CHAPITRE IV
Anatomie pathologique
Quels sont maintenant les caractères anatomopathologiques de la pleurésie à cholestérine ? Nous aurons peu à insister, car nous les avons pour la plupart déjà constatés chez les vivants et décrits dans notre étude clinique. Nous n’aurons donc que quelques points de détail à préciser.
Nous ne reviendrons pas sur la localisation de l’éparchement, sur les caractères du liquide que nous avons déjà minutieusement examinés; nous nous contenterons de signaler que les quelques autopsies qui ont été pratiquées confirment les données de la clinique.
L’abondance de l’épanchement se retrouve : deux litres chez le malade de Debove (Obs. IT), trois chez celui d’Angelini (Obs. XXXIII). En plus d’un liquide identique à celui que l’on a ramené chez le vivant, on constate d'ordinaire dans la plèvre la présence d’une masse grisâtre amorphe, sorte de magma ter-
Ar
reux. Sa teneur en cholestérine analysée chez le malade de Chauffard (Obs. XXVIID) s’est montrée élevée.
Le caractère anatomo-pathologique le plus important de la pleurésie à cholestérine réside dans l’existence d’un degré toujours très marqué de pachypleurite. Déjà, nous l'avons vu, la plupart des auteurs n’omettent pas de signaler, dans leurs observations, les difficultés qu’ils éprouvent pour perforer la plèvre et de noter l’impression d’induration profonde que leur donne la traversée de la grande séreuse. Parfois aussi des examens radioscopiques nous montrent une opacité que l’on attribue à une pachypleurite. Anatomiquement, les résultats d’autopsies nous confirment pleinement ce que la clinique nous a fait déjà soupçonner. Angelini (Obs. XXXIII) trouve une plèvre à parois très épaisses, qui atteignent en certains points plus d’un centimètre. Par places il existe une véritable calcification. Faisans (Obs. IX) fait des constatations analogues : épaisseur considérable de la séreuse, points cartilagineux, ou même ossifiés. Coyon et Fiessinger (Obs. XXIX) confirment aussi ces données : plèvre très épaisse, dépassant en certains points un demi-centimètre.
Dans tous les cas que nous avons recueillis, la surface de la membrane a été trouvée lisse, sans exsudats adhérents. Dans un cas, on a noté sa ressemblance avec une aorte légèrement athéromateuse (Debove, obs. ID.
Quant aux lésions histologiques de la plèvre, qu’il serait cependant intéressant de connaître, nous
n'avons sur elle que des renseignements assez rudi-
mentaires. Coyon et Fiessinger (Obs. XXIX) trouvent une sclérose diffuse avec quelques nodules inflammatoires et des granulations tuberculeuses. Debove (Obs. ID), une membrane pluristratifiée, avec interstices bourrés de graisse.
Les altérations de la plèvre seraient donc, surtout, des lésions de sclérose. Ce processus scléreux s'étend souvent aux organes voisins et sur les cinq vérifications qui ont pu être pratiquées, deux cas de symphyse péricardique sont anatomiquement constatés. (Coyon et Fiessinger, observ. XXIX; Angelini, observ. XXXIIL)
Voyons enfin quel est l’état du poumon. Les altérations que peut présenter cet organe sont assez variables. Des lésions bacillaires peuvent exister, mais elles sont absentes dans la majorité des cas et le plus souvent on ne trouve qu’une simple atrophie par compression, une simple atélectasie de cet organe. Cette lésion peut être très marquée dans les cas anciens. Chez le malade d’Angelini (Obs. XXXIID),, où l’origine des accidents pleuraux remontait à plus de 34 ans, l’organe atrophié et réduit était comparable à une « langue de chat ».
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