‹ Les Pleurésies à CholestérineChapitre 17 sur 37 · OBSERVATION XXXVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXVI

(Obligeamment communiquée par M. J: BARBIER. — Malade de la Clinique de M. le Professeur Bard.)

M. ouvrière en couronnes, 49 ans. Bonne santé jusqu’à ces dernières années. En 1921, elle est soignée pour « pleurite » et reste malade plus de deux mois. Elle retrouve ensuite sa santé habituelle, mais cependant elle tousse fréquemment pendant lhiver.

Le 13 mai 1926, brusquement, la malade est prise d’un point de côté à la base droite, accompagné de dyspnée et d’expectoration. Après quelques jours, ces phénomènes se calmaient, quand le 18 mai survient une recrudescence des symptômes. Un médecin appelé le 30 mai retire par thoracentèse un litre de liquide purulent. Le lendemain la malade entre à l’hôpital.

Ad

Elle présente alors une température assez élevée (39°4) ; elle se plaint de point de côté droit extrêmement violent.

L'examen montre : immobilité et voussure de l’hémithorax droit; matité des deux tiers inférieurs avec abolition des vibrations; silence respiratoire. Il n’y a ni souffle, ni égophonie, ni pectoriloquie aphone. La respiration est soufflante au sommet droit. À gauche, quelques râles fins disséminés. Cœur non refoulé. Urines normales.

Le 1* juin on pratique une ponction exploratrice dans le 8"° espace. On a très nettement l’impression de perforer une coque épaisse et indurée. On ramène un liquide purulent bien lié assez fluide.

Le diagnostic de pleurésie purulente semble certain, mais on a la surprise de constater à la radioscopie, le 2 juin, une image de pyopneumothorax : obscurité des deux tiers inférieurs à limite horizontale surmontée d’un croissant transparent. Pommelures au poumon gauche.

On apprend alors en interrogeant minutieusement la malade que le point de côté initial s'était accompagné d’une expectoration très abondante (il se serait alors produit une ouverture de la collection par vomique).

L'examen du liquide réserve lui aussi une surprise : l'examen direct entre lame et lamelle montre des cristaux de cholestérine donnant l'impression, par leur abondance, d’un véritable dallage.

Par ailleurs, on trouve des polynucléaires altérés, quelques rares lymphocytes et éosinophyles,

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