MESIRE MÛRISSES DE CREON. 5J
Se je jamais li dirai :
)o BdCi ne m'ociez mie I
A toz les jors de ma vie La servirai, Et serai en sa baillie Tant com vivrai, 35 Ne ja de sa seignorie
Ne partirai; Et se briement ne m'aie
Trop grant mal trai, Mais gariz sui, se j'en ai 40 Un bel semblant en ma vie.
Chançon, va t'en sanz demore El dolz pais Ou mes cuers cline et aore Soirs et matins, 45 Trop par mi cort li mais sore
Dont je languis, He Deus ! verrai je ja l'ore
Qu'un très dolz ris Puisse avoir de son cler vis, 50 Qui si m'ocit et acore P ,
MESIRE HUES D'OISY.
La pnmiïre pitce a àl imprimk ptUsiears fois : par Labordt, Essai sur la musique^ ÏUiw, dans le Romancero françoîs, par M, P, Paris, p. 103, par M, Leroux de Uncy, Chants historiques, I, 116, dans la notice littéraire sur Hues d^Oisy insérée par M. Arthur Dinaux dans ses Trouvères cambrésiens, p, 140, et dans l'Histoire littéraire^ tome 23, p, 625.
Cest également dans sa notice sur Hues d*Oisy que M. Arthur Dinaux a inséré la seconde piïce qui ne manque pas d'intérêt au point de vue historique. Le texte de M, Dinaux aussi bien que les notes qu'il y a jointes montrent qu'il ne saisissait pas toujours parfaitement le texte qu'il pabliail. Pour ne citer que quelques unes de ses notes, il imprime le V, ^3 ; Jehane la gaaigne (la lance, voy, le gloss.) vint ataignant : « Jehane la Gaaigne vint atignant (avec irritation); » le v. Cy : Sor Aélis desccnt : « Seur aelez descent (tombe sur elles); » lev. 181: sor morel l'abrievé (rapide) : « Sor morel la brieve (la petite) », sans même tenir compte de la rime; au v. 69 il explique fiance par confiance, tandis que, dans l'espïce, il s* agit du serment de fidélité que le vassal doit à son seigneur; au v. 89 il imprime au lieu de : et si ostage Voient {et ainsi elle délivre Yolent) : et li ostage Volent, ce qu'il explique : et de même la troupe d' Volent ; au v. 98, il explique ^om (allons) par louange; au v. 165, quist (qui est), par sorti; au v. 182, eschequeré (en échiquier, réparti également) par triangulaire; au v. 183^ aroter (se ranger en rote,
MESIAE HUB5 D'OMY. 55
comme desroter auv. 32, se séparer de la rote) par conduire, accompagner; au v. 192, k'esgardé par escorté; et au v, 198^ jut (elle jut, elle coucha), par jeu, plaisirs. // omet aussi des vers entiers sans le moindre scrupule {v. 73, 7$).
A la fin de sa notice sur Hues d'Oisy (p. 142)^ M, Dinaux remarque que u c'est par suite d'une erreur matérielle que le Romancero (</« ilf. Paulin Paris) donne, page 189, à messire Hues d'Oisy une troisième piïce qui appartient à messire Hues de la Fertè. Cuique suum. » M. Paris met la piïce de Hues de la Ferté à la suite de deux autres pièus du mime trowikre et il les fait précéder toutes les trois d'une notice sur se poète. Ce n'est donc pas à la suite des pikes d'Hues d'Oisy qu'il la donne : il n'y a pas d'erreur matérielle. Il y a en effet d'Oisy au iitu de la Ferté dans les quelques mots qui précédent la troisHmâ chanson de ce dernier à la p, 189^ mais on ne saurait qualifier d'erreur matérielle ce lapsus calam!.
M, Francisque Michel, dans les notes de son édition de la chanson des Saxons^ a imprimé une seconde fois le tornois des dames d'apris le ms. L {ch. d, S. II, p, 194-201). Bien qu'il ait eu connaissance de la seconde leçon du tornois qui se trouve dans le ms. K {il la signale dans une note à la page lox), l'idée ne parait paâ lui être venue de mettre à profit les variantes de cems, pour corriger les fautes assez nombreuses du tixte qu'il publiait.
La table des concordances de Mouchet, dont l'original s'est perdu mais qui est imprima dans le volume VI des Manuscrits françois de M. Paulin Paris, mentionne encore parmi les pièces de Hues un jeu parti :
Robert, ôr me conseilliez qui se trouve dans le ms, P fol. 22 v. Le titre de cette pilce est Hue a Robert^ k nom d'Oisy nt s'y rencontre nulle part; tattribution par Mouchet de te jeu*pmù à notre poite est donc dénuée de tout fondement.
56 MBSIRE HUES D'OISY.
KfoL 50 r (Mesire Hues d'Oysi) LJoL 53 r (Mesire Hues
d'Oisy).
Malgré toz sains et malgré Deu ausi Revient Quenes, et mal soit il vegnans Honis soit il et ses preechemens, Et honis soit qui de lui ne dit fi !
{ Quant Deus verra que ses besoins ert grans^ Il li fddra, car il li a failli.
Ne chantez mais, Quenes^ je vos en pri ; Car vos chançons ne sont mais avenans.
Or menrez vos hontose vie ci ;
10 Ne volsistes por Deu morir joians, Or vos conte on avoec les recreans.
Si remaindroiz, avoec vo roi, failli.
Ja dame Deus, qui sor toz est puissans Del roi avant et de vos n'ait merci!
1 5 Molt fil Quenes pros, quant il s'en ala.
De sermoner et de gent preechier; Et quant uns sols en remanoit deçà, Il li disoit et honte et reprovier.
Ore est venus son liu reconchier,
20 Et s'est plus ors que quant il s'en ala ; Bien puet sa crois garder et estoier, Qu'encor l'a il tele qu'il l'enporta.
MESIRE HUES D'OISY. 57