CHAPITRE V
Mécanisme pathogénique
Deux questions intéressantes nous restent à résoudre :
1° Pourquoi la cholestérine existe-t-elle dans la plèvre sous forme de cristaux ?
2° D’où provient-elle ?
1, — Cause de ia présence de cristaux
de cholestérine dans la plèvre
Ainsi, nous avons déjà insisté sur ce point, ce qui caractérise pour nous la pleurésie à cholestérine ce n’est pas le taux élevé de cette substance, mais sa présence sous forme de critaux. Quelle est donc la cause de cet état particulier ?
Nous devons tout d’abord rejeter l’explication simpliste qui ferait de la précipitation de la cholestérine un simple phénomène de saturation en relation di-
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recte avec son abondance. Nous avons vu, en effet, qu’il est possible d'observer des cristaux avec un taux de cholestérine relativement peu élevé, parfois même inférieur à celui de certaines pleurésies purulentes.
La précipitation de la cholestérine est donc un phénomène complexe qui ne saurait dépendre uniquement de son abondance Du reste, normalement, c’est en solution, à l’état d’éthers-sels, que cette substance existe dans le liquide; à l’état libre elle serait insoluble. Des modifications chimiques peuvent donc suffire pour provoquer l’apparition des cristaux. Devonsnous alors admettre, avec Gringaut, que ce phénomène relève uniquement d’altérations du liquide, de transformations chimiques qui entraînent en quelque sorte des « modifications des conditions de solubilisation ». Il ne s’agirait là que d’un simple phénomène de vieillissement très comparable à l’aspect opalescent du liquide de certaines vieilles pleurésies.
Cette opinion est très soutenable, mais on peut lui adresser une grave objection. Elle ne tient pas compte d’un fait pourtant indiscutable : la présence de cristaux coexiste habituellement avec un taux de cholestérine élevé. Cette notion serait même plus constante qu’elle ne le paraît au premier abord. La comparaison de nos épanchements avec les pleurésies purulentes est difficile, car dans ce dernier cas, l'abondance de la cholestérine ne provient pas du liquide lui-même, mais des leucocytes qu’il contient, et les comparaisons sont fausséès au détriment des pleurésies à cholestérine.