LES PLANTES BALSAMIQUES ET LES BAUMES
La dénomination de baumes s’applique, comme on l’a vu plus haut, à des substances résineuses analogues aux térébenthines, mais, contenant toujours une certaine quantité d’acide benzoïque ou cinnamique, auquel elles doivent la propriété d’exhaler, lorsqu’on les chauffe, une odeur aromatique ou, comme ou dit précisément dans ce cas, une odeur balsamique. Les baumes sont fournis par certains arbres d’où on les extrait en incisant l’écorce ou le bois, comme on fait pour les résines. Les uns passent à l’état solide en se desséchant; les autres restent dissous dans l’huile volatile à laquelle ils sont associés, et conservent une consistance molle ou même liquide. Tous sont, d’ailleurs, comme les résines, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool, l’éther, les huiles, les acides chlorhydrique, acétique et sulfurique. Ils sont très-inflammables et brûlent avec
une flamme plus ou moins fuligineuse, en répandant une odeur aromatique et pénétrante. Le benjoin, le styrax, les baumes du Pérou, de Tolu et de la Mecque sont les principaux types de ce groupe de produits naturels.
Le benjoin se tire du Styrax benzoin, arbre de la famille des Styracées, originaire des îles de la Sonde, mais qui croît aussi au Bengale, à Siam, à Java, à Sumatra, et qui a même été transplanté avec succès au Brésil et à l’île de la Béunion. D’après Bucholz, le benjoin est composé d’une huile volatile, d’une matière analogue au baume du Pérou, d’acide benzoïque, d’un principe soluble dans l’eau et dans l’alcool, enfin de débris ligneux. Il possède une odeur suave et une saveur d’abord douce , et aromatique, mais qui laisse ensuite un arrière-goût amer et qui, comme on dit, prend à la gorge. Il se brise facilement, et sa cassure est nette et brillante. Il fond à une chaleur modérée, et brûle en dégageant d’abondantes fumées blanches, qui se condensent et retombent en une neige de cristaux nacrés : les cristaux d’acide benzoïque. Le benjoin en larmes, qui est la sorte la plus estimée, présente l’aspect d’une masse formée de larmes allongées, blanchâtres, réunies entre elles par une sorte de pâte brune, dont elles se détachent aisément. Le benjoin est employé par les médecins comme tonique, stimulant et antiseptique. On l’administre souvent en fumigations contre certaines maladies des voies respiratoires. Il entre dans plusieurs préparations
de pharmacie et de parfumerie. Le lait virginal, entre autres, n’est qu’une solution alcoolique de benjoin, précipitée par l’eau , que le baume rend laiteuse en s’y divisant en une multitude de petites parcelles tenues en suspension dans la masse.
Le styrax est un suc balsamique et résineux qu’on retire de I’Aliboufier ( Styrax officinale, famille des Styracées), grand arbrisseau qui croît en Syrie, sur le mont Liban, en Arabie, en Grèce, dans l’île de Chypre, dans l’Italie méridionale et même en Provence. On trouve dans le commerce deux espèces de styrax: le styrax calamite, ou storax, et le styrax liquide.
Le styrax calamite, ainsi appelé parce qu’on l’apportait autrefois enveloppé dans des feuilles de roseau, est solide, rouge-brun, brillant, d’un aspect résineux; son odeur est très-agréable et ressemble à celle de la vanille; sa saveur est aromatique et un peu amère. Il se ramollit et se pétrit entre les doigts comme la cire. Il est soluble, presque sans résidu, dans l’alcool. Le styrax liquide .aurait, d’après quelques auteurs, une origine différente de celle du styrax solide : il serait fourni par le Liquidambar oriental. Sa consistance est à peu près celle du miel. Il est opaque et d’un gris brunâtre. Se saveur est aromatique, son odeur forte et agréable. Il est employé en parfumerie. La médecine y a parfois recours contre certaines affections du sang et de la peau.
Le baume du Pérou s’extrait par incision ou, plus ordinairement, par décoction, des branches
et des feuilles du Myroxylum peruiferum et du Myroxylum pubescens, arbres appartenant à la famille des Légumineuses, et qui croissent au Mexique, dans la Colombie, au Pérou et généralement dans les contrées les plus chaudes de l’Amérique méridionale. Sa saveur est âcre et un peu amère. On en distingue trois sortes: la première, très-rare, est dite baume liquide blanc, ou en coques. C’est une substance fluide, d’un jaune ambré, à saveur aromatique, mais faible. On l’obtient toujours par incision, et on la livre au commerce dans les calebasses ou dans les cocos qui ont servi à la recueillir. La seconde sorte est aussi très-rare: c’est le baume brun ou roux. Il est presque solide. On pense que ce baume est le même-que le précédent, qui, avec le temps, s’est épaissi et a pris une teinte plus foncée. La troisième sorte est le baume noir. Sa couleur et sa consistance sont celles de la mélasse. Sa saveur est âcre et chaude ; il exhale une forte odeur de benjoin. Le baume du Pérou est employé en médecine comme topique et diurétique. On l’ordonne souvent à la fin des maladies chroniques de la poitrine, pour stimuler les organes de la respiration.
Les propriétés du baume de Tolu sont semblables à celles du baume du Pérou. Ses usages sont aussi les mêmes. Il entre dans la préparation de plusieurs baumes artificiels, tels que le baume de Nerval, le baume du Commandeur, etc. On en fait un sirop fréquemment employé contre les maladies de poitrine. C’est encore un Myroxylum,
le Myroxylum toluiferum > qui donne, par incision, le baume de Tolu, appelé aussi baume d’Amérique, de Carthagène et de San-Thomé.
Ce baume est de couleur jaunâtre. Son odeur est agréable, sa saveur chaude et piquante; sa consistance est celle de la poix. Au contact de l’air il
Myroxylum toluiferum.
devient résineux et cassant. Insoluble dans l’eau froide, il cède à l’eau chaude une notable partie de son acide et des traces de son huile volatile. Il se dissout en totalité dans l’alcool.
Le baume de la Mecque est également connu sous les noms de térébenthine ou résine de la
Mecque, de baume de Judée, de Constantinople et de Giléad. On l’obtient soit par l’incision des rameaux, soit par la décoction des fleurs du Balsamodendron gileadense opobalsamum, arbrisseau de la famille des Térébinthacées. C’est un liquide blanchâtre et trouble, exhalant, lorsqu il est frais, une odeur forte qui tient à la fois de celles de la Sauge et du citron. Au bout d’un certain temps il devient plus épais, plus opaque, et prend une teinte jaune. Son odeur aussi se modifie, s’adoucit et acquiert de la suavité. Le baume de la Mecque n’est pas entièrement soluble dans l’alcool : il laisse un résidu qui se gonfle et devient glutineux. Il est insoluble dans l’eau; versé sur ce liquide, il s’étènd à la surface, et peut être aisément enlevé avec une spatule. Frotté dans les mains, il blanchit et mousse comme du savon. Le véritable baume de la Mecque pur est très-rare dans le commerce, et d’un prix fort élevé. Aussi est-il souvent falsifié avec de la térébenthine ou d’autres résines, qu’on aromatise avec de l’essence de citron. Le baume de la Mecque est, au surplus, rarement employé en France. Il entre néanmoins dans quelques préparations de pharmacie et de parfumerie. Les Orientaux le considèrent comme un médicament tonique et fortifiant; ils en font usage sous forme de lotions et d’onguents , et parfois même le prennent à l’intérieur.
LES GOMMES ET LES GOMMIERS ARBRES QUI DONNENT LA GOMME ARABIQUE LA GOMME ADRAGANTE — LA GOMME-GUTTE LA GOMME AMMONIAQUE
Le mot gomme a, dans le langage vulgaire, un sens assez vague, et l’on s’en sert journellement pour désigner des substances douées de propriétés très-différentes, et n’ayant d’autre caractère commun que d’être tenues, comme les résines et les baumes, en dissolution ou en suspension dans la sève de certains végétaux qui les sécrètent, soit à travers les pores de leur écorce, soit par des déchirures ou des incisions.
Les gommes proprement dites existent dans quelques arbres ou arbrisseaux appartenant soit à la famille des Légumineuses, soit à celle des Rosacées. Leur composition élémentaire (carbone, hydrogène, et oxygène) est la même que celle de Ta matière amylacée; mais elles diffèrent de celleci par plusieurs de leurs propriétés chimiques. Ainsi, tandis que la matière amylacée et ses congénères donnent, par l’acide azotique, de l’acide oxalique, les .gommes, dans les mêmes circonstances , donnent, outre l’acide oxalique, un acide particulier, l’acide mucique. Elles sont d’ailleurs transparentes, incristallisables, incolores ou faiblement colorées en jaune ou en
jaune rougeâtre; elles sont insolubles dans l’alcool, dans l’éther, dans les huiles essentielles et dans lès huiles fixes, dans les solutions alcalines concentrées. Au contraire, elles se dissolvent facilement dans l’eau, ou tout au moins s’y gonflent considérablement, de manière à former, dans le premier cas, une liqueur filante et collante; dans le second, une masse gélatineuse. On remarquera que ces dernières propriétés sont précisément inverses de celles des résines, avec lesquelles les gommes sont souvent confondues.
Quant au x gommes-résines, ce sont des corps mixtes dans lesquels une résine est mélangée à un principe gommeux soluble (arabine, cérasine ou bassorine), qui est toujours en faible proportion. Souvent elles contiennent aussi un principe extractif, une matière colorante, une huile essentielle , etc.
Parmi les gommes proprement dites, la première qui s’offre à nous est la gomme arabique.
Cette gomme exsude et découle spontanément de l’écorce de plusieurs espèces d’Acacias, dont les principales sont :
1° Li Acacia ver a. Cet arbre croît en Arabie, — d’où est venu le nom donné à la gomme, parce que c’est de ce pays qu’on l’a primitivement importée en Europe ; mais on le trouve aussi dans toute l’Afrique, depuis l’Égypte jusqu’au Sénégal.
2° U Acacia arabica, propre à l’Arabie et répandu dans une grande partie de l’Asie méridio-
nale. C’est lui qui fournit la variété dite gomme de rinde.
3° L 'Acacia Adansonii, de la Sénégambie. Il fournit la gomme rouge qu’on mêle avec celle du Sénégal.
4° L 'Acacia seyal. Il appartient, comme le précédent, à la flore de la Sénégambie. Sa gomme dure, blanche, vitreuse, en larmes vermiculées , fait également partie de la gomme dite du Sénégal.
5° L 'Acacia verek. Il croît dans l’Afrique occi-
dentale, depuis le Sénégal jusqu’au cap Blanc, et c’est lui qui donne la vraie gomme du Sénégal. La forêt de Sahel, la plus voisine du fleuve, est presque entièrement formée d’Acacias de cette espèce.
6° U Acacia gommifera, assez semblable à Y Acacia arabica. Cet arbre se trouve dans tout le nord de l’Afrique, et produit, selon toute apparence, la gomme dite de Barbarie.
7° \JAcacia decurrens (Eucalyptus ou Gommier bleuJ de la Nouvelle-Hollande. Il est abondant aux environs du port Jackson. Sa gomme diffère, sous quelques rapports, de la gomme du Sénégal,.bien que, comme celle-ci, elle soit soluble dans l’eau.
Je crois superflu de décrire la gomme arabique. Qui n’en connaît l’aspect, les propriétés et les usages? Je dirai seulement qu’il en existe plusieurs sortes et qualités. La plus répandue dans le commerce est la gomme du Sénégal, qu’on distingue elle-même en deux variétés : celle du bas du fleuve ou du Sénégal proprement dite, et celle du haut du fleuve ou de Galam. La première est la plus estimée. Elle est produite presque exclusivement par Y Acacia verek, tandis que celle de Galam est fournie par Y Acacia vera. L’Acacia verek est un arbre de moyenne taille, qui n’atteint guère qu’une hauteur de 5 à 7 mètres. Il est trèsrameux, à branches tortueuses et épineuses, abois très-dur, à écorce grise. Le liquide gommeux qui suinte à travers cette écorce ne tarde pas à se soli-
difier sous forme de larmes globuleuses, dures, blanches, ternes et ridées à l’extérieur, vitreuses à l’intérieur. Les Maures vont chercher cette gomme dans des forêts situées assez avant dans les terres, ou plutôt dans les sables, et dont les principales sont celles d’Alfatak et d’El-Ebiar. La récolte commence après la saison des pluies, vers le mois de novembre, quand les vents d’est commencent à souffler. C’est la première traite, appelée parles acheteurs petite traite, à cause de son insuffisance. Une autre plus abondante se fait dans le mois de mars, et se prolonge souvent jusqu’au mois de juin ou de juillet. C’est la grande traite. Elle est subordonnée à l’arrivée plus ou moins tardive des pluies et des vents d’est, et au plus ou moins d’intensité de ces deux phénomènes. Sous l’influence des pluies, l’écorce se gonfle et se distend. Les vents d’est arrivent ensuite et la sèchent brusquement. Elle se contracte alors et se fendille, et la gomme s’échappe par les gerçures qui se forment.
Au moment où soufflent les premiers vents, les Maures s’en vont camper près des forêts d’Acacias. Ils envoient leurs esclaves recueillir sur les troncs, dès qu’ils y apparaissent, les morceaux de gomme, et c’est sans doute à cette méthode, suivie principalement dans les forêts du bas du fleuve, qu’est due la petitesse des gîobules. A mesure que chacun 'de ces esclaves a rempli le sac de cuir dont il est muni, il vient en apporter le contenu à son maître, qui enfouit dans le sol
cette gomme encore fraîche. Aussi les boules sont-elles toujours salies par du sable, qui reste adhérent à la surface. Quand l’approvisionnement est jugé suffisant, on le charge à dos de chameaux, d’ânes ou de mulets, et on le transporte sur des marchés désignés à l’avance, et qui s’ouvrent à différentes époques de l’année. C’est là que la gomme est vendue, ou plutôt échangée contre des marchandises d’Europe. Les marchés se nomment escales; l’ensemble des opérations constitue la traite de la gomme, et les acheteurs sont appelés traitants. De ces marchés, situés dans l’intérieur, la gomme est descendue à Saint-Louis, et de là dirigée sur la France.
On extrait de quelques espèces du genre Astragale (Légumineuses), propres à la Perse, à l’Arménie, à l’Asie Mineure et à la Grèce, une gomme connue dans le commerce sous le nom de gomme adragante. Cette gomme paraît avoir déjà, dans les arbres mêmes qui la produisent, un degré trèsélevé de concentration, et ne se frayer qu’avec peine un passage à travers l’écorce ; ce qui s’explique , du reste, par ses propriétés fort distinctes de celles de la gomme arabique. En effet, la gomme adragante n’est point, à proprement parler, soluble dans l’eau ; mais elle absorbe une grande quantité de ce'liquide, s’y gonfle considérablement , et constitue ainsi un mucilage très-tenace et très-épais. Elle arrive en Europe sous deux formes : celle de gomme vermiculêe et celle de gomme
•Récolte de la gomme.
en plaques. Cette substance est insipide et inodore. Elle possède une sorte d’élasticité qui la rend difficile à pulvériser. Pour la rendre cassante et friable, on la dessèche en la chauffant à 40 ou 50 degrés. Les pharmaciens s’en servent pour donner de la consistance aux loochs, et pour lier les pâtes dont ils font leurs pastilles et leurs trochisques. Les pâtissiers et les confiseurs la font entrer aussi dans la confection de quelques crèmes, gelées et autres préparations de ce genre.
Nous aurions pu ranger parmi les plantes tinctoriales les arbres qui produisent la gomme-gutte, substance gommo-résineuse fréquemment employée comme couleur jaune dans la peinture à l’aquarelle et la miniature. L’origine de cette substance a été pendant longtemps attribuée exclusivement au Gambogia Gutta, puis au Stalagmitis cambogio'ides; mais on la tire aussi du Gartinia Morella et de quelques autres arbres de la famille des Guttifères, qui croissent dans l’île de Ceylan, dans la presqu’île de Cambodge, sur les côtes du Malabar et dans une grande partie de f Indo-Chine. Il paraît toutefois que la plus grande partie de la gomme-gutte du commerce est fournie par le Stalagmitis. Quoi qu’il en soit, cette substance exsude et découle, sous forme d’un suc laiteux, des plaies faites par incision dans l’écorce de l’arbre, et de celles qu’on produit en arrachant les feuilles et les jeunes branches. On la recueille dans .des vases, on la fait sécher au soleil et on la façonne en magdaléons orbicu-
laires ou cylindriques, pour la livrer au commerce.
La gomme-gutte fut importée pour la première fois en Europe par les Hollandais au xvn e siècle, et elle a continué d’arriver depuis en quantités assez notables sous le pavillon des Pays-Bas et sous le pavillon anglais. D’après M. Natalis Rondot, c!est surtout un produit delà Gochinchine, bien qu’on la trouve aussi dans quelques provinces de la Chine, notamment dans le Kiang-si, dans le Tse-tchouen et dans le Kwant-tong; mais c’est de Siam, de la haute Coehinchine et du Cambodge que vient la plus grande partie de la gommegutte qui se vend dans l’Inde et en Chine. Le district le plus productif se trouve sur la côte est du golfe de Siam, d’où l’on dirige le produit sur Bangkok et sur Saigon, qui en sont les principaux marchés.
La gomme-gutte pure est une substance d’un brun rougeâtre brillant. Elle est facile à réduire en une poudre d’un jaune doré très - éclatant. Elle fond et se délaie aisément dans l’eau, et forme avec celle-ci une sorte d’émulsion laiteuse, de même couleur que la poudre. Étendue ainsi sur le papier avec un pinceau, elle conserve, en séchant, sa belle nuance dorée. Sa teinture alcoolique est rouge et transparente; sa teinture éthérée est également transparente et d’un beau jaune d’or. Enfin sa solution dans l’eau de potasse est d’un rouge intense. La gomme-gutte, au contact d’un corps en ignition, brûle avec une flamme blanche, en laissant pour résidu une cendre gri-
sâtre. Son odeur est nulle, et sa saveilr à peine sensible. Elle est quelquefois employée en médecine. L’usage de cette substance pour la coloration des bonbons est prohibé en France par les règlements de police.
Je dois mentionner encore ici une autre gommerésine qui rend des services très-estimables dans Tindustrie et dans l’économie domestique. C’est la gomme ammoniaque. Cette matière est fournie par XHeracleum gummiferum (famille des Ombellifères), par le Dorenia armeniacum (famille des Apiacées, tribu des Peucédanées), plante qui croît en Perse et en Asie Mineure, et par une espèce du genre Ferula (Ombellifères). Elle a une odeur faible, suigeneris, qui n’est pas désagréable; on n’en peut pas dire autant de sa saveur, à la fois douceâtre, amère et nauséabonde. Sa pesanteur spécifique est un peu plus grande que celle de l’eau. Malaxée dans la main, elle se ramollit et adhère aux doigts. Elle est partiellement soluble dans l’éther et dans l’alcool. Son principe immédiat extractif se dissout seul dans l’eau, tandis que son principe résineux et son huile essentielle y demeurent en suspension. Elle n’est guère employée dans les arts que pour la préparation d’un mastic qui sert à raccommoder la porcelaine et qu’on nomme ciment- diamant. Elle jouait autrefois en médecine un rôle assez important; mais son usage est aujourd’hui très-restreint. Elle entre cependant encore dans la préparation du diachylon gommé, de l’emplâtre de ciguë, etc.
La gomme ammoniaque nous vient principalement de l’Inde, de la Perse et de la Barbarie.