‹ Les plantes oléagineuses, colza, navette, œillette, etcChapitre 27 sur 48 · I. Plantes de grande culture · texte numérisé non relu

I. Plantes de grande culture

CHAPrrRE VI COLZA DE PRINTEMPS

19. Importance. — Le colza de printemps végète très vite ; semé en avril ou mai, il peut se récolter en août ou en septembre, suivant Fépoque à laquelle il a été confié au sol. Son rapide développement permet de l'employer pour remplacer le colza d'hiver détruit par les gelées et même pour occup)er les terres où les récoltes sarclées sont manquées. Il est moins productif que le colza d'hiver, mais il engage par hectare un capital moins élevé. Sa culture est plus aléatoire, car la levée du semis a lieu àl'épf^que de la plus grande activité desaltises.

La statistique ne sépare pas le colza d'hiver du coîza de printemps, aussi est-il difficile de déterminer son importance. On le rencontre çà et là dans les régions à colza, et la surface qui lui est consacrée ne dépasse pas le dixième de celle qui est occupée par la plante oléagineuse.

On cultive en Russie une variété printanière à laquelle on a donné le nom de colza Koubja de Russie ; elle est plus ramifiée, plus productive que le colza de mars ordinaire. Ses tiges sont aussi plus nombreuses.

20. Exigences. — Le colza de printemps exige des terres fraîches et riches; aussi lui préfère-t-on dans ces sortes de sols, des plantes plus rémunératrices, comme la betterave, le lin ou même l'œillette. On évite de le cultiver en terrains légers calcaires ou siliceux, car il redoute particulièrement les sécheresses. Il réclame des terres bien préparées, soigneusement ameublies et fertilisées avec des engrais à décomposition rapide qui mettent à sa disposition des éléments promptement absorbables. Le fumier d'hiver, qui doit former la base de la fertilisation, est complété par du nitrate de soude et du superphosphate employés dans les mêmes proportions que pour le colza d'hiver.

21. Traitement cultural. — Le colza de printemps se cultive toujours en place, de façon à réduire les frais de culture

2k LES PLANTES OLÉAGINEUSES.

au minimum. Les semis se font généralement à la volée en avril ou mai; on recouvre les semences à la herse. Les semis en lignes distantes de 25 à 3o centimètres sont également pratiqués et on doit leur donner la préférence, en raison des avantages qu'ils présentent au point de vue de la facilité des binages à la houe à cheval.

On recommande de faire les semailles autant que possible après une pluie ou par un temps couvert et dans une terre fraîche, afin d'obtenir une germination et une levée rapides, conditions requises pour assurer aux jeunes plantes une plus grande résistance contre les ravages de l'altise.

Après la levée on donne un binage suivi quelques jours plus tard d'un éclaircissage. Dans les semis à la volée on se dispense souvent de biner, et l'éclaircissage a lieu à la herse; mais si cette pratique réduit au minimum les frais d'entretien, elle ne permet qu'un nettoyage imparfait de l'emblavure, et celle-ci souffre visiblement d'un état trop serré et du voisinage des mauvaises herbes. Il est plus avantageux de semer en lignes et de donner les façons d'entretien à la houe à cheval.

La récolte a lieu en août ou en septembre, suivant l'époque des semailles ; elle s'exécute dans les conditions indiquées pour le colza d'hiver, et le battage a lieu de la même façon.

22. Rendements. — Le colza de printemps est moins productif que le colza d'hiver; il rend en moyenne de i5 à i8 hectolitres par hectare. Ce n'est que dans des situations exceptionnelles que ses- produits atteignent 20 et 25 hectolitres. Il faut que le sol soit fertile et l'année un peu humide pour obtenir sur la même surface des produits à peu près équivalents à ceux du colza d'hiver. L'hectolitre de graines pèse .de 63 à 65 kilogrammes ; la richesse en huile ne dépasse pas 3o à 32 pour 100.

Si l'on suppose un rendement de 18 hectolitres: soit io5o kilogrammes, et un prix moyen de 24 francs le quintal, le produit brut par hectare ne dépasse pas 200 francs. En admettant qu'il atteigne 3oo francs dans les conditions les plus favorables, il est notoirement insuffisant dans la situation économique actuelle.

On peut, tout au plus, conseiller la culture du colza de printemps dans les terres médiocres, et encore dans ces conditions lie donne-t-il jamais que des résultats insuffisants.

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