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toujours éminemment distingué ; éclatant de sa nature, il est cependant caché, <'t sa présence ne se manifeste qu'autant qu'il trouve matière à son activité ; violent et invisible, il dompte tout par sa force propre, et s'assimile énergiquement ce qu'il a saisi ; il se communique aux objets, et les modifie, en raison directe de leur proximité : il renouvelle toutes choses par sa vivifiante chaleur, et brille d'une lumière inextinguible ; toujours indompté, inaltérable, il discerne sa proie, nul changement ne l'atteint, il s'élève vers les eieux,et par la rapidité de sa fuite, semble vouloir échapper à tout asservissement ; doué d'une activité constante, les choses sensibles reçoivent de lui le mouvement : il enveloppe ce qu'il dévore, et ne s'en laisse point envelopper ; il n'est point un accident des autres substances ; ses envahissements sont longs et insensibles, et ses splendeurs éclatent dans les corps auxquels il s'est pris ; il est impétueux et fort, présent à tout d'une façon inaperçue : qu'on l'abandonne à son repos, il semble anéanti ; mais qu'on le réveille, pour ainsi dire, par le choc, à l'instant il se dégage de sa prison naturelle, et rayonne et se précipite dans les airs, et se communique libéralement, sans s'appauvrir jamais. On pourrait signaler encore de nombreuses propriétés du feu, lesquelles sont comme un emblème matériel des opérations divines. C'est donc en raison de ces rapports connus que la théologie désigne ^>n< l'image du feu les nature- cèles-
tes : enseignant ainsi leur ressemblance avec Dieu, et les efforts qu'elles font pour l'imiter^). »
Nous venons d'entendre de Maistre, M. Olier, saint Denys.
Quelle ressemblance et quelle différence ! Ces trois hommes ont le sens de la Vérité. Tous trois pénètrent l'idée dans le fait. Tous trois ont la connaissance du symbole. Tous trois ont le tact. Mais quelle différence !
Le regard de de Maistre perce ;
Le regard de M. Olier contemple ;
Le regard de saint Denys enveloppe.
De Maistre attaque un sujet, il ne le traite jamais ; il l'attaque et l'éclairé vivement, mais incomplètement, par la face qu'il aborde.
M. Olier se promène autour et le contemple en priant.
Saint Denys voit d'en haut tout ce dont il parle. Il regarde sans descendre, il regarde du point qu'il occupe, il regarde sans se déranger. Il regarde à distance ; car il est toujours trop haut pour voir de près. Mais ce regard enveloppe et consomme. Saint Denys embrasse.
De Maistre touche fortement le point qu'il aborde, mais ne s'occupe pas du cercle : il touche sans embrasser.
Saint Denys embrasse sans toucher. Il embrasse du regard.
(1) Traduction de Mgr. Darboy.