AVANT-PROPOS
Au moment de quitter la Faculté de Médecine et de laisser derrière nous tout notre passé d’études scolaires pour entrer dans la carrière, avant de mettre en pratique les leçons et les conseils de nos maîtres, nous tenons à les remercier de toutes les marques de dévouement qu’ils nous ont toujours si largement prodiguées et jetant un coup d’œil rapide mais reconnaissant
sur le passé, à nous rappelerles années de travail écoulées sous leur direction.
A l’Ecole de Médecine de Marseille, d’abord, où nous avons été initié, au lendemain des heures tristés de la guerre, aux premières notions de la médecine et de la chirurgie. Ce n’est pas sans une émotion profonde que nous nous rappelons les leçons de notre vénéré el regretté maître le docteur Jean Escat, qui se montra pour nous d’une bonté si grande que nous lui en garderons toujours une affeclion quasi filiale.
À Paris, ensuite, où nous avons tenu à venir entendre pendant trois années, la parole de nos grands maîtres de la Faculté et des Hôpitaux, suivant ainsi la tradition de
nos aînés.
Nous tenons à apporter nos remerciements tout particuliers à M. le Professeur Teissier dont les leçons et la pratique hospitalière ont été pour nous si profitables, et qui nous a fait l'honneur d’accepter la présidence de notre thèse. Nous n’aurions garde d’oublier le docteur Gastinel, assistant de la clinique des maladies contagieuses, et nous lui exprimons toute notre gratitude pour les judicieux conseils qu’il nous a prodigués au cours de ce travail.
Avant même de commencer nos études, le docteur Eugène Bernard notre père, nous avait ancré dans le cœur, et parses paroles et surtout par l’exemple merveilleux de dévouement et d’abnégation de soi-même qu'était chaque minute de sa vie, la vocation médicale, véritable apostolat dans nos petites localités de province où ni l’orage ni la neige n’arrêtent, même pour des courses lointaines, celui que le malade appelle.
Que lui-même et admirable compagne de sa vie de sacrifice et de labeur voient ici l'hommage respectueux d’un fils qui les vénère et n’aspire qu’à leur ressembler.
Déjà notre frère aîné avait compris la beauté et la grandeur du rôle du médecin de campagne. Externe des hôpitaux de Paris, il partiten 1914 comme médecin-auxiliaire. Sa croix de guerre et sa médaille militaire disent comment il fit son devoir. Il ne devait pas revenir au pays qu’il aimait tant et où il rêvait d’être, à son tour, médecin : il tombait le 15 juin 1915, sous la mitraille boche.
Fidèle à sa mémoire, nous nous efforcerons d’accomplir l’œuvre qui était son idéal.