‹ Les plus belles cathédrales de FranceChapitre 29 sur 78 · ORLÉANS · texte numérisé non relu

ORLÉANS

riens S saint Allin, envoyé par saunt Pierre, Pan 69 de Jésus-Christ, vint le premier faire entendre la prédication évangélique aux liabifanis de (jmubnm. \jx mission du courageux apôtre produisit des fruits abondants. Plus heureuse que la plupart des Églises des Gaules, l'Église nouvelle ne fut pas obligée de se cacher dans des cryptes ténébreuses. Elle put dès le conunencement se soustraire à la persécution et à la haine des gentils el célébrer ses augustes mystères dans des temples publics. Saint Allin construisît lui-même une Ijii.siliqaft dans laquelle se réunirent lonL;lciïips les lidèles d'Orléans. Ruinée plus fard par reflet irrésistible des siècles y une autre plus grande et plus somptueuse la remplaça. La modeste basilique était d'ailleurs devenue insulEsanté pour contenir Tafiluence des populations chrétiennes. Saint Euverte conçut et réalisa le projet d*élever une église plus vaste et plus magniUque que Tandenne. Le Seigneur bàiit les efforts du vertueux et zélé prélat , et il le manifesta par des signes extraordinairi.s. Un ange vint lui indiquer le lieu sur lequel devait être ('rijréo la nouvelle ronstrurtinn. Animé» par ce témoignage d'une protection particulière du Ciel, les travaux furent entrepns avec une grande joie et une sainte ardeur. Bientôt ils furent heureusement terminés. Un oonoouis immense de peuple remplissait Tenceinte sacrée pendant l'auguste cérémonie de la dédicace, l'n prodige « dont la mémoire est , pour ainsi dire , encore vivante par la li atlition monumentale, vint frapper d'él on nement l'innombrable asscm])Iée. Tandis que saint Euverte célébrait la messe, tmv nue res/detidisumtc parut au-desatis de m lêto^ et (le cette mu torUt une ffiom qui bénit par trois fois le iempk , le dergé ci le petqtk. Un cri d'admirallon s'échappa

i \oyft tti$Mn d'Orléam, par to P. Guyon.

m CATIIÉUK ALlvS UE FKA^NŒ.

de toutes les lèvres, et, pour conserver à la postérité le souvenir d'une si grande merveille, l'église, dédiée autrefois à saint Etienne, itremitT niaii\ r, fui placée sous l'invocation delà sainte Croix. Depuis cette époque la catheHlr.ile d'Orléans, plusieurs lois reconstruite, a toujoui's conservé la même consécration et le même vocable.

Cette basilique, témoin de prodiges éclatants, toujours remplie d'une multitude pieuse, fut augmentée par le successeur de saint Euverte. Alors s'ouvre une série de calamités pour la cathédrale d'Orléans comme pour le plus grand nombre des églises épisrupales de l i.tii.e. Les fureurs de la guerre, les dévastations des Normands la détiuisiienl plusieurs fois. Vers la fin duxii* siècle, ruinée de vétusté, elle s'écroula entièrement.

La*première pierre de la nouvelle cattiédrale fut posée le 12 septembre 1287, par Gilles Pastay, évèque d'Orléans et successeur de Hobert de Gourtenay, qui avait fait d'immenses préparatifs pour la construction de cet édifice et qui semblait y mettre toute sa gloire. Inrsrfne la mort vint arrêter l'exécution de ses projets. Ce nionumeut fut élevé sur un plan magnifique et fut l'œuvre d'un architecte dont l'histoire ne nous a pas conservé le nom. L'influence de la grande renaissance en architecture au laïf siècle avait inspiré l'ensemble et les détails de cet édifice. Il n'était pas encore achevé, lorsqu'en 1567 les calvinistes en firent écrouler une partie en faisant jouer des mines sous les principaux piliers. L'ancien pdi tail, ([ui n'était pas joint à l'église, les chapelles du rond-poiul et quelques portions du chœur échappèrent au désastre. On ne fit d'abdrd qu'une réédificatiou partielle, indispensable pour la célébration des saints mystères , et le monument resta dans ce dépbrahle état jusqu'en 1598.

La cathédrale d'Orléans ne se serait penl-étre jamais rele-

ORLtlNS.

\ée de ses ruines, sans la libéralité de Henri IV et sans la protection de Clément VlII. Le souverain pontife accorda un jubilé solennel en faveur des fidèles qui viendraient dévotement à OrI(?aiis et qui coiiliibuoriiicnt lU- leurs aumônes à la restauration de l'^clise Sainte-Croix. Ce jubilé attira une multitude incalculable de pèlerins dont la pieuse générosité produisit des sommes considérai îles. Le roi et la reine posèrent la première pierre du nouvel édifice , le 18 avril 1601, avec une grande pompe et au milieu de la foule accourue des pays voisins. Dim toit Itwé, s'écria le roi en terminant la cérémonie; mais ce n'esl pat astez de commencer cet ('difice, si nous ti'avons soin de le bien continuer cl parachever : et il ajouta beaucoup d'autres dons à ceux qu'il avait déjà faits. Malgré l'enthousiasme avec lequel les travaux furent repris , la construction fut lentement exécutée, souvent arrêtée par des obstacles imprévus» et actuellement cette cathédrale n*est point encore entièrement finie.

L^lise Sainte^Croix d^Orléans est grande, majestueuse « d'un aspect imposant et noble. Sans répéter les éloges exagérés que lui ont donnés les historiens d'Orléans, nous devons dire qu'elle occiqte une plaee ilistinguée parmi les plus célèbres monuments de France. KUe se lait remarquer par rétendue de ses proportions, sa légèreté, son élégance, la profusion des ornements, la délicatesse des détails, le caractère entièrement neuf des tours. Vue à distance, eUe saisit par son ordonnance régulière et pittoresque. Le regard se perd dans les galeries, les contre-forts , les nrcs-boutants, les clochetons, (]ui donnent tant de mouvomi iit et deeharme à l'arcliilecture' religieuse. L'architecte a épuisé, dans la décoration extérieure, les trésors d'une riche imagination, et toutes les ressources d'une ornementation dont le mérite est Tabondanoe et la variété des sujets. Des jardins du palais

épiscopal» à quelqu» dislanoe du chevet» du côté où se trouvent les parties conservées de Tédifioe de iSS87, on mesure avec surprise et admiration les belles lignes architecturales, on est frappé de la science et de l'artifice déployés dans toute la construction. Lu flèclu' ( eiifrale et les deux tours, découpées d'une manière lantasUque et presque transparente, se montrent dans une perspective ravissante. Ajoutez à ce magique spectacle des arcs^boutanls travaillés avec un art ingénieux , percés à jour et embellis des formes si agréables des trèfles, des arcades trilobées, des piliers butants chargés de crosses végétales, et vous comprendrez l'impression qu'on éprouve en considérant ce magnifique édifice.

La fac-adc principale se lait remarquer et par son étendue ci par sa riche ornementation. Nous ne la compan rons pas cependant aux portails d'Amiens, de Reims, de Strasbourg et de Ghar^. Il y a la sdenoe, le goût, le fini du travail qu'on trouve dans ces inimitables chefs-d'œuvre, moins la pureté, la correction, Tinspiration sans réminisc e nce d'aucun autre système.

Quoique le frontispice ue la Latliédiale d'Orléans ait ('li' bâti à une époque relativement moderne, les arcliitectes <iiii en surveillèrent les travaux se montrèrent fidèles, autant qu'ils le purent au commencement du xvii* siècle, aux principes qui avaient guidé dans l'édification de Fabside au xui* siècle. On ne saurait trop les louer du bon goût dont ils ont fait preuve en cette circonstance , car il leur fallait du courage pour se soustraire aux préjugés qui régnaient alors daiLs tous les esprits. Les deux tours élevées avec tant de soins et de persévérance leur feront honneur aux yeux de la postérité. Ces deux tours présentent , au-dessus d'une grande et belle galerie à daire-voie, trois étages à quatre faces sem-

OULÉAKS.

blables, superposés pyramidalemenl. Le premier, décoré de slalues et d'une belle fenêtre, est flanqué aux angles de quatre esoaliei's en s|»iialc surmontés de campaniles d'une surprenante légèreté. Les deux derniers étages sont ornés d'arcades et couronnés d'une galerie découpée en trèfles , oomiiie une délicate dentelle en pierre. Quatre statues d'anges d*une grandeur colossale complètent la décoration.

Tout cependant, à la cathédrale d*Orléans, n^est pas également digne d'éloges. D'autres architectes ont oublié les principes dont ils n'auraient jamais dû se départir, et ont adopté des ornements de la renaissance et môme les ordres de l'architecture grecque : c'est ainsi que l'un des portails est oiné do colonnes, de chapiteaux et d*nn entablement emprunté à l'ordre corinthien. Le contraste de cette construction ressort d'une façon bien tranchée par la compa* raison qu'on en fait naturellement avec le portail dn nord, d'ime élégance et d'une pureté de style remarquables.

L'intérieur de la cathédrale d'Orléans est moins riche que celui d'un grand noml)re d'autres cathédrales. La partie qui attii-e immédiatement l'attention des archéologues est l'abside ou le rond-point du chœur. Le vaisseau principal produit un effet majestueux. Les travées en sont soutenues sur des piliers et sur des arcs chargés de nervures prismatiques. Le plan général est à cinq nefs : le chœur est accompagné de onze chapelles et entouré d'un seul bas côté. La longueur totale de l'édifice est de cent trente njcties sur une largeur de vingt-huit mètre» soixante-six centimètres; io traiissept est long de cinquante- quatre mètres soixante centimètres; les maîtresses voûtes s'élèvent au-dessus du pavé de trentedeux mètres cinquante centimètres , et les tours , de quatrevingts mètres soixante centimètres.

SAINT-PIERRK

D£ FOIÏI£BS

I.'Égure de Poitiers est une des plus célèbres de la chiélienté et |t,it son antiquité et par la saintett^ do phisionrs des pontiJci» qui l'ont gouvernée, ^^s les priMiiiers siècles, à cette époque surtout où larianisme menaçait d'envatiir le inonde chrétien, on voit apparaître, couronnée de la double auréole du talent et de la vertu, la tète vénérée de saint Hilaire. Ce fut une des plus fermes colonnes du catholicisme, un des plus solides remparts de Torthodoxie, un des plus intrépides défenseurs de la divinité de Jésus-Christ. C'est un de ces grands noms dont le souvenir forme un patronage respecté dans tous les Ages. In peu plus tard , saint Fortunat vint ajouter un nouvel éclat à l'illustration du siège épiscopai de Poitiers. Nous retrouvons son nom dans tous les livres qui traitent de notre histoire primitive ou des origines de notre art chrétien* La ville de Poitiers est riche en restes d'antiquités gallo-

, romaines et en monuments religieux du moyen Alic. L'étude (le ces «'difii es oifie un intérêt immense n la science de l'architecture sacrée. On ne tarde pas à y reconnaître un système et des procédés particuliers, ime marche originale ,

^ une méthode spéciale. Nous pouvons seulement nommer ici la curieuse église Saint-Jean, oii se trouve aujourd'hui un

musée d'antiquités; l'église Sainte -Rad^gonde, relise Saint-HilaÎTe, la magnifique église Notre-Dame , poumons

occuper spécialement de l'église cathédrale , dédiée à saint Pierre.

La preuiièi*e basilique épiscopale de Poitiers l'ut soumise à une foule de désastres. Les Sarrasins, les Normands , les malbeura sans cesse renaissants de ces siècles toujours tourmentés par des orages , la ruinèrent à diverses reprises. Le zèle des éréques et des fidèles , aussi persévérant pour édifier que le génie du mal pour détruire, la releva dans le même emplacement. En 101 s, un incendie affreux , qui réduisit presque toute la ville en cendi-es, n'épargna pas la cathédrale. Guillaume IV, comte de Poitiers, rt'soliit de réparer les ravages du feu , et . dès 1 022 , on vit sortir de ses débris une nouvelle église épiscopaJe, consacrée par Isambert IV. A peine achevé, cet édifice subit le sort de celui qui Tavait précédé. Au milieu du xn* siècle , Henri 11, roi d'Angleterre, sur les instances d'Éléonore d'Aquitaine , son épouse, reconstruisit la cathédrale sur un plan plus vaste et avec uuc magniûcence en rapport avec sa haute fortune. Les travaux furent commencés avec ardeur; mais, un peu plus tard , le sèle s'étant refroidi, le monument, commencé vers 1152, après avoir éprouvé de nombreuses interruptions, ne fut consacré que le i 7 octobre de Tannée 1379, par Bertrand de Meaumont, alors évéque de Poitiers. Pendant ce long laps de temps, l'architecture religieuse avait modiGé ses principes: nous en trouverons des signes non équivoques à la partie inférieure de la caihédrale actuelle. Le portail principal , dans son ensemble, ne date que du xiv' siècle. Quelques détails au sommet des tours sont plus récents encore et doivent être attribués au xv' siècle.

Après avoir marqué sncdnctement les dates historiques.

m CATIlEOHAhliS DK 1 llAXCli.

essayons maintenant d'apprécier l'enseinble du monument. Nous dirons d'abord que l'église Saint ^Pierre de Poitiers est un des pins remarquables édifices , le plus reuiarquable

ptfut-t'tre , avec l'hôpital Saint -Jean Angers, et Ir^lise Saint-Martin de Cande, au diociXse de Tours, de la pliase transitionnelie. Ce n'est plus le style byzantin avec son caraotère primitif, ce n'est pas non plus le style ogival dans son élancement et dans sa majesté; c'est quelque chose d'inlei^ médiaiie» qui porte Tempreinte des deux systèmes à leur point de contact immédiat. Dans ce temple règne, avec l'unité du dessin, le grandiose de l'art, qui respire tout à la fois et dans l'étendue et dans la hardiesse des vni\tes. L'aspect général est imposant et religieux, (let édiluc majestueux n'a rien de cet éclat frivole emprunté à la superlluité des ornements; il a toute la noble simplicité de la grande architecture.

Quand on considère attentivement Péglise Soint-Fieire, quelques réflexions s'offrent naturellement à Tesprit sur les caractères (|iii la distin,£ruent. Nous aimons beaucoup à procéder jtar er»niparaib:()n ; dans rap[iréi'iation des monuments, c'est le meilleur moyen d'analyser les traits comnmns et les signes iiarticnliers. Le roi Henri il fit élever à Angers plusieurs édifices très-intéressants, contemporains de la cathédrale de Poitiers. La chapelle et la grande salle de Tliospice Saint- Jean doivent être mentionnées en première ligne ; c'est l'expression complète de la transformation au xn* nècle de l'architecture reliuieuse. Nous avons remarqué un (.ci Uuu air de tamdle entre le monument d'Angers et c^lui de Poitiers. 11 est impossible d'y méconnaître les mêmes principes. Si l'Anjou a emprunté le style poitevin pour la construction du doltre de l'ancienne abbaye Saint -Aubin, comme le croient plusieurs archéologues habiles, le Poitou n'a pas

I>01TiEliS. m

été étianger à l'influence angevine dans détection de l'élise SeinUPierre. Nous trouv(»iis aussi quelques rapports entre la

cathL^rale de Poitiers etTéglise Saint- Maurice d'Angers, surtout dans les voûtes à nervures, l^èrement surélevées en coupoles.

L'église cathédrale de Poitiers se développe dans les dimensions suivantes : longueur inténeuie , quatre-vingt-quatorze mètres quarante centimètres; largeur dans la nef, trente mètres trente centimètres ; lai^geur dans la croisée , cinquante-six mètres cinquante centimètres; liauteur de la voûte priiicijKile , viny:t-neui' méfies ciiKjiiante centimètres; hauteur des voûtes laléralLs, vin,i,^t-(iuatre mètres vingt centimètres; élévation de la tuur à droite du portail |>rincipal, trente-quatre mètres ; de la tour à gauche» trente-deux mètres.

Lor8qu*on entre dans lY'glisc Saint -Pierre, on est frappé du pelitnombre, de Télévatiou et de l'espacement des piliers: il y en a six de chaque cdté; ils sont composés d'un massif entouré de colonnes groupées en faisceaux. Les chapiteaux sont sculptés avec goût ; les colonnettes s^élanccnt avec élégance. Les arcades sont ogivales et accompagnées de moulures toriques, à l'exception de celles qui décoreiil pai application les murailles des hasses nefs, qui sont semi-i irculaires. La nef principale a beaucoup dq majesté. Autrefois toutes les fenêtres étaient gamies de vitraux peints; les protestants, dans leurs dévasiAtions sacrilèges des églises catholiques, en ont brisé une grande partie. *

Parmi les fenêtres » les unes sont cintrées, les autres sont ogivale», disposition (jui seule suilii ait pour déterminer l'âge précis du monument. I^lles sont là, pour ainsi dii-e, comme à la limite de deux styles qui se touchent. A la partie inférieure de la nef, voisine du portail , les fenêtres modifiées sont à lancettes géminées, ou s'élargissent pour recevoir

m CATHÉDBALGS DE FRANCE.

dans leur tympan répanouisseinent des quatre- feuilles et des rosaces. Le xm* siècle a laissé- en cet endroit des vestiges de sa noble aichitectnie.

La rose placée au-dessus de la porfe pniu ipale est une

création du xi V sièt 1 e . I ,< s d i \4sioiis qui s'échappent du centre en rayonnant, se terminent à la circonférence en délicates arcalures ; les contours de Timmense fleur sont ornés de gracieuses découpures en forme de trèfles ou de quatre-feuiiles; les angles eux-mêmes sont décorés de trèfles et de rosaces.

L'abside de la catbédrale de Poitiers est terminée par une grande muraille droite , percée de trois fenêtres romanobyzantines. Le chevet, ainsi disposé, diminue à Tceil les propoi lions du monument, fl y a bien loin de ce briseuicut brusqiir (]o lif-nirs à la richesse de perspective di s nefs déambulatoires qui s'étendent autour d une .ihside circulaire ou octogone. (> mode de conslructiou est fréquemment nsilé dans les édifices religieux de l'Angleterre.

L*église Saint-Pierre fut, à plusieuis reprises, victime des fureurs de la guerre et de Timpiété. Ces deux fléaux, plus terribles que ceux de la nature, dévastèrent et enlevèrent tout ce qui s'oflrit ù leurs coups et à leur avidih' dans l'enceinte sarrt't*. Kn I38(>, les Iroupt s ihi comte de Uerliy, après avoir pillé la ville, ne respectèrent point la cathédrale. En l*>()2, les protestants y pénétrèrent de nouveau et s'y portèrent à toute espèce d'excès. Us prirent le trésor, dispersèrent les reliques , et détruisirent le monument élevé à la mémoire de Simon de Cramaud, évèque de Poitiers. A une autre é[ioque plus rapprochée de nous, époque non moins fertile en ruines, l i-udisL' Saint -Pierre, devenue propriété |>arliculière , fut sur le p<»int d'èlrt- démolie de fond en roniltle. Les calculs de l'intérêt empèclièrcnt seuls l'exécution de ce projet impie.

POITœRS.

Notre intention n^est pas de critiqaer toutes les lestaurationg inintelligentes qui ont souillé le vieil édifice de Saint- Kerre; nous ne pouvons cependantnous dispenser de blâmer,

après plusieurs autres , Tîdée qui a présidé à l'érection d'une Eralei'ie auluui" de l\-i:lise: c'est un loiitre-sens. On y a mis une longue série de lourds halustres daus le style du denuer siècle. Le mauvais goût n'a pas même ici l'excuse de la délicatesse du travail.

Etudions maintenant Textérieur de la cathédrale de Poitiers. Considéré dans sa masse ^ il manque d'élévation et des accessoires que nous sommes tentés de regarder comme un acœnipaiinement néc^raire des grandes basiliques. Les louiu ne dominent point la ^ ille avec cette tranquille majesté qui produit toujours uii cllet imposant et religieux; elles ne sont point couronnées de ces flèches aériennes qui prennent leur essor dans les airs pour porter les signes de la croix jusqu'aux nues. Tout ici semble écrasé; les combles de la façade principale ne s*élëvent point en triangle aigu» ne forment point ces frontons pyramidaux qui communiquent à Tensemble un élancement considérable.

Le portail mérite une attention pailnulière, dans une ville surtout où rarchitecture oirivale ua pas élevé <le constructions très- considérables. Il se compose de trois portes surmontées de deux fenêtres et de la rose centrale ; il est flanqué, à droite et à gauche , de deux tours d*inégale hauteur. Les portes, surmontées de frontons peu développés, sont richement décorées. De grandes statues y remplissaient les niches, aujourd'hui désertes; mais des figures d'anges et de saints sont euc^ire aî)rit('es sous les dais qui couvrent rétendue des voussures. Il ne reste plus actuellement que d'élégants baldatpiins séparés et soutenus sur de minces colonnettes, à l'endroit oii étaient posées les statues des

prinoes et des évéques. Les baibares de la fin du dernier siècle ont porté leur marteau sur cette magnifique décor»* lion, et Pont réduite en poussière. Les sculptures en basrelief du tympan des trois portes sont assez bien conservées;

au-dessus de l'eulrée ilii iniliou on distinguo, sur trois rangs supcrijosc^'s, la Résurrection des niorls, la Séparation des Justes et des méchants, enfin Jésus - Clirist, entouré des anges , prononçant le jugement redoutable qui décide les destinées étemelles de chacun. Les deux autres tympans sont chargés de sculptures relatives à la sainte Vierge et à saint Pierre , patron de Téglise de Poitiers.

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