CLERMONT
que tous les bras tonaicnt le d'iive pour briser l'empire des étrangers, Tattenliou se portait ailleurs et toutes les ressources étaient épuisées. A ces causes était venu se joindre, en 1308, le démembrement des dnq cents |»aroisses de la bauie Auvergne , dont le pape Jean XXIT forma révéché de Saini-Flour.
Ce fut sous Charles VII» en 1 (pie le projet d'achèvenieiit de Notre-Dame de Clennont fut repris. On voit au dépôt actuel des archives de la préfecture un plan qui a été tiré du chartrier du chapitre de la cathédrale. Ce plan, dont M. Blallay,'afehilectey a révélé tonte rimportance, est exécuté snr un volumineux parchemin et représente l'élévation et le fraf é géométral des troi» portes de la façade occidentale. Le dessin , fait à la plume, en est hardi et arrêté avec netteté; niais re n'est plus le gothique pur du plan primitif, c'est le gothique du xv" siècle. On ne peut s'empécber de regretter que cette belle conception n*ait pas été e.\écutée ; elle eût été du plus hel effet dans la perspective de la façade principale. Ce plan est daté de 1 440 , sans nom d*auteur. Tout porte à croire que Tétat de séturité dont le royaume jouissait après l'expulsion définitive des .Xnglais, eut une influence marquée sur le piMtjet de reprise des travaux abandonnés depuis si longtemps. En rapprochaul cette date de celle des états tenus à Cîermont par Charles VII, la même année, il est probable qu'il y fut question de finir la cathédrale. Malgré rinfluence de Martin de Charpaignes, chancelier de France , évéque de Clennont, le projet avorta. Depuis cette époque jusqu'à nos jours, excepté quelques constructions partielles et les embellisscmeuts intérieurs dus à de riches évi'^ques, il n'a plus été question de terminer l'œuvre de Jean Deschamps.
Au commencement du xvi" siècle , oîi l'on touchait à la renaissance, un homme célèbre, Jacques d'Amboise, devint
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éréque de Clerroont. Le goût des arts était une des qualités brillautes de l'illuslre famille dont il était membre. Aussi, indépendanimenl de cette fontaine magnifique dont il orna la place du palais ^>piscopal et que l'on a transportée de nos jours sur la place Delille, Jacques d'Amboisê s'empressa de réparer la cathédrale qui menaçait ruine, et, malgré le malheur des temps, il parvint à couvrir Téglise de cette belle toiture en plomb qui doit braver les siècles.
M. Jules Uenonvier, dans un savant artiole sur la clvssi/icntimi (les t'-fjlisvs d'Auvergne, couie.^tf jusqu'h nn certain point les dates attribuées par tous les auteurs aux divers membres de la cathédrale de Clermont. Le style de l'église Notre-Dame, suivant son opinion, ne correspond ni à Pan* née 12l8,niàrannée 1265. Au xm* siècle , dit-il, Tédifice, s*il a été commencé » devait être peu avancé; il appartient dans son ensemble au slyle ogival secondaire, et rien n'indique (ju'à (llennont ce style ait pu devancer le xiv' siècle. Malgré l'autorité de sa science , le sentiment de M. Reuouvier n*a guère été partagé. Il parait certain que la partie supérieure de la cathédrale de (Uermonli remonte au siècle de saint Louis; on y reconnaît les caractères des constructions religieuses de la seconde partie du xm* siècle.
L'examen de TédiOce, d'accord avec la tradition, prouve que la conslruc^tion en a été rapide et. pour ainsi dire , d'un seul jet; il ne faut séparer du corps primitif que certains détails d'ornementalion, dont le style relativement moderne jette de l'incertitude sur la date de leur construction. On admire avec raison rharmonie et la disposition grandiose de l'ensemble. Les caractères les plus importants du système godiiquo, l'élancement et la légèreté , se manifestent ici de la manière la |)lus éclatante, et dès l'entrée on est frappé d( la hardiesse des voûtes et de l'élévation des piliers. La galerie
CLERUONT.
qui Tèg;ne entre les arcades inférieures et les fenêtres produit un bon effet, malgré Pétroitesse de ses proporlions, parce qu'elle est lianspaienie.
La cathédrale de dermont avait été entreprise sur un plan très-vaste , à cinq nefs. Les piliers sont composés de plusieurs fûts groupés, couronnés de chapiteaux à feuillages. Le tril'orium se compose de lancettes géminées , trilobées, surmontées d'une petite rose à quatre pétales et d'un fronton aigu. La daire-Toie, combinée sur les mêmes fûts que le trifoiium, est d*un travail r^ulier, avec deux meneaux et avec rose à six feuilles rondes et encadrées. Dans le chœur» les arches ogivées sont pins élancées et portent sur une seule colonne, à la face de laquelle s'attache une colouuette grêle qui monte jusqu'aux nervures de la voûte.
Deux tours latérales, ajoutées au xv* siècle, Inachevées, comme les portails auxquels elles se rattachent, contrastent
à*\me manière assez fâcheuse avec les anciennes cnnsli ucfions qui leur sont contigiit's. Pendant la révolution ces deux portails furent mutilés. Celui du nord, qui a un peu moins soufiert que Pauiie , est heureusement le plus orné el le plus anden. H se fait remarquer par de jolies sculptures et surtout par une balustrade ob se soient découpés à jour des monstres de figures fantastiques et î^otesqnes, au-dessus d'une corniche en saillie que souheniient des niudillons h tètes grimaçantes. Ce fragment curieux, long de huit mètres, représente la féte des Fous, si populaire au moyen âge. Plusieurs personnages aux membres eiriantins et aux tètes colossales, grotesquement affublés de mitres, de capuchons surmontés de cornes, au visage facétieux, à Tœil égrillard, aux poses grimacières , armés parfois de sonnettes, semblent inviter les passants à leurs joyeux ébats. Au-dessous de cas sculptures et dans le tympan du portail , est inscrite une rosace qui offre sept fig tires allégoriques, comme oeUe qui surmonte ce tympan lui-même et qui représente un pélican, emblème de )a religion. Ces morceaux exécutés en domite, auquel le temps a donné Faspect de la lave qui Penfoure et qui a servi à construire la cathédrale, paraissent d'une époque postérieure à la construction de l'église.
Les flancs de la nef gothique sont appuyés sur les tours romano-byzantines de l'égHse, oîi Urbain II, en 1095, célébra le concile où fut résolue la première croisade : événement immense, dont les voûtes de ces vieilles tours ont retenti ; premier anneau d*une révolution dans les idées, les mœurs et les arts. Il est facile de reconnaître que la nef de l'église romane était beaucoup» moins large que la nef actuelle et qu'elle avait un axe différent. Ces restes de la cathédrale primitive auraient sans doute, disparu entièrement si les travaux de l'église du moyen âge n'eussent été suspendus.
CLEHMONT.
A roocident fl n*j a point de façade, mais simplenaent irn grand mur provisoire qui ferme le vaisseau» en attendant,
sans doute, que des générations, éprises du saint enthou> siasme de nos pères, viennent continuer et achever l'œuvre interrompue.
Les fenêtres de l 'abside sont garnies de magnifiques vit raux peints du xm* si&de, assez bien conservés, dont la plupart représentent l'histoire légendaire de plusieurs saints. Les verrières de la nef sont du xvi* siècle et bien inférieures aux précédentes. Un orage en a détruit une partie en 1835.