‹ Les Plathelminthes du GibierChapitre 15 sur 30 · DOS · texte numérisé non relu

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s’échappent alors dans l’intestin et se mélangent aux selles.

Dans un autre type, l’utérus n’a qu’une durée éphémère, à peine en distingue-t-on les parois sur quelques anneaux, à la partie antérieure. Bientôt ïl se résout en capsules ovifères qui contiendront chacune, soit un seui œuf, soit plusieurs, suivant les espèces considérées. Ce sont ces capsules qui passent dans les selles, après que l’anneau s’est flétri.

Enfin, dans un troisième type, existe un appareil très fortement musclé, dit appareil parutérin. Il se forme après la fécondation et se trouve généralement placé antérieurement à l’utérus. Les œufs commencent à évoluer dans l’utérus, puis passent dans cet appareil parutérin qui les contiendra tous et les protègera dans le milieu extérieur.

Telles sont les trois sortes d’évolution de l’utérus dans les cestodes que nous avons à considérer.

Œuf. — L'œuf des cestodes présente aussi une structure très variable suivant les espèces. Voici les types qui nous intéressent.

Ce que l’on appelle œuf est, en réalité, un embryon déjà très développé et portant six crochets qui laideront à pénétrer chez son hôte; d’où son nom d’embryon hexacanthe. Cet embryon.est entouré d’une coque interne, parfois unique, qui peut subir d’importantes différenciations. Souvent, ses deux pôles s’allongent légèrement, de façon à former des sortes de mamelons, d’où partent des filaments. D’autres fois, chez certains Anoplocéphalidés, à l’un des pôles se différencient deux sortes de cornes, d’où partent également des filaments, c’est l’appareil piriforme.

Dans tous ces cas, il existe, outre cette coque interne, &

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une autre, dite coque externe, séparée de la première par un intervalle rempli de granulations graisseuses. Dans un autre groupe, celui des Tæniidés, l'œuf est du type incomplet, c’est-à-dire ne possède que la coque interne, mais très épaissie, ayant une structure striée; quant à la coque externe elle disparaît au cours du développement. Ce groupe ne nous intéresse pas, en tant que cestodes adultes, qui vivent principalement chez les carnivores, mais les larves se trouvent chez les mammifères herbivores dont nous aurons à nous occuper. Enfin, nous avons dit que, dans certains cas, lœuf est contenu, soit unique, soit avec plusieurs autres, dans une capsule ovifère.

Développement des cestodes. — Commençons par constater qu’il n’est guère élucidé que pour les cestodes d’animaux domestiques ou au moins communs. Comme ce n’est guère le cas du gibier, il s'ensuit que la plupart des cestodes que l’on trouve chez lui ne sont connus qu’à l’état adulte. A part ceux des ansériformes, que l’on peut faire évoluer facilement chez le canard domestique, les autres ne nous ont encore presque rien révélé de leur évolution. C’est pourquoi nous insistions dans le chapitre précédent sur la nécessité des enquêtes épidémiologiques qui peuvent contribuer à éclairer l'helminthologiste expérimentateur.

Nous ne pouvons donc donner ici qu’un schéma très général du cycle des cestodes. D’après ce que nous savons des Cyclophyllidea dont ce cycle est connu, l’œuf, pour se développer, doit être absorbé par un animal, dit hôte intermédiaire, chez lequel il se développera et donnera une forme larvaire. Pour cela, l'embryon, arrive dans l'intestin de l'animal en

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question, s’échappe de sa coque, traverse le tube digestif; il est emmené par le système porte s’il s’agit d’un vertébré supérieur, il tombe dans la cavité générale si c’est un invertébré. Chez le vertébré, il peut s’arrèter au foie, ou être transporté beaucoup plus loin, dans un point quelconque de l'organisme; chaque larve a son siège de prédilection.

Quoiqu’il en soit, arrivé à l’endroit voulu, l’embryon s’accroît, une lacune se creuse à son intérieur. A partir de là, deux processus différents peuvent avoir lieu. Dans le premier, on constate une invagination de l’un des pôles dans l’autre, c’est une sorte de gastrula par embolie. Puis, au fond de l’invagination (comparé à l’archenteron d’une gastrula), se forme un bourgeonnement qui prend bientôt de l’importance; on y observe des ébauches qui deviennent ïe rostre et les ventouses, le premier se munit de crochets, c’est la tête du futur adulte. Dans le second processus, l’invagination ne se fait qu'après formation des ébauches. Quoiqu'il en soit, ce processus a donc pour but la formation d’un scolex. Lorsque la larve arrivera dans l'intestin de l’hôte définitif, elle sera digérée, à l’exception de ce scolex qui se fixera à la paroi intestinale et redonnera l’adulte dont nous sommes partis.

Nous croyons inutile d'étudier ici toutes les variations de ce schéma général, nous les indiquerons à propos de chaque cas particulier (voir larves de cestodes hébergées par les mammifères herbivores,

page 95).

Technique. — Enfin pour en terminer avec ces généralités, disons un mot de la technique à employer pour l’étude d’un cestode. Nous préconisons comme

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coloration celle au carmin chlorhydrique. Le ver sera sectionné en plusieurs fragments, car tous ne sont pas également intéressants : les uns ne montreront que des ébauches d’organes, les autres des organes sexués, d’autres des anneaux.müûrs, etc. En principe, il faut observer les scolex, des anneaux sexués et des anneaux mûrs. Les fragments seront plongés dans le carmin chlorhydrique, puis différenciés à Palcool chlorhydrique (environ V gouttes d’HCI jaune du commerce dans un verre de montre rempli d’alcool. Augmenter ou diminuer cette dose suivant que la décoloration tarde ou va trop vite). Arrêter la différenciation lorsque fes organes apparaissent dans la masse parenchymateuse à peu près décolorée. Passer dans les alcools à 90° et absolu; puis dans le xylol, monter au baume du Canada. Ou bien, monter au mastic de Rondeau du Noyer, sans passer par le xylol. |

ARTICLE Il

Etude systématique des cestodes du gibier

Nous envisageons d’abord les cestodes adultes qui sont de beaucoup les plus nombreux; nous terminerons par les larves. Nous ne citons que ies familles et les genres ayant des représentants chez le gibier.

Ordre des cyclophyllidés

Les cestodes que nous avons à étudier appartiennent aux deux ordres suivants :

o — cyclophyllidés;

o -—— pseudophyllidés.

TYPES DE CROCHETS DU ROSTRE ET DES VENTOUSES DE Davaineidæ (In Fuhrmann. Tænia des oiseaux.

Fic. — 2. Raillietina (Raillietina) tetragona. Parasite de la Poule. 1. Crochets du rostre.

FiG. 3. — 2. Crochets des ventouses (d’après Ransom). Fic. 4. — Raillietina (Skrjabinia) cesticillus (Molin). Parasite de la Poule (d’après Ransom). 3. Crochets du rostre. Fi. 5. — Houttuynia struthionis (Houttuyn). Parasite de l’Autruche.-4. Crochet du rostre (d’après BAER).

Fi. 6. — Raillietina (Raillietina) echinobothrida (Megnin). Parasite de la Poule. 5. Crochets du rostre.

Fic. 7, — 6. Crochets des ventouses (d’après RANsom).

F1G. 8 —- Crochet du rostre de Raïllietina echinobothrida

(Mégnin 1881), d’après Ch. Joyeux, E. GENDRE, J.-G. BAER. Recherches sur les Helminthes de l'Afrique occidentale française. Soc, de Pathol. exotiq. Paris, 1928.

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