‹ Les plus belles cathédrales de FranceChapitre 42 sur 78 · DE BESANÇON · texte numérisé non relu

DE BESANÇON

Jadis à Besançon, conuiie en d'an 1res villes des Gaules, il y avait à côté de l.i calliétlrale une é^j'lise consacrée spécialement à radminisiration solennelle du baptême. Elle étail dédiée à saint Jean-Baptiste, et on la troave désignée quelquefois sous le nom à'égkse mère ou nuUriee, parce que le baptême nous fait eufonis de Dieu et de l'Église , ou à^égUte delaehréHenié, parce qu'on y faisait publiquement profession de la fui chrétienne. Le bapliislèi'e de Saint-Jean de Latran, à Rome , est le plus beau modMe que Ton puisse citer de celte ancieime coutume, dont saint Grégoire de Tours parle fréquemment. L'élise Saint-Jean de Besancon fut fondée dés le m* siècle, et dut sa consttiiction au zèle et à la piété de l'évéque saint Lin* Cétait la cbqfeUe prnmUvet comme on rappela longtemps, à côté de laquelle saint Hilaire jeta les fondements d'un édifice pour lequel sainte Hélène lui fit ]>résent de marbres précieux. Panchauc i oiitinna les travaux, et saint Aignan les ayant terminés, déposa dans 1 église li's corps de saint Ferréol et de saint Ferjeux, premiers martyrs de Besançon. Cette cérémonie eut lieu en 370.

Vers le milieu du v* siècle, Tévéque Léonce fit réparer l'église , qui fut refaite en partie au vn* siècle. En 731, une

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invasion ruina la vîHe et la cathédrale; rarcheTéqne Bernouin la rebâtit avec magnificence et en fit la dédicace yen

l'année 800, au témoignage du bréviaire de Besancon. Ce prélat allait frtMjiicuinienf à la oour de (Iharleiiingne , et en H\ i il ril)!iut de cet empereur, pour l'autel de sa cathédrale, deux tables précieuses, l'une d'or, l'aufre d'argent. L'église de Besançon s'enrichit encore des libéralités de ce prince, qui la désigna dans son testament parmi les vingl^une métropoles héritières des deux tien de ses meuhles. La construction carlovingienne subaste-telle encore? Les caractères archéologiques, d'accord avec les documents de l'histoire, montrent (jn'ellL' fut remplacée vers le milieu du xi' siècle paruno autre due aux soins de Tarchevèque Hugues le Grand, et enlin , un siècle plus tard , par celle qui existe actuellement. La consécration de cette nouvelle basilique se fit en grande pompe le 3 des nones de mai 1148. Le souverain pontife Eugène TH présida cette imposante solennité, au milieu d*nn grand concours de peuple. L'œuvre de l'archevéque Humberl fait hornieur à son zèle et à l'habileté des archifcMîtes. Klle resta cependant imparfaite, à en ju^rer par un texte qui nous apprend qu'à la tin du xn' siècle un incendie détruisit la charpente et les combles, sans qu'il soit question des voûtes. Celles-ci ne furent construites qu'en 1237, aux frais du chapitre, sous Tépiscopat de GeoS&oy.

Des travaux peu considérables furent exécutés aux xiv* et XV* siècles. En 1642, le chapitre, appauvri parles malheurs de la i;uerre, lut obligé de vendi*e pour 02'):3 livres la table d'ordonnée [tuv Cliariemagnc. Kn KiTS, la crypte fut détruite; enfin, le 25 février 1 72<), le clocher s'écroula subitement, entraînant dans sa chute l'abside contiguô. Deux ans après on commença de réparer ce désastre : malheureusement on ne suivit de Tancien plan que la ligne des fonda-

CATHÉDRALES DE KR.\NCC

tionSy et le clocber, autrefois situé du côté de la ville, fut lAU du càiè de la citadelle.

La forme générale de l'église métropolitaine de Besançon est celle d'une basilique. L.i disposition des lieux , plus qu'une intention directe , a déterminé l'orientation du monument. Bàlie, en effet, sur le l'evei's du mont, au sommet duquel la citadelle est assise, elle n'a pu se développer que difficilement et dans une seule direction. Ainsi un des flancs est tourné vers la ville ; la porte principale s'ouvrit en conséquence dans Taxe de Tune des rues les plus populeuses et les plus fréquentées de la cité. nef, privée de frontispice, à cause de cet arranu'eiiient nécessité par la nature et la forme du terrain, a été terminée par deux absides opposées, ayant chacune un autel. Le maître -autel est dans Tabside du sud-ouest

Le corps principal de la basilique de Saint-lean nous montre les caractères dU style romano-byzantin tertiaire avec une pureté qui plaira toujours aux amis de notre architecture sacrée. Le plan en est sévère, les lignes soul hien établies, les rouleurs générales heureuses, les détails en rapport avec la masse d'ensemble. La gravité naturellement inhérente aux constructions de la période romano-byzantine, n'a pas disparu sous une ornementation trop abondante.

n règne dans Finlérieur de la cathédrale de Besançon une obscurité favorable au recueillement et à la piété.

Plusieurs chapelles d'épo(pies difl'érentes sont décorées avec luxe. La chapelle dédiée au saint suaire, entièrement revêtue de mari ires d'Italie, est ornée de plusieurs tableaux.

L'extérieur de la cathédrale de Besançon est d'une excessive simplicité. Il est vivement à regretter que des toits immenses, faits dans le courant du siècle dernier, recouvrant Pédifice entier, avec les chapelles latérales, lui donnent

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