LE PLY
Dès l'année 1 243 , saint Louis était Tenu i Notre-Dame du
Puy, quand il eut une entrevue avec le roi d'Aragon; il y reviul une seconde fois en 12j4, et une pieuse tradition nous apprend qu'il apporta d'Égypte et déposa dans cette église une statue de la sainte Vierge.
Louis XI, comme chacun sait, eut une dévotion particulièi« à toutes les églises consacrées à la sainte Vierge. En 1 476» il fil un pèlerinage à Notre-Dame du Puy. H s'arrêta à douze kilomètres de la ville , et de là se rendit nu-pieds jusqu'à la cathédrale, qu'il gratifia de trois cent quatre-vingt-dix écus d'or, de plusieurs autres présents et de divers privilèges.
La cathédrale du Puy, dont les parties les plus importantes doivent être rapportées an Jf et au ni* siècle, est remarquable autant par la hardiesse et la bizarrerie de ses constructions que par le caractère imposant de sa masse. Assise sur la crête de la montagne, elle lève majestueusement la léte .au-dessus des autres édifices publics et privés, et se dessine dans le lointain avec des proportions colossales. La ville du Puy est iAiie à ses pieds, en amphithé&tre, sur le versant méridional du mont Anis, que domine une immense roche basaltique', à la jonction de trois belles vallées qu^arrosent la Loire, la Borne et le Dolaîson. De quelque c6té que l'on entre dans la ville, le regard est frappé par l'aspect grave du monument.
La principale avenue de ce singulier édifice excite l'étonnement de tous ceux qui la voient pour la première fois. C'est d'abord une suite de plans inclinés qui se haussent les uns sur les autres , et qu'il fant franchir pour arriver au frontispice méridional. Cet inmiense escalier conduit à une eq»èc6 de narthez ou de vestibule , qui, considéré sous un certain
Domina, solamen miserorum , ac pfccalorunt yenia. protegat, def$ndatf tl mtniat itw famuiwn wmm, necnom et omnia mihi stUtdita.
rapport, serait une crypte, composée de trois travées ascendantes* dont la voûte, élevée de vingt mètres environ sous rlef, recouvre un magnifique escalier de cent huit degrés. Dans ce vestibule ou crypto- portique s'ouvraient deux chapelles, l'une dédiée à saint Martin de Tours, et l'autre consacrée à saint Gilles. Les portes en bois de ces chapelles sont chargées de sculptures en bas-relief et d'anciennes inscriptions fort curieuses : elles méritent d*étre protégées contre la destruction qui semble les menacer. Cette vaste et grandiose entrée est au-dtîssous même de la nef principale de l'église, dont le pavé est appuyé sur la voûte du ("rypto-pnrtiqiie. Autrefois on pénétrait dans la cathédrale en entrant sous le transsepty de manière qu'on avait l'autel devant soi et la nef * par derrière. Cette disposition originale permettait, dit-on » au prêtre officiant à l'autel de donner la bénédiction au peuple , qui , dans les grandes solennités, couvrait les degrés de rest'alier jusqu'au bas de la munlague. Elle fut changée dans une r^tauration entreprise par M. de Gallard. 11 est vivement à regretter que cette ouverture ait été supprimée ; c'était une des particularités les plus intéressantes de la cathédrale du Puf . Aux grands jours consacréspar les mystères de la religion» cette immense avenue, couverte de fidèles, devait fournir un spectacle admirable : longue chaîne, dont les derniers anneaux touchaient à la terre, tandis que les premiers étaient, pour ainsi dire, au ciel! Aujourd'hui on tourne à gauche, en continuant à monter, et l'on pénètre dans le temple par deux portes latérales. La commodité que Ton a trouvée dans ce changement ne saurait compenser la perte réelle du pittoresque de la première disposition.
Entre les parties les plus intéressantes du crypto-portique, nous devons mentionner spécialement deux colonnes en porphyre rouge antique , placées de chaque côté du ia grande