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NOIX DE COLA

Heckel et Schlagdenhaufen

Matières grasses . .

» protéiques .

Théobromine . . .

Caféine

Huile essentielle . .

Résine

Sucre

Amidon

Gomme

Cellulose ....

Matières colorantes .

Matières extractives.

Tanin

Cendres

Eau

o,585 6,761 0,023 2,338 mm détenu.

(i) « Rouge de cacao ».

(2 et 3) Chlorophylle.

(4) « Rouge de Cola » ou « Kolanine ».

En examinant ce tableau, on est frappé de la différence notable qui existe entre les quantités de matières grasses de ces produits. Les matières protéiques sont en plus grande quantité dans le cacao et le café que dans le cola, ces deux premiers produits sont donc beaucoup plus nourrissants que le cola; et celui-ci est deux fois aussi nourrissant que le thé.

L'huile essentielle est en très faible proportion dans le cola; elle se développe par la torréfaction.

Certains principes actifs existent cependant dans les feuilles du colatier, mais ils disparaissent avec Tâge; les recherches de M. J. Dekker,

ont pemils de déceler dans les feuilles jeunes 0,049 P- c- ^^ caféine et 0,101 p. c. de théobromine; les feuilles âgées n'en renferment plus que des traces, ce qui avait fait croire à l'absence d'alcaloïdes dans ces parties du colatier.

Si les noix de cola qui donnent en Afrique des résultats certains comme toniques, suspendant la faim et empêchant l'essoufflement, ont produit chez nous des effets relatifs, et ont été souvent abandonnées par les médecins, cela tient surtout à ce que le fruit, base de toutes les préparations officinales, est employé sec, et qu'à cet état la noix de cola perd la plus grande partie de ses propriétés.

La dessiccation de la noix détruit, en effet, un ferment ou koloxydase, et les combinaisons normales de caféine et de théobromine, primitivement solubles, sont transformées en produits insolubles, inutilisables par l'organisme. Cette « koloxydase » a été signalée en 1896 par le docteur Caries, et c'est grâce à elle que les fruits brunissent par la dessiccation.

Quant à la « Kolanine », ce serait, d'après le même auteur, la combinaison naturelle et entièrement soluble des alcaloïdes ; elle se trouverait, dans toute son intégrité, uniquement dans les fruits frais et sains. Cette « Kolanine » ne paraît pas être tout à fait analogue « au rouge de cola » de Heckel; le doctei^r Caries put la retirer du fruit à l'état stable après avoir porté la noix fraîche à 75 degrés.

Il résulte de toutes ces recherches, que pour obtenir en Europe, avec le cola, les effets obtenus par les nègres d'Afrique mastiquant les noix fraîches, il fallait trouver un moyen de préparer le cola dans son intégrité de façon à avoir dans la préparation, non seulement la « kolanine vraie », mais encore la « koloxydase », les phosphates de chaux, de potasse et de fer contenus dans la noix. Ce résultat peut être obtenu en employant des préparations à base de sucre et de vin. La préparation la plus recommandée il y a quelques années était une pulpe formée de parties sensiblement égales de fruits frais et de sucre; cette préparation ne redoute ni l'air, ni la chaleur, et le sucre, aliment respiratoire, ajoute à la valeur du médicament.

L'extrait de noix de cola fraîches mélangé au lait constitue une boisson des plus rafraîchissantes; M. Bernegau, médecin allemand ayant résidé au Cameroun, conseille-t-il vivement l'usage de ce liquide.

Des recherches, instituées récemment par MM. Chevrotier et Vigne, mènent à des conclusions un peu différentes, de celles exposées plus haut, au point de vue de la constitution des graines du colatier. Ces auteurs ont retiré de la noix de cola un tanno-glucoside soluble qui contient, lui, la totalité de la caféine contenue dans la noix, mais ils n'ont pas retrouvé le produit que M. Goris avait désigné sous le nom de « Kolatine ». Ce serait ce composé tanique qui agirait sur l'organisme avec l'huile essentielle, les noix sèches devant leur activité simplement à la présence de la caféine. Dans le dernier cas la caféine agit seule; dans le premier cas les effets obtenus sont notablement supérieurs à ceux que pourraient déterminer les faibles quantités de caféine ingérées.

MM. J. Chevalier et A. Goris sont revenus depuis peu sur la kolatine, qu'ils considèrent comme un produit cristallisable, que ses réactions

classent dans le groupe des tanins. Cette kolatîne est intimeraenf liée dans la noix fraîche, à la caféine et forme avec elle une combinaison soluble dans Teau. lâche, disparaissant lors de la dessiccation et jouant un rôle important dans la production du produit très complexe appelé rouge de kola.

La kolatine isolée par MM. Chevalier et Goris est un corps de la formule C^H*®0*, cristallisant en aiguilles fines, s'oxydant dans certaines conditions en donnant une poudre rouge insoluble, le rouge de cola. Cette kolatine dissout la caféine comme le benzoate et le salicylate de soude, mais en plus faible quantité.

Pour l'extraire, on opère, d'après M. Goris, comme suit : les noix sont rincées et jetées immédiatement dans de Talcoolà gS^ bouillant, Tébullition du liquide est maintenue après la dernière addition pendant une demiheure. On recueille le liquide alcoolique et les noix de cola, dans lesquelles les ferments ont été détruits, sont pulvérisées et épuisées à deux reprises par de l'alcool. Les solutions alcooliques sont distillées dans le vide après filtrage, jusqu'à consistance sirupeuse et sans carbonate de chaux, et introduites dans une ampoule à décantation. On décante et on continue l'épuisement par le chloroforme jusqu'à ce que ce dernier ne se colore plus en jaune. Au bout de quelques jours, en présence d'un excès de chloroforme, on voit apparaître des cristaux et, rapidement, le liquide se transforme en entier en une masse cristalline. Il ne reste plus alors qu'à laver et à faire recristalliser la kolatine.

Les noix fraîches renfermant jusqu'à 60 p. c. d'eau, M. Goris a été amené à préparer des noix stérilisées dont la composition est identique à celle des noix fraîches; il suffit pour cela de chauffer la noix pendant 10 minutes à io5o à l'autoclave, à sécher et à pulvériser.

La poudre de noix de cola stérilisée donne i5 grammes par kilog. de substance de la combinaison kolatine-caféine ; la noix contenant 5o à 60 p. c. d'eau, ce sont donc 6 à 7,5 grammes p. c. de ce composé dont on peut tirer environ la moitié de kolatine.

L'extraction de la kolatine de cette poudre stérilisée se fait par épuisement à l'alcool à 800 à chaud, ou mieux à froid, par lixiviation, on distille dans le noir et on termine l'opération comme nous l'avons exposé plus haut.

Déjà, il y a bien des années, M. le professeur Bougnelet avait proposé le traitement des noix fraîches par l'alcool à gS**, mais ce procédé n'a pas donné satisfaction : il ne donnait d'ailleurs pas, ce qui était très désirable pour l'usage pharmaceutique, une poudre de cola active.

Par stérilisation à l'autoclave, dessiccation et pulvérisation, on obtient, par contre, une poudre qui peut s'employer en cachets, tablettes, etc.

Pendant la stérilisation, les graines blanches restent blanches, sauf une légère teinte rougeâtre de surface; les graines rouges deviennent violettes.

La kolatine de M. Goris est peu toxique; elle peut être injectée par voie intraveineuse, à la dose de i gramme par kilogramme d'animal, sans déterminer d'accident grave. Contrairement à la caféine, Taction de cette substance est nulle sur la contractilité musculaire, sur le système nerveux central. Son action ne se traduit pas par des phénomènes réaçtionnels marqués, et note seulement une période d'hyperexcitabilité assez prolongée.

Chez la grenouille, Tinjection de la kolatine dans les sacs lymphatiques dorsaux (o gr. oi pour un animal de i5 grammes) détermine une augmentation rapide de Ténergie systolique et une légère accélération des mouvements cardiaques; le cœur s'arrête sans présenter d'irrégularités du rythme. Chez les animaux à sang chaud, l'injection intraveineuse de la kolatine détermine un ralentissement léger des contractions cardiaques, une augmentation de leur énergie et une légère augmentation de la pression sanguine.

La mise au commerce des préparations à base de kolatine, de la noix stérilisée et de la noix fraîche, diminuera petit à petit la consommation de la noix séchée sur place d'après l'ancien procédé, et qui est, d'ailleurs, presque sans action au point de vue thérapeutique.

C'est donc indiscutablement à la présence d'un composé, détruit par la dessiccation, que la noix de cola doit son action particulière, car la teneur en caféine varie peu, comme le démontrent les analyses faites à Londres et rappelées plus haut.

Il résulte, en outre, des constatations de tous les auteurs qu'un cola sec de quelque valeur, mais jamais comparable au cola frais, doit présenter l'ensemble des caractères suivants :

I** Ne pas avoir d'odeur, surtout nauséabonde ;

2° Avoir une saveur astringente et légèrement amère, puis sucrée;

3«» Être extérieurement de couleur rouille ou marron, plus pâle sur la face conimissurale que sur la face externe ;

40 Ne présenter aucune tache, ni blanche, ni noire, sur les deux faces;

5» Présenter un tissu résistant, cassant, sec, ne se déprimant pas sous la dent;

60 Ne montrer aucune trace de piqûre d'insecte. On peut encore ajouter que le cola à cotylédons multiples est de moins bonne qualité que le cola dicotylédoné. Mais le plus sûr moyen de juger de la qualité du produit sec est de se rendre compte de sa teneur en alcaloïdes.

Le producteur aura toujours, s'il ne peut préparer sur place une poudre stérilisée, grand avantage à essayer de faire des expéditions de fruits frais et de mettre ses graines en conserve dans l'alcool ou dans le sucre, qui détruisent les ferments, empêchant ainsi en grande partie la discoriation très facile de l'association kolatine-caféine.

D'après M. Bemegau, le bois des rameaux du colatier renferme une substance astringente et est, pour cette raison, souvent utilisé en décoction dans les maladies de la gorge. On prétend également que de l'eau bouillie avec ce bois prend un goût excellent, même quand cette eau est croupissante, le bois posséderait donc des propriétés désinfectantes.

Nous n'avons pas à insister sur l'importance de la noix de cola au point de vue médical ; il faut cependant signaler que l'abus de la cola, sous l'une

ou l'autre form , peut déterminer des accidents toujours légers, tel pa exemple des palpitations et de l'insomnie.

D'après certaines recherches, la plante peut avoir de l'intérêt, non seulement dans le domaine médical, mais des industries peuvent en lirer parti.

M. Bernegau croit, en effet, que l'enveloppe des graines, dont Todeur rappelle celle de la rose Maréchal Niel, pourrait être employée en parfumerie.

Le Cola acuminata peut aussi être employé comme matière tinctoriale ; le capitaine Binger a vu faire dans le Niger des étoffes en fibres d'ananas teintes en rouge par le cola.

Outre les fruits, le colatier donne un beau bois rougeâtre pour le tournage et la grosse charpente ; il est dur et un peu difficile à travailler.

Malgré les nombreux travaux publiés sur la question, il reste, comme on le voit de nombreuses lacunes à remplir; il est à souhaiter que les recherches entreprises en Afrique par M. Aug. Chevalier, permettront de faire sur cet objet une monographie complète qui lèvera tous les doutes.

On a encore voulu parfois préconiser l'emploi des colatiers comme arbres d'ombrage pour le caféier et le cacaoyer. On avait espéré que, grâce à sa racine pivotante, la plante pourrait puiser sa nourriture profondément dans le sol et n'aurait nullement empêché le développement des plantes abritées, et qu'outre un ombrage elle aurait donné un produit accessoire loin d'être sans valeur. Malheureusement, l'expérience a démontré cette association néfaste pour le caféier et le cacaoyer; en même temps que des racines profondes, le colatier peut produire des racines superficielles, celles-ci drainent le sol jusque 1 5 et 20 mètres du tronc, épuisant la couche superficielle. En outre, le feuillage de cette essence est très épais et, comme il persiste longtemps, il n'enrichit pas la couche superficielle en humus, comme le font la plupart des légumineuses.

Le cola arrivant sur les marchés d'Europe est parfois adultéré, soit accidentellement, soit intentionnellement, par d'autres graines. Parmi celles-ci, les Prof. Heckel et Schlagdenhaufen citaient le Gamma Kola, employé sur place au même usage que le vrai cola.

Si l'on mâche ces graines appelées « cola mâle » ou « cola bitter » , on perçoit une saveur fortement amère, astringente et aromatique, mais la mastication n*est suivie dauciiiie excitation, ni d'aucun surcroît de forces.

Si le fruit du Garcinia kola n'est pas excitant et si ses propriétés aphrodisiaques sont très discutables, on lui assigne la propriété bien curieuse de guérir radicalement les rhumes en moins de 24 heures. La mastication de quatre ou cinq de ces fruits suffit pour une guérison.

On a indiqué également parmi les plantes dont les fruits se sont trouvés mélangés au vrai cola, le Pentadesma butyracea. C'est la plante qui fournit

le « beurre de Kanya »; elle ne contient aucun des principes chimiques caractéristiques de la vraie noix de cola.

Dans les colas frais, provenant de Zanzibar, où la culture du colatier est introduite depuis un certain nombre d'années, on a trouvé des graines à'Heritiera îittorafis (Sterculiacée). Le goût de ces graines se rapproche beaucoup de celui des colas, mais, au point de vue chimique, il n'y a aucune analogie de composition entre ces deux fruits, car, pas plus que le Pentadesma et le Garcinia, VHeritiera ne renferme de la c kolanine >) .

Outre ces principales graines parfois mélangées aux colas, M. Heckel b reconnu dans des envois arrivés à Marseille, la présence des graines du Physostigma venenosum Balf., plante très vénéneuse renfermant de \2i physostigmine; cette graine sera facile à reconnaître : elle est plate, assez semblable à nos fèves, ce Physostigma étant d'ailleurs une légumineuse.

On a parfois aussi rencontré dans des envois de colas de petits fruits de cocotiers.

Le Napoleona imperialis, une des belles plantes introduites dans nos serres, fournit des graines qui ont aussi été signalées dans les envois de colas. Ces graines, par suite de la présence de « saponine », devraient être soigneusement écartées; cela est heureusement aisé, grâce à leur forme en haricot.

Indépendamment des graines de plantes appartenant à d'autres familles, il se glisse parfois, dans les envois de colas, des graines d'espèces du même genre que l'analyse a montrées inertes, ne renfermant aucune trace d'alcaloïdes. On peut citer parmi celles-ci : Cola digitata Mast., Cola gabunensis K. Schum., C. sphaerospcrma Heckel.

On ne peut donner de nombreuses statistiques de production et d'exportation de ce produit, car, nous l'avons vu, la culture ne se fait pas encore sur une grande échelle; le grand commerce du cola se fait en Afrique, sur place, ou par les frontières internes entre les diverses colonies; il est donc facilement soustrait à une vérification.

La Guinée Française a exporté en colas :

1900 168,552 kilos.

D'après les données de M. H. Fillot, la plupart des colas consommés en Afrique occidentale Française proviennent des Colonies Anglaises, et cependant la Guinée et la Côte d'Ivoire pourraient produire des colas en quantité.

Valeurs par mer

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