles apportées continuellement par des ouvriers au moyen de civières garnies intérieurement d'un drap, ou tout simplement à l'aide de toiles (fig. 8). Deux escouades d'ouvriers, maniant le fléau, battent sans interruption pendant que des aides, armés de fourches, retournent les tiges ayant reçu un premier choc et enlèvent celles dont l'égrenage est terminé. Lorsqu'il s'est accumulé sur la loile une certaine quantité de graines, on les sépare des siliquesetdes débris de tiges au moyen d'un râteau; on peut au besoin les nettoyer sommairement avec un crible, puis on les ensache pour les transporter à la ferme.

La semence mélangée de siliques est étalée dani un grenier en couches minces qu'on remue souvent, ponrfiviter J*éctiaufïfe-

ment. On n^ la nettoie complètement qu'au moment de la livraison. Les siliques sont souvent incinérées sur le lieu où le battage a été exécuté ; il serait préférable de les rapporter à la ferme et de les- déposer dans un local sain afin de pouvoir les ' mélanger pendant l'hiver aux betteraves divisées en cossettes, ou aux pulpes.

Lorsque le colza est mis en meules, le transport à la ferme se fait au moyen de chariots bâchés ; le battage peut avoir lieu à la machine en prenant la précaution d'écarter fortement le contre-batteur, pour ne pas briser les tiges, et de marcher à une vitesse modérée.

Il convient de ne pas trop prolonger la conservation qui détermine une perte de pcwds d'autant plus considérable qu'elle se prolonge davantage. D'après M. Damseaux*, la freinte après trois mois est de 12 à i5 pour 100; elle peut même s'élever à 25 pour 100 dans certains cas.

18. Rendements. — On admet généralement qu'en terres de bonne qualité et dans les années favorables, le produit du colza dépasse de 2 à 3oo kilogrammes celui du ' froment, par hectare; il est cependant souvent plus chanceux et plus faible.

La statistique de 1906 indique comme rendement moyen à l'hectare, en France, 20 hectolitres ; dans les bonnes cultures on peut atteindre 3o, 35 et 40 hectolitres; dans les armées moyennes on a de 25 à 3o hectolitres. D'après M. Damseaux, le colza parapluie aurait donné, dans les cultures de la ferme de l'Institut agricole de Gembloux, des récoltes de 3700 et même 4800 kilogrammes de graines par hectare ; mais ce sont là des rendements exceptionnels qui sont rstferaent atteints. Le poids de l'hectolitre est de 65 à 70 kilogrammes. La graine de bonne qualité est bien nourrie et de belle couleur noire, la semence récoltée trop tôt a toujours une nuance rougeâtre qui la fait déprécier sur le marché; on dit commercialement qu'elle a du rouge.

La récolte en paille est de 3ooo à 5oco kilogrammes pour les grosses tiges et de Foo à i5oo kilogrammes pour les siliques.

Si l'on admet un rendement de 3o hectolitres par hectare ou de 2000 kilogrammes et un prix moyen de 25 francs le quintal, le produit brut fourni par un hectare de colza s'éRve à 5oo francs.

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