‹ Les plantes tropicales de grande culture, Volume 1Chapitre 20 sur 78 · DESTINATION · texte numérisé non relu

DESTINATION

Avril 1907

Avril 1906

Anvers

New-York

Havre

Nouvelle-Orléans

Hambourg

Rotterdam

Trieste

Londres .

Italie

Divers

Cabotage

Totaux.

5oi 11,425 27,657

Notre port d'Anvers est donc un de ceux qui a le plus bénéficié de ce commerce.

Au Brésil, les caféiers croissent de préférence sur les terrains non boisés, sur les penchants des collines ou sur les plateaux.

Sur ces terrains on plante,, après les avoir débarrassés des broussailles et des arbres, environ 400 caféiers d'un an par acre. La plante ne

commence à produire qu'à l'âge de quatre ans; son maximum de production est atteint entre six et vingt ans, après quoi, la production diminue. Quand les arbres sont âgés de 35 ou 40 ans, il faut généralement renouveler la plantation. Le caféier atteint en moyenne une hauteur de dix pieds et un diamètre de cinq pie^s vers le sommet. Il fleurit et produit une récolte deux fois par an, mais la plus importante est celle qui commence en avril ou mai, et se continue jusqu'en novembre. Les seuls fertilisants employés jusque dans ces derniers temps étaient les feuilles des caféiers, Tenveloppe des graines et les mauvaises herbes, car il est nécessaire d'en débarrasser la plantation. Depuis on a heureusement reconnu que dans cette culture tropicale, comme dans nos cultures tempérées, il est nécessaire de donner de Tengrais au sol, qui s'épuise, et de nombreux champs d'expériences ont été installés dans le but de rechercher les engrais appropriés à cette culture.

Les résultats obtenus sont très satisfaisants et les arbres cultivés en sols fumés ont donné dans certains cas un rendement de 2 kilos 5oo gr. de café.

Au Brésil, un des plus terribles ennemis du caféier est la gelée, qui met parfois l'arbre hors d'état de produire pendant plusieurs années, occasionnant une perte plus grande que celle due aux parasites.

Par suite de la surproduction, la culture du café ne donne plus aux planteurs les bénéfices qu'ils obtenaient dans le temps. De nombreux propriétaires ne parviennent plus, vu le bas prix de la marchandise, à payer les intérêts des sommes qu'ils ont du emprunter; beaucoup ont dû abandonner leurs cultures et vendre la plantation à vil prix.

On a signalé la création d'un « Syndicat allemand » qui a racheté des plantations dans le but de rétablir la culture avec des capitaux considérables.

Pour mettre fin à la crise, les autorités brésiliennes ont réuni un congrès spécial, où ont été discutées les diverses mesures préconisées par les représentants des diverses nations américaines intéressées.

Les principales propositions acceptées par les délégués visent la production, la vente, la consommation et la crise actuelle.

Afin de régler la production, les délégués ont estimé qu'il y aurait lieu pour les gouvernements de faire distribuer aux planteurs des graines de bonne qualité, d'installer des sections expérimentales et d'enseigner aux cultivateurs les méthodes de culture les plus modernes. Au point de vue de la vente, il serait désirable de bien marquer la provenance des produits, de faire une propagande active pour l'usage du café, d'abolir les droits et taxes, de soigner l'emballage et de faciliter le transport. Pour favoriser cette propagande, il y aurait lieu d'installer, dans les régions où la consommation du café est peu intense, des locaux de démonstration, et de prohiber la vente des cafés avariés et falsifiés, ainsi que des succédanés. Les graves questions soulevées par l'étude des raisons de la crise due aux bas prix causés par l'excès de l'offre sur la demande sont plus difficiles à résoudre. On pourrait réussir en supprimant ou en atténuant les droits de douane et de circulation, et en éliminant de la vente et de l'exportation une quantité suffisante pour ramener l'offre à la normale, en conservant en

stock un nombre réduit de sacs, qui ne pourraient être mis en circulation qu'au fur et à mesure de l'écoulement de la marchandise.

Les commissions nommées par le Gouvernement brésilien, à la suiie des diverses conférences, ont donné dans ces derniers temps des avis plus favorables sur l'avenir de la culture.

La culture s'est faite, pendant 1906, dans de très mauvaises conditions; le rendement a été fort, mais les arbres sont affaiblis; les récoltes de 1907- 1908 et de 1908- 1909 ne seront donc pas aussi considérables que celles des années précédentes, et il est probable que la quantité des produits à exporter ne dépassera pas grandement 5, 000, 000 de balles, ce qui ferait remonter la valeur de la marchandise.

Il faut noter cependant que les progrès dans les méthodes de culture, que Ton applique maintenant plus ou moins rationnellement dans la plupart des plantations brésiliennes, pourraient faire augmenter assez rapidement la production.

Mexique. — La culture du caféier a fait, dans ces derniers temps, d'immenses progrès au Mexique, et le café est devenu pour ce pays un produit d'exportation, mais il pourrait être recueilli en bien plus grande quantité encore. On prétend que certains cafés mexicains valent les meilleurs mokas; d'ailleurs, les cafés de ces régions, qui s'écoulent généralement aux États-Unis, y sont très estimés et obtiennent des prix supérieurs aux cafés brésiliens.

L'État de Michoacan produit le café Uruapam, le plus estimé. Les autres États producteurs sont : Cordoba, Coatepec, Huatusco, Huatecas, Sierra, Tlapacoyan, Atzalan, San- Rafaël, Oaxaca, Miahuatlan, Pluma- Hidalgo, Pacifico, Coluna, Soconusco, Tapachila; les valeurs des produits ont atteint, dans ces derniers temps sur le marché du Havre :

Ordinaire de 48-55 francs les 5o kilos.

Classé de 52-57 >» » y*

Lavé de 58-8o i» » »•

L'augmentation de la production peut être mise en évidence par les chiffres de l'exportation mexicaine indiqués ci-dessous :

KILOS

États-Unis. . .... 4,534,300

France 459,400

Allemagne 453,800

Angleterre 192,500

Espagne 106,200

Totaux . . . 5,748,200

PIASTRES (i;

KILOS

PIASTRBS

2,6io,8o5

IIO.216

(i) La piastre mexicaine vaut 5 fr. 40.

Quatémala. — La culture du caféier donne d'excellents résultats au Guatemala, tant sur la côte que vers Tintérieur des terres; commencée il 3^ a un peu plus d'un siècle, elle a été admirablement continuée.

On prétend que, dès l'âge de deux ans, les caféiers sont capables de produire plus de I kilo de graines par an. La grande raison qui empêche le développement de cette culture est la rareté de la main-d'œuvre.

Déjà en 1890. on comptait une exportation de 82,200,000 kilos de café; en 1903, le café, qui est devenu le produit principal de l'exportation, atteignait une valeur de 7.740,231 pesos or.

En 1904, la production totale s'est élevée à 811,807 quintaux (quintal de 46 kilos 02) représentant une valeur de 20i,383,55i piastres.

Le tableau ci-dessous, publié par M. Steplian, permet de se rendre compte de l'importance de cette culture dans le pays.

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