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II. — DIAGNOSTIC DE LA PLEURESIE PUTRIDE

C'est le temps délicat du diagnostic.

Ce diagnostic de pleurésie putride se pose en deux temps : la clinique pose un diagnostic de présomption et le diagnostic de certitude est fourni par la ponction exploratrice.

DraAGNosTic DE PRÉSOMPTION PAR LA CLINIQUE

Les signes physiques d'épanchement hydrique ou hydro-aérique de la plèvre au cours des pleurésies putrides sont généralement si nets qu'il n'est guère possible de discuter leur diagnostic que d'avec ceux des pleurésies séro-fibrineuses, purulentes ou d'autre nature où de pneumothorax.

La clinique nous révèle la coexistence de symptômes généraux et d’un syndrome liquidien de la plèvre accompagné de signes fonctionnels (dyspnée, toux, douleurs) très intenses.

Sans doute, aucun de ces symptômes pris isolément n'oriente vers le diagnostic de pleurésie putride. Le syndrome d'épanchement ne manifeste aucun signe particulier si ce n'est que les symptômes fonctionnels et douloureux qui montrent sa présence, sont très marqués et spécialement violents.

Er GARE

Il va sans dire que la plupart de ces signes se rencontrent dans les pleurésies purulentes, mais ils y

existent généralement à un degré moindre.

C'est d'ailleurs déjà un sérieux pas en avant dans la voie du diagnostic que d'avoir reconnu qu'il s'agit dans le cas présent d'une pleurésie grave.

Ce qui doit distraire l'attention d’une affection pulmonaire ou pleuro-pulmonaire banale (pneumonie, spléno-pneumonie, pleurésie séro-fibrineuse), c’est

tout un ensemble de nuances importantes.

C'est l'atteinte profonde de l'état général avec cependant une hyperthermie modérée, c'est la constatation d’une lachycardie hors de proportion avec la fièvre. C'est l'apparition brusque d’un point de côté spécialement violent et durable, l'intensité du frisson initial, le degré intense de la dyspnée nullement en rapport avec le degré de l'épanchement, l'absence d'expectoration et enfin l’adynamie rapide, la prostration des forces trés prononcée dès les premiers jours

avec une grande anxiété.

Tout cet ensemble symptomatique doit toujours faire soupçonner la putridité d’un épanchement, mais cependant jamais le diagnostic ne peut être affirmé

sans la :

Poncrion EXPLORATRICE

Seule celle-ci nous apportera la certitude en fournissant le signe pathognomonique unique de la pleurésie putride : l'extraction d’un liquide séro-purulent

malodorant, imect.

a Res

Le liquide que l'on retire par thoracentèse ou qui s'échappe, en plus ou moins grande quantité, au moment de la pleurotomie, n'est pas du pus véritable, crémeux, bien lié « louable », suivant l'expression consacrée. C’est du ‘séro-pus, mal lié, ou même plus souvent une sérosité louche, grisâtre ou brunâtre, parfois sanguinolent, contenant en son milieu des gru-

meaux pulvérulents qui floitent.

Mais le caractère organoleptique dominant d'un tel liquide, c'est sa puanteur qui d'emblée se manifeste à l'attention et suffit à imposer le diagnostic.

Ce liquide exhale une « odeur de pourriture animale, de dent cariée, de matières fécales en décomposition, d'œufs pourris » (Ramond). Nous n imsisterons pas davantage sur les caractères de la puanteur de ce séro-pus, puanteur dont le degré importe peu d’ailleurs, mais il ne faut pas confondre cette puanteur avec l'odeur plus ou moins fétide qu'exhalent souvent les pleurésies purulentes simples.

Très peu fibrineux, il ne se coagule pas ou seulement d'une façon très lente ; aussi, abandonné à lui-même, dans un tube, se sédimente-t-il en formant deux couches bien distinctes :

L'une, inférieure, pulvérulente, opaque, dense, représentant parfois le quart du volume du liquide. On peut trouver, dans cette couche, des masses dures qui, dans un cas de Debove, étaient constituées par des cristaux d'acides gras enchevétrés.

L'autre, supérieure, plus claire mais pourtant encore trouble et laiteuse.

ss

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