‹ Les Pleurésies à CholestérineChapitre 16 sur 37 · OBSERVATION XXXV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXV

(Due à l’obligeance de M. J. BARBIER, chef de clinique médicale à la Faculté.)

Homme de 60 ans, commerçant. Il y a trente ans (en 1896), il présenta une pleurésie gauche abondante qui le retint au lit pendant trois mois. Il retrouva ensuite une bonne santé lui permettant de mener une vie assez active et de monter sans fatigue plusieurs fois par jour les trois étages qui séparaient son domicile de son magasin. D’après son récit, confirmé par le médecin traitant, il aurait conservé durant toute cette longue période ure zone de matité assez étendue à la base gauche. Les divers médecins qui successivement l’examinèrent attribuèrent cette matité à une symphyse pleurale épaisse. Marié dans l’intervalle, il perdit deux filles de tuberculose pulmonaire.

Depuis environ un an, il est dyspnéique et depuis quelques mois c’est un grand cardiaque confiné au

lit, présentant de l’œdème des membres inférieurs et des épisodes de dyspnée paroxystique. À certains moments, gros disque d’albumine dans les urines (petits infracti du rein probablement). La tension maxima oscille autour de 20 cm. de Hg. Pas de fièvre.

Dés le premier examen (avril 1926), M. Barbier constate que le cœur est fortement dévié vers la droite; il note un double souffle de la base (lésion aortique athéromateuse très probablement), un bruit de galop, un souffle d’insuffisance mitrale fonctionnelle.

L'examen du poumon montre, à gauche, une matité de bois du tiers inférieurs du poumon avec, à ce niveau, des vibrations très diminuées, mais non abolies, un murmure vésiculaire assez bien perçu. Quelques râles superficiels au-dessus de la ligne de matité.

Malgré l’absence de signe absolu d’épanchement, M. Barbier tente une ponction exploratrice et croit d’abord vérifier l'hypothèse de symphyse car l’aiguille ne pénétra qu’à grand peine dans une coque pleurale très épaisse. Une fois cet obstacle franchi, il atteint le liquide dont une ponction évacuatrice permet de retirer un litre. Ce liquide est de coloration « chocolat au lait ». Très homogène, il ne coagule pas spontanément; il est imputrescible.

Examiné très attentivement, on constate qu’il présente un aspect moiré dû à une multitude de points brillants minuscules qui scintillent à son intérieur.

A l'examen microscopique on constate qu’il n’y a pas de globules de pus mais que le liquide est entiè-

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rement constitué de granulations graisseuses et de cristaux de cholestérine. Ceux-ci existent en si grande abondance qu’entre lame et lamelle ils semblent former un véritable « dallage ».

Un dosage montre qu’il existe 25 pour 1.000 de cholestérine (méthede colorimétrique).

Trois semaines après la première ponction, on en pratique une seconde qui ramène 900 cm3 d’un liquide analogue au premier.

Le malade est soulagé par ces deux évacuations, mais les phénomènes asystoliques progressent et il meurt peu de mois après en cardiaque.

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