POURRIS
Bananes . . . .
emballés . . .
sans emballage.
Bananes-pommes .
emballées . .
sans emballage.
Bon état signifie, vert ou mûr. Certes, le fait de bons résultats obtenus par l'emballage est connu, mais il est utile de faire ressortir, que Ton ne pouvait guère observer de différence dans les résultats avec les divers modes d'emballage : ouate, papier et feuilles de bananiers ou feuilles de bananiers seules. Si les résultats de cette expérience peuvent être considérés comme constants, il y aurait là pour le planteur une économie sérieuse de temps et d'argent à réaliser.
Les régimes provenant de ces expériences ont été estimés à 2.5o, 3 et 4.5o florins, prix relativement peu élevé, si on le compare à celui de 5 et 7 florins que Ton paie en Hollande pour les bananes de Madère arrivant sur le marché via Liverpôolou Londres; mais M. van Hall fait remarquer que ces derniers régimes K)nt à 9 ou 10 mains, ceux qui ont servi aux expériences avaient souvenjt 6 ou 7 mains seulement; il y a d'ailleurs encore un droit d'importation de 5-p, c. sur lequel il faut tabler.
Le fait intéressant de ces expériences, c'est que dans des conditions de transport plutôt défectueuses, on peut, en cueillant avant maturité et en ' emballant les régimes avec soin, expédier des bananes à de grandes distances, sans avoir trop de pertes.
Parmi les nombreux usages du Musa, on cite Temptoi des inflorescences et de la portion interne des tiges comme légumes bo.uillis. et celle des cendres de feuilles et de l'écorce du fruit comme assafeonnement ; aux Indes, ces cendres sont aussi souvent employées en teinture. Les écorces du fruit peuvent également servir pour le tanage : elles r«pnferment une forte proportion de tanin qui communique au cuir ou aux tissus une coloration noire presque indélébile. \
Les feuilles servent dans la couverture des maisons, on è^ tisse des nattes, on en bourre les literies. Les débris de feuilles et de g^nes sont une excellente matière première pour la fabrication du papier. La vsurface des feuilles du bananier est enduite d'une cire végétale que l'on peut s^arer.
Récemment M. F. M. Bailey, botaniste colonial du Queensland, )^ fait voir que le rhizome d'un bananier de Nouvelle-Guinée est mangé parMes indigènes sous le nom de « Akarela ou Bayana ». Le rhizome des jeunes plantes est bouilli, celui des vieux plants rôti On va essayer de transX porter la plante au Queensland.
Les feuilles des bananiers peuvent encore servir de fourrage et dans les Indes elles sont très usitées pour nourrir les éléphants quand les herbages viennent à manquer.
A Madagascar, on a également fait des essais sur la valeur des feuilles du bananier dans l'alimentation, et en particulier dans celle du porc; les tiges coupées, sectionnées en tranches sont, après ébullition et refroidissement, données aux animaux. Porcs et poules sont très friands de cet aliment; en cas de disette de fourrage les poules dévorent même les bananiers sur pied.
Le bananier, d'ailleurs, est devenu la nourriture habituelle des porcs dans certaines régions, en particulier en Indo- Chine et dans les pays voisins; les stipes après floraison et fructification sont préparés pour les nourrir.
Dans ces derniers temps, on a également parlé de la présence dans le suc du bananier comestible d'une substance identique au caoutchouc. M. Sack, de Paramaribo, trouva dans le suc 96,7 p. c. d*eau et 4,3 p. c. de matière solide, dont 3,9 p. c. étaient constitués par du caoutchouc; sa coagulation s'obtiendrait le plus facilement par ébullition. Cette analyse devrait être reprise : la présence de caoutchouc chez les Musa n'est pas impossible. Un chimiste allemand serait arrivé à peu près au même résultat; il aurait découvert un procédé pour obtenir un caoutchouc à l'aide de la banane? Ce procédé a été patenté en 1896 et serait l'invention de M. O. Zurcher, attaché dans le temps à une plantation de tabac de M. Evelyn-Elles. à Montpellier, Jamaïque.
Cette découverte mériterait à son tour d'être confirmée bien qu'il semble se trouver dans la banane trop peu de caoutchouc pour rendre l'extraction rémunératrice.
Fleurs et écorces de fruits entrent également, particulièrement aux Indes, dans la préparation de divers aliments.
Musa ou Bananiers à fibres
Les fibres textiles peuvent se classer en trois groupes dont les types principaux sont :
i® Coton, fibres de 1 2 à 25 millimètres de long, provenant des soies de graines; 2^ Fibres simples ou fibres corticales : lin, chanvre, jute, de o"^25 à 2™5o
de long, constituées par les fibres de la couche corticale interne; 3® Fibres plus raides provenant des feuilles ou de leur gaine : chanvre
de Manille, sisal de Maurice, chanvre de Nouvelle-Zélande et Ixtle.
On connaît l'importance industrielle du Musa textilis dont les fibres constituent le chanvre de Manille; son introduction au Congo et son acclimatation peuvent donc avoir une importance commerciale considérable.
La récolte et l'exportation du chanvre de bananiers constituent une des industries principales des Philippines et des Célèbes et, depuis quelques années cette plante a été introduite dans beaucoup de colonies, où. contrairement aux anciennes opinions, elle peut se développer facilement.
« Chanvre de Manille » est le nom généralement employé par les négociants anglais et américains pour désigner ce produit et le distinguer des autres fibres; dans les Philippines, cependant, on ne le considère pas comme un produit de Manille et des environs; il est principalement préparé dans les îles du Sud et est appelé « abaca » .
Vers 1800, le Gouvernement espagnol avait envoyé une mission d'études dans les îles du Sud et dans Bornéo-Sumatra; cette mission signala que l'industrie néerlandaise tirait un sérieux parti des fibres d'un bananier semblable à celui délaissé aux Philippines. A la suite de cette mission, on organisa aux Philippines la culture des Musa textilis; des
primes furent accordées aux provinces qui donnaient les meilleurs résultats; et, en une quinzaine d'années, on put déjà livrer, à Manille, un chiffre élevé de tonnes de filasse. A partir de 1820, le commerce du chanvre de Manille se régularisa. Partout où c'était possible, on établit des plantations: chaque année le développement progressa; et jusqu'à l'insurrection, commencée vers 1895, terminée en 1898, à la suite de l'intervention américaine, le chanvre de Manille fit prime sur les marchés de Londres et d'Amsterdam avec des demandes croissantes.
D'un autre côté, on prétend que la découverte de l'abaca aux Philippines est due à un Père Franciscain, Pedro Espallargas, de Camarines, il aurait, en i656, avec l'aide des indigènes, fabriqué les premières cordes d'abaca et incité les indigènes à faire la culture de cette plante; il serait même l'inventeur de l'appareil très primitif encore employé de nos jours pour défibrer les gaines foliaires du Musa textilis.
En tous cas. la culture de l'abaca étant devenue à Manille une culture populaire et nationale, les indigènes conservaient précieusement le produit. Les étrangers ne pouvaient se procurer ni graines, ni plants, et bien qu'aucun ordre officiel n'eût imposé aux habitants la défense d'en vendre, il semble qu'il y ait eu tacitement des prescriptions sévères à ce sujet, à en juger par le soin qu'apportaient les planteurs et les directeurs de maisons d'exportation à ne divulguer aucun renseignement sur la culture de ce Musa, et à ne céder aucun des éléments capables d'en permettre ailleurs la culture.
Cela se comprend, car l'abaca avait donné aux Philippines une telle prospérité que, malgré une consommation sans cesse augmentée et exigeante, il présentait pour de longs siècles une garantie de richesse et de bien-être général. Les maisons étrangères, installées à Manille, étaient également intéressées à disposer seules de la production, car des essais couronnés de succès dans d'autres régions pouvaient enrayer dans l'avenir leurs opérations commerciales.
Les fibres du Musa textilis ou abaca peuvent servir à divers usages. Outre les câbles, si renommés, dont on se sert dans les mines et sur les navires et qui constituent la principale utilisation du chanvre, il convient de citer les tissus plus ou moins fins, et les chapeaux pour dames confectionnés par les indigènes. I-es Philippins montrent une réelle aptitude à ce genre de travail, et malgré les méthodes rudimentaires de tissage et les machines primitives, ils arrivent à produire des tissus relativement fins. La femme seule travaille au métier, et actuellement, la grande industrie ne fait pas encore de concurrence, on ne trouve pas, aux Philippines, de métier mû à la vapeur. Les meilleurs tissus proviennent des provinces d'Albay, Camarines, Tayaboa et Iloilo.
On appelle u Sinamoy », les tissus faits uniquement au moyen de fibre de chanvre ; on en fait des vêtements qui, tout en étant un peu rugueux, se vendent facilement, vu leur prix peu élevé, leur fraîcheur et leur grande solidité.
Le (( Titiampipi » est aussi un produit du chanvre plus soyeux que le « Sinamay ». Une pièce de tinampipi de 5 yards de longueur vaut deux dollars américains, le Sinamay ordinaire coûte o.5o dollar. On con-
fond souvent le tinampipi avec le « pina » tissé au moyen de fibres extraites de Tananas.
Les déchets de la fabrication du chanvre de Manille ont aussi leur utilité; comme ceux de la séparation de toutes les .fibres textiles ils sont recherchés dans les manufactures de papier.
Le Musa textilis se développe le mieux sur les côtes des îles de TOcéan Pacifique. Luçon fournit, d'après les experts, la meilleure qualité et la plus grande quantité de fibres.
Fig. 52. — Groupe de Musa textilis Née,
DANS LES JARDINS DE LA MiSSION DE BeRGKYCK SaINT-IgNACE.
La culture en grand de l'abaca est, encore de nos jours, confinée aux Philippines, dans les districts où la chute d'eau est forte, mais uniformément répartie, et où règne une humidité atmosphérique considérable. De grands espaces de terrains ne se trouvent pas, à Manille, complètement dans ces conditions, mais ils pourraient convenir, et Ton cherche à les rendre propres à cette culture au moyen de l'irrigation. Le Musa textilis ne peut vivre en sol constamment humide ; un sol sec à humidité superficielle considérable est propice pour sa culture. Trop d'humidité, comme d'ailleurs une trop forte sécheresse sont néfastes pour cette plante. Il en est
de même d'un sol trop riche, il pousse à la formation de feuilles au détriment de la quantité de fibres et de leur résistance. Nous reviendrons d'ailleurs, sur les conditions de cette culture. Comme on Ta dit, très justement, la méconnaissance des conditions de culture a fait échouer
Fig. 53. — Fruit, graines et fleurs du Musa textilis Née.