‹ Les plus belles cathédrales de FranceChapitre 62 sur 78 · LE PUT · texte numérisé non relu

LE PUT

arradc qui donnait commumcation du narthex dans la nef de l'église; elles proviennent probablement de quelque vieil édifice gallo-romain. Les chapiteaux et les bases offrent tous les caractères du m* siècle : ce serait un travail du moyen

âge adapté à un fût antique. Ces colonnes précieuses attirent l'atienlion des connaisseurs, et elles le méritent bien. On avait conçu le projet de les enlever pour leur donner une place plus distinguée en les élevant dans le chœur de la basilique, de chaque côté du maitre-autel; ce dépUioement ne saurait être approuvé des antiquaires, et nous applaudissons de grand cœur à la détermination prise de les conserver à Tendroit qu'elles occupent depuis plusieurs siècles , et où elles uni été parfaitement ajustées avec les chapite^uix, les bases et les archivoltes de la graude arcade qu'elles décorent.

^intérieur de la cathédrale du Puy a subi de funestes altérations. En voyant ici conunent le mauvais goût a étendu de toutes parts et d*une main prodigue un badigeon jaunâtre, on ne peut taire son indignation; c'est toujours un acte de barbarie de défigurer un vieux monument, mais c'est nne profanation de déshonorer une anti(jue et vénérable église. Le chœur, la nef et le centre dii^ transsept ont éprouvé beaucoup de changements : le transsept nord a été supprimé complètement , parce que , dit-on , il menait ruine, flialgré ces mutilations, on éprouve un sentiment profond en parcourant rinférieur sombre et mystérieux de l'église Notre- Dauic i l l'uy. L'ordonnance générale à trois nefs rappelle la disposition di?s édifices de la même époque, quoique dans ses proportions massives et lourdes on ne retrouve ni la hardiesse ni Télanoement des constructions contemporaines.

Les voûtes sont bâties d'après les prindpes d'un système *

pea uâté, et dont nous nous ])laisoiis à consigner scra]iulen* sèment la marche et les inflnences partout où nous les rencontrons. Elles forment des espèces de coupoles oonespondant aux travées , séparées les unes des autres dans la nef,

au-dessus des lUi ados , par une galerie percée de plusieurs arcades. Cette couslruclioii rallaciie la cathédrale du Puy à cette série de monuments qui, comme Saint- Front de Périgueux, ont reçu d'une manière plus ou moins directe Tempreinie des idées orientales.

Sur les murailles intérieures on découvre les traces de peintures byzantines fortement endommagées : on dislingue une figure uilossale de saint Michel, auquel l'église avait été consacrée à la fin du x*' siècle.

La façade principale, d'un caractère tout particulier, offre au-dessus de rentrée du crypto -portique quatre ordonnances de colonnes supportant des arcades à plein cintre* On ne saurait imaginer rien de plus simple et de plus sévère que cette décoration. Des frontons triangulaires s'élèvent au-dessus de la grande nef et de chacun des collatéraux; ils dépassent considérablement la hauteur du toit, et rappellent la disposition de ceux que Ton voi t à grand nombre d'églises d'Italie.

Les frontons ont sonvent affecté cette disposition dans les contrées oîi rindinaison des toits est peu sensible, comme dans le midi de la France et même à Notre-Dame de Poitiers.

Le but (ju'ou se [)rt»posail d'atteindre était de dissimuler la dépression des toits par des frontons plus ou moins élevés audessus du faite de la charpente.

Du côté de l'évèché, on trouve un beau porche à colonnes mdentées; Tun des chapiteaux offre limage de la sirène, terminée par deux queues de poisson relevées à droite et à gauche. Cette représentation, considérée comme symbo-

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