‹ Les Plathelminthes du GibierChapitre 7 sur 30 · RASE · texte numérisé non relu

RASE

chassé par les fauves, il est souvent coriace et désagréable à manger. Un grand nombre d’antilopes africanes sont absolument incomestibles. Cependant les différences ne sont pas aussi grandes que l’on pourrait le croire. Si l’on excepte le grand gibier des pays chauds, celui dont il est toujours question dans les récits de chasse et dont le cinéma donne des images plus ou moins truquées, le butin ordinaire des coloniaux qui ne sont pas équipés pour organiser de coûteuses expéditions comprend des espèces dont la plupart sont zoologiquement voisines de celles que nous trouvons en France. On sait, d’autre part, que presque tous nos oiseaux de basse-cour sont originaires des pays exotiques où ils vivent encore à l’état de liberté.

Mais, à mesure que l’on pénètre dans les pays moins civilisés, le sens du mot gibier perd de sa précision; l’indigène asiatique et surtout africain fait ripaille avec la chair de tous les animaux qu’il peut se procurer, se rapprochant par là de nos lointains ancêtres.

De tout ce qui précède, nous concluons que le gibier, nourriture des peuples primitifs, perd de son importance à mesure que la civilisation fait des progrès, de plus il se raréfie lorsque sont exploités les terrains en friches sur lesquels il vivait. On tend, de plus en plus, à en faire un véritable élevage, et le chasseur massacre ainsi des animaux semi-domestiques, amenés à sa portée, au jour et au lieu fixés. Ce sport n’a évidemment plus rien de commun avec la rude lutte qu’entreprenaient nos aïeux préhistori-

ques pour se procurer de la nourriture carnée.

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ARTICLE II

Groupes Zoologiques constituant le Gibier

Nous venons de voir que les animaux composant le gibier varient d’un pays à l’autre, comme ils ont varié dans un même pays, suivant les époques considérées.

Dans ces conditions, il importe de se restreindre à un choix d’animaux et de définir exactement ceux que l’on désire étudier. Ce sont naturellement ceux de notre époque et de notre pays qui nous intéressent tout d’abord; aussi envisagerons-nous le gibier communément chassé en France dans un but comestible, à l’époque actuelle.

Toutefois il faut reconnaître que la liste des animaux composant ce gibier est peu aisée à établir exactement. Il existe bien des arrêtés officiels, donnant au moment de l’ouverture de la chasse, une liste d’oiseaux protégés ou non par la loi. Mais cette liste ne correspond pas exactement à ce que nous entendons par gibier, de plus elle peut varier dans chaque département. Tel animal chassé dans une région est dédaigné dans une autre. Le merle, par exemple, très estimé en Corse, au moment où il se nourrit de baies de genièvre, constitue ailleurs un gibier médiocre. Les livres de vénerie ne s'occupent guère que des gros animaux; les traités de gastronomie ne parlent que d’un très petit nombre de mammifères et d’oiseaux,

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pour indiquer à quelle sauce il convient de les accommoder.

C’est cependant en nous basant sur tous ces ouvrages de vulgarisation, sur les renseignements recueillis près des marchands de comestibles, ainsi que sur notre propre expérience, que nous sommes arrivés à constituer une sorte de répertoire dans lequel figurent les animaux de la faune de France, constituant le gibier actuel. Nous espérons n’y avoir pas fait d’omissions importantes.

Le gibier français actuel appartient à la classe des mammifères et à celle des oiseaux, cette dernière comprenant beaucoup plus de représentants qui intéressent le chasseur.

MAMMIFERES. — Nous y trouvons quelques Ruminants, quelques Rongeurs, et un Pachyderme.

RUMINANTS. — Les Ruminants forment le gibier de grande chasse. Ce sont les survivants d’une faune préhistorique et protohistorique qui a disparu avec la civilisation ou, au moins, n’est plus représentée à l’état sauvage dans notre pays. Nous comprendrons :

. Cervus elaphus. — Le cerf d'Europe dont il existe une variété méridionale en Corse : Cervus mediterraneus (C. corsicanus Bonap). Chacun sait que cette espèce vit dans les grandes forêts et qu’on la chasse à courre. Elle rentre dans la catégorie des animaux de luxe qui disparaîtront le jour où il n’y aura plus de propriétaires assez riches pour s'offrir le luxe de ces magnifiques et coûteuses parties de plaisir. Espérons que le cerf sera à ce moment protégé par la Loi.

Cervus capreolus (L.), Chevreuil. — Plus commün que le précédent, habite les taillis et fourrés des bois. Se chasse aussi à courre, comme le cerf : de mœurs plus sédentaires que ce dernier.

Rupicapra rupicapra (L.), Chamois. — Ne se trouve que sur le sommet des Alpes et des Pyrénées, descendant dans les vallées en hiver. C’est surtout en Savoie, en Maurienne, dans le Haut-Dauphiné que l’on chasse cet animal. C’est d’ailleurs un sport difficile.

Ovis Musmon Bonap, Mouflon. — N’existe plus que sur les sommets des montagnes de la Corse où il vit en troupeaux. Sa chasse est également très difficile.

Nous ne croyons pas utile d'indiquer l'élan, Alces alces (L.); le Daïim, cervus dama (L.); le Bouquetin des Alpes, Capra ibex (L.) pratiquement disparus de notre faune.

PACHYDERME. — Le seul pachyderme faisant partie du gibier français est le Sus scrofa (L.), sanglier, qui est signalé dans toute la France, très migrateur. Il habite le jour en forêt et vient la nuit commettre des ravages dans les champs de culture.

RonGEuRs. — Les rongeurs chassés en France sont presque exclusivement des Léporidés. Lepus timidus (L.), Lièvre commun. On en considère parfois deux variétés : l’une dite de l’Europe moyenne, qui existe dans toute la partie nord de la France; l’autre méditerranéenne, du sud de notre pays. Il existe d’ailleurs tous les intermédiaires entre ces deux types.

Lepus variabilis, Pall. — Son nom lui vient de ce qu’il a un pelage de couleur différente suivant la saison; gris-fauve en été, blanc en hiver. C’est un animal de montagne, trouvé dans les Alpes et les Pyrénées.

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Oryctolagus cuniculus (L.), Lapin de garenne. — Commun dans toute la France, notamment dans le Sud, d’où il semble originaire. Il habite surtout les terrains secs, les pays de landes et de dunes.

OISEAUX. — Les oiseaux constituant le gibier français sont beaucoup plus nombreux; nous nous heurtons, pour les énumérer, à la difficulté suivante. On peut les diviser en deux groupes bien distincts. Les uns passent toute leur vie dans notre pays où ils sont nés; les autres sont migrateurs et n’y font que des séjours plus ou moins longs, parfois se contentent seulement d’y passer et de le traverser. Pour éviter des lacunes, nous énumérons ici les oiseaux de ces deux catégories. Ils appartiennent à plusieurs groupes zoologiques.

GALLIFORMES. — Les galliformes représentent un groupe important de gibier. Chacun sait que plusieurs espèces domestiquées : poule, dindon, pintade, etc... vivant encore à l’état sauvage dans leur pays d’origine, forment l’élément dominant de nos basses-cours. Le faisan : Phasianus colchicus (L.), qui est probablement originaire d'Europe orientale a été acclimaté dans notre pays et y vit à l’état sauvage, pendant que d’autres espèces : faisan doré, argenté, etc, ne sont connues qu’à l’état domestique. Mais ce que l’on sait peut-être moins, c’est que cette acclimatation et ce transport des galliformes exotiques dans nos bassescours posent un des problèmes les plus intéressants de l’helminthologie. Les helminthes, qu’hébergeaient ces animaux dans leur pays d’origine, ont-ils pu évoluer en France? Ceux que l’on constate actuellement chez nos oiseaux domestiques proviennent-ils de la

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faune parasitaire des oiseaux sauvages français, ou bien de la faune parasitaire exotique? Cette question est extrêmement complexe. On peut affirmer, dès à présent, que les oiseaux galliformes domestiques ne possèdent pas les mêmes helminthes dans tous les pays. Certains sont cosmopolites, d’autres se voient à peu près exclusivement dans les pays chauds. Mais nos connaissances sur la répartition géographique des parasites sont loin d’être assez avancées pour nous permettre de nous prononcer en connaissance de cause ; d'autant plus que nombre de ces helminthes ont besoin, pour se développer, d’un autre animal, hôte intermédiaire, qui peut aussi varier suivant les pays, et ne pas exister partout. |

Outre les faisans, d’autres galliformes sont chassés en France.

Les perdrix représentent le gibier le plus commun. La perdrix grise, Perdix perdix (L.), espèce sédentaire et répandue dans les cultures; la perdrix rouge Caccabis rufa (Le épalement sédentaire, plus fréquente dans le Midi que la précédente, se rencontre sur les terrains accidentés. La perdrix bartavelle, Caccabis saxatilis (Mey, et W.) a les mœurs de la perdrix rouge, elle est plus rare.

La caille : Coturnix coturnix (L.) est un oiseau migfateur, contrairement à la perdrix. Elle ne se trouve dans notre pays qu’en été, et dès la fin d’août ou le commencement d’octobre, suivant les années, elle quitte la France pour aller passer l'hiver sous des cieux plus cléments : Asie mineure, Egypte, atteignant parfois l’Afrique tropicale. Quelques cailles restent dans la por opens du bassin médiferranéen.

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Les autres galliformes formant le gibier français se font malheureusement de plus en plus rares. Citons encore : les tétras : Tetrao urogallus (L.), grand tétra encore appelé grand coq de bruyère, ne se rencontre plus guère que dans fes parties montagneuses du Jura, des Alpes et des Vosges. Lyrurus tetrix (L.), tétra lyre ou petit coq de bruyère est également un gibier de montagne, à peu près de même habitat que le précédent. Lagopus mutus (Martin), lagopède alpin ou Tétra des neiges, lagopède muet, se tient, comme son nom l'indique, sur les cimes des Alpes. Tetrao bonasia (L.), gelinotte, se voit dans les Pyrénées, le Jura, les Alpes, les Vosges.

Tous ces tétras sont sédentaires; ils sont difficites à chasser, vu leur rareté et la difficulté de les approcher en montagne. De plus, ceux que l’on consomme sont souvent pris au piège par des braconniers.

OTIDIFORMES. — Les Otidiformes nous présentent deux espèces à étudier en France : Otis tarda (L.), grande outarde, autrefois très abondante, ne se voit plus guère que dans la Champagne et le Poïtou, dans les plaines rocailleuses et sablonneuses. Sa fréquence a notablement diminué; quelquefois aussi on rencontre de jeunes individus de passage dans le Midi. C’est un oiseau migrateur Otis fetrax (L.), petite outarde, outarde canepetière. Plus commune que la précédente. On la trouve surtout dans les immenses champs de céréales, de betteraves du centre de la France; parfois des individus migrateurs se font tuer dans le Midi. Elle passe l’hiver dans le Nord de l'Afrique, l’Asie mineure, allant jusque dans l’Inde.

COLUMBIFORMES. — Nous avons à considérer les espèces suivantes :

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Columba palumbus (L.), pigeon ramier, palombe, migrateur et sédentaire, voyageant du nord au sud de la France suivant la saison. On sait, d’autre part, combien ses mœurs varient suivant son habitat. Farouche et peu accessible dans les campagnes, il devient d’une extrême familiarité dans les jardins publics des grandes villes, notamment à Paris.

Columba livia (Gmel.), pigeon biset, qui est, d’après Darwin, l'ancêtre du pigeon domestique, encore appelé pigeon de roche, parce qu’il niche dans les rochers, les ruines. Il est également sédentaire ou de passage en été.

Columba œnas (L.), Pigeon colombin. Le plus commun des pigeons sauvages. Il voyage par bandes pendant l'été et l’automne. On le voit surtout dans les endroits boisés.

Turtur Turtur (L.), Tourterelle. Espèce migratrice, quittant la France en août-septembre. On la voit dans les boïs, bosquets, etc. Elle passe l’hiver dans le nord de l’Afrique, les Canaries, l’Asie mineure.

Nous abordons maintenant ce que l’on est convenu d'appeler gibier d’eau. Trois groupes nous intéressent.

CHARADRIIFORMES. — Parmi les charadriiformes de France, bien peu méritent le nom de gibier : leur chair est à peine comestible, ayant un fumet de vase, de poisson qui la rend répugnante. Cependant quelques espèces sont recherchées pour leur qualités culinaires.

Scolopax rusticola (L.), Bécasse, n’est pas, à proprement parler, un oiseau aquatique. On la trouve dans les bois, les taillis, les bruyères. Elle est rarement sédentaire, la plupart du temps ne niche pas

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dans notre pays et ne fait qu'y passer au printemps et surtout à l’automne; c’est à cette dernière ‘saison qu’on la chasse. |

Gallinago gallinago (L.), Bécassine. Se chasse dans les marais, terrains inondés. C’est aussi une’ espèce migratrice, passant l’hiver dans l'Afrique du Nord, l’Asie tropicale, parfois même ne dépasse pas le midi de la France. On la chasse surtout à l’automne. LS

Gallinago media (Lath), Bécassine double. C’est également un oiseau de marais, beaucoup plus rare que le précédent. Elke a le même habitat, mais préfère les eaux plus claires. Les migrations et passages sont à peu près les mêmes que ceux de la bécassine commune, A

Vanellus vanellus (L.), Vanneau huppé. C’est un oiseau de passage, qui niche dans les pays scandinaves, très exceptionnellement dans le nord de la France, et qui va hiverner en Espagne et en Afrique. On le chasse surtout en automne.

Squatarola squatarola (L.), Vanneau pluvier, vanneau suisse. Beaucoup plus rare que le précédent. Ses migrations sont d’ailleurs analogues à celles du vanneau huppé et c’est aussi en automne qu’on le chasse.

Charadrius apricarius (L.), Pluvier doré. Se voit surtout sur les côtes, cherchant à marée basse sa nourriture de petits invertébrés; on le'trouvé aussi au bord des fleuves ou ruisseaux, marécages, etc. C’est un oiseau de passage, allant des pays VASE à l’Afrique et à l’Inde.

Charadrius morinellus (L.), Pluvier guignard. C’est aussi un oïseau de passage accomplissant à peu

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près les mêmes migrations que le précédent et se trouvant aux mêmes endroits, mais il est beaucoup plus rare que lui et sa fréquence diminue d’année en année.

Charadrius hiaticula (L.), Pluvier à collier, mieux adapté que les autres pluviers au littoral, se voit plus rarement au bord des eaux douces. Il accomplit, comme ses congénères, de grandes migrations et ne se voit en France que par passages, durant l’été et l'automne.

Numenius arquatus (L.), Courlis cendré. Cet oiseau se rencontre, comme les pluviers, sur les plages, sur le bord des marais avoisinant la mer. C’est un oiseau semi-migrateur, qui peut nicher dans notre pays, mais va passer l’hiver en Afrique et dans l’Inde.

Tringa totanus (L.), Chevalier gambette. Cet animal vit au bord des eaux douces et salées. On le chasse dans toute la France pendant l’automne lorsqu’il passe; il est sédentaire en plusieurs points, non seulement dans le midi, mais aussi dans le centre et le nord.

Totanus ochropus (L.), Chevalier cul-blanc. Cette espèce de passage est aussi sédentaire sur le bord de la mer et des fleuves. Les passages se font en avril-mai du sud au nord et en juillet-septembre du nord au sud.

Totanus hypoleucus (L.), Chevalier guignette. À les mêmes mœurs que l'espèce précédente et se voit aux mêmes époques. Elle habite parfois les bords de la Seine, mais devient de plus en plus rare.

RALLIFORMES. — Quelques-uns nous intéressent, presque tous font partis du gibier d’eau.

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