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Kipîenzi. à 8 ou 9 mains de 11 à 12 fruits

A Zanzibar, on a noté également un certain nombre de variétés de bananes qui n'ont pas encore été étudiées au point de vue de leurs caractères.

• On peut les classer en trois catégories :

Grandes bananes : Mkono wa tembo, Mzuzu, Mchijna danne. Moyennes : Mjenga mana, Mjenga tongo, Milali mana, Muhalihali, Paka, Haotwa. Courtes : Sukari, Kiguruwe, Kipukusa, Mzuzu Kichaazi, Kizungu chensi, Kizungu chekundu. Mgazidja, Kikonde, Inkari bungala, Pute.

Les variétés les plus méritantes sont :

Bananes â cuire : Mkono wa tembo, Mzuzu, Mjenga mana. Bananes à cuire et de dessert : Mjenga tongo, Paka. Bananes de dessert : Inkari, Kizungu, Kipukusa.

Mais la culture n*a guère été faite en grand; le bananier est employé principalement comme culture accessoire.

A Zanzibar, le bananier sert comme ombrage dans les autres plantations.

On cite aussi un mode très particulier de maturation des bananes employé dans cette île. Les régimes coupés avant maturité sont enterrés dans des trous creusés dans le sol et dans lesquels on a fait un feu pour détruire tous les organismes. Au bout de cinq jours, les fhiits sont mûrs; il aurait fallu dix ou douze jours pour obtenir le même résultat en suspendant les régimes à Tair.

A Maurice, à Madagascar, aux Comores, on a signalé également un très grand nombre de variétés cultivées depuis assez longtemps. Plusieurs paraissent avoir été introduites. Jusqu'à ce jour, des essais ne semblent pas avoir été faits en grand à Madagascar pour pousser la culture de cette plante fruitière. On cite également à Madagascar des bananiers textiles dont l'étude n'a pas été commencée.

Des enquêtes, comme celles instituées par le Kolonial Wirtschaftlichen Kamitee, de Berlin, pourraient être entreprises avec un grand bénéfice dans toutes les colonies africaines; elles feraient ressortir, en effet, la valeur de certaines variétés indigènes et mettraient sur la voie du sélectionnement.

L'alimentation des marchés européens en bananes était assurée principalement dans ces dernières années par les Canaries et Madère; l'Amérique est depuis peu entrée en ligne et on expédie actuellement à Londres des bananes des Antilles.

Vers 1886, les premiers apports sérieux de bananes furent faits à Liverpool par les bateaux de la firme Elder, Dempster et C®; le trafic a considérablement augmenté, mais les Canaries et les îles Madères paraissent avoir atteint leur maximum de production et, comme la demande est croissante, il n'y a donc pas à craindre une surproduction.

L'Angleterre est le pays d'Europe qui consomme la plus grande quantité

de bananes. En 1900, la première année où dans les importations on spécifia ce fruit, l'importation comportait :

Régimes 1,289,442

Ce chiffre passa en 1905 à :

Régimes 5,737,914

Cette quantité va croissant et marche de pair avec une diminution du prix devante; Timportation en 1906 dépassera 6,000,000 de régimes.

Fig. 5i. — Une Bananeraie a Madagascar.

(Cliché Prudhomme ; P. Hubbkt, Le BanoMier.)

La moyenne des importations (1903-1905), soit 4,245,314 régimes se répartissait comme suit, au point de vue de la provenance :

Iles Canaries 2, i5i, 256 régimes, soit 5o p. c.

Costa-Rica 1,288,570 » » 3o,3 »

Indes occidentales Anglaises . . 792,891 » » 18,7 »

Total. . . . 4,232,717 régimes.

Le reste, soit 12,597, provenait d'autres pays producteurs.

Mais il ne suffit pas de produire des bananes, il faut encore savoir comment les exporter et comment les amener en bon état sur les marchés européens ou américains.

La valeur de la marchandise dépend aussi, et grandement, des soins apportés dans la manutention au pays d'origine. Les grandes compagnies de transport améliorent constamment l'aménagement de leurs bateaux et leur outillage pour réduire les causes de dégradation des régimes pendant la manutention, o L'United Fruit C** » utilise actuellement, pour le déchargement une machine électrique qui, tout en ménageant les régimes, diminue la durée de l'opération de moitié. Il est possible avec les machines modernes de décharger 3,ooo régimes par heure.

La température joue encore un très grand rôle dans la conservation; M. de Loverdo a publié un tableau des températures les plus favorables à la conservation de certains fruits, parmi lesquels la banane :

Oranges 7,2 — lo©

Citrons 2,2 — 4,40

Bananes 4,4 — 7,2®

Dattes et figues 12,80

Quelle que soit son origine, le régime de bananier devra pour son exportation être emballé avec soin. On recommande de faire un premier emballage par une feuille d'ouate et un second emballage par du papier hygrométrique, chaque régime étant placé autant que possible dans une caisse dont le fond sera garni de feuilles sèches, de foin ou de paille, Tair pouvant facilement circuler. Il faudra naturellement fixer ou caler les régimes dans les caisses afin d'éviter les secousses en cours de route.

On peut également conserver pendant un certain temps des bananes mûres en les plongeant, comme l'ont démontré les recherches du « Jodrell Laboratory » de Kew, dans la formaline commerciale, c'est-à-dire de la formaldéhyde à 40 p. c. La banane étant un fruit dont on ne consomme pas la partie extérieure, on peut plonger le fruit dans l'aldéhyde sans le laver ultérieurement. Les résultats de ces expériences ont démontré que les bananes traitées par ce procédé se conservaient en bon état, alors que des fruits témoins avaient dû être jetés pourris depuis 10 jours.

M. van Hall, inspecteur de l'agriculture à Suriname, a dirigé récemment une série de recherches dans le but de voir de quelle manière des bananes de la région pourraient être amenées en Europe en bon état.

Ces expériences ont permis de tirer certaines conclusions importantes pour le planteur. Elles prouvent d'abord que l'exportation n'est guère possible, du moins sur une grande échelle, quand la région productrice se trouve à 21 jours de navigation de la région consommatrice, et, surtout, si les navires transbordeurs ne sont pas munis de chambres réfrigérantes.

Les essais de transport ont pu être faits grâce à l'intervention de la « Koninklijke Westindische Mail ». Les 85 régimes de 3 variétés principales de bananiers cultivés, parmi lesquelles: banane-pomme, banane sucrée, ont été en partie expédiés emballés, en partie sans emballage. On

a, pour certains régimes, établi un emballage dans l'ouate et le papier, entourant le régime de feuilles sèches de bananiers; pour d'autres, ouate et papier étaient supprimés, l'emballage consistant uniquement en feuilles de bananiers.

Pour obtenir des régimes vendables, il y a grand avantage à faire faire la cueillette avant maturité, surtout si la distance entre le pays producteur et le consommateur est assez considérable. Le marchand n'accepte guère les bananes arrivant mûres ou mûrissant un ou deux jours après l'arrivée; il court trop de risques de ne pouvoir écouler toute cette marchandise.

Les essais de M. van Hall, à Suriname, ont démontré les points suivants : I** les bananes doivent être cueillies beaucoup moins mûres qu'on ne le croyait, si, bien entendu, on désire les voir arriver vertes au bout de leur voyage; 2° il n'y a pas d'inconvénient à cueillir le fruit relativement longtemps avant maturité, car des fruits peu mûrs ont bien mûri et se sont trouvés très aptes à être consommés.

Au début des expériences on avait craint que les régimes cueillis, non encore arrivés à un état de développement suffisant, ne pourraient parachever loin du pied-mère leur maturité, mais les résultats démontrèrent que, seuls, ces régimes pouvaient supporter le voyage.

Les bananes déjà renflées, dont le sommet n'est plus pourvu du style ou dont le style se détache facilement, ne sont plus aptes à être transportées à une grande distance; on risque fort de les voir arriver pourries. Par contre, des fru.ts encore angulaires, n'ayant pas atteint tout leur développement, sont arrivés en excellent état.

La non maturité des fruits à expédier doit naturellement avoir une certaine limite.

La « banane-bacove » de Suriname très voisine si pas identique au « Gros Michel » ou banane de la Jamaïque, a servi aux expériences, et dans les envois, 65 p. c. de ces bananes arrivèrent à l'état vert. i5 p. c. presque à maturité, 20 p. c. pourris. Ce qui surprend dans ces expériences, c'est le fort pourcentage, 65 p. c. de fruits, ayant pu supporter un voyage de 21 jours dans des bateaux non spécialement aménagés, cela pendant les mois d'août et de septembre et sans avoir pu être transportés à bord avec soin.

Dans les conditions présentes, cette banane analogue au Gros-Michel paraît la seule variété utilisable pour l'exportation; la banane-pomme, préférée par certains consommateurs, expédiée dans des conditions analogues, a donné i5 p. c. de fruits verts à l'arrivée, 28 p. c. presque mûrs, 57 p. c. pourris.

L'emballage est en général préférable, comme le montre d'ailleurs le tableau ci-dessous ; les chiffres indiquent des régimes.

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