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gros : de 0,4 à 0,79 Wu d'épaisseur (plus gros donc que le sp. bronchialis).

Ses spires, lâches et irrégulières, sont en nombre assez variable. Ses ondulations sont inconstantes et toujours de grand rayon ; on en compte une ou deux, rarement plus. Ses extrémités sont mousses. L'absence de membrane ondulante est presque constante.

Ces spirochètes se colorent bien par la fuchsine diluée et le Giemsa les teint en bleu.

4° Spirochoeta Dentium (ou Denticola) (Koch 1877).

Ce spirochète, assez épais, mesure ordinairement de 8 à 15 n de long. Ses spires nombreuses, peu profondes et pas très régulières, ne sont pas très serrées.

Les éléments de grande taille présentent une ou deux ondulations de faible rayon.

L'une des extrémités est à peu près eflilée ; l’autre est en crochet et obtuse.

Ces spirochètes prennent assez facilement la fuchsine diluée et se colorent en violet rougeâtre par le Giemsa. Leurs déplacements s'effectuent par des mouvements hélicoïdaux et ondulatoires, plus rapides et

moins discontinus que ceux des spirochètes buccalis.

9° Spirochoeta Medium (Hoffmann et Prowazek 1906) ou Spir. Intermedium (Dobell 1911).

Ce spirochète est souvent associé au Sp. buccalis et au Sp. Dentium.

Il présente les mêmes caractères que ce dernier, mais 1l est un peu plus grand et ses spires sont plus irrégulières et plus lâches.

6° Spirochoeta PRigidum.

Ce spirochète mesure environ 8 u de long et 0,30 u d'épaisseur. Il présente 8 à 10 spires peu profondes, très régulières et très serrées. D'une remarquable rigidité, il ne présente pas d'ondulation ou en présente une seule et de très petit rayon.

Ses extrémités sont d'ordinaire rectilignes ou à peine incurvées et pointues.

A la lumière des nombreux travaux effectués sur la gangrène pulmonaire et sur ces spirochètes, 1l-semble bien que, pour réaliser cette affection, et partant, des pleurésies gangréneuses, expression la plus grave des pleurésies putrides, l’action des anaérobies soit insuflisante.

À la flore de Veillon, que nous avons étudiée rapidement plus haut, il semble nécessaire que vienne s'ajouter la présence d’un spirochète, réalisant ainsi un double processus de sclérose et de sphacèle. Sur cette notion, les auteurs semblent être d'accord.

Là où commencent les controverses, c'est quand il s'agit de savoir quel est le spirochète auquel il faut attribuer le premier rôle. Ici, les auteurs ne sont plus

du même avis.

H. Vincent admet le rôle prépondérant de la fusospirochétose. Pour lui, il ny a pas de distinction nette entre le spirochète Vincenti et le spirochète bronchialis de Castellani. Pour soutenir sa thèse, 1l se base sur les divers faits suivants : même morphologie des deux spirochètes, même mobilité à l'ultra-microscope, même durée de leur vitalité hors de l'organisme, même

résistance faible à la dessication, même affinité chromophile pour les colorants bleus, même structure du protoplasme, même pouvoir de former des corps coccoïdes, même indice de courbure, même symbiose élective avec le bacille fusiforme et enfin même sensibilité de l’un et de l’autre par l’action thérapeutique des arsénobenzènes.

Pour Vincent, si les spirochètes sont souvent prédominants dans les préparations, la coexistence, en proportion variable mais parfois considérable, du bacille fusiforme imprime à la présence du spirochète une signification très spéciale. À son avis, nombre d'auteurs ne l'ont pas recherché ou l'ont laissé échapper et 1l lui est souvent arrivé personnellement de découvrir des bacilles fusiformes dans des préparations qui lui étaient présentées comme des cas de spirochétose pure.

G. Delamare soutient la même théorie et identifie le spirochète bronchialis au spirochète Vincenti. Pour lui (le spirochète polymorphe de Castellani, hémorragipare, nécrosant et arsénosensible est identique — son nom mis à part — au spirochète polymorphe, hémorragipare, nécrosant et arsénosensible de Vincent).

Il insiste sur l’importance du rôle des fuso-spirochètes dans la génèse des processus gangréneux et admet que le spirochète en cause n’est autre que celui observé par Vincent dans l'angine ulcéro-membraneuse.

Pour défendre son opinion, il rapporte dans son ouvrage sur ( Les spirochètoses respiratoires stoma-

togènes », les recherches très nombreuses qu'il a faites sur ce sujet. Il y décrit les caractères du spirochète « Vincenti-Bronchialis », ses modes de développement, sa mobilité et ses caractères morphologiques. Les nombreuses figures qu'il reproduit d'après Castellani, Violle, etc., et les observations concordantes de Rothwell, Chamberlain, Sabrazés, Roubier et Gauthier, Robert, etc., ne lui laissent pas de doute sur l'identité de ces deux germes et il conclut : « Le spirochète bronchialis de Castellani et le spirochète Vincenti ne sont qu'un seul et même parasite ».

F. Bezançon et E. Etchegoïn, et avec eux Froilano de Mello, soutiennent une théorie diamétralement opposée.

Pour eux, le rôle de l'association fuso-spirillaire doit être considéré comme rare. C'est aussi l'impression de P. Emile Weil qui en rapporte, avec Semmelongue et Coste, une belle observation.

Ces auteurs écrivent que « le rôle du fusiforme est loin d'être constant et que le spirochète, agent de la gangrène, n'a peut-être rien de commun avec le spirochète de Vincent ».

Si on a cru longtemps à l'action du spirochète Vincenti, c’est à leur avis, à cause de l’utilisation des méthodes de coloration simple, avec lesquelles les spirochètes sont invisibles, sauf le spirochète Vincenti qui se colore, faiblement sans doute, mais est visible.

« À moins, disent-ils, de n'attacher aucune importance aux variations de colorabilité, à la morphologie, aux caractères de mobilité, on doit considérer comme deux espèces différentes, le spirochète observé par les

auteurs dans la gangrène pulmonaire et le spirochète Vincenti ».

De plus, le spirochète subit très rapidement la lyse, au bout de 3/4 d'heure, d'où il s'ensuit que l’on ne peut dépister les spirochètes que si on porte l'examen sur des préparations fraîches.

En prenant différentes précautions, ces auteurs disent avoir trouvé très souvent un spirochète appartenant à l'espèce du spirochète bronchialis, décrit par Castellani. Avec ce spirochète, existait, en grande abondance, la flore des anaérobies du type Veillon. Quant au bacille fusiforme, ils ne l'ont trouvé que deux fois, une fois seul, une fois associé au spirochète bronchialis.

Pour eux, le rôle du Spirochoeta Bronchialis de Castellani est considérable dans la gangrène et ce spirochète est totalement différent du spirochète Vincenti.

Enfin certains auteurs considèrent le spirochète de Vincent comme un germe, fréquent sans doute, mais dépourvu de rôle pathogène. Cependant, la cure radicale des lésions dans lesquelles il se rencontre, par les arsénobenzènes spirochéticides (et Perrin en a, le premier, apporté un très bel exemple) semble bien démontrer son rôle pathologique.

N'est-il pas permis de penser que ces spirochètes pourraient être aussi de simples saprophytes analogues à ceux que l'on constate dans la cavité buccale où l'on sait que toute lésion, quelle qu'elle soit banale, syphilitique ou cancéreuse, peut se recouvrir d'une flore fuso-spirillaire.

IT faut dire aussi que toutes les espèces spiroché-

Ts

tiennes que nous avons citées plus haut, sont très voisines et les variations de l'aspect qu’elles présentent, s'explique suffisamment par le polymorphisme.

Le professeur Sanarell, de Rome, a apporté en 1927 à cette question, les documents les plus intéressants. En cultivant les spirochètes sur des « milieux catalyseurs » (fragment d'organe dans le fond du tube de gélose), il a obtenu des cultures très riches et est arrivé à cette conclusion qu'il était impossible de distinguer les uns des autres les spirochètes de l'intestin, des angines ulcéro-membraneuses, de la bouche et du poumon.

De plus, il a constaté que l'addition de B. Mésentéricus dans les cultures en bouillon favorisait le développement du spirochète, qui, au bout de quelques Jours, se transforme en bacille fusiforme. Ce bacille fusiforme, repiqué, fournit à nouveau des spirochètes. Sanarelh dit avoir observé, à l’ultra-microscope, les phases de cette transformation ; pour lui, les bacilles fusiformes ne ‘seraient donc que des spirochètes transformés et les spirilles de la gangrène pulmonaire appartiendraient au même type fuso-spirillaire.

De l'étude bactériologique des pleurésies putrides, l'on peut conclure à l'importance indiscutable des anaérobies du type Veillon. Au cours de ces dernières années, cette étude s’est enrichie de la notion nouvelle des spirochètes, ceux-ci associés presque toujours aux anaérobies. La part de ces spirochètes dans la pathogénie des pleurésies putrides est à l'étude et la nécessité de leur présence n'est pas admise par tous

les auteurs.

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