‹ Les Plathelminthes du GibierChapitre 4 sur 30 · ETATS · texte numérisé non relu

ETATS

Son étymologie est discutée. D’après Littré, la locution primordiale est « aler en gibier »; c’est le nom verbal d’un verbe : gibeer, giboyer. Celui-ci, d’origine lorraine, a donné giboyeur, giboyeuse, signifiant marchand et marchande de gibier. D’autre part, le vieux français : gibe désigne. une sorte de bâton, d’épieu servant. d’arme, d’où le verbe gibecer; chasser avec le gibe. Caseneuve pense que l’étymologie serait gibbosus, qui désignait une race de faucon employée pour la chasse.

Quoiqu'il en soit, supposant ce premier problème résolu, reste à définir le mot : gibier. Littré lui attribue deux sens : au propre : « animaux que l’on prend à la chasse »; au figuré et familièrement : « personne que l’on poursuit, que l’on attrape, que l’on dupe. » Cette définition du sens propre ne nous paraît pas absolument exacte, car il y manque la notion d’utilité alimentaire; l’animal que l’on chasse pour sa fourrure, par exemple, et dont on ne consomme pas la chair, n’est pas un gibier. Le grand Dictionnaire Larousse introduit cette notion : « animal ou animaux que l’on chasse pour les manger. » Il définit aussi le sens figuré assez différemment de Littré : « Personne ou chose qui est, sous quelque rapport, sujette de quelqu'un, qui lui fournit matière à l’exercice de quelque droit. » Il admet le gros et le menu gibier; le premier représenté par « les quadrupèdes de grande taille comme cerf, daim, chevreuil, sanglier, etc, que l’on chasse pour les manger ». Le menu gibier se compose de « Oiseaux et quadrupèdes de petite taille, comme perdrix, gelinottes, grives; mauviettes “pour les oiseaux, lièvres, lapins pour les quadrupèdes ».

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Si, délaissant les encyclopédies, nous nous adressons à un dictionnaire d'Histoire Naturelle ancien, celui de Valmont-Bomare (paru en l’an VII), nous y lirons la définition suivante : « Gibier, præda vena- « toria. Nom donné généralement à tout ce qui est « la proie du chasseur; ainsi, les renards et les loups « sont gibier pour ceux qui les chassent; les buses, « les corneilles sont gibier dans la fauconnerie, Cepen- « dant on appelle plus particulièrement gibier les < animaux. sauvages qui servent de nourriture à « l’homme. Une terre giboyeuse abonde en lièvres, « lapins, perdrix, caiïlles, etc Dans une forêt bien « peuplée de gibier, il se trouve beaucoup de cerfs, < de daims, de chevreuils, de sangliers, etc. » Ici, le mot est pris dans le sens de proïe, le chasseur étant lanimal carnassier aussi bien que l’homme. Secondairement le sens s’est restreint pour ne plus dési-

gner que la proie recherchée par l’homme.

A notre avis, la définition la plus exacte, accompagnée de savoureux commentaires, se trouve dans l'ouvrage bien connu de Brillat-Savarin : Physiologie du goût. Voici comment cet auteur traite le sujet en question : « On entend par gibier les animaux bons « à manger qui vivent dans les boïs et les campagnes, « dans l’état de liberté naturelle.

« Nous disons bons à manger, parce que quelques- « uns de ces animaux ne sont pas compris sous la « dénomination de gibier. Tels sont les renards, blai-

« reaux, corbeaux, pies, chats-huants et autres : on

les appelle bêtes puantes.

« Nous divisons le gibier en trois séries. .

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« La première commence à la grive et contient en descendant tous les oiseaux de moindre volume, appelés petits oiseaux.

« La seconde commence en remontant au râle de genêt, à la bécasse, à la perdrix, au faisan, au lapin, et au lièvre; c’est le gibier proprement dit : gibier de terre et gibier de marais, gibier de poil, gibief de plume.

«La troisième est plus connue sous le nom de venaison; elle se compose du sanglier, du chevreuil ét de tous les autres animaux fissipèdes.

« Le gibier fait les délices de nos tables; c’est une nourriture saine, chaude, savoureuse, de haut goût et facile à digérer toutes les fois que l'individu est jeune. (Nous ignorons si l’individu désigne le gour-

met ou l’animal mangé).

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